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Par la force des choses [Hema Winegrim]
Invité
Lun 9 Jan - 20:45
Je dois rêver. Je dois être en train de dormir, encore, j'ai oublié de me réveiller. Je vous fais un topo ? Allez, je vous fais un topo.

Y a trois jours, en fin de journée, le bar où je travaille était plein à craquer. On était plutôt débordés, parce qu'on a vraiment pas l'habitude, d'avoir des clients. Le truc, c'était pas de gérer les commandes, non, au pire on leur servait pas le bon alcool, mais vu tout ce qu'ils avaient déjà avalé avant, ils s'en rendaient plus trop compte. Et c'était bien ça le problème. Ils étaient ronds, j'aurais pu remplir mon verre en appuyant sur leurs énormes bides. Et je sentais bien, que ça allait dégénérer, mais j'en avais un peu rien à foutre, au début. Jusqu'au moment fatidique, celui où je pouvais plus faire comme si de rien était. Parce que d'un seul coup, y en a un qui s'est levé, juste à côté de moi, il a prit son verre, l'a explosé sur le table, et a essayé se jeter sur le mec d'en face. J'ai voulu intervenir, comme une conne, et en voulant en attraper un, je me suis retrouvée à gueuler la seconde d'après parce qu'il m'avait ouvert le bras, avec son verre cassé. Connard, enculé, j'vous jure. Mon patron est arrivé à ce moment là, et il les a foutu dehors. J'avais l'air stupide, oui, complètement. Et, comme je pissais le sang, j'en foutais partout, alors on m'a renvoyée chez moi, une serviette autour du bras.

Le lendemain, je suis revenue, parce que faut bien que je bouffe, quand même. Et puis bon, c'est pas une coupure qui va me buter. J'ai bossé, j'ai fait ma journée, c'était chiant, je suis rentrée chez moi.
Et le jour d'après (hier donc, vous suivez ?), ça avait salement changé de tronche. Bon, j'avoue, j'y avais pas touché. Je sais bien, qu'il faut désinfecter, et toutes ces conneries, mais franchement, c'était une entaille de 5cm à tout casser, sûrement moins d'ailleurs. J'y ai mis de l'eau, c'était pas suffisant ? Sérieusement, j'ai pas que ça a foutre moi de m'occuper des petits bobos. Donc, au final, encore le jour suivant, ce matin donc, je suis arrivée au bar, ma merde sur le bras. Un collègue m'a fait une remarque, une autre, et mon patron a fini par voir. Et là, devinez. Allez-y, devinez. Ils m'ont forcée à aller consulter. Forcée j'vous dis ! Un hôpital, franchement ? J'y ai pas mis les pieds depuis... je sais pas, sûrement jamais. Et là, je me retrouve forcée à aller, à cause d'un pauvre mec bourré. Et puis c'est moche, là bas. C'est blanc, fait froid, ça pue la mort. C'est comme ça qu'on me l'a décrit en tout cas. Et puis le pire, c'est qu'on va me faire la morale. Je sais BIEN que j'aurais dû faire gaffe, ok, merci, maintenant tu désinfecte, tu me fais un papier, je me casse et on en parle plus !

Bon, voilà pour le topo. Là, présentement, j'attends. Ouais, exactement. Je fais RIEN, je me plains à moi-même, parce que j'ai RIEN d'autre à faire. J'attends que quelqu'un daigne enfin s'occuper de moi. J'attends qu'on finisse par me remarquer. J'attends, mais je sens que je vais finir par gueuler un coup si personne n'arrive dans la minute qui va suivre.
Par la force des choses [Hema Winegrim]
Invité
Lun 9 Jan - 20:49
« Personnel insuffisant. »

C’était l’objet du mail de cette nuit, reçu à 04h28 précisément, de la part d’un ancien collègue de stage qui, à la fin de sa licence, avait mal tourné et entrepris de tout recommencer en médecine. « Salut Hema » bla bla bla, visiblement une foule d’abrutis avaient décidé de mal s’habiller en ces périodes polaires et accouraient tous à l’hôpital. Sous mes yeux endormis, mon petit nez fin s’est froncé de colère. De toute évidence notre relation professionnelle passée -qui fut des plus platoniques car je n’aimais pas de jeune homme- l’autorisait à m’appeler au secours pour pallier au manque d’infirmer de cette foutue planète. De rage, je me souviens avoir jeté mon téléphone, et avoir ensuite perdu de très précieuses minutes à essayer de le retrouver, avant de partir.

Effectivement, il y avait foule. Dans les couloirs stérilisés de tout sens de l’esthétique, les gamins et leurs parents se bousculaient pour avoir la première place et ainsi éviter les salles d’attentes aux magazines datés de la première Terre. Et aux germes pullulants. On m’avait donné un masque à l’entrée, et une blouse trop grande, me sommant de laisser la mienne -celle qui m’allait bien- dans le vestiaire. Les manches m’arrivaient au bout des doigts, et j’avais usé d’un stratagème astucieux et de fil à recoudre pour les remonter jusqu’à mon coude, où elles pendaient négligemment désormais. Sous mon masque, l’humidité de ma respiration faisait gercer mes lèvres. Il était 05h17 du matin, et j’en avais déjà plus que marre.

Je n’ai pas fait médecine, dieu merci. Mais mes études m’ont conduit à faire de très nombreuses analyses sanguines et biologiques, pour constater l’évolution des cellules dans différents milieux. Face à cette épidémie encore inconnue, ils avaient embauché de vraies biologistes, qui semblaient beaucoup trop sûrs d’eux pour des gens qui, bien qu’affairés depuis des heures à l’identification des maux de leurs patients, ne parvenaient pas à atteindre leur but. Non, j’ai pour ma part été appelée pour… Porter leurs résultats aux patients. Autrement dit, ma plaie d’Egypte personnelle. Si j’avais pas fait médecine, c’était bien pour une raison.

« Taux de glucose en forte baisse, leucocytes en forte hausse, état stable. »

Je limitais au mieux les interactions, préférant de toute évidence le silence concentré des labos où je me cachais de temps en temps, jetant un coup d’œil aux résultats sur les ordinateurs. C’est dans un labo que j’ai récupéré ta fiche. Pas de glucose en baisse. J’ai froncé les sourcils, Anthea. Humaine à don, entrée 10h18, étage deux, nouvelles entrées, salle d’attente 4.B… Infection.
Qui dit infection dit : bactéries, système évolutif autosuffisant, et qui dit plaie dit… Analyse. Un sourire discret s’est dessiné sur le coin de mes lèvres, caché par le masque. A nous deux, Anthea.

Je t’ai trouvée en 4.B, tu bougonnais assise sur sa chaise. Tu étais si petite que tes pieds ne touchaient pas vraiment le sol, pourtant tu me semblais bien grossièrement taillée dans ton corps musclé. Quelque part, tu m’as rappelé Kherr, mais j’ai vite effacé cette idée de ma tête. J’ai traversé la pièce en trois pas, évitant les bambins, les cubes de légo qui menaçaient de se coincer dans mes talons carrés, et les regards des mamans qui signifieraient « à nous madame », m’obligeant à délivrer une consultation bidon. C’est non sans mal que je me suis retrouvée face à toi, te faisant un signe de la main pour que tu me suives. Ton infection serait ma culture.

« Hema Winegrim, remplacement exceptionnel, prend chambre 214 pour analyses sur patient n°389, Anthea Stenvald : plaie profonde avec infection. »

Ma voix était claire mais autoritaire. Je ne leur laissais pas le choix. La porte était ouverte, et je t’invitai d’un geste sans regard à me suivre à l’intérieur. Une fois le loquet, fini l’épidémie d’imbécile, j’avais enfin quelque chose d’intéressant sous le nez.

« Enlevez votre bandage, et s’il vous plaît ne tentez plus de bander quoi que ce soit toute seule, lâchais-je alors que tu déroulais le vieux bout de tissu de ton bras. Nom, prénom, âge, classe, et une résumé exhaustif et rapide de l’événement qui vous a conduit ici. »

Je redressai vers toi un regard inquisiteur, je n’avais pas toute la journée, il me fallait une boîte de tes vermines et je filais chez moi discrètement.
Par la force des choses [Hema Winegrim]
Invité
Lun 9 Jan - 21:37
Et là, là elle est apparue. Droite, l'air sérieux, autoritaire. La caricature de ce qui m'avait toujours effrayée dans ces foutus hôpitaux. Une femme rigide, frigide et frustrée. J'exagère ? A peine. Un signe de la main et une analyse digne d'un robot, elle me demandait de la suivre. Elle confirmait bien l'idée que je venais de me faire d'elle. Ce foutu rendez-vous s'annonçait des plus agréable, j'en étais certaine.
Un autre signe, elle me demandait, non m'obligeait, à la suivre. Avais-je le choix ? J'aurais adoré me barrer, sans même la prévenir, faire demi tour et retourner bosser. Mais bon, soyons réalistes, je me serais faite allumer, mon bras aurait viré au vert, et j'aurais terminé dans un vrai lit d'hôpital, avec ENCORE PLUS de personnes aussi insupportable que cette femme là. Vas-y Anthea, relativise, c'est l'affaire d'une dizaine de minutes, non ?

Enlevez votre bandage, et s’il vous plaît ne tentez plus de bander quoi que ce soit toute seule. Non, prénom, âge, classe, et un résumé exhaustif et rapide de l’événement qui vous a conduit ici

Lentement, je déroulais mes bandages. Calmement. Même pas un regard exaspéré, blasé. Non, je baissais la tête, les yeux rivés sur la bandelette que je laissais tomber au sol, nonchalamment. Si je m'énervais, j'y étais encore jusqu'à la fin de la journée, et non, oh que non, c'était vraiment pas dans mes plans.
En relevant la tête, je l'ai aperçue, qui m'observait de son regard énervant. Mais c'est pas vrai, tu vas arrêter d'être insupportable, oui ? Je la déteste, je la hais, bordel ce que j'ai envie de lui en envoyer une !

Anthea Stenvald, 27 ans, humaine à don. Je me suis coupée avec un verre cassé.

Calme. Je respirais lentement, prenant sur moi, le regard droit, planté dans ses petits yeux autoritaires. J'aurais aimé qu'elle s'estime heureuse, j'aurais aimé qu'elle sache, à quel point je mourrais d'envie de les lui arracher.
Je sentais, ma paupière droite, qui battait. Et j'étais tendue, affreusement tendue, et tout mes muscles me hurlait de leur foutre la paix. Pourquoi déjà ? Ah, oui, cette foutue sale d'attente. Ce putain de bruit incessant, des enfants, des parents, tous les connards de notre chère fausse planète avaient eu l'air de s'être réunis ici, juste pour me les briser. Et elle, cette jeune femme, elle en était le boss final. Dans sa blouse trop grande pour elle, ce qu'elle avait l'air conne, en plus. A quel moment est-ce qu'elle a bien pu se penser en position d'utiliser un ton aussi désagréable ? Je sais bien, que je m'emporte, c'est peut-être injustifié. Mais franchement, là, j'attends plus qu'une seule chose, c'est qu'elle soigne mon putain de bras. J'attends plus qu'une chose, c'est de ne plus avoir besoin d'elle. Pour être honnête, il est possible j'ai prévu de l'étrangler, une fois cet entretien terminé.
Par la force des choses [Hema Winegrim]
Invité
Mar 10 Jan - 23:15
« Je me suis coupée avec un verre cassé. »

Visiblement, j’avais ramassé la reine du bal des imbéciles. J’ai fermé les yeux un instant, juste un instant, pour faire redescendre la pression de mon sang. Je n’avais pas assez dormi, traînais mes pieds dans un environnement stressant, me coltinais une gamine désagréable et de mauvaise-foi, mais je ne voyais dans la liste aucune excuse valable pour me lever et claquer la porte de cette chambre derrière moi -d’un point de vue purement administratif.
J’ai reporté mon regard sur la feuille d’identité, pour masquer mon désespoir. Les infos semblaient correctes, tu avais au moins toute ta tête. Comme quoi, les apparences… J’ai haussé le coin de mon sourcil. 27 ans ? Je n’ai pu retenir un regard curieux, qui a croisé tes yeux d’émeraudes. Dans ma tête, les lettres se sont décomposées. V i n g t s e p t a n s. Cette mauvaise-tête bougonne et immature était donc mon ainée ? De quatre très longues années ? J’ai imité un sourire cordial, avant de replonger dans mes feuilles. Il serait peut-être temps de grandir, bientôt la ménopause…

- Montrez-moi la plaie, lâchais-je d’une voix faussement douce, approchant mon siège du bord du lit d’hôpital sur lequel tu étais assise.

De toute évidence, j’avais affaire à la reine des idiotes, et aussi à la reine des menteuses. Une plaie pareille, aussi profonde et aussi sale, c’était pas un verre cassé. En tout cas, pas tout seul. C’était de toute façon le dernier de mes soucis, mais ça confirmait la piètre opinion que j’avais de toi. Sous la peau soulevée par le verre, ça saignait encore, et j’apercevais des poches de liquides dont je n’ose pas citer le nom. Je voulais surtout pas y toucher.

- Je vais devoir faire des prélèvements.

A mon tour de mentir. Pas besoin de prélèvements pour savoir que c’était juste infecté, qu’il fallait nettoyer la plaie et en prendre grand soin pendant quelques semaines. En revanche, j’avais besoin de prélèvements pour étudier ton don et sa représentation intra-cellulaire, pour prévoir au mieux les risques que je pouvais rencontrer avec le FeCO en cas de blessure. Tout ce qu’il me fallait c’était un peu de sang et… J’ai froncé les sourcils. Quelque chose n’allait pas dans mes calculs. Je me suis arrêtée une seconde. Aurais-je fait une erreur ? J’ai enfilé des gants et préparée l’aiguille d’un geste machinal. Quand-même… Je n’aurais pas laissé passer une telle erreur ? J’ai jeté un dernier coup d’œil à ton dossier. Il y avait une erreur.

- Surtout ne bougez pas, la plaie est trop profonde pour que vous me fassiez croire à un simple bris de verre maladroit, et je ne voudrais pas toucher l’os en vous piquant.

L’aiguille s’est enfoncée dans ta peau, dans ta chaire, et si je me débrouillais bien -ce que je fis- tu ne devais rien sentir. J’ai rempli deux tubes, dont un « au cas-où », que j’ai soigneusement fermé. Je me suis levée, en prenant grand soin de te tourner le dos. J’ai discrètement glissé les deux tubes dans la grande poche de ma blouse, avant de jeter mes gants Il y avait une erreur, et j’allais travailler sur des bases de données erronées. Mais si j’avais bien mis le doigt sur la source des erreurs… Qu’est-ce que tu foutais là ?

- Dites-moi. C’est quoi votre don à vous ?
Par la force des choses [Hema Winegrim]
Invité
Jeu 12 Jan - 23:05
Et puis merde. Non, vraiment, merde. Ce regard, je sais pas, je sais pas ce qu'il veut dire. Un mélange de condescendance, de mépris, de ... j'en sais rien. Et d'un coup, elle le cachait, elle fermait les yeux. Et ce fut assez, juste ce que j'attendais, pour me calmer. Je détournais donc mon regard, fixant un mur opposé, terriblement soulagée, de ne plus avoir à croiser ses yeux.
Bon. Elle ne parle plus. Qu'est-ce qu'elle fabrique à la fin ? Un coup d’œil, au même moment. On avait eu la même idée, mais de son côté, elle semblait à nouveau me juger, d'une manière ou d'une autre. Mais c'est pas possible, c'est pas possible, je vais pas tenir. Qu'est-ce que je fiche ici... Franchement, c'est la dernière fois que je laisse un truc pareil arriver. Est-ce que j'aurais pu rêver pire, comme endroit où terminer ma journée ? Probablement pas.
Bon, ok, c'est vrai que j'ai l'air de beaucoup râler, et surtout pour rien, mais la vérité, c'est que cet endroit, disons, m'oppresse.

Montrez-moi la plaie

Je sursautais, doucement. Imperceptiblement, certes, mais j'étais convaincue qu'elle l'avait vu. Peut-être pas au final, mais ça m'aurait que très peu étonnée. Ses yeux étaient sûrement entraînés à capter chaque erreurs, les moindres faux mouvements que, nous autres, produisions. Nous autres ? Attends qu'est-ce que je raconte, c'est qui "nous autres" ...?

Je vais devoir faire des prélèvements.

Je fermais les yeux, doucement. Ma concentration semblait pas mal réduite, pour une raison obscure -qui, au final, ne devait être qu'une simple fatigue stupide-, et si ça venait à se remarquer, cette fille là, elle n'avait pas fini de me prendre de haut.
Hein ? Des prélèvements ?
Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Tu veux prélever quoi, là ? Ma chair à vif dégueulasse ? Y a rien à faire là, donne moi du désinfectant, qu'on en finisse !
Je serrais les dents, elle fronçait les sourcils. Quoi, encore ? Et malgré tout, je retenais mes yeux, et mon souffle, de façon à ce qu'ils ne montent pas au ciel, et qu'il se sorte pas de ma bouche. Allez, t'as passé l'âge Anthea, de souffler, et de mépriser ostensiblement tes semblables. Prends sur toi, ça va aller.

Lui faire croire ? Lui faire croire à quoi ? C'est vraiment un bout de verre, qui s'est rangé dans mon bras. Tu veux quoi de plus ? J'vais pas non plus te décrire toute la scène, t'en as pas besoin, j'en ai pas envie, fais moi vite tes "prélèvements" et j'me casse, voilà tout, rien de plus.
Et je restais impassible, ne relevant pas d'un regard sa remarque. Elle peut bien la piquer où elle veut son aiguille. Elle peut bien me prendre autant de sang qu'elle veut. Elle peut aussi me traiter de menteuse, autant qu'elle le souhaite. Je suis calme, maintenant, ça va. Et tu vois, je fais même plus attention. Ses yeux ne me dérangent plus. Je n'ai plus envie de l'étrangler. C'est fou, c'est vraiment fou. Plus je grandis, et plus je me contrôle. Au final, c'est peut-être ça, mon...
Pourquoi elle se retourne ? Qu'est-ce qu'elle fabrique, là devant, avec mes tubes de sang ? Tu comptes les boire ?

Dites-moi. C’est quoi votre don à vous ?

...

Merde.
Alors ça, ça faisait longtemps. Vraiment, longtemps, qu'on me l'avait pas demandé.
Je... merde. Merde, merde ! Qu'est-ce que... qu'est-ce que je disais avant ? Pourquoi, pourquoi ça me revient pas ! C'est suspect, c'est forcé, elle a tout compris. Ok, calme, respire. Tout va bien. Au pire, elle fait quoi ? Elle appelle les autorités, parce que mon dossier est -pas tant que ça d'ailleurs- faux ? Ce... c'est pour ça qu'elle a fait des prélèvements ? Elle l'a vu sur ma gueule que j'avais pas de don ?! Putain, c'est de pire en pire, j'en peux plus.
Rends-moi mon sang ! Je suis bloquée, maintenant, non ? Faut que j'aille jusqu'au bout, je vais quand pas lui dire la vérité.

Je vois une aura, bonne ou mauvaise, autour des gens. Les yeux de nouveau tournés vers le mur opposé, je me raclais la gorge, afin d'ajouter, Pourquoi ?

Sûrement que j'ai juste entendu un gars lambda discuter de ça, y a pas si longtemps. Ça a dû me rester. En tout cas, c'est le seul pouvoir, impossible à vérifier dans l'immédiat, qui m'est venu.
Et je n'étais pas fière. Crois le ou non, au fond, tout, tout au fond, j'avais très envie de hurler, et de partir en courant.
Par la force des choses [Hema Winegrim]
Invité
Dim 15 Jan - 14:27
Nous commencions notre duel. De nos regards enflammés s’échappaient de longs éclairs colériques et accusateurs. Tu savais mon mensonge, et je savais le tien. Je me suis retournée vers toi, d’un air impassible. Qu’est-ce que tu foutais là ? Je ne voulais pas avoir affaire à toi, nous n’avions probablement rien à partager. Dans mon cœur, j’ai senti une colère sourde se soulever. Tu balbutiais, transpirais, détournais ton regard de menteuse. Ma colère s’est transformée en haine, j’avais envie d’appeler Kherr à l’aide pour sangloter contre son dos gelé pendant qu’elle écrasait ton corps de voleuse de toute sa force.

T’avais pas de don.

J’ai serré mes longs doigts fins dans mon poing léger, en retenant un hoquet de rage. Il fallait vraiment que je me cogne cette situation ? Est-ce que je méritais de faire face à un humaine gâtée naturellement qui allait jouer à la plus malheureuse en imitant vaguement une situation qu’elle ne connaissait pas. J’étais scandalisée, hors de moi, et c’est la gorge nouée que j’ai repris la parole.

- Ca doit être bien encombrant, comme don. Connaître les gens avant même de pouvoir leur laisser une chance de se présenter. On doit se sentir seul.

J’ai lavé mes mains d’un air faussement détendu. J’adoptais des gestes flegmatique, lents, pour canaliser l’énergie néfaste qui courait dans mes veines. Kherr était toute proche. Elle effleurait du doigt la porte de sortie, attirée par mes émotions puissantes et négatives. J’ai repris les fiches. Le registre était clair. Tes premières analyses ne trompaient personne, et surtout pas moi. J’avais assez étudié les groupes sanguins pour voir que t’étais pas une humaine à don. Pire. Que t’étais une humaine tout court.

J’avais un peu peur, je dois bien l’avouer, de te prendre en flagrant délit de mensonge. Qu’est-ce que j’allais faire ? T’humilier et te remettre à ta place ? Ecraser ta face de mamie contre le mur de l’hôpital et te laisser mourante ici ?

Te faire chanter ?

J’ai passé une main nerveuse dans mes cheveux. Tu me mettais mal à l’aise, et m’obligeait à renier mes principes de solitude. Je voulais pas nouer avec toi, mais tu étais une occasion rêvée. Offerte. Je pouvais t’étudier, ce qu’aucun autre humain pur ne me laisserait faire. J’allais devoir… Nouer une relation. J’ai pris une longue inspiration, préparant mon discours en quelques secondes.

- Je suppose que mesurer les effets d’un don dans sa vie est impossible pour une humaine pure. Inutile de mentir, vos analyses préliminaires n’affichent, dans les chiffres, aucune caractéristique d’humaine à don. Vous n’êtes ni cyborg, ni ombre, et je l’aurais vu sur votre corps si vous étiez une humaine originelle. Travaillez vos mensonges, ils sont médiocres. Inutile de chercher à vous enfuir, la porte est fermée à clé, et en tant que véritable humaine à don je pourrais vous écraser en une fraction de seconde.

Je me suis assise face à toi, sur ma chaise, et j’ai croisé mes jambes d’un air autoritaire. De toute évidence, il me fallait reprendre le dessus sous la situation.

- Vous avez le choix. Soit vous assumez votre mensonge, l’hôpital en tiendra compte, appellera votre famille et vous déplacera dans une unité spécialisé. Les humains purs n’ont rien à faire au milieu des autres classes, c’est la règle. Je ne sais pas ce qui vous amuse dans le fait de vous faire passer pour quelqu’un que vous n’êtes pas, ça ne me regarde pas.

J’ai redressé vers toi un regard qui trahissait ma colère, le plantant droit dans tes yeux verts.

- Soit vous acceptez que j’analyse votre sang, sans en parler à personne, pour un projet personnel.
Par la force des choses [Hema Winegrim]
Invité
Sam 21 Jan - 18:46
Et au final, j'étais terrifiée. Par elle, cette femme, si froide, par son regard, bourré de haine tout à coup. Pourquoi, pourquoi m'en veut-elle autant ? Je sais, je sais, que tu sais. Tu sais, tu sais, que je sais. Je suis une menteuse, tu es une profiteuse. Pourquoi ce regard, pourquoi ce poing serré ? J'avais tellement honte, et je n'ai pas su quoi répondre. Au final, je n'ai rien réussi. Toute cette petite vie débile, elle l'a démolie, en une petite dizaine de minute.  

Je n'ai pas répondu, parce que j'ai perdu mes moyens. Qu'est-ce qui allait se passer maintenant ? Ce mensonge, il a tenu, longtemps, pourtant. Et s'il était révélé, qu'est-ce qui arriverait ? On va me détester, c'est certain. Pour toutes les raisons du monde, on va me haïr.  
Mais, merde à la fin. Je fais quoi là, sérieusement ? Si facilement, comment a-t-elle pu me faire perdre pied aussi rapidement ? Juste à cause d'une pauvre paire d'yeux ? De quelques mots hypocrites ? Non, non. Reprends toi, s'il te plaît. Lève la tête, soutiens la, fais lui face bordel.

Elle remuait, un peu partout. Regardant ses papiers, lavant ses mains. Qu'est-ce que tu vas faire, maintenant ?
Elle avait gagné, au final.

Comment les choses, ont-elles pu basculer aussi vite ? Je venais pour une coupure. Pourquoi, pourquoi est-ce que je me retrouvais maintenant face à une étrangère, me reprochant mon existence toute entière ? Et voilà, voilà qu'elle s'asseyait, face à moi, le regarde à nouveau empli de colère à mon égard. Je n'en menais pas large, et me maudissais, d'être aussi ridicule. Toute la fausse assurance, que j'ai voulu affirmer. Tout venait de s'envoler, tout venait de se briser, face à ce regard sombre. Face à ces deux petits yeux énervés.
Mais je n'avais pas peur. J'étais... disons, décontenancée. Les mots s'étaient perdus, mon regard était vide, et mes mains, nerveuses, s'agitaient. Non, je n'avais pas le choix, et elle le savait. Elle avait ce qu'elle voulait, et j'étais désormais contrainte à lui obéir.
Et, incapable de rien, figée, je n'ai rien dit. Les pensées, mes pensées, s'étaient comme arrêtées. Ses mots, ils me faisaient l'effet de coups de poing, bien placés au milieu du ventre. Oh, elle savait s'y prendre, elle savait, elle frappait exactement aux bons endroits. Quelle était la bonne chose à faire ? Est-ce que je serai simplement, capable, de "collaborer" avec elle ? Peut-être, devrais-je continuer de jouer l'enfant, d'aller contre la bonne logique, d'assumer ce mensonge idiot. Mais, bien-sûr, c'était la plus stupide des choses à faire, vous en conviendrez. Et dans cette impasse, encore une fois, j'étais bloquée. Comment, pourquoi, en était-elle venue à réfléchir à un arrangement pareil. N'aurait-elle pas pu soigner ma blessure, et me laisser partir ? Et puis, ce projet personnel, qu'est-ce que c'était ? Après tout, il semblait important. Pour monter un pareil chantage, elle devait beaucoup y tenir, à ce sang.

Une réponse. Il fallait que je donne une réponse. N'importe quoi. J'avais l'air faible, tellement faible, maintenant. Comment est-ce que j'aurais pu rattraper ça ? J’avais toujours réponse à tout, des répliques simples, sarcastiques, directe, efficaces. Mais là, là je n’avais rien, parce qu’il n’y avait rien à répondre. Parce que j’étais la seule fautive, parce que j’avais grandement merdé, depuis le début. Et j’en étais pitoyable, affreuse, j'étais tout ce que je détestais. Mais même en sachant ça, je me répétais « sûrement que dans d’autres circonstances, je n’aurais pas perdu la face de cette manière ». Ça, c’était donc la phase qui suivait le déni. J’acceptais la chose, certes, mais c’était pas encore ma faute. Pour ça, il aurait fallut réfléchir encore un peu plus.
Parce qu’en réalité, le problème, c’était pas tant cette agaçante petite bonne femme devant moi, ni sa blouse trop grande, ni l’ambiance de l’endroit, ni même le faux dilemme qui s’offrait à moi. C’était simplement, ce face à face avec mes erreurs. Alors oui, ça peut sembler cliché, une sombre poète perdue, qui ne peut plus continuer sur ce chemin, jonché de ses erreurs passée, bla, bla, bla... Mais au fond, c’était un peu comme ça que je me sentais, à ce moment là. Et pour aller même encore plus loin, plutôt, comme une idiote immature qui avait cru régler ses problèmes, en s’en créant de nouveaux.
J’étais une menteuse, et je ne pouvais plus éviter le sujet. Mais tout ce dont j’avais peur, c’était qu’elle se sente meilleure, supérieure à moi. Parce qu’elle était au même niveau. Parce qu’au fond, elle était en train de profiter de moi à des fins personnelles. De quoi être fière, pas vrai ?

Les yeux dans le vague, la tête tournée dans la direction opposée, je me décidais finalement à parler.  Au final j'ai pas trop le choix, pas vrai ?

C’était court, et en y repensant, ce devait être mon côté gamine insolente, qui refusait de lui accorder trop d’importance. Ouais, il était vraiment temps de reprendre ma vie en main.



COUCOU:
 
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