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Warm meeting... [Pv Vral][Trololo Gore]
Invité
Ven 17 Mar - 5:48
Warm Meeting
  • ft. Vral

« So why do I love you ? »

En considérant que l’univers entier en a après toi, c’est sans peine que l’on décide de lâcher prise vers un horizon meilleur. Et c’est glacé comme un être tout fait de chaire et faible comme un laideron de nouveau-né, le bambin acquis depuis quelques années commençait sérieusement à lui taper sur le système. Il devrait lui être reconnaissant de partager son corps avec la royale personne qu’était A. Et Ying sait à quel point, c’est passionnant de partager son quotidien avec un râleur à peine sorti du berceau, parce qu’à ce rythme, c’était tout bonnement horrible pour lui de devoir le supporter.

Tendu, c’était d’un pas lourd et traînant qu’il déambulait comme un enfant pris en faute de faire l’école buissonnière, virevoltant entre les gens aisément, il n’était plus qu’un homme parmi tant d’autres – certes un peu particuliers – mais physiquement parlant, rien ne le différenciait. Et d’ailleurs, il se promettait la prochaine de choisir un esprit moins rancunier. Celui-ci avait un tempérament intenable.

Le vent taquinait ses mèches brunes, et il osa jeter un regard posé vers l’immensité des astres qui dévoilait en ce jour une sensation de lourdeur. Le gris morose arrachait au ciel qu’un faible rayon de soleil qui s’était fait dévorer par les nuages brumeux. Sans aucun doute, la pluie allait se déverser en torrent au-dessus de leurs têtes d’ici peu de temps. Mais peu soucieux de la météo, et chantonnant entre ses lèvres quelques comptines incompréhensibles, « A » se déplaçait à grands pas, les mains dans les poches, et le visage fendu d’une banane qui s’étirait presque jusqu’à ses oreilles. Peu de doutes sur ça, il était clairement joyeux, la raison ? Il n’en avait pas la moindre idée. Le temps peut-être, bien contradictoire, ce qui faisait chier les gens, lui en prenait un grand plaisir. À moins qu’il était persuadé qu’il allait passer une excellente journée.
Accompagné par ses chants sans queue ni tête, le jeune brun voguait à la recherche d’un éventuel réceptacle, parce que clairement, celui-ci, même s’il l’amusait grandement, là tout de suite, il lui cassait les bonbons à se plaindre.

- Enfin Maoise~ Tu devrais être content, j’suis sûr que t’avais jamais pris un tel pied !

Fou, voilà l’impression qu’il donnait, un imbécile qui parlait seul, ce qui écarta les gens autour de lui comme si un tapis rouge se déroulait juste sous ses pieds. Mais complètement stérile à ce genre de réaction, « A » explosa de rire en sentant une émotion qui n’était pas la sienne lui vriller le cerveau. Y en a un qui n’était pas content et qui le faisait clairement ressentir. Une goutte s’écrasa dans un brisement silencieux, s’éclatant sur le bout de son nez. Une puis deux puis trois puis par centaine. Bientôt la pluie acheva sa course sur le pauvre garçon qui même préparé à cette éventualité ne s’était pas préparé à se prendre une averse aussi violente dans la poire. Ses mèches de jais s’agglutinaient en une masse poisseuse, l’eau les liant avant de se glisser sur son visage comme de fins serpents d’eau qui dansaient vivaces sur sa peau. Mauvaise nouvelle pour lui, des frissons se dessinaient en relief sur sa peau, le résultat, c’est qu’il commençait à avoir froid. Son pas se pressa davantage, parce qu’à se rythme, en plus de n’attirer personne, il allait attraper la mort.
Il atteignit le centre commercial en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire, trempé jusqu’aux os.  Son tee-shirt lui collait désagréablement à la peau. Ses yeux se posèrent sur le premier radiateur qui passait par là, et comme dans un monde idyllique, celui-ci pour tout son bonheur fut chaud. Un soupir d’aise lui échappa et il se laissa aller à l’étreinte de la chaleur. L’ancêtre resta paisiblement installé dans son cocon, se fichant pas mal des regards qu’on lui jetait pour le juger, car au fond, il les emmerdait tous, et si c’était bien un truc pour lequel les deux étaient d’accord, c’était bien ça.

Les vêtements n’étant plus qu’humides, il daigna enfin relever la tête, cet épisode l’ayant épuisé bien plus que ce qu’il n’aurait cru. Puis soudainement, tout se ferma. Plus rien ne sembla exister à ce moment, si ce n’est cette personne. Celle qui dès à présent se tenait face à lui sans le voir, sans le reconnaître – comment aurait-il ne serait-ce que pouvoir ?
« A » se releva d’un bond comme piqué, et s’assura de ne pas s’être trompé de personne – ce qui était peu probable car ce visage malgré les années et les souvenirs qui s’évanouissaient, il ne pouvait simplement pas l’oublier. Sa tête n’avait pas changé. Alors sans plus de cérémonie, il courut dans sa direction, les bras ouverts en crois et enfin il l’enserra de ses bras dans une étreinte qui paraissait chaleureuse, mais qui se trouvait être douloureuse et pesante.
On aurait pu croire à des retrouvailles de vieux amis si l’on oubliait le sourire mauvais qui étirait les lèvres du vieil homme. Il ne le laissa pas en placer une, alors qu’une voix au fond de lui, parfaitement consciente de ce qui se déroulait, hurlait pour le dissuader. Trop tard, les lèvres étaient rentrées en contact.

« Don’t let your target go away. »

Warm meeting... [Pv Vral][Trololo Gore]
Invité
Ven 17 Mar - 15:05
Le temps filait-il ? S'écoulait-il, en cet moment présent ? Silence. Le temps avait cessé sa ronde, dans ton monde. Silence. Ce cher silence. Tu savais l'apprécier. Pas même le vent venait le déranger. Pourtant les feuilles dansaient sous ton nez. Coupé du monde. Étais-tu encore ici ? Tu inspirais longuement, tes paupières se fermant un court instant. Contemple. Savoure. Des occasions comme celles-ci, depuis combien de temps ne t'en étais-tu pas offerts ? Tu ne sais plus toi-même. Tout marquait un arrêt pour toi, en cet instant précis. Froid. Un froid qui te transperce le corps. Qui te ronge. Agréable, que cela l'était. Allais-tu rester debout ainsi, encore longtemps ? Tu ne sentais plus ton corps. Fourmillements. Un simple bien-être, tant recherché. Le ciel grisâtre ponctuait ce silence. Un silence de mort. Oppressant. Tu ne sentais aucun poids sur ta poitrine.

Uniquement de la sérénité. Tintement. Écoulement. Tes paupières te dégageaient lentement l'astre qui se cachait parmi les nuages. Tes oreilles commençaient de nouveau à capter le bruit du vent. Et ce flot. Mélodieux. Lent. Répétitif. Calculé. Tes pupilles azurées descendaient doucement vers le sol, délaissant les nuages et leurs valses incessantes. Ligne rouge. Tu la suivais calmement du regard, celle-ci traçant sa route sur le bois mort. Celle-ci te menant vers d'autres comparses plus fines, plus étalées. Combien de temps comptais-tu rester ici, avec ce corps à tes côtés ? Ne serait-il pas tant que tu te secoues, Vrål ? Tes prunelles pourraient encore le détailler des heures. Ce visage en était presque exquis pour toi. Une telle expression, gravée entre peur et douleur. Un blanc si pur. Un regard qui ne trompait point. Frigide, qu'elle l'était. Tu la préférais ainsi, n'est-ce-pas ?

Tu te penchais, te mettant à sa hauteur. Chère amie. Si seulement. Tu restais ce que tu étais, derrière ce visage humain. Un animal. Et tu n'étais pas foncièrement d'accord avec l'idée d'être éreinté toute une journée car tu n'avais pas pensé à te repaître. Tu t'étais appliqué avec elle. Un visage humain était ce qu'elle avait trouvé. Un ami aussi. Même plus. Elle n'était rien pour toi. Un simple pion que tu venais de jeter aux oubliettes. Un simple met parmi tant d'autres dans ce monde. Qu'allais-tu faire d'elle à présent ? De ce corps décharné ? Fracturé ? Éparpillé ? Elle te faisait réfléchir. Bonne chose ? Tu ne pouvais enlever cela aux Hommes. Ils étaient bien plus distrayants dans la tombe. Il te fallait effacer tout cela. Son identité. Tu la ferais tienne. Par où commencer ? Les dents, les yeux, le visage ?

Tu soupirais, dodelinant de la tête. Un, deux, trois. Va pour les dents. Tu en avais pour un moment à t'affairer sur son corps. Tu n'avais pas encore envie que ta vie ne finisse derrière les barreaux. A défaut de mourir.

« Et toi, que vois-tu, de l'autre côté ? Te sens-tu mieux ? Le monde est-il si différent ? Dis-moi, ma chère, que vois-tu, sans ceci ? »

Tu avais redressé son menton, ayant clos ses yeux vides de toute substance. Mêmes orbites qui trônaient actuellement dans ta main en compagnie de ses dents. Ah, cela s'annonçait long. Terriblement long. Tu espérais bien que l'astre ne déclinerait pas trop tôt. Oh. Le temps est relatif pour toi. Tout est relatif dans ton monde. Absolument tout.


Pluie. Tu en avais fini avec elle. Tu te laissais bercer par les courants d'air, le vol léger, la forêt disparaissant peu à peu, prise dans l'éternelle brume qui l'habitait. Tu sentais les gouttes d'eau ruisseler le long de ton corps, teintant celui-ci d'un carmin clair, presque rosé. Ce même carmin dont tu étais entièrement couvert. Tu étais bon pour jeter tout ce que tu portais sur toi. Pas de traces. Tu resterais ce même fantôme pour quelques siècles de plus. Tu feuilletais ton esprit, cherchant la moindre erreur que tu aurais pu commettre en voulant te débarrasser de ce plat. Tu n'en voyais pas pour le moment. Elle n'était plus identifiable. Cela te laissait de la marge. Tu n'avais pas porté tes dents à elle, bien trop risqué. Tu avais des griffes, autant qu'elles servent. Un rire. Cristallin. Tu repensais encore à cette flasque rougeâtre et de bile qui t'étais tombée dessus lorsque tu l'avais jetée dans le lac. Quelle mauvaise idée que de l'éventrer.

Tu étais tête en l'air en ce moment. Quelque chose te tracassais ? Ces dernières semaines ? Tu ne savais guère toi-même. Ton chez-toi se dessinait à présent dans ton champ de vision. La suite coulait de source. Te changer. Te faire oublier. Et reprendre une vie comme tout être humain lambda. Une pièce qui te plaisait. Des actes à t'en faire crever de rire. Tu avais bien de la chance, d'habiter tel un reclus loin de tout. Pas que tu n'appréciais pas la présence de l'Homme. Si. Petit mensonge. La pluie ne s'était pas arrêtée. Celle-ci tombait dès à présent par torrents. Tes pupilles bleutées se perdirent encore un moment dans le détail de ce même ciel. Voler, le voir, le toucher. Jamais tu ne pourrais te passer de cela. Seulement pour le moment, tu avais une autre urgence. Te racheter des vêtements.

A force de les massacrer autant que tu massacrais tes mets de choix, tu n'avais plus rien à te mettre sur la peau. Et puis cela... Ferait une piste de plus pour les perdre, les éventuelles personnes qui te traceront. Tu partais donc pour le centre commercial, sous cette pluie battante qui te détendait tant. Tu en chantonnais, le pas dansant, ignorant bien les regards qui se portaient sur ton apparence. Terrien, c'est ce que l'on disait de toi. Ah ! Ils étaient vraiment des comiques, ces Hommes. Un pied derrière l'autre tu entrais dans le centre commercial, trempé, l'eau dégoulinant le long de ton corps. Tu soufflais longuement, un large sourire enfantin aux lèvres, te secouant pour te sécher. On ne perd pas les bonnes manies. Et tu le tiquais. Ce jeune homme, à moitié affalé sur un radiateur. Il n'était pas bête. De faire cela. Tu en venais à te demander si tu pourrais le pousser pour avoir une place et te sécher un peu plus à ton tour.

Venait-il de t'entendre ? Celui-ci venait vers toi, un air un peu trop joyeux. Il ne l'était pas. Pas comme serait un Homme. Pas cette joie-ci. Tu agitais la queue, perplexe, le regard froid malgré ce sourire enfantin qui restait gravé sur ton visage. Étreinte. Tu clignais des yeux, portant ton regard sur la nouvelle tête venue. Tu n'eus pas le temps de réagir que tu sentais ses lèvres en contact avec les tiennes. Que se passait-il ? Tu agitais lentement la queue, palliant ton interrogation, te moquant bien qu'il t'embrasse en public. A vrai dire tu lui avais même rendu son baiser pour la beauté de l'action, l’enlaçant à ton tour. Une nouvelle manie des hommes pour saluer ? Embrasser littéralement son prochain ? Tu le repoussais d'un geste de la main, une mine amusée, haussant doucement les épaules.

« Quel salut, cher inconnu ! Est-ce là une nouvelle manie de l'Homme que de bouffer les lèvres de son prochain pour lui porter le bonjour ? ~ »

Un rire s'échappait de ta gorge, tes prunelles venant se planter dans les rubescentes de ton interlocuteur.

« Passons, passons. Que me vaut cette étreinte ? Je doute que tu n'aies fait cela sans quelconque raison. Après tout, il y a bien un paquet de personnes autour de nous. Alors, pourquoi moi, l'ami ? Tu ne voulais pas que je pique ton radiateur ? »

Tu prenais une moue faussement grisée, ta tonalité se faisant subitement chagrinée. Il fallait que tu arrêtes. De te moquer du monde. Ah. Plutôt mourir. Sarcasme.
It's scary, what a smile can hide.

©endlesslove.
Warm meeting... [Pv Vral][Trololo Gore]
Invité
Sam 18 Mar - 6:51
Warm Meeting
  • ft. Vral

« Resignation  is a daily suicide. »

Toute une vie est étouffante, mais lorsqu’elle se trouve être éternelle, un long choix de solitude se fait connaître. La joie, le bonheur et la tristesse ne sont plus que de vagues souvenirs dont l’existence s’est faîte taire au fil des âges.  Doucereuse mélodie qui se moque du théâtre bien rempli qu’a été ton éternelle souffrance, celle d’un abandon violent. Celle qui brise la personne enfermée sous des airs de sarcasmes. Une relation étrange et malsaine. Celle-ci bien que décalée n’était autre qu’un amour inconditionnel, incapable de décrire cette sensation de plénitude et pourtant elle était bien présente comme enfermée dans un cocon soyeusement choyée par un contact quotidien. Celle que l’on croit éternelle avant qu’elle ne brise tout espoir lorsque tranchante, la lame de la trahison s’abat vicieusement dans le dos. Vive qu’était cette douleur, empreinte d’une amertume vengeresse. Il s’était vu mourir ce jour-là. Il avait même été certain qu’il allait y rester. La mort l’aurait accueilli les bras ouverts afin qu’il trouve enfin un repos éternel.
Glacé, le sang obstruant sa vision, son regard s’était fermé sur une silhouette qu’il ne connaissait que trop bien à ce jour. Et avant de rendre son dernier battement, le cœur s’était serré douloureusement pour ne devenir plus glacial organe inerte, éteignant les dernières traces de vie qui marquaient ses prunelles qui fondirent dans un vide dérangeant. Quelque part, il sentait comme un poids se lever à ce moment, le lourd poids de l’abandon, le douloureux sentiment de ne plus compter pour une personne qui durant un temps a réussi à faire vibrer un cœur d’apparence mort. C’était triste à dire, mais le destin est cruel, et plutôt de bien vouloir laisser une âme en paix, celle-ci s’est acharnée, car d’un souffle tout s’était acharné sur ses épaules, malgré un nouveau cœur neuf, celui-ci n’avait qu’un morceau de pierre brisé. Ce jour-là, il se souvient, bien trop… Masqué par un visage fendu d’un sourire mutin, ourlé par cet air malicieux. Des sillons brûlants se dessinaient sur le visage nouvelle obtenu, engendrés cette douleur inconnue. Ce jour-là, il avait étranglé le seul sanglot que jamais plus il ne se permettra à fondre.

Poinçonné sur son visage, cet air narquois semblait indélébile alors que stupidement, il s’était habitué à un vieux tic qu’il s’était approprié. La poussière finement parsemée sur le capuchon, il n’était pas impossible de distinguer un entassement de globes oculaires, triés avec soin dans un ordre colorimétrique. Ce même bocal qu’il conservait soigneusement à l’abri des regards. Plongé entre quelques vêtements, il était donc possible de voir que par-dessus se tenait – joliment sculpté – un caleçon. Le choix non judicieux car il s’agissait là de piètres couleurs. Le mauvais goût du caleçon quant à la décision du porteur de choisir ce vêtement  ridiculement cliché et complètement has-been. Certes, il n’était pas à en douter du confort de ce qui dorlotait ses jolies noisettes qui pendaient entre ses cuisses. Mais de la à prendre un sous-vêtement avec des cœurs imprimés dessus, mais voilà l’idée  qui est d’un absolu manque goût. Qui voudrait même d’un prostitué qui se balade avec un engin pareil. En se rapprochant même d’un peu plus proche, il était possible de voir la finition de cet objet. Pourquoi absolument, qualité voulait dire moche ? C’était triste et simplement barbant. Alors effectivement Maoise portait ce genre d’horreur, mais ça ne faisait clairement parti que des mauvais goûts de son lui intérieur. Ce dernier prenait un malin plaisir à lui faire porter des choses ridicules. Et pour le coup, il avait tapé très fort. Autant dire que malgré la couture solide et peu apparente, le vêtement était bien trop serré et moulait son arrière train pour le faire ressortir gaiement à la vue de tous. Plusieurs petits cœurs rouges s’étalaient sur le tissu qui aurait dû être tout à fait immaculé, mais c’était une bêtise de croire simplement en la bonne foi d’un vêtement qui – répétons-le – ne sert qu’à maintenir une paire de couilles afin qu’elles ne gigotent pas trop dans un jean, car oui, c’est bien dérangeant. Alors sans honte, le brun s’en était débarrassé et s’en servait pour cacher ce pot de l’étrange lubie qu’avait « A » a récupérer des yeux et surtout à les garder – il n’était même plus choqué par les habituels meurtres commis par ce spécimen des plus étrange, ce qui ne veut évidemment pas dire qu’il consent, mais quand bien même il tentait de détourner ses plans, il ce sale petit con avait déjà joué sa carte et c’était trop tard, quel lourd fardeau de devoir se trimballer un homme trop intelligent. Bien sûr, c’était dommage, et c’est tristement que « A » lui concéda ce droit, mais il aimait définitivement la texture douce en coton, car au moins, celle-ci ne grattait pas. Mais il n’avait aucune honte à l’attraper parfois pour se balader joyeusement le caleçon en main dans la rue avant de laisser sa place à l’autre énergumène et lui coller une honte terrible. Cet homme n’avait aucun respect, ni pour les autres et encore moins pour la pauvre victime qu’était ce caleçon qui n’avait rien demandé à personne.

Outre la stupidité d’une description inutile telle que celle d’un caleçon à cœur. Il était temps de repasser au temps présent de l’histoire car oui. Celle-ci nous intéresse bien davantage qu’une pauvre victime collatérale qui a eu le malheur de croiser le chemin d’un psychopathe complètement fêlé.
Celui-ci d’ailleurs exultait, la sensation de la langue qui se chamaillait joyeusement avec la sienne. C’était un plaisir malsain que de tenir entre ses mains une vengeance des plus méritées. Si seulement il savait, il lui ferait goûter sa rancœur de façon tellement abjecte. Mais l’immortalité dans un corps immortel, quel intérêt ? Son intérêt crevait à vue d’œil, et lorsqu’il se sépara de ses lèvres, et bien qu’il l’ait décidé sur un coup de tête, c’est sans répondre – et encore moins écouter ce qu’il lui babinait – qu’il se détourna en fredonnant gaiement :

« Et la tête~ Et la tête~ Alouette. »

Une panique explosa au fond de lui, aucun doute qu’elle appartenait à Maoise, celui-ci avait compris bien trop tard. Ah oui, effectivement, c’était stupide, si la personne concernée par le petit plaisir qui fluctuait en lui, n’était pas même au courant. Alors, dos cambré, il posa son majeur et son indexe sur ses lèvres avant de lui envoyer un baiser gourmant, puis de le lui envoyer en un souffle.

- Cher grand-frère, cette leçon vaut bien un fromage sans doute.

« You’re just a slob and you suck. »

Warm meeting... [Pv Vral][Trololo Gore]
Invité
Sam 18 Mar - 15:46

Alouette, alouette… ♪

Tu vendais ton masque pour un autre, à ses mots. Quelle drôle de personne. Être ignoré de la sorte, toi… Tu en riais. Tu retrouvais ce sourire que l'on te connaissait tant. Creux, de porcelaine, gravé dans ta chair. Un sourire qui voulait à la fois tout et rien dire. Tant de significations. Tant de désillusions. Comédien. Tu ne savais faire que cela. Devenir une autre personne pour subsister dans ce monde que tu n'appréhendais pas encore. De monstre tu étais devenu Homme. Et aujourd'hui ? Quelle est ta pensée ? Ton avis ? Es-tu satisfait ? Ah ! Des questions inutiles. Poubelle, poubelle. Tu n'avanceras pas avec ces poids aux chevilles. Pour le moment, la seule qui devrait te préoccuper était cet individu. Qui t'avait embrassé. Que tu avais embrassé. Et qui semblait bien s'en moquer. Autant que tu t'en moquais.

Tu laissais un discret rire s'échapper de tes lippes, tes pupilles glaciales enfoncées dans celles amusées de ton interlocuteur. Te distrayait-il ? Après tout, c'était bien une première. De te faire embrasser de la sorte de public. Il était différent. Amusant, vraiment. Pouvais-tu le tuer ? L'immortaliser pour ne plus jamais l'oublier ? Oh, le plaisir est une chose si tordue avec toi. Si tortueuse. Il ne valait mieux pas que tu t'intéresses de trop près aux gens. Ce n'était jamais bon signe pour eux. Ils finiraient tous comme cette fille. Ce plat, veux-tu dire ? Désossée, à la dérive au fond d'un lac, avec pour seule compagnie quelques poissons et plantes. Comment se sentait-elle ? Une fois morte ? Sentait-on quelque chose dans la mort ? Une question que tu avais expérimentée. De nombreuses fois. Pour n'en tirer que du vide. Néant. La mort est néant. La mort est le vide.

Plus rien. Tu ne ressentais plus rien. Uniquement cette faille dans ton âme qui se renforçait. Faille invisible et si pesante. Ah, la mort… Quel doux récit. Quel doux mensonge, pour un être aux siècles tel que toi. Tu les avais notées. Mémorisées. Ces sensations. Ces différentes morts qui étaient venues à toi. Et tu en faisais ta lecture du soir, quand tu te sentais nostalgique du bon vieux temps. Et tu en riais. Riais à t'en rendre aphone. Ce monde est si dérisoire. Si… Plat. Paradoxe de ce monde. Il t'intéresse et t'ennuie. Le propre de l'Homme. L'Homme avait ce don inexplicable. De s’accaparer tout ton intérêt pour le transformer en déception. De te rendre vivant pour te renvoyer dans ce néant si familier que tu arpentais depuis des siècles.

Gris, tout est gris pour toi. Comme ce ciel qui s'était abattu sur ton crâne plutôt. Est-ce là poétique ? Un signe ? Qui sait ? Tu ne crois pas en ce genre de choses. Tu ne crois qu'en toi et ton propre monde. Tes pupilles bleutées détaillaient impassiblement ton interlocuteur, te créant ce schéma si cher de ce qu'il était. Une lente esquisse, qui prenait forme, où apparaissaient diverses annotations quant à ton avis sur lui. Ton instinct ne te trompait jamais. Et venait ce quelque chose. Ce cœur qui se serre, se tasse. Ses tripes qui s'étranglent. Cette gorge crispée. Ton visage restait le même, celui bardé d'un sourire aux milles facettes. Intérieurement c'était une toute autre histoire. Que se passait-il ? Que te disait-il, cet individu ? Pourquoi avais-tu ce sentiment ? Cette chose, dans ton âme, qui te disait qu'il ne t'étais pas méconnu ? Que ce comportement… Tu comprenais. Que trop vite. Délirais-tu ? Tu soupirais, commençant à rire longuement, agitant la queue pour accompagner ton rire cristallin. Et ses mots. Mots confirmant cette stupide, comique hypothèse que tu avais.


Frère.


Le monde se fiche de toi. Vraiment de toi. Ton visage restait figé de la même expression, encore et toujours. Tu ne pouvais juste plus t'empêcher de rire, te passant la main dans les cheveux, redressant la tête, le regard mauvais pour un sourire plus fin. Plus parlant.

« Frère, réellement… ? ~ »

Tu soupirais longuement, levant les yeux au ciel. Ton frère… Ton cher frère. Tu n'y croyais pas. Vraiment pas. Il n'était plus. En ces derniers siècles… Il n'était que poussières.

Tu ne le savais que trop bien. Tu étais celui… Celui qui avait mis fin à son existence. Tu le supposais. Passé. Mauvaise blague. Tu ne voulais plus te rappeler de cela. C'est inutile. Les morts ne sont pas censé être morts une fois morts ? Ils ne reviennent pas. Ils restent dans l'oubli et y crèvent une bonne fois pour toute. Non, non, non. Celui qui se tenait face à toi n'était pas ce frère tant aimé. Il ne pouvait pas changer à ce point. Il n'avait pas cette capacité. A moins que ta mémoire ne te fasse défaut. Après tout, elle t'avait bien laissé sur la touche quand tu étais revenu à toi, dans ce bain de sang. Quand tu avais compris ce que tu venais de faire. Quand tu avais été enfin toi. Toi. Toi. Et toi. Quand tu t'étais laissé parler. Quand toutes ces pensées, ce que tu étais, que tu avais réprimé des années durant avait fait surface. Tu baissais lentement le visage, ton sourire ne se faisant que plus dérangé, tandis que tu t'entaillais longuement le cou, le regard dans le vague.

« Les morts ne sont pas censés revenir. Même toi, Aloysius. Alors comment ? Est-ce une mauvaise blague ? Ou est-ce vraiment toi ? Dois-je me réjouir, ou t'arracher la tête pour un éventuel imposteur que tu serais ? ~ »

Tu réprimais un rire mauvais, chantonnant, balançant de la tête. Perdu, tu l'étais. Tu savais, ô combien ton frère n'était pas du genre à passer l'arme à gauche si aisément. Tu savais, ô combien tu t'y étais repris pour que cela se fasse. Ô combien tu avais hurlé intérieurement pour que tu te stoppes. Car il état ton frère. Cette personne. Cette âme. Que tu avais toujours chéri envers et contre tout. Une âme que tu avais effacé de tes propres mains car tu étais un faible et un incapable. Incapable de retenir le monstre que tu étais. Tu serrais les dents, battant l'air de ta queue. Remords ? Regrets ? Agacement ? Tu ne sais plus. Tu ne sauras plus.

« Pourquoi… ? Pourquoi ne t'ai-je pas revu avant, idiot ? »

Sourire ou non, ta voix ne trompait pas. Des réponses, tu en voulais. Tu aurais aimé lui crier dessus. Que tu n'étais qu'un idiot. Que tu regrettais tout cela. Mais comment ? Était-ce bien lui ? Ou était-ce encore une mauvaise blague du Destin ? Une lanterne. Pour te guider. Cherche-la, tu en auras vite besoin.
Oh, I just wish you'd beg to me. Black is all that I see.

©endlesslove.
Warm meeting... [Pv Vral][Trololo Gore]
Invité
Dim 19 Mar - 5:12
Warm Meeting
  • ft. Vral

« Sweetie, if you’re going to be two faced, at least make one of them pretty. »

La mémoire s’estompe, les souvenirs gravés se perdent, et la vie suit son court lourdement rythmée par un désir de vie des plus égoïstes. Il était cet homme aux multiples visages et ne se lassait jamais d’être celui qu’il n’est pas. Quel intérêt d’arborer autre chose que ce que l’on ne peut qu’apprécier. Être qui on veut. Quel blasphème. Les années défilent, le temps passe et il demeure. Lui l’éternel, lui l’immortel, lui pour qui, il ne reste plus qu’à embrasser une rancœur tenace pour laquelle durement il tient bon. Eternellement condamné, est-ce la vie tant recherchée ?
Et inscrit sur un cœur aux visages variés, les sentiments autrefois abondant d’une naïveté enfantine se sont percés avec le temps, ces très longues années où l’intérêt se crevait et n’ouvrait sa porte qu’à un cynisme juvénile. Pourtant, un seul souvenir demeurait de façon particulièrement agaçante, celui qu’il aurait pourtant voulu oublier et ne laisser son corps qu’au bon vouloir de la faucheuse. Cruelle destiné, toi qui ne l’attaches qu’à des liens sordides. Il aurait pu ce jour-là, il aurait voulu se laisser porter par le doux courant d’une mort atroce. Pouvoir reposer éternellement et n’appuyer son désir de vie qu’une fois le trépas franchi. Mais le sort n’en décide jamais comme il se doit. Conservant ce douloureux souvenir qui n’aurait pas lieu d’être. Alors de corps en corps, il s’est mis à errer, redécouvrir un monde fade et dénué de sens. Une chose permettait encore à cette âme en peine de tenir, c’était de voir ce monde se détruire sous la violence, s’armer de gueules béantes et de formes improbables. Certaines choses le lui rappelait alors lourdement que sa funeste destiné n’était donc pas de mourir, mais de supporter. Même si l’espoir avait été présent de pouvoir étreindre une mort paisible, dorénavant, il s’agissait davantage d’une peur viscérale de se perdre dans ce noir infini dont il ne connaissait l’existence. Le besoin de vivre s’était fait presque dévorant à ce moment, sans qu’il ne sache pour quelle raison. Puis peut-être aurait-il eût l’occasion de redécouvrir un frère qui l’avait si lâchement au milieu de cadavres puants. Quelle mort donc bien lamentable.

Mais le fait est que tout son intérêt se porta sur ce brun qu’il ne connaissait que trop bien. Après un baiser aussi torride, quel donc aurait été le plaisir de se fondre dans ce corps, de priver cette âme de l’incroyable bestiole qui se tenait devant lui. Fidèle à lui-même, marqué par un sourire, quelque chose clochait pourtant dans ce regard d’azur. La logique voudrait que ces yeux soient d’eux-mêmes rieurs et affichant la même expressivité que l’actuelle banane qui ornait ses lèvres. Mais il semblait évident que ce n’était pas le cas, et ça sauta même aux yeux du double brun qu’il avait devant lui un garçon rongé par la perplexité et qui baignait dans l’incompréhension. Ô dieu, grand jamais il n’aurait eu autant à jubiler. Et bien que son idée de base fût de faire sauter le réceptacle dans lequel il logeait afin de contraindre l’âme de ce frère indigne d’abandonner ce corps, ce fut davantage une envie malsaine que de se jouer de lui. D’apprendre à manipuler ce sourire et lui apprendre la douleur si longuement ressentie à son égard, celle qui creuse la poitrine, celle qui poignarde et qui l’enferme dans un étau destructeur. Oui, ce petit plaisir sadique semblait bien plus adapté, la douleur semble bien plus appropriée pour les longues années de souffrances vécues à errer seul.
Un soulagement libéra l’angoisse qui vrillait son ventre, toujours des émotions qui lui étaient devenue inconnues et qu’il réapprenait à connaître en compagnie de son colocataire forcé. Vile gredin, il n’avait pas besoin de ça. Lui-même, était déjà suffisamment dérangé de rencontrer cette vieille connaissance dans un lieu aussi commun. C’était un coup du destin frappeur qui s’amusait donc à faire des blagues de mauvais goût, voir carrément on aurait pu appeler cela un sale coup foireux. Car à l’instant même où il s’était posé agréablement contre le radiateur, rien ne semblait aller comme il se le devait. Puis, d’autant plus… Où était passé la bestiole dépourvue de tout sens humain ? Inutile de préciser que les rollistes ont grandement échangé sur ce sujet et ainsi découvrir l’aspect contraignant de ne vivre qu’à l’instant purement sauvage. Car ce qui se tenait devant lui n’avait que l’apparence, rien de semblable à la personne qui s’amusait à transpercer son estomac pour le bon plaisir de jouer à un cache-cache des plus attractif. Quel était donc cet énergumène ?
Les yeux se plissèrent, puis il se rapprocha à nouveau de l’étrange personnage agrémentant son analyse de quelques commentaires ponctués d’un ton indécis.

- La véritable question n’est pas donc de savoir si moi je suis un imposteur. Car de nous deux, l’imposteur, c’est probablement toi.


Car oui, si l’un était au courant des divers changements qui avaient lieu quant au physique d’Aloysius, c’était bien son frère. Et en l’occurrence, même s’il semblait totalement incrédule sur le fait qu’il soit encore en vie – ce qui a relevé sans aucun doute d’un miracle – le véritable problème, c’est qu’il conversait en ce moment avec un être qui ne grognait pas comme un pauvre animal en manque de son os.

- Depuis quand es-tu capable d’aligner deux pensées sans percer mon pauvre corps fourbu ? Car je te rappelle aussi que je suis plus prompt à la douleur que toi. Et que je n’ai pas l’attirail adapté pour te botter le cul. Sans compter que tu m’as laissé tomber en bas comme un pauvre enfant.


Le ton jovial et totalement fraternel du moment semblait se découdre de la situation pour le moins improbable. Laissant intérieurement un Maoise peu réceptif à cet échange stérile. Alors il croisa ses bras contre son torse, laissant les deux rubis qui lui servaient d’yeux affronter les cobalts de son frère, si c’était actuellement le cas. Car peut-être qu’un abruti comme lui avait réussi à se faire marionnettiser le corps par un quelconque don à la noix. Peu probable, il était peut-être un peu couillon sur les bords, cette option était à proscrire. Un défilement d’idées quant au changement radical qu’il pouvait apercevoir chez cet étranger. Alors OUI, en effet au bout de quelques centaines d’années, il était probable et totalement logique qu’une personne change, mais là c’était tout de même un choc qu’il avait du mal à assimiler.

- Puis c’est toi l’imbécile, incapable de m’achever correctement et sans dignité en plus, tu devrais avoir honte de rater ton coup, pourtant c’était crédible tu sais ? Même moi j’ai failli y croire. Mais il semblerait que tu te sois foiré en beauté. Tu as peut-être besoin que je te réapprenne comment me tuer avec plus de convictions ?

Oui, c’était peu probable qu’un autre que lui puisse connaître son prénom, personne ne le connaissait, il avait perdu l’habitude de le donner et se contentait tout bonnement de garder celui de son réceptacle du moment, c’était plus facile de se fondre dans la masse sans attirer l’attention, alors bien sûr le doute n’était pas permis quant à la personne qui réfléchissait face à lui, puis le regard ne pouvait en ce moment pas tromper. Mais qu’était donc devenue la sale bête ?

- Quelqu’un t’aurait offert un cerveau de qualité ? Je ne te savais pas capable de telles prouesses de langage, à moins que ma mémoire me fasse défaut. Tu sais l’âge la sénilité, on commence à en pâtir arriver à un moment, c’est aussi le cas pour toi ? Sauf que ça fonctionne à l’envers. J’avais presque fini par me résigner que t’étais un cas désespéré.

Se balançant sur ses pieds comme un adorable gamin, il le fixa sans quitter son sourire malicieux.

« You can’t judge just on the face. »

Warm meeting... [Pv Vral][Trololo Gore]
Invité
Dim 19 Mar - 12:56

I'm covering my ears like a kid...

Perturbé. Il l'était autant que toi. Ah. Quelle scène médiocre. Deux incapables, qui ont bien à se dire mais qui ne trouvent point les mots. Toi, tu étais là, le regard perdu dans une horizon lointaine, alternant de temps à autres entre un mur invisible et les pupilles de cet interlocuteur qui se prétendait être ton frère. Tu n'y croyais pas. Tu ne voulais pas y croire. Fuyais-tu ? Que fuyais-tu ? Te fuyais-tu toi-même ? Probablement. Ce visage, ces manies, ces mots, ce ton… Tout cela éveillait en toi des choses que tu aurais préféré laisser aux oubliettes. Ce sentiment encore. Celui d'un manque. Celui de crever pour une chose. Mais quoi ? Crevant de désir de quoi ? Ton sourire était gravé sur ton visage, impossible à en changer pour le moment. Tu fredonnais toujours, tentant de rester présent dans ce monde qui te donnait bien du souci aujourd'hui.

Que niais-tu ? Que fuyais-tu ? Sois sincère avec toi-même. Tu le sais, n'est-ce-pas ? Mais tu ne veux pas le voir. Tu ne veux plus voir cela. Cela t'en rend malade, hein ? Ces sentiments. Ces émotions. Qu'étais-tu ? Qui étais-tu, plutôt ? Tu t'étais perdu en chemin. Tu avais tout perdu quand tu étais monté là-haut. Ce que tu étais et ton passé. Est-ce pour autant mieux ? T'en sens-tu mieux ? Vis-tu mieux ? Loin de là. Toujours pris entre deux mondes. Toujours à repousser cette chose, ce sentiment qui te ronge. Toujours à la tasser au fond de ton être pour garder les idées claires. Ah, tu la maudis ton humanité. Tu la maudis de t'avoir donné des notions aussi idiotes et dérisoires qu'une morale. Que la crainte et le regret. Le maudis-tu, celui qui t'as fait cela ? Rendu ainsi ? Oui et non. Tu l'as voulu en parti. Ta curiosité est un bien vilain défaut. Très vilain défaut.

Tu restais muré dans le silence, ce sourire de cire collé aux lèvres, ta mélodie se répétant encore et encore. Tu l'en oubliais celui qui te faisait face. Pourquoi devrais-tu t’intéresser à quelqu'un qui ne te parle ni d'Eve ni d'Adam ? Pourquoi devrais-tu replonger dans tout ceci pour un parfait inconnu ? Pourquoi sentais-tu que ton cœur était sur le point d'imploser et ton esprit sur le point de craquer si tu y prêtais un peu plus attention ? Tu le savais. Cela était lié. Ce sentiment, cette chose. Elle le sentait. Elle te le faisait comprendre. Elle lui était lié, à celui qui se tenait face à toi. A celui qui se prétendait être ton défunt et aimé frère. Veux-tu contempler l'abîme ? Il la contemple bien, lui. En te lorgnant de la sorte. En te piquant de la sorte. Veut-il te crucifier à vif ? Oh, il le peut, tu le sais. Cet instinct, lui, ne peut te mentir tout comme tu te mens en ce moment.

Une partie de toi est déjà sur le qui-vive. Une partie de toi veut déjà le revoir. Revivre ces moments que tu pensais enterrés et oubliés. Des moments morts. Sans aucun sens. L’abîme appelle l’abîme. Regarderas-tu dans l'abîme ? Que feras-tu une fois face à elle ? Si tu savais… Ah ! Si tu savais ! Tu cessais ta chansonnette pour rire doucement, posant doucement tes azurées sur ce visage qui ne te reflétait rien d'autre qu'un malaise omniprésent. Qu'une envie malsaine qui allait finir par avoir raison de toi. Pourquoi luttes-tu ? Es-tu stupide à ce point ? Laisses-toi aller, tout simplement. Toi, l'imposteur ? Tu éclatais subitement de rire, une expression tordue, haussant les épaules, le toisant.

« Tu m'en apprendras tant, cher « frère » ! »

Pourquoi continuer ? Pourquoi chercher une raison ? Pourquoi s'accrocher à des illusions aussi niaises ? Pourquoi lutter ? Pourquoi continuer de te leurrer avec ces pensées dont tu te moques bien dans le fond ? Pourquoi ? Pourquoi… Ne peux-tu donc plus être celui que tu es ? Pourquoi ne peux-tu pas agir naturellement ? Tu le veux. Cela te le hurle dans le crâne. Cela prends ta conscience. Et pourtant… Et pourtant cette barrière est là. Cette maudite humanité. Cette fichue morale vide de sens. Plus prompt à la douleur, eh ? Tu gloussais de nouveau, définitivement méprisant. Que croyait-il ? Qu'il était le seul à souffrir ? Qu’il était le seul à connaître la douleur ? Tu avais mal, là. En ce moment même. A chacun de ses mots. Car tu le savais. Tu ne pouvais le nier. Qu'il disait vrai. Cette chose te le hurlait, avec toute sa verve et sa volonté, quelque part dans ton crâne.

Tu sentais ton cœur s'alourdir. Tu n'avais jamais cessé de te blâmer. Pourquoi ? Pourquoi avais-tu perdu ta conscience ce jour-ci ? Pourquoi avais-tu tué et tué encore et encore ce frère que tu appréciais tant ? Celui que tu avais réussi à épargner de ce que tu étais ? Tu ne vivais que pour cela. Tuer. Sans distinction. Sans plaisir. Juste tuer. Car c'est ainsi. C'est inscrit dans tes gènes. Tu ne peux y déroger. Une envie qui te ronge. Une envie qui te consume. Te fait sienne. Cette même envie qui te matraquait ta conscience actuellement. Oh, que tu en avais envie. De recommencer avec lui. Encore et encore, en souvenir du bon vieux temps ? Tu ne sais plus. Pourquoi ? Pourquoi penses-tu ainsi ? Tu secouais légèrement la tête, réprimant un grognement pour toi-même. Qu'elle se taise cette chose. Qu'elle se taise cette envie. Et que lui, la ferme aussi. Ses mots te passaient bien au-dessus de la tête alors que tu échangeais lentement ton sourire pour une mine totalement stoïque, te craquant doucement les phalanges du pouce.

Te calmer. Lutter. Idiot, tu es juste un idiot de lutter. Tu le sais parfaitement. Tu t'avançais vers lui, n'hésitant aucunement à refermer tes doigts autour de sa gorge, tes pupilles céruléennes enfoncées dans les siennes, froides. Tu n'avais plus l'humeur à rire comme un crétin. Le temps courait et il allait finir par t'avoir.

« Le silence n'est pas signe d'idiotie, cher frère. Doit-on toujours planifier des meurtres à haute voix ? Si tu tiens tant que cela à ce que j'y mette plus d'entrain, je le peux. »

Tu laissais tes griffes venir, lui entaillant doucement le cou.

« Cela ne me gêne guère plus. Au moins, nous pourrons nous amuser, encore et encore. ~ »

Tu resserrais doucement ton emprise, ton visage proche du sien, ne le perdant pas du regard. Foutaises. Tu l'aimais bien, non ? Tu ne sais plus. Tu le lâchais brusquement, soufflant, dédaigneux. Tu te fichais du monde autour de toi. Des cibles, rien de plus. Tu te fichais de tout. Oh, absolument de tout.

« Néanmoins cela te ferait que trop plaisir. Vas-tu te plaindre encore longtemps que j'ai foiré ce fameux coup, toi qui aime tant la vie ? Que veux-tu que je te dise ? Que je suis désolé ? Que le remord me tue ? Tu le sais aussi bien que moi, j'en suis incapable. Je ne fonctionne pas ainsi. »

Tu détournais le regard, agitant violemment la queue. Agacé. Tu l'étais. Tu en avais ta claque, de cette vie. De tout cela. De cette foutue bête qui frappait aux portes de ta conscience. De cette foutue bête qui venait bien te prendre un bras, bras noir et griffu, faisant naître une angoisse en toi. Angoisse que tu refusais de montrer, comme toujours. Le temps te course. Et il t'as foutu le grappin dessus. Que vas-tu faire ? Lutter ? Quelle belle connerie.
The monster in my head is finally taking over.

©endlesslove.
Warm meeting... [Pv Vral][Trololo Gore]
Invité
Dim 19 Mar - 18:45
Warm Meeting
  • ft. Vral

« My friend, do you fly away now ? »

Arrivé un moment, il n’est plus si facile de réfléchir de façon logique. Ne plus être si capable d’accéder à un raisonnement peu conquis. Et se complaire dans le factice. Pourtant loquace, ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne soit possible de craquer ouvertement quant aux sentiments – ressentiments seraient même probablement plus approprié dans ce cas – car perspicace, il était persuadé qu’en face de lui se tenait effectivement le bourreau qui avait pourri sa vie en peu de temps. C’était une évidence d’y croire, car se mêler au peuple d’Ariesten était non seulement particulièrement complexe, mais également la civilisation avait évolué d’une toute autre manière que ce qu’Aloysius avait pu connaître des abysses de « l’extérieur ». Il était courant que l’adaptation n’ait pu se faire quant à l’ampleur des dégâts qu’aurait pu causer son frère s’il n’avait pas tenté de se fondre dans la masse homogène de ces gens trop parfaits.
Une grimace déforma les lèvres de ce visage durement acquis, lui-même avait dû assimiler beaucoup de chose en très peu de temps pour apparaître de façon crédible face à la civilisation qui lui faisait face. Les cadavres ne jonchaient pas les rues et se procurer une victime à dépecer était d’autant plus dur étant donné qu’il faille se montrer très prudent afin de ne pas se faire remarquer. Alors oui, c’était une évidence même que son frère avait réussi à se fondre et il n’était pas impossible que cela faisait bien plus longtemps qu’il était sur l’île. Il était courant qu’un animal lui-même ait l’intelligence de s’adapter à climat hostile à son espèce, alors dans la suite logique des événements, pourquoi pas lui. La nostalgie le bouleversa, comme un film, il vit défiler des images qu’il avait cru si longuement perdues. Celles qu’il refoulait violemment et profondément en lui, se terrant dans une prison de glace et oublier ce que voulait dire la souffrance. C’était d’ailleurs une chose qui lui était restée inconnue longuement avant de le faucher sauvagement le jour de cette trahison, le jour où il portait déjà un corps d’empreint qu’il s’était vu se faire démembrer sans la moindre émotion inscrite dans le regard sauvage qu’avait eu Vral ce jour-là. Il le savait, son frère était particulier, lui-même probablement avec quelques soucis à régler avec la normalité, mais ce jour-là, c’était quelque chose de foutrement plus puissant et qui encore à ce jour lui donnait de véritables sueurs froides. Encore à ce jour, il redoutait de croiser la bête qui avait brutalisé son corps sans la moindre émotion. La crainte bien que dissimulée sous un masque de cynisme, était bien réelle. Et bien évidemment, quand il pensait faire sa petite escapade en ville, il n’avait absolument pas l’intention de croiser cet être qu’il devait probablement autant aimer que haïr, et c’était une priorité d’avouer que même après des siècles sans se voir, il n’était tout simplement pas prêt à le voir. La confusion guettait son esprit trop fragile sur ce sujet tabou. Et dans le fond, il n’arrivait dès à présent qu’à exprimer son trouble de façon maladroite et désobligeante. Propre à son caractère et aux antipodes de son colocataire était incapable de manifester son désarroi de façon logique, alors il se cantonnait derrière ce rôle forgé de toute pièce et ne pouvait que se montrer dédaigneux.
Heureux ? Bien sûr qu’il l’était, ça grouillait en lui d’une rage passionnelle rien qu’à l’idée d’enlacer son frère de façon à ne plus le lâcher. Mais une appréhension menaçait de lui faire perdre son sang froid qu’il peinait déjà à maîtriser alors que pour le moment, ils s’échangeaient simplement quelques formules de politesses. Et l’altercation qui se jouait entre les deux bruns se dégradaient un peu trop vite et vu de l’extérieur, il n’était pas bien difficile de sentir une tension pesante autour des deux vieillards, qui, d’apparence donnaient bien évidemment des centaines d’années de moins que prévu.

Une bataille faisait rage, cachée sous une amabilité feinte, l’acier rouge s’entrechoqua avec la lame bleutée, et il n’était pas difficile d’imaginer ce qu’il se passait chez eux intérieurement. Un mélange d’émotions confuses se diffusait de façon maladroite. La colère premièrement, non pas la fureur, mais la colère qui s’insinue comme une plaie, celle qui provoque intérieurement une douleur d’incompréhension. Comme les cloches du purgatoire, un gazouillage courant entre eux faisait appel à un besoin pressant de discuter et de façon bien plus sérieuse. Deuxièmement, il y avait cette nostalgie qui grouillait de façon permanente et tirait chez lui des souvenirs douloureux. Qu’il s’agisse évidemment de ce temps où ils s’amusaient tout deux de façon absurde, exemple flagrant précédemment cité, la partie amusante où Aloysius se faisait écharper de façon aléatoire pour l’amusement courant de son frère. Ou bien lors de leurs étreintes fraternelles où de façon protectrice chacun pouvait veiller sur l’autre. Et aussi bien, ça lui manquait terriblement. Et quand même les émotions humaines à proprement parler lui étaient presque inconnues, il s’agissait là d’un attachement malsain.
Et quelle fut son angoisse de porter ces sentiments pesants, car les gens changent avec le temps, et la preuve des faits se trouvait devant lui. Il ne savait comment agir, et il ne savait comment lui-même allait réagir. Le cercle vicieux s’était refermé comme un piège, comme l’insecte pris dans la toile. Le mieux aurait dû être l’ignorance maintenant qu’il y repensait. Faire comme si cet homme était un total inconnu, car c’était exactement le cas dès à présent, cette personne devant lui ne semblait pas être son frère, et l’avoir vu changer de la sorte provoquait en lui une sorte de mal-être, un sentiment qu’il avait du mal à décrire. Une jalousie, celle de savoir que des gens ont pu s’approprier la confiance de son frère pour le faire changer à ce point. Et ce point l’agaçait grandement, et tout ça c’était sa faute. Et troisièmement, éternellement, celui qu’il ne pourrait en aucun cas rejeter, c’était le besoin dévorant, celui de retourner à ses côtés. Mais la perte de confiance, et accessoirement la trahison subie ne suffisait plus. Il ne doutait pas de sa sincérité, il s’agissait là d’une certitude, Aloysius le lisait dans ses yeux, mais la souffrance au-delà du physique était autrement bien plus dure à gérer. C’est pour cela que lorsqu’il s’approcha et se saisit de sa gorge, il n’eût pas besoin de se reculer. La mort, la douleur charnelle, il les connaissait que trop bien et le laissaient étonnamment de marbre, il ne les craignait pas, ses précautions était de façon générale quasi parfaite. C’était plus embêtant pour le râleur, il commençait presque à s’attacher à lui, si bien étant qu’une extension s’était provoquée. C’était une chose qu’il cachait à la vue des gens pour ne pas griller sa couverture, mais lorsque certains liens se créent avec le corps de l’hôte, une queue à l’allure similaire de celle de son frère pouvait battre frénétiquement dans son dos. Et pour le coup, celle-ci s’était déroulée de son bassin et s’était faufilée hors des vêtements. Elle dessinait une arabesque autour de son crâne, dansant avec l’air de façon furieusement. Il pouvait sentir la main en effet contre sa gorge et se refermer dangereusement.

- Que ton silence était intelligent, mais dans le cas présent, j’ai davantage l’impression que l’on t’a retiré ce qui faisait que ton existence était un poil plus intéressante que celle des autres. Tu sembles devenir un misérable pantin de la société actuelle. C’est triste à voir.

Un sourire mauvais s’inscrivit sur son visage, de la mauvaise foi ? Ce pauvre Maoise déteignait sur lui, c’en était terrifiant. Des sentiments humains, quelle drôle d’idée. Et pourtant vraisemblablement le cas, il ressentait des choses dont il n’était pas sensé y être réceptif. La griffure, il la sentit pénétrer la peau, mais rien ne déforma cette expression qui avait fini par lui coller. Le liquide carmin prit place, se déplaçant comme des serpentins, joyeusement libres de pouvoir se balader librement. Et en contact direct avec la peau, le fluide émit un tintement cristallin, faible et gracieux.
Aloysius ne céda pas à son envie d’agir, parce que s’il tentait quelque chose, à l’instant, il ne savait pas si inconsciemment il allait s’effondrer en larmes comme ça avait été le cas lorsqu’il avait délaissé son cadavre, ou bien s’il risquait à l’inverse de s’énerver. Donc il se contenta de ce masque glacial, aux remarques acerbes.

- Je trouve ça étonnant que tu te contentes simplement de ça comme explications. Des excuses ? Il faudrait que tu saches que dans le cas présent même si la mort pouvait te prendre, il n’y aurait aucun moyen que le pardon te soit accepté.

C’était faux, il le savait, mais son débit de parole était devenu bien plus vif que lui, et la rancœur de l’instant provoquait chez lui un besoin de frapper aussi fort que le lourd poignard qui s’enfonçait tel un pieu en lui, comme le lourd poids des années à nourrir une haine d’amour. À ce moment, il était redevenu un enfant possessif dans le besoin de s’accrocher à la protection de son grand frère. Et quand l’étreinte se relâcha, une lueur errante inconnue se glissa dans les pupilles du garçon. Ce fut à lui d’agir, puis l’enserra de ses bras telle une vipère. Enlaçant son corps dans un étau plus réconfortant. Le sourire toujours joliment dessiné sur ses lèvres. Une main agrippa sa nuque puis fit glisser ses ongles contre, ripant la chaire sans réellement pouvoir l’entamer. Le corps humain était désespérément faible.

- Tu espérais tout de même pas pouvoir recevoir une quelconque clémence de ma part après tout ce temps ? Quand bien même tu aurais été capable d’éprouver un véritable sentiment, je me serais fait un plaisir de l’écraser pour te montrer ce que l’espoir provoque.

Presque affectueusement sa joue se frotta machinalement contre la sienne, en ce moment il jouait avec le feu. Il le savait, mais l’état instable qu’il provoquait chez cette bête avait quelque chose de presque jouissif à ce moment. Le brun se saisit de son visage l’attrapant en coupe de ses mains, arguant un sourire espiègle.

- Je crevais à l’idée de te revoir si tu savais… Celle de pouvoir te retrouver enfin. Tu sais que qu’une centaine d’année c’est terriblement long… Je suis quand même rassuré de voir que peut-être tu ne m’as pas totalement oublié. Mais maintenant que je suis là, que comptes-tu faire ?

Ce n’était qu’un souffle posé contre son oreille. Oui, qu’allais-tu donc faire Vral ?

« It takes a monster to destroy a monster. »

Warm meeting... [Pv Vral][Trololo Gore]
Invité
Dim 19 Mar - 20:36

Why am I afraid of the monster that I was ?
Look at the monster that I have become.

Que comptais-tu faire, oui ? Qu'allais-tu faire ? Étais-tu encore de ce monde ? Où étais-tu ? Tu chutais. Dans un néant sans fond. Ton esprit te délaissait, partant pour des lieux lointains. Tout était si loin, si sombre, si flou… Ta conscience dansait, divaguait. Elle t'abandonnait elle aussi. Tu étais seul face à toi-même, dans ce théâtre intérieur. La même pièce. Les mêmes ressentis. Les mêmes craintes. Que comptais-tu faire ? Tu ne veux plus lever le regard, dans cet endroit. Tu ne veux plus voir ce qui te fait face. Comment tu te fais face. Tu le savais, oh que tu le savais. Que tu n'étais plus vraiment là dans ce présent-ci. Que ce frère parlait dans le vide. Des sons. Vagues sons qui venaient s'écraser contre tes tympans. Vagues sons que tu ne pouvais traduire qu'un coup sur deux. Sons emplis de rancune et colère. Il t'en voulait, tu n'étais pas aveugle, même ainsi. Même avec ces pupilles qui lorgnaient le sol, hagardes, l'air léthargique, tu les éprouvais. Ses émotions.

Elles venaient à toi comme des claques, violentes claques. Tu étais déjà décapité à l'intérieur. Tu le savais. Tout le mal que tu lui avais causé. Tu le savais que tes excuses ne changeraient rien. Tu ne demandais ni clémence ni pardon. Tu ne demandais rien car tu le savais. Que cela serait voué à un certain échec. Tu ne pouvais porter que le poids du blâme. Encore et encore, jusqu'à ce que tu puisses enfin crever un jour. Pantin, peut-être bien. Mais point de la société. Oh cela, non. Tu étais juste un caméléon qui s'adaptait pour vivre. Tu étais ton propre pantin. Esclave de ce que tu étais. Esclave du monstre que tu gardais barré dans un coin de ta tête. Esclave de cette pulsion qui prenait un peu plus le pas sur ta personne. Ton corps parlait pour toi. Que pouvais-tu dire ? Ah ! Rien. Tu n'étais plus. Simple mirage qui s'accroche aux mots de son frère pour tenter de vaines réponses.

Tes lèvres étaient scellées. Alors que ce noir qui était tien, sien à ce monstre te prenait. Tu te perdais. Tu n'étais plus. Cela faisait mal, hein ? De savoir comment la suite allait tourner. De revivre cette scène qui t'avait séparé des siècles plus tôt de lui. De recommencer. Quelles belles retrouvailles. Tu réitères la même erreur. Tu te perds encore. Tu t'adonnes encore à cette envie. Ce sentiment de vide qui paradoxalement te rends si vivant. La douleur rongeait ton corps, celui-ci changeant peu à peu pour une apparence qui devait être bien familière à ce frère. Cette même apparence qui l'avait éparpillé un peu partout au gré de son imagination. Cette apparence qui avait bien passé un long, très long moment à expérimenter l'immortalité de ton cher frère. Une apparence que tu ne te connaissais plus. L'angoisse t'anesthésiais tous ressentiments.

Tous sauf celui-ci. Qu'est-ce que cela donnerait, de repeindre le sol avec sa cervelle ? Que de danser avec son corps décharné et sans vie ? Hein, qu'est-ce que cela donnerait ? Ne pense plus. Clos les yeux. Tout ira bien, tu le sais, n'est-ce-pas ? Tout ira bien. Tu n'es plus. Ne te mens pas. Tu n'es plus là, simple spectateur. Ta tête se faisait lourde dans cette étreinte et cette chaleur si agréable. Celle de ton frère. Efforces-toi. Ne recommence pas. Pas encore. Ces piques, c'est du vent. Tu le sais. Tu le sais, oui. Ne le tue pas. Tu ne le veux pas. Pas lui. Pas encore. Plus jamais. Tu balançais de la tête, indolent, essayant avec difficulté de te rappeler ses mots. Ses questionnements. Faire… Que comptais-tu faire… Maintenant qu'il était là ? La douleur te tuais et inconsciemment, tu ne te reconnaissais plus. Cette apparence… C'était quoi ? Cela sortait d'où ? Crainte.

Tu réprimais un grognement sourd, venant tout naturellement frotter le bout de ton nez contre celui de la tête brune. C'était ton seul et dernier élan de contrôle pour lui. Et tu le savais, qu'il comprendrait ce message. Tu n'avais pas besoin de développer plus. Tu ne pouvais guère. Parler te tuais. Rester ici t'achevais. Parle, parle donc. C'est accompagnées d'une voix coupée, inaudible, que lentement tes mains jais repoussaient son étreinte, la queue battant furieusement l'air. Tu n'étais plus. Plus vraiment. Tu avais bien envie de lui arracher la tête. Lui prendre ses yeux. Faire une guirlande avec ce qui le composait et danser avec. Danser à t'en faire perdre cette raison que tu cherchais encore.

« Garder… Te garder. »

Sur ces mots presque soufflés, tu te retournais vivement, l'une de tes mains se saisissant de la première tête passante. Ils n'existaient plus pour toi, ces gens. Ces mêmes âmes qui te lorgnaient, t'imposaient leurs lourds regards quant à cette véritable apparence qui était tienne.

Tu ignorais la surprise marquée sur son visage et l'écrasait avec une violence qui t'était propre contre le sol. Pourpre. Tu lorgnais celui-ci éclabousser le sol, sous les cris de surprise du monde autour de vous. Ton regard cristallin se portait sur chaque chose, chaque personne. Une bonne chasse, comme tu les avais toujours aimées, n'est-ce-pas ? Tu gardais ta main fermement appuyée sur le crâne de ce corps vide d'esprit, pressant un peu plus celui-ci. Tu allais le repeindre ce sol. D'un gris que personne ne connaissait. Un gris cervelle ? Tu lâchais un drôle de ronronnement, tortillant de la queue, ne cessant pression alors que tu sentait ton environnement te devenir hostile et craintif. Une sensation que tu appréciais au plus haut point. Pourtant ton visage était de marbre. Sec. Un craquement sec, distinct. Puis deux. Liquide qui fuit, qui danse. Ah, tu allais tout repeindre, non ?

Tu ne savais faire que cela après tout. Ce sentiment te tenait en laisse. Cette envie te maîtrisait. Et toi, que faisais-tu ? Tu n'étais plus là, entièrement soumis à elle. Tu n'exprimais qu'un hurlement strident, bondissant sur une seconde personne proche, laissant tes griffes lui lacérer vivement l'estomac, tenant fermement ce qui devait lui servir de viscères, tandis que tes crocs trouvaient sa jugulaire. Douce mélodie que sa voix déchirée t'entonnait. Douce mélodie qui rejoignait les chœurs des autres. Douce panique, chère panique, t'aime-t-elle ? Depuis combien de temps ? Ne t'étais-tu pas senti si libre ? Depuis combien de temps ne t'étais-tu plus menti ? Un bien-être. Un oubli. Tu planais, dans ce monde monochrome dont seul le sang des victimes se distinguaient. Tu te repaissais sans la moindre gêne, bougeant vivement vers la prochaine.

Une course habile, rapide, souple. Un animal, c'était tout ce que tu étais à l’heure actuelle. Monstre serait plus approprié. Te voyais-tu ainsi ? Et tes hurlements se fondaient dans le chant collectif de ce monde. Un magnifique sonate. Berçant, apaisant. L'oubli. Pour toujours, tu le veux. Liberté. Cloître dans ce monde carmin. Cris, douleur, terreur… Un monde rien qu'à toi. Tu lorgnais ce bras qui te restait en main, sur ce corps convulsé, dévoré par la douleur. Aucune pitié. Et si tu lui prenais sa langue et ses yeux ? Ta queue remuait joyeusement. Et lui ? Le seul qui sera vivant de ce lieu ? Qu'en avais-tu fait ? Tu étais parti devant, enfermé dans cette atmosphère de liberté et d'exaltation. Tu refusais qu'il t'y suive. Tu refusais que ce soit son corps, qui soit là, croulant son ton poids alors que tu t'en amusais joyeusement. Non, il ne devait pas faire parti de ta pièce macabre.

C'était cela. Morbide. Ce côté que tu avais mis en cage, que ce père adoptif avait mis en cage… Il était lassé d'attendre. Et que trop ravi de revoir le monde. La chaleur du sang contre toi, sur ta langue, sur toi. Le Paradis existe. L'extase existe. Et elle est avec toi, te suivant dans ta folle course. Oh que oui, le temps t'as eu. Et à présent tu le rattrapes et le fuit en même temps. Le réveil va être douloureux. Et il ne sera pas accompagné de chants, lui.
Will you still love me when I'm a monster ?

©endlesslove.
Warm meeting... [Pv Vral][Trololo Gore]
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Ven 24 Mar - 3:37
Warm Meeting
  • ft. Vral

« Don’t think that will change all the rules. »

Il fallait croire que certaines choses n’allaient pas toujours dans le sens que l’on désire.  Encore moins ces derniers temps.  Les places étaient déjà conquises, et il ne restait que l’espoir qui aurait pu faire vivre. Justement… L’espoir fait vivre, car celui-ci n’est qu’un espoir, une idée, une simple idée que l’on ne peut qu’effleurer du bout des doigts.  Parce que la vie aime faire croire pour mieux t’écraser derrière. Elle pose des énigmes impossibles à résoudre, juste pour le plaisir de compliquer les choses, de compliquer ce que l’on est à l’intérieur et fendre la carapace.
C’était les sensations pour le moins dérangeantes que l’on pouvait ressentir de façon presque extrême. Mais en même temps, elle permettait de libérer un poids qui s’alourdissait sur les épaules et il n’arrivait qu’à se sentir mieux ainsi. Mieux, vraiment ? C’était une sensation qu’il ne pouvait de toute façon par gérer intelligiblement. La vie ne fait que craqueler des morceaux qui n’en valent pas forcément la peine, et dans le cas présent, c’était même quelque chose de réciproquement dangereux. C’était ainsi.
C’est en se serrant dans l’étreinte mortelle que l’on pense pouvoir enfin s’échapper de la douleur contraignante. Celle qui ne nous laisse pas le choix et qui ne finit que par nous faire subir douloureusement. Il n’est possible que de suivre l’instinct douloureux qui nous pousse à s’accrocher avant que la déception ne poigne et arrache les rares sensations encore capable de subsister, celles qui rongent et donne l’impression qu’on arrache à la poitrine le cœur encore battant. Celui qui prouve que la souffrance, et la passion ne sont pas que des sensations imaginées par un subconscient en manque. Ce n’était certes pas ce qui l’arrêterait, mais quelle est la raison de vivre si au final rien ne nous permet de s’accrocher à la vie avec une passion dévorante pleine à croquer. Quelles donc avaient été les motivations d’Aloysius pendant si longtemps sans se morfondre ? À survivre, à s’appuyer sur un moindre espoir. Il ne mordait pas dans ce désir charnel, il n’aimait pas forcément la compagnie et si quelque chose semblait éventuellement l’intéresser, c’était de pouvoir voir une flaque de sang s’étendre sous un corps. C’était quelque chose d’apaisant derrière le rire effroyable qu’il n’était vraisemblablement incapable de retenir. La couleur rougeoyante se fondait parfaitement à la lueur de ses yeux, et sentir le fluide chaud se répandre sur son corps. La douceur du liquide pouvait lui apporter un frisson de plaisir. C’était bon, tellement agréable. Il s’était tellement habitué à ressentir le sang perler sur son corps, que ça ne pouvait que lui rappeler les innombrables fois où son frère s’était tant amusé à le faire jaillir. Réconfort, le seul qui lui apportait le bien-être et le faisait s’échapper de la solitude, de l’abandon et du vide qu’il avait laissé au plus profond de lui. La peine n’était plus que masquée par une expression ravie, moqueuse, voire hautaine.

La sensation de perte est probablement celle qui semblait le plus toucher le cœur du garçon, aussi vieux ce celui-ci pouvait être, la chaleur de ce corps lui avait tant manqué. Et ce moment si glacial, ces quelques mots jetés par une rage sans pareille semblaient juste vouloir prouver qu’au fond il n’était pas prêt à recevoir ce qu’il redoutait le plus. Sentiments humains, quelle horreur, s’il avait su plutôt, il ne se serait jamais approché de cet imbécile. Humain… « A » savait parfaitement que ce n’était pas des sentiments liés à sa nouvelle apparence. Bien que différente, ça ne changeait pas la déception et la douleur qui avait réussi à le faire fondre en larmes. C’était une douleur bien réelle, bien au-delà de celle qui avait massacré son corps. Celle qui surpasse sans se méfier le démembrement, oui, au-dessus, car il s’y était fait, le physique, il avait l’habitude et s’y accommodé. En revanche, peu importe les années passées, il ne pourrait jamais se faire au trou béant qu’avait laissé son frère au centre de sa poitrine. C’était lourd à gérer, et encore maintenant, il était difficile pour lui de résister aux larmes qui menaçaient de s’écraser lourdement contre ses joues. Mais il les retenait, car ça ne méritait plus d’être jetées sans raison.

Mais pourtant, maintenant, tout contre lui. Sentir sa respiration soulever ses mèches brunes. Son cœur qui battait contre sa poitrine, son odeur qui effleurait ses narines. Il avait beau lui avoir balancé ses horreurs à la figure, qu’importait, il ne pourrait jamais réellement lui en vouloir. Bien que l’incompréhension ait longuement tourmenté son esprit, il avait forcément une raison pour avoir agi de la sorte. Le brun s’était enfermé dans une spirale de tourment qu’il encaissait toujours difficilement avec le temps, et le revoir avait été un tel choc qu’il n’était tout bonnement pas capable de gérer. C’était clair qu’il n’était pas prêt à le revoir, mais le serait-il un jour ?
Au final, que voulait dire cette étreinte. Au milieu de la foule, c’était un besoin angoissant de savoir qu’il n’allait pas à nouveau fuir sans rien dire. La queue noire qui terminait son dos, fouettait l’air nerveusement. Aucune réponse. Le doute pesait. Et dès à présent, il ne savait quoi faire. Quelque chose clochait, et il le sentait au-delà de la vision qu’il lui offrait.  La parole ne lui était plus acquise et le corps tendu contre le sien prouvait bien que bientôt quelque chose allait craquer. Définitivement closes, ses lèvres ne lui cracheraient rien à la figure, ni haine, ni amour. L’angoisse noua ses tripes douloureusement. Ce n’était pas un bon signe. Puis un geste. Quelques mots soufflés. Et toute la tension quitta ses épaules. Ce doux geste affectueux avait ravivé la flamme prête à s’éteindre au creux de a poitrine. Elle raviva des battements qui jusque-là s’étaient étouffés sous une couche lourde de rancœur. À ce moment, il avait presque eu envie de lui prouver son contentement d’un baiser ardent, loin du contact moqueur précédemment donné. Mais l’état de son frère le perturba, bien trop. Son corps s’échappa de l’emprise de ses bras. Foutus réflexes humains trop lents. Le sang gicla.

Virevoltant, il se dessina dans les airs en une nuée de points écarlates. La pluie rouge se répandit sur le sol en quelques flaques poisseuses. Un frisson égaya ses sens, ça s’insinuait en lui lourdement, la terreur bouillonna en lui, mais ce n’était pas lui, quel trouillard. L’envie de massacre peigna ses traits, il était clair que la panique ainsi créée lui offrait l’envie de se joindre au balai si joyeusement ouvert par Vral. ENFIN, pouvait-il exulter, oui, enfin, car face à lui se trouvait enfin la personne qu’il connaissait et qu’il cherchait depuis des années.
La panique, les cris, et une nouvelle gerbe de sang s’écrasa non loin de ses pieds. Ses pupilles se dilatèrent, le plaisir était de mise. Et bientôt, il allait recouvrir les joies du partage. Mais profondément en lui, cette trouille improbable, celle qui ne lui appartenait pas le fit redescendre sur Terre. Ils étaient en public et le problème était bien plus gros maintenant que quelques cadavres traînaient sur le sol. Il était hors de question que quelqu’un lui retire son frère maintenant qu’il était enfin à sa portée. Bien qu’en ce moment la portée n’était pas réellement le souci, car là, il allait falloir qu’il reste hors de portée et qu’en plus, il puisse le faire revenir à la raison sans que lui craque. Aloysius passa sa main sur son visage en poussant un long soupir dépité. Tout avait si bien commencé….

Il s’arma de son corps mortel, écrasa de son pied, la dépouille qui se tenait non plus de lui – il était mort, rien ne l’empêchait de s’amuser lui aussi – et la mélodie allait commencer. Le craquement écœurant des os sous son poids le fit frémit, il était même prêt à émettre un gémissement, mais il dut se retenir, quelqu’un n’était clairement pas d’accord avec lui. Et au milieu de la foule en panique, il commença sa course. Il l’avait pris au dépourvu, et le plan ne s’était pas concocté dans sa tête. Rapidement, plusieurs hypothèses se portèrent d’elles-mêmes à son esprit. Sans rien, il n’allait pas pouvoir faire grand-chose avec le maigre corps que lui offrait son hôte. Le pouvoir de Maoise ? Mauvaise idée, il y avait deux résultats possibles, soit le bruit allait se montrer inaudible et dans ce cas se montrer d’une efficacité totale, soit, au contraire, la mélodie se montrerait à des décibels impossibles à gérer – surtout avec la quantité de sang qui s’étalait sur le sol – et dans ce cas, il crèverait les tympans de tout le monde. Et bien évidemment, il n’allait pas laisser la situation entre les mains de Maoise, celui-ci allait trop paniquer, et les tuer. Tout semblait bien compliquer pour le moment, puis cette envie pressante d’éclater des crânes à son tour se mêlait à la confusion présente. Diable qu’en plus le bougre était rapide. Il dérapa dans les premières boutiques, il allait bien trouver quelques trucs intéressants pour arrêter ce diable de frère. Ainsi, il prit soin de choisir quelques objets dans les magasins environnants, ne payant pas, prétextant une situation qui était tout de même vraiment urgente, puis repartit à la poursuite de Vral.

Ses pas l’emmenèrent enfin devant la bête, il s’approcha prudemment, et bien lentement, parce que voilà, on ne dérangeait pas quelqu’un qui éviscère une autre personne, question d’éthique. Puis même, il ne pouvait pas profiter du massacre physiquement, alors il s’en contentait physiquement. Puis une fois devant son frère, il déposa sur son crâne un caleçon avec des fraises dessinées dessus – l’utilité ? Aucune, ça l’amusait juste, ce qui désespéra terriblement son hôte – celui-ci contrastait à merveille avec l’étrange robe noire. Puis doucement, il tendit devant lui un cookie au chocolat.

- Vral… C’est moi Alo, tu le veux hein ? Le cookie !


« Your way is not the one you have to follow. »

Warm meeting... [Pv Vral][Trololo Gore]
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Ven 24 Mar - 16:58

I'm running from myself.
There's something inside of me
and it's ripping a hole through my chest.

Dansais-tu ? Dansais-tu, Vrål ? Où étais-tu, dans ce sanglant ballet ? De simples bribes de son. Un univers monochrome, teinté de carmin. Si apaisant. Cette sensation de regarder une pièce de théâtre et d'être et acteur et spectateur. Tout cela à la fois, en lorgnant ce quatrième mur qui vous séparait, la bête et toi, de ces chers êtres, présents dans la salle. Êtres que tu massacrais sans vergogne. Un ballet poétique, léger. De petites gouttelettes, le pourpre devenait vagues, puis marées. Tu peignais. Peignais ton univers comme ton envie te le dictait. Envie trop longtemps réprimée. Envie trop longtemps oubliée, mise de côté. Tuer. Uniquement tuer. Pour tuer. Nul besoin d'éprouver du plaisir. Nul besoin de chercher une cause tordue à tes actions dérisoires et ta violence brute. Un soulagement. C'était tout ce que c'était.

Un monstre relâché en pleine nature après des siècles d'emprisonnement. La joie paradoxale de revoir le monde et de le refaire à sa façon. Oubli. Tu sombrais, toi, là-dedans. Dans les méandres de ta conscience. L'avais-tu protégé ? T'étais-tu éloigné de lui, de nouveau ? Pour son propre bien, cette fois ? Tu avais essayé. Et tu priais intérieurement, que ce que tu étais réellement l'omette. Tu ne voulais plus le tuer. Tu ne voulais plus lui causer ce mal. Juste être toi, sans avoir cette envie irrépressible de faire de son crâne ta prochaine tasse décorative. Tu n'étais bon qu'à cela, massacrer. Tes pupilles cristallines suivaient le trajet du sang, tandis que tu continuais ta folle course, les cadavres s'accumulant lentement derrière toi, tous plus amochés les uns que les autres. Tu ne voulais pas t'arrêter.

Tu en voulais plus. Toujours plus. Jusqu'à ce que ce lieu soit entièrement refait de rouge. Jusqu’à ce que ces corps ne soient plus méconnaissables. Oh, tu y mettais du cœur à l'ouvrage. Et ce n'était pas une tête arrachée puis explosée contre un mur qui allait te contredire. Pas cette pauvre femme démembrée, dans de longs cris d'agonie qui allait te contredire aussi. Ils pourraient essayer. La mort était ce qui les attendait. Était leur salut. Ton corps trahissait cette joie qui t'envahissait. Celle d'être libre. Tu en ondulais la queue, dégageant ce qui restait de ta dernière victime pour aller à la prochaine, créant par la même occasion un beau tapis rouge. Oui, même ainsi, tu savais encore être poli, voyons. Tu avais bien du mal, en ce jour, à te faire doux. La douceur était une notion quelque peu… Obsolète avec toi.

Tu restais de marbre, ta main traversant son thorax pour atteindre ses entrailles. Elle se débattait. Tu penchais la tête, interdit, secouant doucement la queue. A quoi pensais-tu ? T'imaginais-tu la douleur que pouvait éprouver ta proie ? Loin de là. Tu te contentais de lui arracher une partie du visage d'un vive coup de griffe, grognant doucement. Le bruit t'agaçait ? Son timbre de voix était déplaisant, c'était cela ? Qu'importe. Tu sortais ton autre main de ses entrailles, portant tes dents à elles. Que dire de cela ? Tu avais un creux, depuis le temps. Ce creux jamais comblé. Ce vide toujours présent. Que tu avais couvert d'une bâche. Pas. Tu te redressais doucement, tournant le visage, dégoulinant de pourpre, l'apercevant. Lui. Tu te figeais. Il te parlait, ce visage, hein, qu'il te parlait ?

Tu le détaillais, faisant peu à peu face à lui, arqué, sur la défensive. Que te voulait-il ? Ne l'avais-tu pas laissé derrière exprès pour qu'il soit en paix ? Pourquoi ? Pourquoi ? Ton esprit s'emmêlait. Tu ne suivais plus. Proie ou proche ? Qui, qui était-il ? Tu lâchais un grognement sourd à ce morceau de tissu qui venait recouvrir une partie de ton crâne, agitant vivement la tête pour dégager celui-ci les oreilles basses, ta queue fouettant l'air. Se moquait-il ? Pour qui te prenait-il ? Pourquoi agissait-il ainsi ? Tu te reculais, prêt à lui bondir dessus au moindre faux pas. Il était parfaitement exposé, le savait-il ? Tu montrais les dents, lui feulant brusquement dessus quand celui-ci te proposait un cookie. Était-ce la blague qui te faisait agir de la sorte ou ce prénom ? Ces prénoms. Qui te martelaient l'esprit. Lourds de sens. Et lourds sur ton cœur.

Poids. Cela fait mal. Vraiment mal. Tu gardais la tête basse un court instant avant de subitement bondir par dessus lui, l'ignorant de plus belle. Pourquoi ne l'attaquais-tu pas ? Quelque chose là-dedans, dans ton crâne te disait de ne pas le faire. Quelque chose te hurlait que tu t'en mordrais les doigts. Tu ne comprenais pas. Tu ne voulais plus comprendre. Et seul un nouveau hurlement, bien plus agressif que les précédents, laissait entendre que tu allais continuer ta danse macabre encore un moment. Tu n'étais pas fatigué de danser, bien au contraire. Tu ne voulais pas de lui comme partenaire. Non, les partenaires, ils étaient autour de toi. Et tu étais déjà à eux.
The cycle repeats and repeats and I can't turn the fucking power off.

©endlesslove.
Warm meeting... [Pv Vral][Trololo Gore]
Invité
Dim 26 Mar - 15:45
Warm Meeting
  • ft. Vral

《Hard to stay on your side.》

La tendance serait de s’accrocher durement à ce que l’on croit, quelque chose qui nous échappe et qu’on arrive plus à contrôler malgré les moeurs du jour. Elle profite du tourment et s’insinue comme s’il n’était définitivement pas possible de lui résister et qu’à présent son seul besoin n’était que de profiter du mal-être et du besoin d’une population en déclin. Pourquoi résister maintenant alors que l’on sait parfaitement que c’est inutile tandis qu’elle nous enferme dans le besoin pressant de n’être qu’un ultime zombie dans la société de nos jours. Devoir ressembler pour être accepté,  donner un faux semblant et perdre ce qui au final fait ce que l’on est et non ce à quoi il faut être.  

Cette vision des choses lui donnait envie de hurler, de se perdre dans la démence et dévoiler ce que réellement il se trouve être. Au milieu de ces gens, il ne se sentait pas à sa place, ils ne se sentaient pas à leur place, être obligés de contenter pour ne pas subir des foudres. En proie à des angoisses indécises, de la peur viscérale de n’être qu’un rejeton dont personne ne voudra jamais. Si peu vécu , maintenant sa misérable vie ne tenait qu’à un fil tendu sur lequel se balançait maladroitement un funambule qui ne lui avait laissé aucun choix. Le jeu de la roulette russe, il ne savait jamais si tirer était une bonne idée. Qui aurait pu savoir si la balle traverserait le canon et couper le moindre espoir dont il ne pouvait rêver.  Car son seul choix était de se laisser envahir par ce mal qui chaque jour un peu plus le rongeait de l’intérieur, bouffait son espace vital. C’était peut-être vrai, il n’avait pas été le garçon modèle auquel on voulait se référer, mais qu’avait-il bien pu faire pour mériter ce sort ? Le brun ne méritait clairement pas ce parasite qui qui s’était faufilé sournoisement en lui, l’appâtant avec des mots trop doucereux. Son  plus grand regret sera sûrement la stupidité et la naïveté dont il avait fait preuve face à cet étranger.

Il avait lutté, il s’en souvenait que trop bien, alors que douloureusement il avait cru partir pour de bon. Atteignant un stade aussi lourd que le purgatoire qui l’attendait avant la mort. Comme un parcours initiatique, il avait subi la dure loi des cinq phases, du déni jusqu’à l’acceptation.  Tandis que son parasite exultait de torturer sa victime. Les jours avaient été si longs, l’une des épreuves les plus difficiles à traverser. Alors qu’un unique sentiment ne les liait. La peur de l’abandon. L’angoisse du rejet. Et plutôt que de disparaître, le voilà qui maintenant se retrouvait contraint à partager son corps avec….. Cette chose ?

Les temps étaient durs, et pire encore il subissait les violences d’Aloysius comme s’il les vivait. Il savait tout de lui, et réciproquement l’inverse.  L’intimité leur était inconnue, et partageaient honteusement des secrets. Et dès cet instant, Maoise avait eu l’impression de ne plus être lui, que cette masse de chair ne lui appartenait plus. Il n’était qu’une âme errante qui agonisant sans pouvoir se libérer des chaînes de son tortionnaire.

Il voyait tout, la violence dont faisait acte ce corps, ce corps qui lui appartenait, et quand les gueules sanguilonantes tombaient sur lui, il entendait une mélodie maladroite se jouer. Ce pouvoir qui lui ressemblait bien trop, celui qu’il n’aimait pas.  La dure contrepartie n’était que trop insupportable, alors il avait tu cette envie de faire couler le sang juste pour alimenter l’environnement d’une sérénade aux accords mélodieux.  

Le temps présent, c’était ses doigts qui parcouraient les cadavres qui jonchaient le sol, acclamant le spectacle d’hululements, prenant sur lui, il arrivait encore à avoir un contrôle sur son propre donc pour que son visiteur interne ne fasse pas trop de conneries derrière. Mais la scène d’une violence inouïe le rendait malade au point qu’il ne gérait pas l’angoisse qui rampant dans sa poitrine. Le massacre qui s’étendait sous ses yeux était dur à supporter, mais au fond, une pointe d’excitation faisait vibrer son corps. Et en accord avec le désir violent d’Aloysius de suivre le concert. Le sol couvert d’un rouge des plus naturels éclatait au milieu de la morosité d’une vie banale.

La réaction d’Aloysius lui avait en revanche donné des envies particulières de lui coller un pain derrière le crâne. Cet imbécile jubilait d’une telle sorte, qu’il les pensait perdu dès que le contact entre les deux bêtes se ferait. Mais au lieu de ça,  quelque chose le percuta dans le regard de la bête. Quelque chose de déroutant, quelque chose qui lui échappa. L’intelligence n’avait pas déserté les prunelles bleues.

- Il a refusé mon cookie le con !

Aloysius le fatiguait terriblement.

La course poursuite reprit de plus belle, virevoltant au milieu des dépouillés ensanglantées, les éclaboussures tintaient sur sa peau comme le glas d’un grelot de cristal. Le liquide chaud imbibait ses vêtements – le lavage allait se montrer difficile – mais cette fois, que squatter semblait définitivement décidé à arrêter cette bête. Peu importait leurs sorts, peu importait tous ces gens qui ne pouvaient être sauvés, son but était seulement de faire retrouver ses esprits. Ses pas s’étaient transformés en un bruit humide et poisseux. Qu’il lui laisse le contrôle du corps, mais le refus fut catégorique,  c’est foutrement trop dangereux pour lui.
Le temps était compté. Il attrapa le col de la chose, et il n’aurait pu croire que son corps était doué d’une telle puissance, car après qu’il ait saisi son poignet, Maoise pu voir la bête valser contre un mur. Puis une laisse entoura le cou du frère, il serra, fort. Il cherchait à l’étranger.

- Reprends-toi putain !

《You can't bring back your past.》

Warm meeting... [Pv Vral][Trololo Gore]
Invité
Dim 26 Mar - 17:55

It's not quite a mystery.
I'm the one who's insecure,
you're the one that makes believe,
that we're all okay.

- Reprends-toi putain !

Et cela recommence, hein ? Que cela recommence.
Tu n'avais point compris. De ce monde si distrayant et rouge, tu avais fini acculé, contre un mur, une vive douleur te traversant le corps. Tu en avais fait fi, obnubilé par cette liberté que tu venais à peine de retrouver. Liberté qui s'envolait au fur et à mesure que cette pression s'exerçait autour de ton cou. Au fur et à mesure que l'air te manquait. Ses mots. Qui était-il, lui ? Pour oser te mettre en laisse ? Tu le flinguais du regard, grognant bruyamment, les oreilles plaquées, ta queue fouettant le sol. Il allait payer, lui. Oh que oui, tu allais lui faire payer. Tu ne voulais pas que cela recommence. Oh cela, non. Plus. Plus jamais. Tu te débattais comme un beau diable, attrapant une partie de cette laisse de tes griffes pour la déchirer. Avais-tu peur, dans le fond ? Cela te ramenait de sales souvenirs, hein ? De très mauvais souvenirs. Et paradoxalement des bons, qui t'écrasaient la poitrine.

Tu ne voulais plus être mis en laisse. Tu ne voulais plus être vu de la sorte. Ambiguïté que tu es. Les légers tremblements de ton corps trahissaient ton état malgré ta colère apparente. Tu voulais qu'il te lâche, ce visage. Tu ne le connaissais pas. Était-ce bien celui que tu avais tenté de sauver ? Celui pour lequel tu te battais contre toi-même ? Et c'était cela le résultat ? Crever ? Finir encore ainsi ? La suite, quelle allait-elle être ? Retour case départ, là-bas ? Dans ces lieux crasseux ? Retrouver cette douleur ? Ces journées atroces ? Des poursuites encore ? Pourchassé ? Tu feulais furieusement, lui crachant toute ta rancœur au nez. Tu ne pouvais guère mieux t'exprimer. Tu finissais par te dégager brusquement, enfonçant profondément tes crocs dans son avant-bras pour que sa prise te délaisse.

L'air te revenait subitement dans les poumons, manquant de te faire tourner de l’œil l’instant même. Ton esprit avait bien du mal avec une telle arrivée d'oxygène. C'est sonné, le corps tremblant, le regard hésitant, que tu fuyais de nouveau. T'éloigner. Tu voulais t'éloigner de lui et de toutes ces choses, horribles choses, qu'il te ramenait. Hors de question de revivre tout cela. Tu ne voulais plus. Tu réprimais un léger gémissement dans ta course, à présent plus affolé qu'agressif. L'idée de danser passait en second plan. Tu voulais uniquement disparaître. Fuir tous ces hommes que tu haïssais tant. Fuir tous ces hommes qui t'avaient causé tant de mal. Ne plus les revoir. Que tu les exècre. Tu serrais les dents, te faufilant dans cette mer rouge et de cris, pour finalement atteindre la sortie du lieu plus vite que prévu. Ta gorge te lançait, serrée, écrasée par cette terreur et cette douleur d'une laisse qui se referme encore autour de ton cou.

Ces images ne te délaissaient pas non plus. Tu plissais des mirettes quand l'astre venait trouver tes pupilles cristallines une fois dehors. Tous ces regards braqués sur toi. Tu écarquillais les yeux, mal à l'aise, les membres tremblant tandis que tu te reculais lentement, cherchant une échappatoire dans ces lignes de sang que tu avais tracées. Tu en dégoulinais, si bien que ta robe noire ne devait plus tant l'être. Ces expression. Cette terreur. Tienne ou leur ? Tu lâchais un hurlement strident, paniqué, reprenant ta course effrénée pour aller te percher en hauteur dans un arbre, bien des mètres plus loin, coupé de tout. Ils n'allaient pas venir te chercher tout là-haut, si ? Ton cœur battait la chamade, prêt à bondir hors de ta poitrine. Douleur, vive douleur. Tu te recroquevillais sur ta branche, le souffle court, haletant.

Pourquoi ? Pourquoi étais-tu si terrifié ? Pourquoi fallait-il que tout cela revienne ? Recommence ? Lentement tu t'écrasais contre la branche de l'arbre, rangeant ta queue sous ta personne, la tête posée sur tes pattes. Calme. Il fallait que tu te calmes. Tout s'emmêlait dans ton esprit. Tout se bousculait. Qui ? Qui es-tu… ? Tu ne savais plus. Pourquoi en es-tu là ? Tu ne savais plus non plus. Ta vision se faisait floue, effacée. Tu déconnectes ? Trop d'émotions en une journée. Trop, beaucoup trop. Tu enfonçais solidement tes griffes dans le bois de l'arbre pour te dire que tu étais encore là. Là, dans ce monde que tu répugnais tant. Là, dans un monde qui te voulait pour des raisons qui te donnaient tout l'argumentaire pour rayer les hommes de cette île. Animal. Parce que tu l'es. Pitoyable, si pitoyable. Pourquoi lui… Pourquoi ce seul visage que tu pensais sauver, t'avais rappelé tout ceci ? Tu étais seul, dans ce monde ? Il fallait croire.

Tu laissais tes prunelles blanches se perdre dans le ciel, caché de tous, à l'abri de tous, dans ces hauteurs feuillues. Loin, très loin. Un point noir dans un océan de verdure. Une âme larguée dans un monde filiforme, voilà tout.
I'm lost, help me find my place. You're the only one, please lead me out of the dark.

©endlesslove.
Warm meeting... [Pv Vral][Trololo Gore]
Invité
Mer 10 Mai - 14:43
Warm Meeting
  • ft. Vral

« After two months I’ve finally decided to post, clap your hands up ! »

Quiétude et grandeur, il a plombé son esprit d’un mur d’acier. Son monde s’était effondré, et la sensation d’une plaie béante avait débuté sa valse, butant dans sa poitrine. Un nouveau regard s’élevait comme un marionnettiste de grande envergure. La confusion navrait son pauvre cerveau qui peinait à démêler qui serait qui maintenant dans son nouveau spectacle. Une partie d’échecs venait de s’éteindre, bouleversante, elle s’était renversée comme si le revers d’une main venait de faire s’écraser tous les pions sur le sol, faisant voler au passage quelques-uns devant son regard placide, entraînant devant lui une flopée de quelques souvenirs douloureux. Cette partie était nulle, son flegme habituel avait laissé place à une panique même qu’il ne se doutait pas qu’elle puisse un jour exister. La faiblesse qui naissait dans ses prunelles de feu était navrante, au fond, il avait quelque part perdu la partie. Il n’avait pas bien su bouger ses pions de façon logique, et le contrecoup était sans pitié. Une pièce maîtresse s’était installée dans le centre du jeu et venait de pulvériser les règles de son unique présence.

Sa petite mise en scène s’est close en un immense coup de théâtre, le final, splendide avait remplacé le décor par un magnifique ballet aux tourbillons ensanglantés dans lequel pour une fois il n’avait sa place qu’uniquement en tant que cause et non en tant qu’acteur. Ce rôle, il l’avait céder sans peine à cette personne si chère à ses yeux. Yeux, contre lesquels il menait en ce moment une bataille confuse. Ce corps qu’il se tentait à maîtriser, chaque tremblement qu’il sentait contre lui se répercutait comme un sanglot dans sa poitrine. La douleur marquait ses traits. Le retenir, l’empêcher d’être lui provoquait en lui une vive douleur qu’il sentait battre dans sa poitrine, renversant ses tripes. C’était contre-nature tout simplement, ce qu’il avait devant lui, c’était son frère, celui pour lequel il s’était laissé mourir tant de fois. Et brisé, il ne pouvait le laisser se faire attraper, pour son bien, et puis même pour son propre égoïsme, il avait tant de choses à rattraper avec lui, ne serait-ce qu’une véritable étreinte d’un amour fraternel. Il était donc hors de question qu’il lui file d’entre les doigts.

Et bien qu’il sache parfaitement que ça n’allait pas lui plaire, ses mains étaient en possession d’une laisse en cuir. Un soupir s’extirpa de ses lèvres car le tenir ne serait chose aisée. Juste avant qu’il la lui passe autour du cou, son front s’était posé contre le sien, ajoutant dans un murmure, une douce caresse.

- Je suis étonné que tu aies pu garder une telle maîtrise de toi durant tant de temps. C’est déroutant de penser que je te retrouve enfin. Je suis soulagé de te voir.

Douce ironie, cet amour inconditionnel avait mené à une perte grandiose, mais, il ne pouvait définitivement pas lui en vouloir. Et enfin, il referma l’étau autour de sa gorge, conscient des répercussions désastreuses qu’il allait provoquer. Et étrangement, ça ne manqua pas. Sa poigne se serra, il ne le lâcherait pas tout de suite. Sa poitrine se déchira quand la panique envahit le regard bleuté de son frère. Mais il devait résister, pour son bien. Bientôt la prise céda d’un coup de griffes, l’angoisse avait remplacé les traits de la bête. Il était clair qu’il n’était pas fier de son acte, mais c’était une situation d’urgence qu’il n’avait pu maîtriser. La poigne toujours atour de son col, il n’était pas encore question de le lâcher. Mais la vive douleur qui transperça la chair de ton avant-bras lui fit cracher une plainte de douleur qui tétanisa quelques secondes son corps. Le sang perla contre sa peau, et le contact sonna comme un glas, joli tintement cristallin avant qu’un mince filet fasse écho à un requiem sonore, incontrôlable une goutte vibrante s’écrasa sur le sol, mêlant le sang à une nouvelle marée.

Il lui avait échappé, Aloysius jura entre ses dents, tenant son poignet dégoulinant, alors qu’une mélodie moqueuse semblait le narguer. Il amena son corps à l’extérieur, il le cherchait au milieu d’un public voyeur. Seul survivant sembla-t-il être. Il ne voulait pas se faire voir. Il s’échappa des mains de ces vautours amassés pour amener une audience au milieu de ce peuple idyllique. Le soulagement sembla tout de même le gagner. Vral n’était plus quelque part dans les lieux. Il semblait même que sa présence ait pu sauver les apparences. La frustration navra ses traits. Il mourrait d’envie de le voir… De l’enserrer dans une étreinte, de lui parler comme tout petit frère pourrait raconter ses périples durement vécu dans le monde du bas. Et tout contrairement, il fut traîné et soigné. Le choix ne lui appartenait pas. Il ne pourrait le retrouver, et la tristesse arracha un gémissement coincé dans sa gorge. Sa conscience s’évanouit, laissant place à l’hôte véritable. Qui tourmenté par le malheur qu’il sentait chez son squatteur ne put annoncer aucun mot sur les faits qui s’étaient déroulés durant ces quelques instants sanglants. Encore tremblant d’une adrénaline qui ne lui avait appartenu, le voilà choyé par des êtres qu’il ne connaissait pas. Voilà bien sa veine… Lui qui normalement n’était au final qu’un déchet sociétaire.

« At the end, you will never be the winner…. »

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