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 [MISSION | NC16] Ice ice baby ❁ feat un bel éphèbe et une orange

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i talked to an orange
and it lead me here
Dans ce lieu effervescent s’apparentant au coeur de la ville et où les gens fourmillent, rient à gorge déployées, chantent les louanges de leurs fabuleux produits, se bousculent et flânent, une mutine blonde se frayait un chemin. Alesund, de son nom, se plaisait à virevolter au travers de la foule des marchés qu’elle venait à fréquenter et ce malgré le brouhaha incessant. Incessant et amplifié par les voix des fruits peuplant les étales qu’elle seule pouvait entendre entre les cloisons de son esprit vagabond. Alors, lorsqu’une voix rauque et puissante se fit entendre sans que personne ne semble y accorder une quelconque importance, le doute n’eût pas le temps de s’installer. La gamine concentra son esprit sur ce timbre particulier afin de remonter jusqu’à sa source et de voir ce qu’il pouvait bien arriver à ce fruit pour qu’il s’égosille de cette façon. Bien vite, ses pas l'emmenèrent jusqu’au présentoir d’un détaillant d’agrumes au visage particulièrement expressif, mais pas de la façon dont on l’entend bien souvent. L’expression de l’homme semblait comme figée, résolue et imperturbable. Ses lèvres suivaient une ligne droite et ses sourcils même relâchés lui conférait une impression de sévérité de par la ride féline qui venait les séparer brutalement. Et elle n’était pas la seule à être aussi profondément ancrée dans son visage. Son front en était partiellement strié, tout comme les coins externes de ses yeux. On pouvait y déplorer cela dit la présence de rides du sourire, qui auraient sans doute animé ce visage bien dur et flegmatique. Ses cheveux gominés étaient soigneusement peignés et séparés d’une raie sur le côté droit. Étonnamment, l’homme portait beau malgré son modeste métier et l’ensemble de ses vêtements bien qu’il fût chose facile que de savoir qu’ils étaient de secondes mains demeuraient en parfait état. Enfin, le camaïeu de gris qu’il arborait bien qu’il attristait quelque peu la figure de l’homme lui conférait malgré tout un charme froid.

C’est donc ainsi que sans qu’aucun mot n’ait encore été échangé entre le marchand et la blonde que cette dernière avait déjà cerné le personnage; un être éternellement insatisfait de lui ou tout simplement de la vie en général. Un ronchon qui avait laissé les jours et les nuits se succéder sous ses yeux, tristement spectateur de sa propre vie. Un homme pourvu d’un coeur doux-amer dont il aurait perdu la trace après s’être fait entendre à de trop nombreuses reprises qu’il en était dénué. Rien qu’un homme après tout.

Eh bien, qu’est-ce qu’il vous faudra ma p’tite dame ? fit le marchand qui se força à faire le premier pas face la jeune fille dévisageant son visage, ses vêtements, son être tout entier. Jeune fille qui ne se pressa pas pour donner sa réponse, puisqu’après s’être un longuement arrêté sur son visage, elle considéra enfin le bruyant fruit qui vociférait au milieu de ses congénères les agrumes. Putain mais c’est pas possible d’avoir des cons pareil ! il s’exclama avec véhémence. Putain de, j’sais pas c’qu’il me retient de leur casser les chicos à ces étrons ambulants ! Non mais, non mais, t’as vu Michelangelo ? T’as vu comment cette grosse vache m’a attrapé et palpé sans une once - et j’insiste - de délicatesse ? Quoi, si son bonhomme lui pétrit les bourrelets pour lui donner des sensations, faut pas qu’elle fasse de son cas une généralité ! Alesund porta sa main à sa bouche et étouffa du mieux qu’elle pût un éclat de rire qui eût bien vite d’attiser l’humeur piquante du fruit qui s’empressa de la menacer de lui faire bouffer son zeste si elle ne fermait pas vite sa trappe à fumier.

Pour unique réponse, Alesund désigna le fruit de l’index devant les yeux du détaillant intrigué par cette hurluberlue tout à fait singulière et qui attendait sa réponse depuis une bonne poignée de secondes. Sans chercher son reste, il saisit la bruyante orange et la tendit à la jeune fille alors qu’il présentait la paume de son autre main de façon à récolter les quelques pièces que valait son orange. Après avoir procédé à l’échange équitablement, la blonde gratifia le marchand d’un sourire découvrant toutes ses dents puis s’empressa de s’en aller chercher un endroit paisible loin du charivari du marché.

Alors écoute moi bien la morue, si tu crois m’avoir rendu service, tu t’fous le doigt dans l’oeil et jusqu’au cul ! Alesund posa son sac au pied de l’escalier sur lequel elle comptait s’asseoir. La ruelle était tout bonnement ravissante. Les vieux pavés, tout comme les vieilles pierres et la végétation omniprésente conférait un charme fou à l’endroit, très doux et pittoresque. L’herboriste pris d’ailleurs le temps d’apprécier la puissance du mauve d’un plan de glycines qui dévalaient le mur extérieur d’une mignonne chaumière et qui encadrait une fenêtre sur laquelle reposait une tarte fraîchement sortie du four. Eh, oh ! Pauvre conne, tu m’écoutes même pas hein ? Alesund déposa l’orange dans ses mains en coupes et le porta au niveau de son regard. Oh non, je vous écoutais bien. Mais je ne sais pas quoi répondre. Si elle avait été en mesure, l’orange se serait vraisemblablement frappé le visage de la main. Tristement, elle ne possédait ni l’un ni l’autre, alors elle se contenta de beugler qu’elle n’était qu’une sombre conne. La jeune fille haussa des épaules sans sincèrement chercher à démentir ses propos et préféra lui demander son nom sans vraiment s’attendre à la tournure qu’allait prendre les évènements. Ainsi, l’orange s’était soudainement tû. D’un ton assassin, il lui demanda de la poser une marche supérieure à celle où reposait le derrière de la blonde puis laissa un ange passer. Un long soupire à peine exagéré parvint à Alesund avant que l’orange ne se décide à entreprendre son récit.

Moi j’suis José. J’suis le fruit de l’amour de la plus belle fleur d’un magnifique oranger et d’une salope d’abeille. J’suis l’fruit d’une histoire d’une journée ensoleillée et sans lendemain, putain. Qu’est-ce que tu crois qu’ça fait, quand on te siffle que tu r’verras jamais celle qui t’a donné la vie ? Ben moi ça m’troue un trou que j’ai pas. Mais aussi dégueulasse que ce soit, j’ai mûris. Chaque putain de matin, le soleil se levait et la nuit il descendait. J’ai mûris et ensuite on m’a arraché de la branche de mon arbre. J’ai été séparé des autres oranges… Putain… Alors qu’on m’avait foutu dans un vieux sac odorant, j’me demandais bien ce qu’il allait pouvoir arriver à mes frères et soeurs. Est-ce qu’on allait les laisser pourrir dans un panier à fruit ou encore est-ce qu’on allait extraire d’une extrême violence pour finir par jeter leurs peaux dans des chaussures putride afin d'annihiler l’odeur de leurs pieds dégueulasses ? Mais qu’importait après tout, ce n’était pas comme si j’allais un jour pouvoir les revoir. Je m’suis mis en tête de plus y penser et de toute façon y’avait pas une orange prête à ferme sa grande gueule dans le sac. Sans compter qu’on a finalement été mélangés avec d’autres fruits sur le voyage et j’te prie d’me croire sombre conne que c’était pas un pique-nique le voyage jusqu’au marché. Y’avait ces saloperies de baies qui fermaient pas leurs sales claques merdes. Elles jacassaient à tout va à propos d’une île gelée qui flottait comme par putain de miracle et comme quoi, y’avait un connard qui s’y rendait de temps à autre…

Alesund qui jusqu’à l’or avait le regard perdu dans l’horizon, bien qu’elle prêtait une oreille attentive au récit de José pivota afin de poser son regard sur le fruit quelques marches au-dessus d’elle. Une île glacée ? Ça alors, c’est drôle comme endroit ! Heureusement que les résidents du quartier n’étaient pas pourvu du don de communication avec José et ses semblables sinon ils auraient été étonnés du panel de noms d’oiseaux dont disposait l’agrume. Alesund lui laissa le temps de fatiguer et permis au flot continu d’insultes de s’interrompre. Et pendant ce temps-là, elle eut le temps d’observer une mère de famille traîner tant bien que mal son enfant récalcitrant à qui il manquait les deux dents de devant, mais qui malgré tout hurlait de concert avec José. Le visage empourpré à la fois de colère et d’efforts, la femme qui portait sur son visage encadré de mèches rousses humides un vieillissement prématuré comme si son enfant absorbait sa vitalité à mesure qu’il grandissait. Elle offrit un regard désolé à la blonde assise sur les marches de l’escalier avant de disparaître dans son dos et d’emporter sa machine à cris jusque dans sa chaumière. L’attention d’Alesund se reporta alors brièvement sur un étrange pigeon. Un caïd, vraisemblablement. Certaines de ses plumes semblaient avoir été brutalement arrachée dans de précédents combats, ce que l’herboriste trouva fort dommage tant son plumage lui paraissait beau. Un mélange de blanc nacré et d’un doux brun assez peu commun. Et tout aussi rapidement que sa concentration, l’oiseau s’envola.

Sans se tourner pour ne serait-ce que gratifier José d’un regard, Alesund quémanda quelques précisions quant à cette fameuse rumeur à propos de l’île glacée. Sans grande surprise, elle peina à tirer les vers du nez à cette vulgaire orange, qui n’avaient rien d’autres que des insultes à son égard. Ce n’était qu’à force de patience, de courage, de persuasions et de quelques promesses en l’air, que la gamine parvint à en apprendre plus au sujet de l’île et ce, après trois longues journées de négociations. Elle avait séjourné durant tout ce temps dans une petite et poussiéreuse chambre d’hôte du quartier de l’escalier sur lequel elle avait laissé traîner son derrière. Trois jours, c’était le temps qu’il lui avait fallu pour en apprendre plus sur l’île, mais aussi de récolter tout ce dont elle avait besoin pour entreprendre son périple aux abords de ce mystérieux endroit. Elle avait notamment fait l’acquisition d’un sac à dos en cuir flambant neuf, d’un manteau bleu ciel rembourré dont le tour de la capuche était agrémentée d’une matière dont elle ignorait le nom mais à la douceur égale à celle d’un nuage. Alesund préféra également s’acheter des gants dont les fonctions de moufles et de mitaines étaient combinées, de bottes elles aussi rembourrées, de vivres, de quelques onguents mais aussi d’un peu de coton dans lequel enroulé José pour éviter qu’il ne gèle sur place. L’hiver demeurait la période des oranges, mais toujours est-il que ces dernières restaient pour le moins frileuses, tout du moins d’après les dires injurieux de son acolyte agrume.

Il fallut un bon moment à Alesund avant d’arriver jusqu’au bord d’Ariesten. Bel et bien déterminée à ne se servir d’aucun moyen de locomotion de peur de passer à côté de magnifiques spécimens d’herbes nécessaires pour ses concoctions médicinales, la blonde pris tout son temps sur la route. Son carnet de voyage faisant à la fois office de cahier et dessin et carnet de notes s’était alourdi sous le poids de l’encre fraîchement versée et des quelques spécimens séchés qu’elle avait pu coller sur certaine de ses pages. Sa découverte d’une plante du nom de monilaria obconica restera cela dit une de rencontres végétales les plus marquantes de sa vie. Cette dernière possédait la forme d’un lapin qui, selon sa taille, possédait de plus ou moins longues oreilles tout à fait adorable. Si Alesund n’avait pas été secouée par son nouveau meilleur ennemi, la jeune femme aurait presque pu en oublier son but premier et s’abandonner à l’étude de ce végétal qui faisait battre son cœur féminin à tout rompre.

Et après un voyage assez long et fastidieux, l’herboriste et l’orange parvinrent enfin au bord de l’île. Alesund sortis de son sac José qui pesta jusqu’à ce qu’il soit lassé des conditions dans lesquelles la blonde l’avait fait voyagé. Immunisée depuis le temps, la gamine ne prêta guère attention aux dires de l’orange et reporta plutôt son attention sur l’homme au loin qui, comme le voulait l’histoire qu’avaient conté les baies à José, fixait l’horizon. Sans attendre son reste, Alesund s’élança à toute allure afin de rejoindre le mystérieux individu et, bien trop concentrée sur cet homme précis, n’eût pas le temps d’apercevoir que sur son chemin se trouvait un autre homme qu’elle vint percuter de plein fouet. Elle tomba et roula brièvement sur le sol, quelque peu sonnée par la violence de la collision. Attendez, monsieur ! hurla-t-elle à l’attention de l’homme au loin, oubliant l’espace d’une seconde ses manières et sa politesse envers celui qu’elle venait de renverser. Oh, excusez-moi, je ne vous avais pas vu. J’espère que je ne vous ai pas fait mal ? J’étais tellement fixée sur cet homme là-bas… Ah, José ça va ? elle ajouta à l’attention de l’agrume qui lui aussi avait voyagé dans l’espace par sa faute avant de se prendre une salve d’insultes plus ou moins méritées. Eh José, nous ne sommes plus tout seuls, tenez votre langue ! Déjà que nous ne faisons pas la rencontre de cette personne dans les meilleures conditions, si vous vous mettez à nous insulter, ça ne va pas arranger les choses ! finit-elle par gronder alors qu’elle venait de ramasser le fruit qui jonchait à quelques pas d’elle. Elle se releva par la suite, épousseta les salissures issues de sa chute sur ses vêtements et sur ses mains, puis en tendis une à son vis-à-vis afin de l’aider à se relever.
+ tagKiki
+ notesfilled with determination
BY MITZI

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