Ombre
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 Ashes fall to ashes and the pain will fade away ✕ Klaus.

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Ashes fall to ashes and the pain will fade away.
Le néant l'entoure, l'enveloppe, à l'instar d'un manteau de laine. Une laine transie qui recouvre toutes les parties de son épiderme, venant s'engouffrer aux travers de ses lèvres pour refroidir l'intérieur de son enveloppe charnelle. Ses poumons se gèlent, sa bouche se consumant d'un mauve nécrosé. Elle ne peut pas bouger, comme si ses fonctions motrices avaient cessé au même moment où deux mains retournaient sa nuque hargneusement, laissant ses genoux tomber à terre, promptement accompagné de son buste paralysé. Au tréfonds des ténèbres, la Banshee se souvient encore de cette sensation aiguë naissante au sein de ses cervicales ; celle du passage amer d'un sang qui bien rapidement ne pourrait plus assez promptement irriguer son organisme. La mort, celle qu'elle avait côtoyée, celle qui avait laissé une emprunte sur son âme et qui avait fait d'elle sa messagère, venait de la happer en pleine existence pour l'auréoler de ses bras.

Le vide autour d'Athéna se remplit sans que ses paupières puissent s'ouvrir. Une tension repose contre son dos et sa tête bascule vers l'arrière, sa longue chevelure dansant dans le vide et effleurant par intermittence le sol pour y récolter la poussière environnante. Ankylosée jusqu'aux extrémités, la jeune femme ne peut émettre aucun mouvement, aucun geste. Son esprit est le seul à fonctionner et ne lui envoie aucun signal d'alerte. Était-ce sa dernière activité cérébrale avant l'ultime pas vers l'outre-tombe ? L'air caresse ses pommettes au même instant ; il est glacé, mais son corps l'est davantage. Au travers de sa fraîcheur, il réussit tout de même à tiédir son derme et réchauffer son âme tourmentée par des souvenirs décomposés qu'il est complexe de rattacher. A chaque instant qui passe sur le grand cadran, elle s'attend ressentir le linceul se refermer à jamais sur ses courbes perdre ses pensées dans un vide consumant, mais ce n'est pas le cas. Bien au contraire, ses perceptions s'accroissent et lentement, la Banshee reconnait le son de pas venir se mourir sur des feuilles. Était-ce une forêt qui respirait sous sa crinière de feu qui balayait l'épiderme tellurique ? Ses sens s'ouvrent et Athéna respire l'odeur de terre, de feuilles, de sèves... Elle discerne tous les sons endormis pour les autres créatures, mais qui pour elle sont impossibles à faire taire.

Une salve d'air se relâche d'entre ses lèvres craquelées. L'oxygène vient abreuver sa trachée sèche et sans pouvoir le retenir, un hurlement surgit depuis l'intérieur de sa gorge. Il enflamme ses bronches engourdies, les dévorant d'un feu ardent qui incendie l'intérieur de son être, le dévastant d'un feu de résurrection. Une sensation de vie l'envahit pendant que l'écho de sa voix inonde l'horizon, pourfendant la nuit. Son cri résonne entre les branches, au noyau des rhizomes, poussant les animaux environnants à fuir pour éviter la perte de leurs ouïes. Comme un dôme qui viendrait se fermer sur l'île, il s'immisce dans toutes les voûtes, toutes les architectures, toutes les habitations, toutes les plaines qui viennent dessiner le paysage.

Le corps de la belle s'ébranle soudainement d'un spasme et ses iris s'ouvrent sur un visage inconnu porteur de deux perles enflammées. Sa cage thoracique se soulève et s'abaisse au rythme d'une respiration haletante qui lui fait tourner la tête, ses tempes perlées de sueur. Une perte d'équilibre vient l'étouffer mais l'homme la stabilise sur ses deux jambes tremblantes. La température boréale serpente sur ses pieds nus et remonte le long de sa cuisse pour la mordre et la réveiller de son état léthargique.

ATHÉNAJe ne suis pas morte ?

La question semblait bête mais élémentaire. Elle n'était même pas sûre d'être immergée dans l'outre-tombe ou au contraire, si elle avait réussi à rallumer les derniers battements de son organe de vie pour revenir d'entre les macchabées. Athéna vint masser son poignet, y découvrant une stigmate en forme de croix dessinée entre ses veines apparentes. La pulpe de son pouce la caresse un instant avec interrogation. Vivante, mais pas tout à fait. Son visage balance sur le côté, et ses prunelles sont inondées par la vision d'une montagne humaine déposée au creux d'un arbre. Les corps se mélangent et se confondent dans cette cohue de chair. La Banshee avance mollement, sans peur, analysant ces visages qu'elle avait vus récemment dans ses visions.

ATHÉNAOù sommes-nous ? Et toi, t'es qui ?

Assez gauchement demandé mais après tout, il l'avait porté, un bras sous sa nuque et un second sous ses genoux, lui octroyant ainsi le droit de le questionner sur son identité douteuse.

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Ashes fall to ashes.




Depuis mon arrivée sur Ariesten, ma vie n'avait pas connu de véritables rebondissements. Fuyant la ville tant que possible, me réfugiant au cœur d'un trafic voilé de la face du monde, où seuls des êtres comme moi, bannis du système pour diverses raisons, se retrouvaient pour négocier toutes sortes d'échanges. Un minimum d'interactions, tant verbales que physique et nous repartions chacun de nos côtés. Une vie bien éloignée de mon époque sur Terre, à laquelle j'ai dû m'habituer tant bien que mal. Aujourd'hui, me voilà à récupérer des marchandises dont le contenu m'est inconnu et que je dois livrer à un autre point. Pour cette simple tâche et en échange de ma discrétion, je recevais de quoi vivre.

Malheureusement, ce milieu n'était pas si bénéfique pour moi... En raison de la malédiction qui m'habite, cet être que je ne saurais décrire, capable de renifler la mort, je me retrouvais bien souvent au coeur de conflits qui ne me regardaient pas. Mais aujourd'hui était un jour bien différent des autres. Tout semblait pourtant banal... Un colis à livrer, puis sur le chemin du retour, une sensation étrange envahissant mon corps. Cette sensation me disant "Une personne est sur le point de passer de l'autre côté".

Cette fois-ci, mon sentiment ne m'attira pas dans les quartiers malfamés de la ville. Au contraire, il m'en éloignait, me traînant jusque dans une forêt éloignée de la ville... Laissant alors ma moto récemment acquise pour mon travail, je me retrouvais à devoir marcher, seul au cœur d'une forêt sombre où nul ne bruit ne semblait s'échapper. Pas l'ombre d'un animal, pas l'ombre d'une personne, pas même le bruit du vent entre les feuilles. Refermant alors mon manteau, cigarette au coin des lèvres et après de longues heures de marche, je me retrouvais finalement là où mon instinct m'avait guidé.

Il était apparemment trop tard. Le Chien Noir ne s'était pas manifesté, me laissant maître de mon corps. Il n'y avait aucune vie à ôter, une jeune fille avait déjà apparemment succombé à ses blessures. Son corps, allongé sur le sol, la nuque brisée et sa chevelure de feu recouvrant son visage. Soupirant alors, j'enfilais une paire de gants noirs, que je prenais toujours avec moi pour éviter de laisser traîner mon ADN un peu partout... Après tout, c'était important pour quelqu'un fuyant les autorités, même si mon visage leur était inconnu. Saisissant alors ses jambes et le haut de son torse, je me mis en direction d'un lieu assez particulier, que moi-même, je n'arrivais pas réellement à expliquer.

Pour une raison qui m'échappait, le Chien Noir avait un principe assez strict. Soit-il ôté la vie d'une personne sur le point de mourir ou l'ayant provoqué et dans ce cas, il laissait le corps à la vue de tous, soit-il recueillait le cadavre des personnes qu'il n'avait pas pu tuer, les amenant alors tous à un endroit particulier, semblable à un cimitiére. Au fond, peut-être, avait-il lui aussi une conscience ? Une sorte de pitié pour les pauvres âmes mortes avant d'avoir croisé sa route ? Je ne savais pas vraiment et à vrai dire, je m'en fichais.

Par chance, je n'avais pas de longs kilomètres à parcourir étant donné que ma route s'arrêtait à quelques mètres d'ici, d'un coin plus sombre encore de la forêt. Ici se tenait un arbre, d'une ampleur supérieur à ses confrères, dont le cœur avait été creusé, laissant alors un immense espace autrefois vide... Aujourd'hui, le cœur de l'arbre renferme les macchabé reniflait par le Black Gallytrot, que je venais empiler ici selon sa volonté. Tandis que je m'apprêtais à déposer le corps de la jeune femme, je sentis ses muscles se contracter... Et avant même que je ne puisse me poser de question, un hurlement d'une puissance presque surréaliste s'échappa de ses poumons.

Me voilà alors complétement paralysé, tenant la criarde dans mes bras, fixant ses yeux grands ouverts et emplis de terreurs. Cet instant sembla durer une éternité, mais le plus étrange... Était cette sensation, comme une vague de chaleur parcourant mon corps, tandis que je ne parvenais pas à bouger le moindre muscle. Non seulement, je venais d'assister à la résurrection d'une personne, mais en plus de ça son cri semblait éveiller des choses en moi que je ne parvenais pas à expliquer.

Alors que les dernières notes de son mugissement se faisaient entendre, je recouvris petit à petit la pleine possession de mes moyens. Le froid se remit à gagner mon corps et mes sens qui s'étaient émoustillés le temps d'instant se calmèrent.

"Je ne suis pas morte ?"

Observant alors le jeune femme revenu d'entre les morts, le regard interloqué face à la montagne de cadavres se situant à quelques mètres à peine de son visage... Déposant alors délicatement ses jambes à même le sol, soutenant légèrement le haut de son dos au cas où ses fonctions motrices ne soit pas pleinement rétablis, j'en profitais pour répondre à ses questions.

"Où sommes-nous ? Et toi, t'es qui ?"

"C'est bien la première fois que je fais face à créature capable d'affronter la mort et d'en revenir ainsi... Qu'es-tu au juste ? Une immortelle ? Je m'appelle Klaus."

Jetant alors un œil au cœur de l'arbre, je compris qu'il me serait difficile d'éviter la fâcheuse explication du pourquoi et du comment... Il me restait toujours la possibilité de lui briser une seconde fois la nuque, mais pour une raison inexplicable, je ne ressentais aucun désir de violence contre elle. En temps normal, je n'aurais pas hésité longtemps à la refaire basculer de l'autre côté, mais cette fois-ci, c'était différent. Étais-ce lié à son cri, ayant éveillé quelque chose en moi ? Peut-être bien, quoi qu'il en soit, mon cher compagnon ne souhaitait pas se manifester envers elle.

"Quant à cet arbre et bien... Pour ces cadavres-là, je n'en suis pas le responsable, c'est une longue histoire, mais disons qu'en raison de mon lien avec la mort, je me retrouve à devoir les amener là pour un dernier voyage."

Je n'avais pas l'intention de la laisser partir aussi facilement. Tout d'abord parce que seule au milieu de nul part, elle finirait par se perdre et ensuite, elle irait sans aucun doute criait à qui veut bien l'entendre qu'un type louche amasse des cadavres dans la forêt... Mais avant tout, j'espérais des réponses en lien avec ce cri.
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Le froid s'infiltrait au travers des tissus légers de la jeune femme et elle sentait déjà les frissons remonter son échine à l'image d'une colonie d'araignées de glaces, qui plantaient unes à une leurs pattes dans son épiderme. Seule l'étrange chaleur qui se dégageait du corps de son interlocuteur venait l'envelopper et empêcher une hypothermie. Athéna approcha mollement de la colline humaine où les corps s'entrelaçaient, leurs chairs nues s'entremêlant comme des tissus humains. La nymphe devinait chacune de leurs morts en les toisant ; tant violente et brutale pour certains, tant douce et délicate pour d'autres. L'air presque polaire, qui gelait les muscles de son visage s'effaçait pour laisser place à une chaleur étouffante qui emplissait son corps jusqu'à bouillir dans ses veines. Son don s'éveillait comme une flamme au sein de son estomac en observant ces silhouettes à peine distinguables, qui s'estompaient peu à peu, comme l'aquarelle s'estompe sous un rideau de pluie.

Il pouvait parler, Athéna ne l'entendait pas. Elle n'entendait pas ses mots mais seul le son rauque de sa voix. La forêt respirait autour d'eux, dégageant des arômes et des senteurs fortes, des odeurs de musc, boisées, masculines, dominantes. Mais elle, se tenait là. Dos à lui. Auréolée d'une aura amarante, qui aveuglait ses iris d'un feu des enfers.  

ATHÉNAJe ne suis même plus sûre de savoir qui je suis réellement.

Prises dans le vent, ses mèches fauves valsaient, fouettant ses propres joues avec leurs fragrances. La Bansheea sentait la mort sur plusieurs kilomètres. Un remugle qui se colle à vous et qui ne vous lâche plus, embaumant votre âme pour la pourrir. Elle prit une immense bouffée d'air et son corps se raidit. Retour à la réalité. Le froid de l'atmosphère anima de nouveaux ses muscles, ses membres.

ATHÉNAJe suis "quelque chose".

Les mots manquaient pour venir donner un sens à ce qu'elle était. Toutes les dénominations étaient funestes, sinistres. Porteuse de mort et fatalité. Dans la pupille vitreuse d'un cadavre, se miroitait le reflet de l'homme couleur pénombre. L'obscurité l'entourait et nimbait chaque partie de son être ; sa chevelure ébène, deux iris noirs comme les enfers... Ankylosée, c'était le seul état d'âme qui l'animait, ce transport étrange qui maintenait sa tête immergée dans une huile ardente. Et personne ne pourrait comprendre cette sensation. Comme un liquide tiède et doux glissait sur sa peau, sur son corps entier, l'enveloppait dans une brume vaporeuse, un bassin laiteux dans lequel elle pouvait s'abandonner. Une mer dans laquelle elle était seule, submergée au milieu d'une immensité vide. Vide de tout.

ATHÉNAJe n'arrive pas... À le contrôler...

La mort, même éphémère, l'avait rendue vulnérable. Les voix dans sa tête déchiraient ses pensées, s'acharnant à s'entrecouper et taper sur ses tempes. Ses ongles se plongèrent dans sa crinière de lionne, écorchant son cuir chevelu. La terre accueillit ses genoux et ses pupilles se dilatèrent, remplies par les mirages macabres. Sa mâchoire se crispa et relâcha un hurlement libérateur. Comme une délivrance, il s'extirpa de ses lèvres pour envahir l'espace, faire voler les multiples feuilles, secouer les arbres, et enrober les corps d'un linceul imaginaire. Son cri ouvrit une brèche dans l'outre-tombe, laissant les âmes tenaillées se glisser au cœur de cette ouverture blanchâtre et étincelante.

Les bourrasques agitaient la sylve, animées par l'écho de sa voix. Le ciel était déchiré par des décharges électriques, fendant l'air en un bruit explosif. Le vent s'engouffrait, soulevait la flore sauvage et effrayait la faune. Bercée à moitié par l'astre lunaire et par les bras de l'obscurité, son visage étant un amalgame entre incompréhension et amertume. La foudre annihila la végétation, relâchant son courroux sur un arbre qui vint s'enflammer avant de s'effondrer sur les carcasses. Immolées dans le brasier divin, elles devinrent rapidement cendres. La pupille de miel d'Athéna était animée par la danse luisante, la fournaise réchauffant son être tandis que les reliques humaines s'évaporaient dans le firmament, voguant à la dérive.

Ses joues livides s'étaient teintées de bistre. Les résidus anthracite maculaient ses pommettes, dessinant des arabesques fantasques jusqu'à son menton. Les braises au cœur de la poudre embrasaient sa peau, rapidement éteintes par des larmes vides d'émotions. Une coquille vide qui se tourna, toujours recroquevillée sur l'épiderme terrestre, pour être éblouie par une silhouette de feu. Un feu né de ses vociférations sépulcrales.

ATHÉNATu brûles, Klaus...

Son visage était paralysé, glacé. Les tisons sur son faciès brillaient, éclairée par la torche vivante qui se tenait debout devant elle. Ses cordes vocales étaient usé, sa voix enrouée et sa main indolente se tendit vers lui, au travers de la fumée et des tempêtes.  



Dernière édition par Athéna le Dim 16 Avr - 10:40, édité 1 fois
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Ashes fall to ashes.




Le temps semblait ne plus s'écouler depuis que son cri strident traversa mon épiderme. Une étrange sensation me parcourant le corps, comme un parasite cherchant à prendre le contrôle de mes sens et de mes mouvements... Ou simplement, un trop-plein d'énergie que je ne savais pas utiliser. Une chose était sûre, cette jeune femme cachait quelque chose, mais quoi ? Elle-même ne semblait pas au courant de ses capacités, au vu de l'indécision de ses mots. Peut-être étais-ce dû à son retour parmi les vivants, elle n'avait peut-être pas encore toute sa tête.

Soudainement, une intense sensation s'empara de mon corps. Similaire à celle ressentie, il y a quelques minutes de cela. Comme un volcan sous pression, je pouvais sentir cette fournaise entrer en éruption, parcourant lentement mes veines et éliminant petit à petit le peu de lucidité qu'il me restait... Le Chien des Enfers allait faire surface, mais c'était la première fois que je me sentais brûler de l'intérieur. Pourquoi se manifestait-il ? En temps normal, il ne se montrait que pour se défendre ou pour annoncer une mort...

Au même moment, je vis le corps de la jeune femme lâchait prise. S'effondrant sous son propre poids tandis qu'un nouveau hurlement s'échappa de ses cordes vocales. Transperçant le ciel et la terre, son cri semblait n'avoir aucune limite. Déchaînant alors les forces de la nature, le ciel délivra la puissance de ses éclairs tandis que le vent s'agitait autour de nous. C'est là que je perdis le contrôle. Je n'étais plus qu'un spectateur, à moitié conscient, comme piégé dans un rêve et observant la scène à travers des yeux qui ne m'appartenait plus. Je vis la montagne de cadavre accumulé prendre feu, quelque chose qui aurait dû être fait depuis longtemps déjà, tandis que mon corps à son tour s'immola, dans une incompréhension des plus totales.

Je n'avais alors qu'un seul but, ou plutôt, nous n'avions qu'un seul but. Cette créature revenue d'entre les morts, capables de délivrer par son cri, une tempête de feu qui était prisonnière de mon corps. Je ne comprenais pas vraiment ce qu'il se passait, peut-être que mon alter-ego lui savait de quoi il s'agissait, malheureusement, nous n'avions pas vraiment l'occasion de discuter. Nos yeux étaient fixés sur les prunelles luisantes de la jeune femme, où le brasier du Chien des Enfers se reflétait.

"Tu brûles, Klaus...  "

Elle ne savait malheureusement pas à qui s'adresser. Klaus n'était plus. Je n'étais qu'un observateur, je ne savais pas ce qu'il se passerait par la suite. Mon cher compagnon n'était pas dû genre à faire ami-ami avec tout le monde, mais plutôt du genre à massacrer pour des raisons qui m'échappe. Mais contre toute attente, lorsque la jeune femme tandis sa main vers nous, je pue être témoin d'un Chien Noir docile, saisissant délicatement la poigne de la créature nocturne, sans dire un mot. Et avec une immense délicatesse, il la fit basculer dans ses bras, entourés d'un manteau de feu, qui ne semblait pas lui causer la moindre brûlure, mais au contraire, qui dansait autour de son corps pour la réchauffer.

C'est à ce moment que je compris que nos destins allaient être liés. Pour une raison qui m'était inconnue, elle avait pu éveiller le Chien des Enfers et le domestiquer. Et lui avait volé à son secours, l'enveloppant dans ce brasier ardent, comme pour la protéger et la maintenir en vie. Mon alter-ego ne semblait pas vouloir rester ici plus longtemps, laissant derrière la montagne de cadavre en feu, il prit une direction presque aléatoire. Lui seul connaissait sa destination, parcourant alors la forêt dénuée de tout vêtements, ces derniers n'ayant pas résisté aux flammes s'échappant de notre corps, tandis qu'il portait toujours la jeune femme dans ses bras.

Par chance, la nuit la ville n'était très animée, ainsi ceux ayant vu un homme prendre feu en transportant dans ces bras une jeune femme, serait accusé d'avoir légèrement forcé sur la bouteille ou simplement d'avoir rêvé. De toute manière, je n'avais pas vraiment le contrôle de ce qu'il se passait.

Notre destination s'avéra être un appartement, particulièrement luxueux au dernier étage de l'immeuble. Mon autre moi n'avait pas décroché un mot du voyage, j'aurais souhaité en savoir plus sur elle, ce qu'elle était avant de mourrir et connaître un peu mieux ses pouvoirs... Mais tant pis, je devrais attendre pour le moment. Il se décida finalement à laisser descendre celle qu'il avait portée tout ce temps, la laissant alors face à la porte de chez elle. Comment savait-il qu'elle habitait ici ? Qu'importe, je n'aurais sans doute pas la réponse...

Mon corps se mit alors à refroidir. Je pouvais à nouveau sentir mes membres... Petit à petit, tandis que les flammes s'éteignaient, laissant dernières elles des traces de brûlures recouvrant mon épiderme, je finissais par recouvrir la totalité de mes sens. Le Chien des Enfers avait accompli sa tâche, me laissant alors planté là, incapable d'expliquer quoi que ce soit, dans une situation particulièrement gênante, le corps recouvert de suie.

"Hum... Si ça peut te rassurer, je n'étais plus vraiment moi-même. Je suis un dérivé, une créature est capable de prendre le contrôle de mon esprit à tous moment et pour une raison que j'ignore, il t'a ramené ici..."

Je voulais tenter de clarifier la situation, mais au palier de sa porte, nu, en pleine nuit après tout ce qu'il venait de se passer, ce n'était peut-être pas le meilleur moment. Me raclant alors gorge dans la gêne la plus totale, je décidai de m'éclipser aussi vite que possible.

"Repose-toi, ce n'est pas tous les jours qu'on revient d'entre les morts. On discutera une prochaine fois, on a sûrement pleins de choses à se dire après tout ça, mais je ne pense pas que ce soit le bon moment pour parler"
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Deux bras s'enveloppant sur elle comme un drap de velours, un brasier l'abritant comme une laine ardente. Ses cheveux roux se mêlaient aux flammes, qui dansaient autour d'eux à l'image d'une aura protectrice et surnaturelle. Ses iris n'étaient plus les mêmes et, vitreuses, elles dominaient l'horizon sur lequel les protagonistes s'aventuraient. Les tisons orbitaient autour de leurs chairs, comme des satellites ardents, réchauffant la nuit aux nuances vermeilles. Athéna n'avait pas peur, elle se sentait en sécurité et protégée par ce cerbère qui semblait s'être extirpé des enfers, à la puissance de ses griffes. Ses cils papillonnaient, voilant sa vue par intermittence d'un rideau sombre. Les arbres disparaissaient, se raréfiant pour être remplacés par la ville ; ce monstre au squelette d'acier. La fumée et toutes ces fragrances cosmopolites enrobaient ses sens purifiés. Tout semblait nouveau pour la Banshee, encore pantelante de sa sortie de l'autre côté du miroir qu'elle avait brisé par son amour de la vie. Les éclats de verre l'avaient heurté lors de sa fuite, laissant les stigmates de la mort sur sa peau et avait secoué son don avec violence. Son cerveau était rempli de toutes ces voix qui hurlaient à la mort, de toutes ces visions funestes. Du sang, du noir, des masses rampantes au sol qui pénétraient les pensées de la jeune femme comme l'ancre des deux mondes. L'orage relâcha ses poumons sur eux, Athéna entrouvrit les lèvres, aspirant de l'air et l'eau pour qu'il s'engouffre pleinement dans ses alvéoles comme un ruisseau remplissant des terres arides. L'averse s'effondrait sur eux, des subtiles aiguilles d'eaux ruisselant le long des murs, le long des lampadaires, le long de leurs cheveux avant de s'échouer à terre. Le cœur de la voûte céleste se dilacérait dans un tonnerre bestial. Athéna avait toujours affectionné cela. Le froid, la pluie et son corps inondé profitait intégralement de ces sensations ankylosantes.

Les silhouettes tranchaient l'épaisse muraille de brume qui couronnait l'archipel. Sa tête bascula en arrière, absorbée par l'onde liquide qui noyait la ville. Coincée entre l'étreinte saharienne et les flots boréaux, Athéna était submergée par les frissons et les migraines transies. Elle ne suivait plus le parcours des yeux, se laissant guider par cette torche humaine. Il finit par se détacher d'elle, la reposant maladroitement sur le tapis guindé qui serpentait le marbre de son appartement. Ici, rien n'avait bougé ; ni ses livres éparpillés, ni les éparses de ses études, ni ses bouteilles, ni son arc et la colonie de flèches d'argent qui les menaçaient. Perchée au dernier étage, la Banshee pouvait dompter la ville derrière ces baies vitrées qui refermaient son nid de verre. Ses mèches relâchaient de l'eau, des gouttelettes retombant par intermittence sur le rouge du tissu, au rythme de ses tressaillements. Ses prunelles se dressèrent sur Klaus, comme deux fauves mutins, promptement perturbées par la vision d'un corps masculin dans son plus simple appareil. Sa main s’empara de la nappe de soie qui recouvrait une table d'acajou, l'ôtant en même temps que les bibelots de cristaux qui éclatèrent sur la boiserie en mille fragments. Athéna lui jeta son visage, faisant volte-face pour être happée par le panoramique nocturne.

ATHÉNAJe ne suis plus sûre d'avoir du temps devant moi.

Si son corps avait été froidement tué et jeté aux loups, elle n'était plus désirée dans ce monde. Toujours dos à lui, elle releva à l'aveugle son poignet pour qu'il le découvre, marqué au fer rouge par la mort.

ATHÉNAJe suis rien. Je n'ai plus d'identité. Un fantôme, une ombre... Appelle ça comme tu veux. Mais je préfère Athéna.

Il était difficile d’imbriquer les pièces des puzzles. Son trépas, sa renaissance, ce brasier infernal qui s'était éveillé à la lueur de son cri ? Qui était-il ? Quelle créature sommeillait en lui, comme un démon méphistophélique ancré dans l'intimité de ses organes ? En observant le reflet de la vitre, elle observait la suie, cette encre de cendres dessinant le tracé de ses muscles. Un loup, une bête, un chien, protecteur du Styx.

ATHÉNAAies-je besoin d'avoir peur de toi ?  

Klaus et son alter-égo avaient déployé leurs ailes pour la tapir, mais étaient-ils dignes de confiance ? Elle déposa la paume de sa main sur le verre, à l'endroit où sa tête brune miroitait, déformée par les serpents d'eau qui lézardaient. Son visage prenait l'apparence d'un démon sous les pupilles indifférentes de la jeune femme.

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Ashes fall to ashes.




Alors que je m’apprêtais à partir, préférant la laisser se reposer sans trop poser de questions, je la vis se saisir d’une nappe, qui désormais allait me servir de vêtements, ou plus tôt de cache-misère… Tandis que j’enroulais le long morceau de tissu autour de mon corps, couvrant les stigmates de mon histoire et ma nature d’homme, je pus observer le lieu dans lequel semblait vivre la jeune femme. Un appartement des plus luxueux, offrant une vue sur la ville à couper le souffle. Ce n’était clairement pas dans mes habitudes, moi qui avais vécu la majeure partie de ma vie sous terre et vivant depuis quelque temps dans un appartement misérable, au cœur d’un quartier peu recommandable. Je ne me sentais pas vraiment à l’aise en ce lieu, bien trop distingué pour quelqu’un de mon espèce…

Observant alors la marque sur son poignet, symbole de résurrection par le très vénéré Yin, je compris qu’elle avait certainement un rôle à jouer dans cette histoire. Pourquoi l’avoir ramené à la vie, si c’était une simple civile ? Je ne connaissais pas très bien les coutumes de ce Dieu, qui par ailleurs était pour moi l’ennemi à abattre. Elle daigna finalement me donner son nom : Athéna. Un nom simple, agréable à entendre. Je ne savais pas vraiment par où commencer, la discussion n’était pas mon fort, étant plutôt du genre à rester loin de tout contact.

« Aies-je besoin d'avoir peur de toi ? »

Durant un instant, je fus tenté de répondre que oui. Après tout, ma venue sur Ariesten n’était pas pacifique, Yang nous avait confié une mission et je comptais bien la remplir. Pour le moment, je ne voulais pas faire mauvaise impression, elle avait quelque chose de spécial, ce n’était pas donné à tout le monde la possibilité de dresser mon démon et qui plus est, de lui faire émerger des flammes dont moi-même, je n’avais pas la connaissance.

« Sage question. À toi d’en décider. Je ne suis pas une bonne ou une mauvaise personne, nos deux univers s’opposent et nous faisons certainement tout pour survivre, toi comme moi, bien que nos méthodes soient différentes, j’imagine. Alors si tu dois avoir peur, je dirais que tant que tu ne cherches pas à te mettre en travers de ma route, tu n’as aucune raison de me craindre. »

Les images de mon passé défilaient en boucle dans mon esprit. Mon histoire était gorgée de sang et de morts, pour un Terrien cela n’avait rien d’exceptionnel, la loi du plus fort entraîné continuellement des carnages, nappant la terre d’en bas de cadavres, faisant de ce lieu un véritable cimetière… Pour un messager de la mort tel que moi, c’était même un lieu reposant, contrairement à Ariesten où tout semble idyllique. Je ne pouvais décemment pas lui parler de mon passé, non seulement l’idée d’être un Terrien la ferait sans doute fuir, mais de plus, l’aspect barbare de ma personne ne lui donnerait pas envie de me livrer ses secrets.

« Ce que je vais te dire va sûrement te sembler étrange, mais après tout, tu reviens d’entre les morts, rien ne devrait pouvoir te surprendre désormais. Je suis ce que l’on appelle un Chien des Enfer ou encore un Chien Noir. Une créature porteuse d’un message, celui de la mort. Quiconque croise mon véritable visage, fera face à une mort violente tôt ou tard. »

Ce n’était pas le genre d’information que je révélais en temps normal, tant l’idée semblait folle. Il m’était cependant important de jouer franc jeu, tout ne s’était pas passé comme prévue et des choses inhabituelles s’était déroulé… Il me fallait en connaître le plus possible sur elle et pour ça, je devais avoir sa confiance en commençant par lui dire ce que je suis.

« Je suis aussi inconsciemment capable de sentir la mort d’une personne, c’est pourquoi je me suis retrouvé face à ton corps sans vie, au milieu de nulle part. Libre à toi de me croire ou non, mais j’imagine que tu n’es pas non plus arrivé par hasard dans cette forêt… Qui plus est pieds nus et aussi simplement vêtus. »

Me tenant derrière elle, habillé de ma nappe, j’observais le reflet de son visage, ne semblant pas réellement surpris par mes paroles. C’était peut-être déjà un bon début, elle n’avait pas l’air de prendre peur ou de vouloir fuir…

 
Ashes fall to ashes and the pain will fade away ✕ Klaus.
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