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A sweet day at 'work'
Je m’éveille à la lueur de l’astre du jour. Il perce au travers des rideaux de la chambre luxueuse que j’occupe actuellement. J’ouvre alors les yeux sur l’environnement qui m’entoure. L’heure qu’il est ? Je m’en fiche royalement. Je me lève uniquement lorsque je l’ai décidé. Pour le reste, ce n’est pas mon problème. Ah... il n’y a pas à dire, ce lieu sied parfaitement à ma personne. Un lit fort confortable, une chambre richement décorée, et des serviteurs à mes ordres à toutes heures du jour ou de nuit -surtout de la nuit-, un minimum pour quelqu’un de ma stature, évidemment. Et le tout, sans débourser le moindre centime. Pourquoi le devrai-je, puisque je suis le seul et unique roi de ce monde ? Je me redresse et m’étire, tout en frottant distraitement mes paupières. C’est difficile à croire, mais je suis attendu aujourd’hui. J’ai rendez-vous quelque part, ou plutôt, une ‘responsabilité’ m’a été confiée. A savoir ouvrir la boutique de sucrerie que je squatte depuis deux ou trois semaines. Tout en étant payé, cela va de soi. Le pourquoi m’échappe un peu, et, à vrai dire, si je n’avais pas accès en illimité à la réserve secrète de bonbon du vieil homme, je lui aurais ordonné d’aller se faire voir ailleurs. Soit. J’ouvrirai sa boutique. Mais à mes horaires uniquement. Et à la vue de l’emplacement assez haut du soleil dans le ciel, je devine que je suis déjà ‘en retard’. Je baille et attrape le combiné de téléphone à mes côtés. Je compose le numéro de la réception et exige clairement d’obtenir un petit déjeuner dans les plus brefs délais. Pour la commande exacte, ils sont censés déjà le savoir, depuis le temps que je me suis installé ici. Ceci fait, je me lève et pars rejoindre l’immense salle d’eau mise à ma disposition. Les serviettes et produits d’hygiènes y sont légions et rafraichis chaque jour à mon ordre. Un minimum. J’abandonne alors mon habit de nuit pour rejoindre la douche. L’eau chaude dégouline sur ma peau d’albâtre et délie mes muscles encore ensommeillés. Il n’y pas à dire, rejoindre Ariesten a été pour moi une riche idée. Mon quotidien s’y est vu grandement amélioré. Mon espace agrandi, le nombre de mes serviteurs décuplé et surtout, cette liberté nouvelle de mes mouvements dont je profite chaque jour un peu plus. Juste parfait. J’imprègne mon corps de différents gels douche et laisse la cascade artificielle s’occuper du reste. C’est son travail après tout. Ceci fait, je m’empare d’une serviette et me sèche sommairement. Puis, je l’enroule à ma taille et retourne dans la pièce principale où j’y ai laissé mes habits. C’est à cet instant que le service d’étage frappe à la porte et annonce très simplement l’arrivée du petit déjeuné. Rapide. Comme toujours, je n’en attendais pas moins d’eux. Devant ma non-réponse, la poignée de porte se tourne et s’ouvre. Mon regard s’affine, contrarié. Comment ose-t-elle ? Cette servante n’a-t-elle aucune once de cervelle pour ainsi s’introduire dans mes quartiers ? Sans même attendre une réponse de ma personne ? En me voyant ainsi au milieu de la pièce, l’œil assassin braqué sur elle, elle se fige. Bizarre, je ne la reconnais pas... Une nouvelle ? Une nouvelle qui ne fera pas long feu. Son regard s’écarquille. Je sais ce qu’elle fixe, je sais aussi pourquoi elle ne se confond pas en excuse. Elle est figée car choquée. Elle fixe la difformité de mon corps. En est-elle effrayée ? Peut-être. Je n’ai pas une apparence des plus banales mais je l’aime quand même. Elle me sied si bien. A-t-elle compris ? Je ferai en sorte que non.


« Hey ! Toi ! Bouge toi et dépose ce plateau sur la table ! »

Je n’ai pas envie d’attendre que son état de choc passe. Vraiment pas. Au son de ma voix, elle s’active et s’exécute docilement, sans la moindre contrainte apparente. Son devoir fait, elle revient enfin à elle s’excuse des plus platement devant moi. Trop tard. Bien trop tard. Si tu n’avais pas la volonté de vivre en toi, tu aurais déjà volé par-dessus la rambarde de mon balcon, direction le sol à toute vitesse. Je dois m’assurer qu’elle ne fasse pas le rapprochement entre ce qu’elle a vu et mes véritables origines. Serait-ce véritablement un problème ? Bien sûr que non. Si la milice d’Ariesten arrive pour m’expulser, je pourrai toujours leur donner l’ordre de partir et de m’oublier. Rien de plus facile pour moi. Mais, je suis attendu, alors je ne laisserai pas les choses s’envenimer pour rien. Je soupire discrètement. Le petit personnel est si dur à dresser de nos jours.

« Dégage de là, je ne veux plus te voir. » J’ajoute avant qu’elle ne referme la porte derrière elle. « Oublie ce que tu as vu dans cette chambre. Il ne s’est rien passé. »

Cela devrait suffire amplement. Je doute que cette esclave possède suffisamment de cervelle pour contrecarrer mes ordres directs. Personne ne le peut, après tout et j’aime en abuser. Je décide d’enfiler quelques habits avant de m’attabler. Ma tenue est à mon image, toute de blanc et de rouge, étrange et excentrique. J’aime être remarqué, pourquoi devrai-je me cacher dans cette populace ? Le déjeuner d’aujourd’hui se compose, comme d’habitude, d’une grande quantité de sucre. Chocolat chaud très sucré, pain au miel et au chocolat, jus d’orange pressé du jour. Bien, il ne manque rien. De quoi faire passer mon agacement passager. J’engloutis le tout sans vraiment m’arrêter pour savourer ces mets. Il y a mieux. Il y a toujours mieux. Repu, je me lève et sors de la chambre, sans oublier au passage de prendre les clefs de boutique et de m’emparer de ma canne de bois. Elle donne un certain plus à mon style et une prestance toute particulière. Puis, j’y ai fixé un accessoire fort plaisant à l’extrémité : une patte griffue de monstre. Parfait pour laisser des empreintes à en glacer d’effrois les passants. Je me dirige vers l’ascenseur et descend les cinq étages qui me sépare du rez-de-chaussée. Sur mon passage, alors que je me dirige vers la rue, tous me saluent. Serveurs, portiers, bagagistes, réceptionnistes. Rien de plus normal pour quelqu’un de ma stature.

Par chance, la boutique du vieil homme n’est pas si loin que cela de mon hôtel et je décide de m’y rendre à pied. C’est une belle journée pour marcher un peu et les rues ne sont pas si bondées que cela. Au bout de quelques minutes, j’arrive à destination. Je tourne la clef dans la serrure et pénètre dans le magasin. Une douce odeur sucrée empli mes poumons et me fait saliver. Pour sûr, une bonne journée se profile. Elle le sera, puisque je l’ai décidé ainsi. J’allume les lumières et m’assied derrière le comptoir. Je me penche en arrière sur ma chaise, pour me maintenir en équilibre sur les pieds arrières et dépose mes jambes croisées sur le meuble qui me sépare des clients. Tout ici incite à consommer du sucre. Les murs sont complètement couverts d’étagères à bonbon, de sucette et de chocolat. Çà et là, le vieux a disposé des sachets transparents pour que les clients puissent se servir sans que j’aie besoin d’intervenir. Mon job ? Officiellement, celui d’encaisser les clients. Officieusement, je les fais payer pour m’apporter des bonbons. Et aujourd’hui ne sera pas différent. En attendant le premier serviteur de la journée, je m’empare distraitement d’une sucette sur l’un des présentoirs. Je la déballe et la met en bouche. Hm... fraise. Le papier finit par terre. Ce n’est pas à moi de nettoyer ça.  
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Back off ! You idiot !


Vous savez, lorsqu’on est malchanceux, ce n’est pas seulement pendant que nous sommes réveillés que les catastrophes arrivent. Surtout dans mon cas. Moi qui suis malchanceux depuis ma naissance. Moi qui suis malchanceux 24h/24, 7j/7. Autrement dit, même la nuit tente de m’assassiner. Je ne lui en veux pas, moi. Je n’ai rien contre elle. Et honnêtement, je ne pense pas qu’elle aussi ait une dent contre moi. C’est juste… comme ça. Je suis né malchanceux. Je vis avec ma malchance. Et je mourrai malchanceux, l’entraînant dans ma tombe, en espérant qu’elle n’intègre le corps de personne d’autre. Si ma malchance est causée par mon pouvoir, et que mon pouvoir est héréditaire, il me suffit de ne pas avoir d’enfants, et un nouveau-né sera épargné de cette malédiction. Eh bien, tout cela n’est que théorique à partir de ce que mes parents biologiques ont raconté aux gérants de l’orphelinat qui m’ont répété tout ça quand je fus en âge de comprendre.

Et donc, pour en revenir au fait que la nuit essaye aussi de me tuer… je dormais paisiblement quand un craquement sourd a retenti dans ma chambre. Un craquement de plus en plus fort. Plongé dans un profond sommeil, je ne l’entendais pratiquement pas. Cependant, il a réveillé Gold qui, dans son affolement, est venu me picorer la joue de toutes ses forces. Il a perturbé mon sommeil. Bien plus que le craquement provenant du plafond. Il m’a fait sursauter et j’ai sauté hors de mon lit dans la panique la plus totale. Pile à ce moment-là, un dernier craquement a résonné avant que l’imposant lustre ne se détache du plafond et s’effondre dans un bruit de verre brisé sur mon lit et le sol. Mon petit oiseau vient de me sauver la vie. Plus ou moins car je sens quand même quelques éclats de verre venir érafler mon dos, voire se planter, à cause de leur projection dans tous les sens. Je grimace de douleur, me retenant de toucher mon dos pour ne pas aggraver la situation.

Encore plus paniqués que moi, mes parents adoptifs débarquent dans ma chambre environ une minute plus tard, allumant les lampes restantes, alertés par le brouhaha. Ils remarquent très vite la lampe tombée du plafond, mais ne s’en inquiètent pas plus que ça et courent vers moi, toujours agenouillé sur le sol glacé. Bien évidemment, ils me demandent si je vais bien, même s’ils n’attendent aucune réponse en apercevant très vite les taches pourpres sur mon pyjama blanc. Maman se retourne vers Papa, et tous deux acquiescent dans une compréhension commune. Mon père se relève et quitte ma chambre précipitamment, tandis que ma mère me rassure en me disant qu’il va chercher la boîte à pharmacie. Je lui souris tendrement, la croyant sur parole. Tout en douceur, je viens lui déposer un bisou sur la joue pour la calmer. Après tout, ce n’est pas la pire situation dans laquelle je me suis retrouvé auparavant. Et ce ne sera assurément pas la dernière.

Pourtant, il faut continuer de sourire. Parce que se lamenter sur son sort ne sert à rien, ne mène à rien. Mes parents adoptifs l’ont compris il y a des années. Et ils me l’ont fait comprendre aussi. Ils ont raison. Même avec ma puissante malchance, cela ne m’empêche pas de vivre à peu près normalement pendant que certains sont cloués sur un lit d’hôpital. Maman lève les yeux vers le plafond, observant le trou se trouvant désormais à la place du lustre. Je baisse la tête, un peu honteux d’avoir cassé indirectement quelque chose de si beau et cher. Cependant, alors que je croyais être réprimandé, ma mère s’excuse. Elle s’excuse de l’avoir placé au-dessus de mon lit, en sachant que tôt ou tard, il tomberait à cause de ma malchance. Je secoue la tête, m’excusant à mon tour. J’allais ajouter autre chose, sauf que Papa revient à cet instant avec la trousse de secours. Il s’assoit à côté de moi et jette son contenu sur le sol. Après avoir retiré mon tee-shirt, il retire les rares morceaux de verre, désinfecte les coupures et les recouvre de pansements.

Bien. Malheureusement, après tout ça, je n’ai pas pu me rendormir de la nuit. Mes parents et Gold me tiennent compagnie pour le restant de la nuit. Au lever du jour, ils me quittent pour aller se préparer. Moi-même, remis de mon choc et étant enfin en mesure de bouger sans que mon dos crie à chaque mouvement, je suis allé me laver et m’habiller car je dois rejoindre la clinique vétérinaire et mon mentor dans quelques heures. Je suis fatigué, mais je ne dois rien laisser paraître. Je suis vivant, une fois de plus, et c’est tout ce qui compte. Je descends à la cuisine pour y trouver des crêpes au sirop d’érable que mon père a dû me laisser avant de partir. Je les mange lentement pour éviter de m’étouffer en avalant. Oui, car cela est déjà arrivé également. Je donne quelques graines à Gold. Puis, au moment de partir, j’attrape mon équipement de vétérinaire, Gold vient se poser sur mon épaule, et je sors dehors. Contrairement à la majorité des gens, je vis en bordure de la forêt, et donc le chemin est assez à long à pied jusqu’à la ville, pour cela que je pars environ une heure et demie en avance.

Sur la route, malgré toutes les précautions que je peux prendre pour esquiver les ennuis, je tombe à de nombreuses reprises, me prenant les pieds soit dans des petits cailloux, soit dans des branches. Il en faut vraiment peu à ma malchance pour m’avoir. De temps à autres, quelques animaux du coin viennent me soutenir lors d’une chute. Je leur en suis vraiment reconnaissant. Finalement, j’arrive en ville. Et les problèmes avec s’enchaînent encore plus vite. Un carton vide tombe d’un balcon sur ma tête, ce qui fait que je ne vois plus rien. Je dérive de mon chemin pour me heurter à un lampadaire. Sonné, je tombe à la renverse. Soupirant, je retire le carton et me frotte le front, sûrement orné d’une jolie marque rouge désormais. Un passant me tend sa main pour m’aider à me relever, et je repars après l’avoir remercié lui aussi. Pour ne citer qu’un exemple de tous les malheurs qui me tombent dessus. Je parviens finalement, non sans mal, à la clinique vétérinaire. Mais toujours en vie. Mon mentor m’accueille à bras ouverts et m’invite directement dans son laboratoire. Ainsi, la journée commence jusqu’à la pause déjeuner. Parce que je suis dans un bâtiment, les soucis s’arrêtent ? Bien sûr que non. Des ciseaux cessent de couper correctement en plein milieu d’une opération, ce qui a failli causer la mort d’un pauvre lapin blanc. Un scalpel a failli me couper un doigt en tombant. La liste est toujours aussi longue. Mon mentor a remarqué que j’avais un peu de mal à rester debout. Alors je lui ai raconté l’histoire du lustre qui s’est effondré cette nuit. Ma malchance le choque vraiment, parfois.

Parce que mon mentor est très gentil, il a décidé de me libérer pour le reste de la journée et m’a dit d’aller me reposer tranquillement chez moi. Plus facile à dire qu’à faire. Il est vrai que j’ai sommeil, mais rentrer maintenant est-il une bonne idée ? Je choisis de faire un détour avant, me promenant dans la ville et tous ses dangers me guettant. En errant, j’aperçois une petite boutique de confiseries. Un nouveau sourire se dessine sur mes lèvres. Je traverse prudemment, ne voulant pas tellement me faire renverser aujourd’hui, et j’arrive à l’entrée du magasin. Je sautille deux, trois fois sur place avant de saisir la poignée et entrer joyeusement. L’odeur de sucrerie m’emplit immédiatement les narines. Je salue le vendeur avec un grand sourire et regarde tout autour de moi. Sauf que voilà. Ce qui devait arriver arriva. Mystérieusement, une des étagères se met à tanguer dangereusement à côté de moi. Le temps que je la remarque, elle chavire déjà droit sur moi. Je réussis à m’épargner le plus gros des coups, bien que de nombreux bonbons tombent sur ma tête et l’ensemble de mes vêtements, me recouvrant de sucre glace. Alors que je pensais être sauvé, une autre étagère s’écrase sur moi dans mon dos, rouvrant probablement quelques blessures. Et je me retrouve vite enseveli sous les deux étagères à l’entrée même du magasin, marmonnant quelques petits mots désespérés comme :

« Aïe… mon dos… j’aurais dû m’en douter… »

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Contrairement à ce que l’on pourrait croire, tenir un magasin de bonbons est généralement d’un ennui mortel et sans grand intérêt. C’est un travail abrutissant, bête, et très loin de convenir à mon intelligence et mes capacités supérieures. La plupart du temps, il ne se passe strictement rien et je m’ennuie à petit feu en équilibre précaire sur ma chaise, tout en observant le temps décompté par l’horloge fixée au-dessus de la porte. Stupide horloge, même là on y trouve des bonbons. Des faux, évidemment, mais je me demande à chaque fois quelle entreprise à bien pu créer un objet constitué de faux sucres d’orge colorés et de muffins. Et qui peut bien les acheter, en dehors du vieux, évidemment. Je vois mal cette chose sans goût s’accorder avec un quelconque intérieur de style. Soit. Quand je serai en charge de cette île, j’ordonnerai que l’on bannisse ce genre de choses décadentes. Parfois, je détourne le regard au travers la vitrine décorée de manière kitch. Des manèges de bonbons en gélatine, des gâteaux de guimauves impressionnants y sont assemblés avec minutie. Le vieux s’en donne à cœur joie avec sa créativité. S’il pouvait s’utiliser à meilleur escient, comme par exemple pour trouver un moyen pour que je puisse atteindre des nounours en chocolat sans que j’aie à me lever, ce serait parfait. J’observe les passants, ces humains stupides bénis par la gloire de Ying. Savent-ils seulement ce qui les attend ? Sans doute pas. Ils sont bien trop limités pour pressentir le danger imminent. Je n’en veux pour preuve que le fait qu’aucun n’a encore trouvé le courage de me dénoncer. Pourtant, je ne me cache pas. Je viens d’en-bas, du monde des monstres et de la violence. Hey, il semblerait que les brebis du Dieu de la bonté ne soient pas des plus malines. Je ne vais pas m’en plaindre, ma tâche n’en sera que plus aisée.


Encore aucun client n’est entré pour me servir et ils commencent à me faire diablement envie. Oh, tant pis, je le lui ordonnerai quand il arrivera. J’ai encore assez de sucettes à portée pour tenir une semaine ou deux. Je survivrai. Toute la boutique baigne de cette ambiance feutrée et rose pâle et on peut même entendre une certaine musique lancinante et gaie en arrière-plan. D’après le vieil homme, la musique -qu’il changé il y a de cela deux semaines- incitent les clients à acheter plus de sucreries et il en est très content. Son chiffre d’affaire a même été multiplié par deux. Je ne peux m’empêcher de rire doucement en repassant au moment où il m’avait avoué cela. Quel idiot, c’est grâce à moi et à mon don qu’il vend plus que jamais. J’oblige ses chers clients à payer parfois le double du prix pour ne rien recevoir, puisque j’engloutis tous ce qu’ils m’apportent généralement. Après tout, cela permet de renouveler le stock. C’est presque une action d’utilité publique à ce stade et il devra m’en remercier. Et le pire dans cette histoire, c’est que sa fidèle clientèle fini toujours par revenir. Rien de plus facile quand l’ordre de s’approvisionner en sucre chaque semaine est gravé directement dans leur cervelle ridicule. Ah... il est si facile de manipuler ces êtres inférieurs.

Avec une lenteur calculée, je me balance nonchalamment d’avant en arrière. Je suis plongé dans mes pensées et roule distraitement le bâton de ma sucette. La boule collante à la fraise est déjà à moitié entamée. Elle suit le mouvement et je sens son parfum se répandre contre mon palais. J’en veux une autre. Je me suis lassé de ce goût. D’un geste sec et vif, je croque à plusieurs reprises dans la sucrerie. Des éclats solides s’en détachent et égratignent légèrement l’intérieur de mes joues. Mais pas suffisamment pour me faire saigner. La douleur est faible et supportable, bien insuffisante pour faire passer mon ennui et mon début d’agacement. J’ai toujours envie de ces nounours en chocolat mais je ne me vois nullement me lever pour les atteindre. J’avale d’un trait et retire le bâton de plastique de ma bouche. Il finira par terre, comme d’habitude. Et un autre que moi nettoiera, comme d’habitude. Puisque personne ne se présente à la boutique, j’attrape par dépit une deuxième sucette et la cale dans mon bec. Urgh, de l’anis ?! Dégueulasse ! Je la retire rapidement et la jette au sol, non sans tirer une grimace de dégout. Comment le vieux a-t-il pu commander pareille horreur ? ça doit dater d’avant mon arrivée, c’est certain. Nouvelle mission, faire acheter ces saloperies au premier client qui passera cette porte. Comme ça, elles n’encombreront plus mon champ de vision. Quand on parle du loup, on en voit la queue et plus précisément dans ce cas-ci, la petite tête blonde. Enfin un client ! Je commençais sérieusement à m’impatienter. Celui-ci trépigne quelques instants devant la porte vitrée du magasin. A vue d’œil, il doit avoir dans les environs de mon âge. Pas plus âgé, c’est certain, pas forcément plus jeune non plus. Je plisse le regard. C’est étrange comme il cache son œil gauche. Une difformité ? Non, mon instinct me dit que cette crevette souriante et radieuse n’est pas de mon espèce. Ce doit être autre chose, autre chose de sans intérêt et qui ne mérite pas que je m’y attarde. Il finit par entrer dans le magasin et fait résonner le carillon placé exprès pour se faire heurter par la porte lorsqu’elle est ouverte. Il me salue et je reste silencieux. Pourquoi devrai-je lui répondre ? Immobile, je l’observe comme l’on observe une bête curieuse. Il est toujours plus intéressant que l’horloge de toute manière. Il regarde à gauche et à droite, sans doute impressionné par le choix que j’ai à offrir. Bah, au final, il repartira quand même avec ces horreurs à l’anis, mais s’il peut prendre quelques nounours en chocolat, ça m’évitera de perdre mon temps à le lui ordonner.

Est-ce que cette armoire a toujours été aussi penchée... ? Je suis portant persuadé que le vieux l’a solidement fixé au mur, mais j’ai pourtant cette drôle d’impression, celle qui m’annonce une catastrophe à venir. Hm, je dois me tromper, le vieil homme ne ferait pas ce genre d’erreur. Et pourtant, un craquement sourd retentit soudainement. Si soudainement que moi-même, surpris, j’en tombe à la renverse et manque de peu de fracasser ma nuque contre l’étagère derrière moi. Je tombe lourdement sur le dos, alors que je perçois un son incroyablement fort suivi d’un second. Aie, aie, aie... ça risque de laisser une marque au creux de mes reins ça. J’aime avoir mal, là n’est pas le problème, mais j’aime surtout choisir quand j’ai mal. Et là, je ne l’avais pas choisi. Je roule sur le côté pour me remettre à quatre pattes et saisit ma canne qui est tombée sur le sol. Je m’en sers pour m’aider à me redresser. Je passe ma tête par-dessus le comptoir et constate l’étendue des dégâts. Deux armoires -rien que ça- se sont écrasées sur mon client qui s’en retrouve couvert de sucre et de bonbons en guimauve. Je soupire, agacé. C’est bien ma veine ça, je ne compte absolument pas nettoyer les dégâts et en plus, une partie de la marchandise est gâchée. Tout ça à cause de ce gamin stupide ! Il a intérêt à s’expliquer... Oh et puis, non ! Il a juste intérêt à nettoyer et à payer pour les dégâts. Puis il pourra se barrer et ne plus revenir avant que je me sois calmé. Ce sera meilleur pour ses chances de survie. Je me relève et contourne le meuble, puis m’avance vers la ‘victime’. Elle marmonne vaguement sa douleur au dos. Je baisse un regard dédaigneux sur lui. Je me demande si ça fait si mal que ça... et à quel point ça peut lui faire mal. Je soulève ma canne et tapote sans réelle délicatesse le garçon au sol avec son extrémité pourvue d’une patte en peluche rouge de monstre. Poke, poke, poke. Est-ce que ça lui fait encore plus mal maintenant que je le touche ? Je l’espère. J’aime aussi faire souffrir et savoir à quel point ça fait mal. J’aime aussi que l’on me regarde quand je parle et c’est une manière comme une autre d’attirer l’attention.

« Ça fait mal ? » Il n’y a aucune inquiétude dans ma voix, juste de la curiosité. Des recherches en quelque sorte. Je ne cherche pas vraiment à obtenir de réponse, juste à voir si son visage se tort plus ou moins de douleur. Je cesse de titiller le haut de son dos et ses épaules. Le reste m’est inaccessible, puisque coincé sous les étagères que je ne compte absolument pas bouger. Je me penche légèrement en avant, pour être certain qu’il m’entende. « Je te préviens, tu vas nettoyer et payer pour tout ça. »

Et je n’aurai plus qu’à m’asseoir et à l’observer se mettre au travail à ma place. 

  
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Avez-vous déjà été écrasé par des étagères ou tout autre meuble ? J’espère pour vous que non, sinon cela signifie que vous n’êtes pas plus chanceux que moi. Oui, car ça m’est arrivé très souvent même. Cette journée a choisi de ne pas faire exception aux précédentes. Cette malchance est toujours là, chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde. Elle ne me lâche pas. Elle n’a pas l’intention de m’abandonner. Et même si je rêve d’en être libre, je refuse que quelqu’un le récupère et souffre à ma place. Je ferme les yeux, mordant ma lèvre inférieure pour retenir mes plaintes de douleur. Ça fait vraiment très mal, partout dans mon dos. Je dénombre au moins trois plaies plus imposantes. Probablement causées par la réouverture d’anciennes blessures par encore tout à fait cicatrisées et l’ajout des plus récentes. Le reste me paraît assez superficiel. Je sens entièrement mon dos. Je n’ai pas l’air d’avoir d’os cassés. Je suppose que ça aurait pu être pire. Comique, n’est-ce pas ?

Cette situation pourrait l’être. Elle pourrait l’être vraiment. Surtout quand mon petit compagnon flotte en rond au-dessus de moi et des étagères en piaillant de temps à autre. Oui, elle est vraiment comique, finalement. Malgré la douleur, je laisse échapper un petit rire, pas suffisamment fort pour qu’il soit perceptible par qui que ce soit. J’essaye de me retourner sous les rayonnages dans l’espoir de pouvoir les soulever plus facilement afin de me dégager. Malheureusement, ils sont bien trop lourds. Peu importe toutes les épreuves compliquées que je traverse tous les jours, je reste un pauvre enfant sans aucune force. Alors relever des étagères tout seul, je pense que je rêvais trop pour y arriver. Beaucoup trop. Je crois que je vais rester coincé là-dessous jusqu’à ce quelqu’un vienne me donner un coup de main. En attendant, je suis bien tenté de rester là, sans bouger. Peut-être qu’en étant déjà sous une catastrophe causée par le contrecoup de mon pouvoir, ça peut m’en épargner une autre.

Aucune chance. Ça tombe bien, la chance n’a jamais été mon domaine de prédilection. Je secoue légèrement la tête de gauche à droite, laissant échapper un petit soupir. Tant bien que mal, je parviens à sortir mes bras de là-dessous et je les croise sous mon menton pour pouvoir appuyer ma tête dessus. Bien que cette position soit pire que la précédente, laissant les étagères pousser plus leur poids sur mon dos, et provoquant une plus forte douleur encore. Cela pourrait rester dans le domaine du supportable, si c’était sans compter sur le jeune marchand qui s’approche de moi, avec un air… pas forcément très agréable. Je lui adresse un nouveau petit sourire gêné. Je peux le comprendre, je viens de ruiner sa boutique. Juste en y mettant les pieds. Mais j’espère quand même qu’il va m’aider… non ? Apparemment, non. Il en décide autrement. Avec son bâton… euh… une canne, peut-être ? Comme celle que les personnes âgées ou les aveugles possèdent ? Je ne sais pas exactement. On dirait que lui aussi est borgne, vu l’étrange truc qui semble lui ronger la peau sur le côté gauche du visage.

Peu importe le nom que cet objet a exactement – bâton ou canne –, le vendeur trouve amusant de presser le bout de celui-ci à divers endroits sur mon dos. En plus, ce ‘’bout‘’ est pourvu d’une étrange patte avec des griffes. Autant il évite les plaies importantes à ma plus grande joie, autant je sens parfois les griffes creuser leur passage dans certaines coupures. Je grimace, parce que oui, ça fait vraiment mal. Et ça a dû aggraver le saignement pour quelques unes. Je prends de profondes inspirations pour retenir larmes et cris, ainsi qu’un ou deux jurons qui me traversent l’esprit. Mentalement, je prie juste pour qu’aucune tache de sang ne se dessine sur ma veste bleue foncée. Même si je ne suis pas du tout croyant. Gold, mon petit oiseau jaune, semble sentir soit le sang, soit que je vais mal car il se pose à côté de moi et se frotte contre ma joue dans un geste de réconfort. Et ça… rien que juste ça… parvient à me calmer et à me faire sourire à nouveau.

À peu près au même moment, l’individu aux vêtements rouge et blanc cesse son petit jeu en demandant si ça fait mal. Je ne lui adresse aucun regard, me contentant de caresser doucement le canari jaune. Mais je n’en pense pas moins. Il ne s’est pas pris des morceaux de verre un peu plus tôt dans la matinée, lui. Je crois que la cerise sur le gâteau est quand il me tutoie. Non, même pas quand il me demande de nettoyer et de payer. Depuis quand les commerçants tutoient leurs clients ? Whouah, je crois qu’il a un souci avec le respect. En prime d’être tombé dans la pire boutique de l’île, on dirait bien. Malgré tout, je ne peux m’empêcher de rire légèrement en répliquant :

« Monsieur, vous savez qu’il est impoli de tutoyer ses clients ? »

Encore une fois, je réprime une terrible grimace de douleur. Les mêmes mots se répètent dans ma tête : ‘’Je n’ai pas mal. Je n’ai pas mal.‘’ Parce que… je suis censé avoir l’habitude, non ? J’ai vécu des situations pires que celle-là où j’ai même terminé à l’hôpital ! Je lève les yeux vers l’adolescent qui paraît avoir aux alentours de mon âge. Je me frotte la joue avec mon index, un sourire embêté aux lèvres, et j’ajoute :

« J’aimerais bien nettoyer, mais je suis coincé. Vous voulez bien m’aider, s’il vous plaît ? »

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« Back off ! You idiot ! »
A sweet day at 'work'
Un étrange insecte est arrivé dans la boutique. Etrange puisque dans la seconde à laquelle il est arrivé, il a réussi par je ne sais quel tour de passe-passe à mettre le bordel dans la boutique du vieux. Deux étagères -rien que ça ! - emplies pour ainsi dire presque à ras bord de sucreries en tous genre ont basculé comme par enchantement sur mon premier client de la journée. Je suis persuadé que le vieux a fixé tout ça solidement... Serait-il plus gâteux que ce que je pensais ? Je n’ai pas encore le fin mot de toute cette affaire, mais je compte bien l’obtenir. Comment a-t-il pu, juste en regardant les étagères, les faire s’écrouler ? Un simple don de télékinésie pourrait faire l’affaire, je le sais bien, mais cela n’a juste pas de sens de s’auto-enterrer sous des meubles. A moins qu’il soit masochiste lui aussi ? Hm, vu les grimaces qu’il ne cesse de tirer depuis tout à l’heure, j’en doute. Il n’a pas l’air de prendre plaisir à cette situation et, très franchement, moi non plus. Oh, je me délecte bien volontiers de sa douleur, tout comme j’ai aimé l’amplifier en appuyant çà et là sur son dos si frêle mais je ne compte absolument pas nettoyer. C’est un travail pour ceux de la basse extraction, pas pour moi donc. Il n’est pas question que je m’épuise inutilement à soulever des charges lourdes ou à m’abaisser à prendre une serpillère. Ce n’est pas dans mon contrat de travail ! ... En fait si. Techniquement, ça l’est, mais je fais ce que je veux après tout.

Hm... la rouille du sang frais. Elle provient de lui, n’est-ce pas ? Il saigne, j’en mettrai ma main au feu sans hésiter. Un pari gagné d’avance. C’est une odeur dont je ne pourrai me passer tellement elle me semble si délicieuse. Je doute sérieusement que ce soit ces maigres planches de bois qui l’ai blessé de la sorte, d’autant plus que ses vêtements -ses riches vêtements, ça c’est du tissu luxueux où je ne m’y connais pas- sont intactes. Blessures antérieures ? Et ben, s’il n’est pas masochiste, il en l’apparence en tout cas. Personnellement, j’aime à masquer les endroits de mes coupures. Ne pas révéler ses faiblesses à l’ennemi est la base de la survie. Puis, j’ai une certaine préférence pour les contusions. La batte plutôt que le couteau quand il me faut avoir mal, le couteau plutôt que la batte quand il me faut faire du mal. Bien que je me contente volontiers des deux.
Une autre singularité de cette petite crevette blonde -et je ne l’avais remarqué avant, sans doute à cause de l’insignifiance de l’information- est qu’il est accompagné d’une espèce d’oiseau domestiqué jaune et brun. J’ai rarement vu une telle affection émaner d’un être à plume et par rarement, je veux dire en réalité jamais. Tout comme je n’ai jamais vu un tel apaisement aussi rapide à la suite d’une simple caresse provenant d’un animal aussi stupide. À peine l’oiseau s’était-il posé aux côtés de son maitre que ce dernier a arboré un sourire certain. Difficile dès lors de prendre un quelconque plaisir à lui faire du mal, puisqu’il ne me le montre plus. Stupide créature, les deux d’ailleurs ! Alors que j’essayais de faire passer mon agacement et ma frustration, voilà qu’ils me coupent la seule source d’intérêt que j’avais. Soit. Je m’en fiche. Tout ce que je veux, c’est qu’il remette en état la boutique et se barre, non sans avoir payé de manière substantielle pour les dégâts. Deux ou trois fois le prix réel de la marchandise devrait faire l’affaire. Et s’il n’est pas d’accord... Ah ! Comme s’il pouvait ne pas l’être ! J’ai le pouvoir de l’y contraindre et je compte bien en abuser ! Un ordre et il déploiera des montagnes pour me faire plaisir. Car mes ordres sont absolus et s’y soustraire est tout bonnement impossible.

Il en met du temps à obéir...

Est-ce...est-ce qu’il rit ? Il se moque de moi... ? Alors que je viens de lui donner un ordre direct... ? Im-impossible ! J’ai été on en peut plus clair pourtant ! Cela n’est encore jamais arrivé... Mon regard s’écarquille alors qu’il me répond. Il me répond ! Et pas comme je le voudrai. Pas comme je l’avais prévu. Qu-qu’est ce qui se passe ? Il est impossible qu’il puisse se soustraire à un ordre direct de ma part ! Personne ne le peut ! S’il avait été sourd, j’aurai pu le comprendre, mais il m’a parfaitement entendu ! Il ne peut pas posséder une force de caractère suffisante pour me désobéir, c’est même impossible qu’une telle chose existe ! Même les bêtes les plus immondes et revêche du monde « d’en-bas » m’obéissent aux doigts et à l’œil, sans rechigner. Même les personnes me haïssant le plus au monde -que j’appelle ‘affectueusement’ ma famille- ne peuvent se soustraire à mon contrôle absolu et total. Je ne comprends pas. Je ne comprends pas. Je ne comprends pas ! Quelle sorte de bizarrerie est entré dans ma boutique ? Le problème doit forcément venir de lui !  Troublé, je me redresse et esquisse un pas en arrière. Comme si de rien n’était, l’humain continue son affront. Non seulement il a osé me réprimander pour ma conduite des plus divines, mais en plus, il me demande de l’aider ?! C’est une blague ?!
Pourquoi ne m’obéit-il pas... ? Calme, Mehel, calme. Ne montre rien, ne montre pas ton trouble. Tu ne dois pas. Tu ne dois pas. Tu contrôles la situation. Après tout, c’est lui qui est enterré sous les armoires, incapable de bouger. Oui... c’est lui qui est dans une situation délicate. Tu dois la jouer fine, garder le contrôle. Je dois garder le contrôle. Comme d’habitude. Un Roi ne se laisse pas démontrer aussi facilement. Je trouverai ce qui cloche avec cet humain et après, je pourrai le soumettre à mon contrôle. Tout simplement. Pour tromper mon exaspération, mon... trouble, mais surtout pour m’aider à réfléchir, je regarde autour de moi, en quête de sucre. Je me fiche complètement qu’il puisse attendre une réponse de ma part, cet insecte restera au sol en attendant que je daigne m’intéresser à lui. Ah ! Les ours en chocolat ! Juste à portée de main, c’est parfait ! Je m’approche d’une autre étagère qui tient encore debout et sort une poignée de ces sucreries de leur bocal de verre. Deux finissent déjà dans ma bouche. Leur saveur de cacao mêlé au sucre se répand et me fait reprendre contact avec la réalité. Ma réalité. Sans daigner me tourner vers mon ‘client’, je finis par lui adresser la parole. Froid et sec, impérieux, reste détaché, la situation ne t’atteint pas.

« Je m’adresse aux ‘clients’ comme j’en ai envie. » Dans ma bouche, ce mot sonne presque comme une insulte, comme rabaissant. Et il l’est, puisqu’il désigne les habitants de l’Île flottante comme ce gamin. « Tu as gâché ma marchandise et tu oses encore te plaindre ? »

Au moins deux semaines de sucreries sont désormais impropres à la consommation. Toutes ces bonnes ‘choses’ que j’aurai pu engloutir ne seront plus désormais que nourriture pour les rats. Tch, quel gâchis ! Un dernier ours de cacao et je me décale dans sa direction. Je l’observe comme une araignée observe sa proie se débattre dans sa toile, avec un désintérêt pour son sort des plus total. Il est bien trop chétif et faible pour se sortir de cette situation seul. En bas, il se ferait dévorer dans la minute de son arrivée, à n’en pas douter, alors comment a-t-il pu me désobéir... ? Je n’aime pas ça. Je m’approche de la curiosité et m’assied jambes croisées juste en face de lui. Je me fiche totalement de son ‘espace personnel’ ou de l’inconfort que mon apparence peut bien provoquer chez les gens de son espèce. Je dois savoir. J’ai beau l’observer, aucune réponse ne me vient. Je n’aime pas ne pas savoir.

« Tu n’es pas en position de demander quoique ce soit. » Je préfère être clair et peut-être aussi le voir me supplier. Le fit de savoir qu’il souffre sous ce tas de bois et de sucre apaise un peu mon envie de lui arracher son sourire niais. Ce doit être pour ça que cet oiseau ne le quitte pas, il doit avoir un QI similaire au sien. « Je ne compte absolument pas t’aider. » Je l’observe encore durant de longs instants, sans décrocher un mot. Je suis si proche que l’odeur d’acier qui s’échappe de ses veines en devient presque entêtante. J’aimerai pouvoir lire dans son regard à quoi il pense à l’heure actuelle, mais je n’ai pas ce pouvoir... et il ne me dira sans doute rien. Le couperet tombe, la conversation change, l’unique pensée obsédante dans mon esprit s’échappe vers mes lèvres où nul rictus amusé ne se dessine pour une fois. « Parle. Pourquoi tu n’obéis pas à mes ordres ? »


Un dernier essai ne pas faire de tort.
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Back off ! You idiot !


Comment vous expliquer… il y a parfois des gens qui se fichent complètement du sort des autres. Ou des gens qui assistent à une scène mais qui choisissent de ne rester que spectateurs, car ils ne veulent pas se retrouver dans une situation qui les dépasse. Ces gens, il s’agit d’à peu près nous tous. Plutôt vous tous, car moi, je suis souvent au milieu de ces situations bizarres. Le centre, le déclencheur. Bien sûr, c’est ainsi que pense la majorité des gens, parce qu’ils ont l’habitude de la tranquillité, de la sécurité. Je n’ai rien contre eux. Au fond, moi-même, je ne suis pas si différent de vous tous. Pourtant, au milieu de tout ce monde, il existe des exceptions. Des personnes qui nous tendent la main quoi qu’il arrive, quoi qu’il puisse leur arriver. En général, celles-ci sont très douces et agréables. Parfois, elles parviennent même à faire ressortir la sympathie supposée inexistante de quelqu’un d’autre. Je les envie, en quelques sortes. Est-ce que j’aurais pu être capable de faire la même chose si ma malchance ne ruinait pas constamment mes efforts ? Peut-être. Si mes parents adoptifs étaient là, ils me diraient de ne pas abandonner et d’être ce qui me plaît, car si je laisse ma malchance vaincre mes pensées, je ne pourrai plus jamais me relever contre elle. Renonce à toi-même, et tu renonces au monde.

Un nouveau petit sourire se dessine sur mes lèvres. Oui, c’est ce que mes parents diraient, c’est certain. Je peux presque voir leur silhouette et entendre leur voix prononcer ces mots. Alors j’essayerai, je ne laisserai pas tomber sans avoir tout tenté. Et si ça ne marche pas, je tenterai autre chose. Je finirai bien par réussir quelque chose. Et ce jour-là, cela signifiera que je serai parvenu pour la première fois à tromper ma malchance. N’est-ce pas ? Non. Pour la deuxième fois. Je l’ai déjà vaincue une fois, en devenant assistant vétérinaire. Je peux le refaire. Il suffit de ne pas perdre espoir, de ne pas se laisser démoraliser par le premier problème venu, de se relever et de marcher. Le petit oiseau piaille de nouveau sous mes caresses, me ramenant plus ou moins à la douloureuse réalité. Est-ce moi ou le poids des planches est de plus en plus lourd ? Probablement mon imagination. Ça appuie beaucoup trop sur mes blessures, d’où cette impression que c’est plus lourd. Et Gold qui n’arrête pas de gazouiller. Je penche légèrement la tête sur le côté, la posant sur mon bras encore sous ma tête, pour croiser le regard du canari jaune.

S’il gémit comme ça, ce n’est certainement pas bon signe. Je perds mon sourire, devenant parfaitement silencieux et concentré sur ce que mon petit compagnon veut tant me communiquer. L’animal cesse momentanément de bouger, lui aussi, me donnant l’occasion de le comprendre plus facilement. Il me faut une bonne minute pour déchiffrer ses légers petits gestes et son message global. Étant donné que je m’occupe de Gold depuis qu’il est tout petit, en grandissant tous les deux, nous avons trouvé divers moyens de nous ‘’parler‘’ l’un à l’autre. Ainsi, je peux dire sans hésiter que mon camarade d’enfance m’avertit que l’odeur de sang est assez forte dans l’air. Je laisse échapper un petit « Oh. » sans réelle surprise. Bloqué dans cette position, je suis incapable de vérifier la gravité de mes blessures. Je recouvre mon sourire, câlinant de nouveau Gold pour le rassurer, mais au fond de moi, je suis tout de même un peu inquiet aussi. Le petit oiseau se rapproche plus de moi, sentant sûrement ma peur. Il va vraiment falloir que je sorte de là. Malheureusement, l’autre adolescent n’a pas l’air d’avoir envie de m’aider. Il faut que je trouve une solution par moi-même… eh bien, c’est ce que j’en déduis de ses paroles, en tout cas.

Malgré tout, ça n’empêche pas le vendeur de s’approcher jusque devant moi. Moi, à sa place, je ne viendrais pas aussi près. Non pas parce qu’il se trouve dans le périmètre d’action de mon pouvoir – si ça se trouve, il n’en possède même pas –, mais bien qu’il pourrait se retrouver dans l’une de ses situations désastreuses que je provoque sans le vouloir. Je devrais peut-être l’avertir, non ? C’était mon intention jusqu’à ce que mon regard se pose sur ‘’l’étrange truc qui semble lui ronger la peau sur le côté gauche du visage‘’. Comme il est plus proche maintenant, je distingue un peu mieux. On dirait… des veines qui ressortent ? C’est bizarre. Quel genre de maladie est-ce ? Je n’en ai jamais vu de telles. Pas sur les animaux, en tout cas. Peut-être que lui aussi n’a pas eu de chance à la naissance. Bon, l’avantage est qu’il ne paraît pas attirer les problèmes ! Ça aurait été amusant, tiens ! Perdu dans mes pensées, je manque de louper ses prochains mots. Euh… des ordres ? De quoi parle-t-il ? Je ne comprends pas. J’hausse les épaules, cependant, ce bête geste tire sur mon dos, et les blessures ouvertes me relancent. Je réprime difficilement une nouvelle grimace, la cachant sous un sourire calme :

« Quels ordres ? »

Toutefois, au même moment que je prononce ces mots, un commentaire qu’a dit l’individu vêtu de rouge et de blanc me revient en mémoire. Qu’est-ce que c’était exactement… ah oui ! « Tu vas nettoyer et payer pour tout ça. » ! C’était un ordre ? Il est drôle, lui ! Je veux bien nettoyer, sauf que je ne peux pas ! Je suis légèrement coincé là-dessous, sous ces étagères, et je ne peux pas sortir ! Alors évidemment que je ne peux soi-disant pas obéir à ses ordres ! Il n’est pas très intelligent, lui ! Je ris légèrement, et encore une fois, le soubresaut de mes épaules provoque une autre douleur dans mon dos. Je prends une inspiration et souffle lentement, avant de pencher la tête sur le côté avec un air interrogatif.

« Oh, celui d’un peu plus tôt ? Je vous ai dit, je veux bien vous aider à nettoyer, mais pour l’instant, je suis coincé. Et si je tarde trop à sortir, je ne peux dire ce qu’il adviendra de ce bâtiment… »

Avec un peu de chance, peut-être qu’il va accepter de m’aider, cette fois… ?

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Ça m’énerve. Cette journée m’énerve déjà. Rien ne se déroule comme ce que j’avais prévu. Non que j’aie prévu quoique ce soit de grandiose en ce jour d’une banalité affligeante. Juste, me lever, squatter la boutique toute la journée, vendre ces horreurs à anis et récolter diverses informations sur les coutumes étranges de cette Île. Je me dois de connaitre ce qui rythme la vie si différente de ses habitants, car le jour où je serai à leur tête, savoir ça me servira, j’en suis certain. Je ne suis pas particulièrement curieux de nature. Je ne ressens nul besoin impérieux de savoir tout de leurs coutumes de dégénérés. Le fait qu’ils vivent tous dans une paix béate depuis des siècle m’a déjà appris tout ce que je devais savoir : Ces gens sont faibles, rendu fainéant par leur vie oisive. Leur cervelle a dû fondre il y a de cela des générations pour en arriver à un tel résultat. Le chalenge me parait presque trop facile, comme voler une sucette à un nourrisson. Il m’arrive aussi d’avoir besoin d’un ou deux instants de repos. Puis, si chaque journée qui commence, chaque nuit qui débute, je m’échinais à vouloir m’emparer de l’esprit et de la volonté de chaque créature vivante sur ce bout de terre, je me ferai repérer à coup sûr par la milice. Non qu’elle ne me fasse peur, loin, très loin de là. Ces êtres inférieurs sont risibles. Comme s’ils pouvaient ne fusse qu’imaginer pouvoir mettre la main sur ma glorieuse personne, pouvoir me juger de leur loi primaire et archaïque pour finalement me « renvoyer chez moi ». Là, tout en bas, au milieu des monstres et de la fourberie. A moins que leur justice pathétique ne prévoie simplement la mise à mort. Ah ! Pathétique ! Je ne crains rien ni personne... du moment que mon pouvoir fonctionne.


Et justement, là, il ne fonctionne plus.

Et ça me contrarie grandement.

Pourtant, ce matin, tout était en état de marche, cette petite servante s’est plié si facilement à ma volonté, sans rechigné une seule seconde. Alors comment cet humain chétif peut-il bien me désobéir de la sorte... ? Je ne le comprends pas. Pourquoi n’est-il pas comme tous ces autres moutons qui me tienne pour leur alpha si naturellement ? Il n’a même pas l’air effrayé de mon apparence à moitié monstrueuse ou « démoniaque », comme ce que j’ai déjà pu entendre auparavant. Soit, je prends cela comme un signe d’intelligence de sa part, un signe d’une légère intelligence. Après tout, il existe d’autres « monstruosités » dans le monde d’où je viens. Des aspects bien plus étranges et dérangeants pour le regard. Le hasard a voulu que je naisse ainsi, à moitié rongé par une espèce de gangrène veineuse. Elle pulse, chauffe et se tord souvent, comme une bête voulant prendre possession de mon corps. Sauf que, c’est mon corps, justement. Ce n’est guère une maladie ou un quelconque parasite qui me ronge la peau, juste une mutation parmi tant d’autres. Parfois pratique, parfois non, elle fait partie de moi et jamais je ne la cacherai, surtout pas pour me fondre parmi ces êtres misérables. Mon aspect les dérange ? Qu’ils vivent avec, je ne ferai rien pour la changer. Ils ne peuvent vivre avec ? Qu’ils crèvent alors, je n’aurai plus à supporter leur présence qui m’écœure.

Dans un souci de vérifier une dernière fois l’efficacité de mon pouvoir, je me suis approché de la bizarrerie de la boutique et de son agacent oiseau qui ne le quitte jamais. Je le ferai taire plus tard, je dois savoir. Je dois savoir, donc j’ai ordonné. Et une nouvelle fois, sa réponse ne fut guère satisfaisante à entendre. Normalement, je dis bien normalement, son regard aurait dû se voiler, même ne fusse qu’un instant, et il aurait tout fait pour accéder à ma requête. Même lorsque j’use d’ordres trop peu précis, même lorsque mes ordres vont à l’encontre de la nature de la personne, il y a toujours ce micro-instant durant lequel leur regard se voile. Je le sais, je l’ai suffisamment testé sur ma fratrie pour le savoir. Ordonner à mes aînés de se mutiler n’a guère été efficace... Par contre, ordonner aux plus jeunes de le faire pour infliger mille souffrances aux plus âgés... Donc, je le sais. Mais là, rien du tout. Je me devais d’être proche pour le découvrir. Pas le moindre voile ne s’est installé dans son regard d’or. Inédit. Impossible même. Comme si mon pouvoir n’existait simplement plus. Je le laisse déblatérer ses banalités sans nom, les prenant presque comme une insulte personnelle. Je n’aime pas que l’on me désobéisse et, pour contenir ma rage grandissante, je porte ma main droite à ma bouche et en mord l’index replié. Fort, mais pas assez pour me faire saigner. Ça fait mal, mais j’ai choisi d’avoir mal. Ça fait mal, mais ça me calme...un peu. Ça fait mal, mais j’aime ça.
Dire que cette crevette ose même me menacer moi et l’intégrité de ce bâtiment. Il a de l’aplomb ! Est-il si sur de ça de ses forces pour affirmer une chose pareille ? J’en doute. Je songe plutôt à de l’esbroufe. Mais je ne compte nullement accéder à sa demande, ce serait fort mal me connaitre. Pour l’instant, il est le seul sur lequel mon don ne semble pas fonctionner. Du moment qu’il reste coincé sous ce tas de planche, je suis en sécurité.

« Tu me menaces maint... »

La clochette du magasin retentit et me coupe en pleine phrase. Qui donc ose me déranger en plein interrogatoire ? A croire que l’univers entier à décider de m’emmerder aujourd’hui ! Je lève un regard assassin sur le nouveau venu, bien que sa voix m’indique tout aussi rapidement son identité.

« Mehel ? Mais qu’est ce qui s’est passé ? »

Le vieux. Le vieux qui vient prendre son service à la boutique. Plus tôt que prévu, évidemment. Je ne l’attendais qu’en début d’après-midi... Oh. En fait, il est pile à l’heure. Il est vrai que c’est moi qui n’ai pas daigné ouvrir sa boutique du matin. Mais ce n’est pas le moment, vraiment pas le moment. Je n’ai pas envie de m’occuper de ses interrogations, je n’ai pas envie qu’il se mette dans mes pattes et encore moins qu’il délivre mon prisonnier de guerre. Pas question. C’est avec une hargne certaine que je m’adresse à lui. Je n’ai pas de temps pour lui. Vraiment pas.

« Dégage ! »

« M’enfin, Mel’, qu’est ce qui te prend ? »

Une nouvelle fois, mon regard s’écarquille de surprise, de stupeur aussi sans doute. Il... il m’a répondu ?! Il ne m’obéit pas lui non plus ?! Mais qu’est ce qui se passe à la fin ?! Est-ce que... non, non, non, c’est impossible ! impossible ! Mon pouvoir ne peut pas être parti aussi rapidement, aussi facilement ! Tout fonctionnait parfaitement ce matin, mes ordres entraient tous dans la conformité et ces deux insectes me comprennent parfaitement. Alors quoi... alors quoi ?! Qu’est ce qui m’échappe ?! Je peux encore légèrement concevoir que ce gamin soit immunisé par une manière qui ne m’a pas encore été révélée, mais le vieux... Le vieux m’obéit depuis des semaines, il est celui qui a reçu le plus de mes ordres depuis mon arrivée sur ce caillou flottant. Il n’est pas en mesure de contrecarrer mon don. C’est un fait que j’ai établi moi-même, personnellement. C’est impossible ! Je ne me trompe jamais ! Le vieillard s’avance, réduit d’à peine quelques pas la distance qui le sépare de son client enterré. Je le sais, il n’a pas peur pour sa marchandise, il ne donnera aucune remontrance, que ce soit à moi, ou à l’humain là-dessous. Il s’inquiète juste pour ma sécurité, et celle des autres. Quel idiot, c’est bien ainsi que l’on se fait marcher dessus par tout le monde ! Je ne peux pas me permettre de le laisser s’en mêler. D’un mouvement vif, je récupère ma canne et me relève. Je vais à sa rencontre et me poste en lui et les étagères. Je me fiche de devoir écraser quelque peu au passage l’infortuné client. Je tiens mon accessoire fétiche à l’horizontale, barrière de fortune plus efficace qu’il n’y parait. Je dois réfléchir, et vite. Trouver les bons mots pour qu’il se retire.

« J-je m’en occupe ! Ne t’en fais pas, je gère ! » Au fur et à mesure de mes mots, je recule, l’incitant à faire de même et à quitter la boutique. Le vieux proteste un peu, énonçant qu’il veut aider le garçon au sol. Vite, une excuse, n’importe laquelle... Manipuler sa compassion, lui faire croire que je veux son bien devrait faire l’affaire. « Dans ton état, tu rigoles ? Tu vas te casser le dos ! »

Je le repousse de plus en plus. Vu son âge avancé, cela m’est relativement aisé. Puis, je referme la porte du magasin et la verrouille avec la clef, le laissant à l’extérieur. Je m’adosse dos à la porte. Il tambourine quelques instants, mais puisqu’il n’a jamais eu l’intelligence de faire un double des clefs, je suis tranquille. Il finit par abandonner son idée stupide de rentrer. Il s’éloigne, non sans dire ces quelques mots avant.

« Je reviens plus tard. Vérifie au moins qu’il va bien ! »

Ah ! ça, je n’en ai strictement rien à faire ! Dire qu’il ose me donner ces stupides conseils. Il aurait dû partir dès que je lui en ai donné l’ordre. Mais qu’est ce qui ne va pas aujourd’hui... ? Je ne comprends pas. Je soupire longuement et finit par me laisser glisser au sol, toujours contre la porte. Je déteste me sentir ainsi, complètement impuissant. Je déteste ça, ça me rappelle d’autres souvenirs trop désagréables. Trop désagréables. Le temps où je n’avais que mes poings pour me défendre et où j’étais trop faible pour le faire d’ailleurs. Le temps où l’on pouvait faire tout ce qu’on voulait de moi. Je ramène mes jambes sur ma poitrine et les enserre de mes bras. Je déteste ce sentiment. Je déteste cet état de fait. Je déteste ne pas savoir, je déteste cette journée et je déteste ce gosse ! Je marmonne alors pour moi-même.

« M*rde ! Même le vieux ne m’obéit plus... »

Un long moment de silence. Il est entre découpé de bruits sourds et secs. Le bruit de mon crâne se frappant à intervalle régulier contre le montant de bois de la porte d’entrée. De plus en plus fort, quitte à égratigner mon cuir chevelu, je m’en fiche. Si ça rajoute plus de cette odeur entêtante de métal, alors tant mieux ! J’ai besoin de me calmer. Et ça finit toujours par me calmer.
Finalement, je me stoppe, net. Se morfondre n’a jamais permis de réaliser quoique ce soit. Je ne suis plus le gamin impuissant de mes jeunes années désormais. Je suis un Roi, pouvoir ou pas ! Je suis au-dessus de cette plèbe grotesque et sans intérêt. Nul ne me domine, nul ne m’impose sa loi. Je l’impose et elle est sombre et cruelle ! Il n’est pas question que ce léger revers passager ne me fasse perdre mes moyens plus que cela ! Cela est impensable ! Je me lève et récupère ma canne. Il veut sortir de là, le gosse ? Soit. Pour avancer, il va bien falloir que je le fasse quitter ma boutique. Je m’avance dans son champ de vision. Mon visage est comme d’habitude, froid et impassible. Hors de question de lui offrir de nous ce spectacle de l’imprévu et de la panique d’un peu plus tôt. Je m’accroupis pour qu’il puisse bien m’entendre. Je déteste aussi être ignoré.


« Je ne sais pas encore ce que tu m’as fait mais je le découvrirai. » Il doit savoir quelque chose, j’en suis sûr. Je ne sais pas quoi, mais il doit forcément savoir. Je me relève une nouvelle fois et me déporte sur ses flancs. Je glisse le manche de ma canne sous l’étagère qui l’écrase, tout contre son dos meurtri et commence à m’en servir de levier pour soulever et faire basculer l’ensemble. Avec ma stature, sans aide, ce sera... presque impossible. Les tâches physiques ne sont pas mon fort. Je m’adresse alors au jeune blond avec la rudesse qui me caractérise. « Si tu veux sortir, tu vas devoir y mettre du tien ! »


Et pousser sur les deux tigettes qui te servent de bras, par exemple. Difficile de savoir si je... si nous réussirons.
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Back off ! You idiot !


Vous allez rire, mais… je crois que je comprends un peu ce qui se passe. Oui, bon, bien sûr, si vous mettez de côté le fait que je suis enterré sous des étagères. Ça, j’avais déjà compris le comment du pourquoi. Je parle du reste ! Toutes ces choses insensées que cet inconnu aux couleurs primaires rouge et blanc raconte depuis le début. Il est fou ! Vraiment ! Juste ça ! Des ordres auxquels vous êtes supposé obéir… oui, je suis sûr qu’il a mangé trop de sucre ! Ça expliquerait son délire ! Quand je sortirai de là-dessous, j’irai lui chercher de l’eau ! Beaucoup d’eau ! Pour réhydrater les neurones qu’il a dû brûler. Même si ce n’est vraiment pas gagné que je sois libéré de ces étalages. Trop lourdes pour moi seul, et le marchand est complètement contre m’aider aussi. Je ne connais pas l’étendue de mes plaies, et je n’ai guère envie de mourir maintenant, dans cette situation, en tout cas. S’il vous plaît, vous voulez bien appeler du renfort ? Juste pour cette fois. Je ne vous dérange plus jamais après. Euh… ah, j’ai dit la même chose, il y a deux jours ? Ah, ah. Allez, s’il vous plaît…

Si quelqu’un a entendu une prière, ce n’est certainement pas la mienne, mais pourtant, un vieil homme aux cheveux gris entre dans la boutique. Comment je le sais ? Je suis omniscient ! Non, je rigole. Eh bien, déjà, il y a la clochette au-dessus de la porte qui retentit bruyamment dans un petit son strident. Et comme l’étrange individu impoli et moi étions les seuls à l’intérieur… forcément, c’est quelqu’un venant de dehors qui a ouvert la porte. La seconde indication est tout bêtement la voix de la personne. Un peu rêche, typique des personnes âgées car leurs cordes vocales sont usées, et clairement masculine. Non, même pas besoin d’essayer de se retourner pour le deviner. Pour les cheveux, j’ai juste dit au hasard ! Je peux même ajouter que l’adolescent aux cheveux rouges et le nouveau venu se connaissent, vu leur courte conversation ! Et ça n’a pas l’air d’une grande entente entre eux. Est-ce toujours ainsi ? Est-ce le grand-père du jeune vendeur ? Peut-être, je ne sais pas. Je ne connais pas mes propres grands-parents, donc bon. Well… aucune importance pour le moment. Dans un coin de ma tête, je note inconsciemment le très probable prénom du jeune marchand. Mehel, Mel’… ? Heh ! Ça finit par L, comme moi ! Euh… oui, bon d’accord, on s’en fiche.

Des bruits de pas derrière moi, le vieil homme s’avance certainement. Gold observe attentivement l’adulte, assurément sur ses gardes en cas de mauvais coup lancé dans ma direction. Je lis aisément ça dans ses mouvements, étendant et repliant ses ailes continuellement, prêt à s’envoler pour faire reculer l’homme. Je souris calmement, apaisant le petit oiseau avec un sifflement doux, tout juste perceptible pour l’ouïe des animaux. Évidemment, ce simple bruit fonctionne rapidement. L’oisillon jaune cesse de remuer et vient se caler contre ma joue à nouveau. Je penche légèrement la tête sur le côté quand l’autre garçon se relève pour repousser son ‘’grand-père‘’ hors du magasin, passant tel un poids lourd sur les étagères. Effet de surprise ou non, je pigne involontairement lorsque les planches appuient deux fois sur mon dos. Les larmes me viennent aux yeux, parce que ça fait mal ! Terriblement mal ! Je veux rentrer chez moi, retrouver mes parents et me blottir contre eux pour faire passer la douleur. Gold ressent immédiatement mon changement d’humeur et picore doucement ma joue, geste réconfortant.

Tu es fort, Niel, tu es fort. Ne pleure pas, tu es fort, tu as vécu pire, tu peux faire face. Ne pleure pas. Cependant, même ces mots d’encouragement de mes parents, de Gold, de moi-même, rien à faire. Les larmes se mettent à couler sur mes joues, et je me mords la lèvre inférieure pour retenir d’éventuels sanglots. Appuyé sur l’un de mes coudes, j’essaye d’essuyer les larmes avec la manche de ma veste. Plus facile à dire qu’à faire quand elles ne s’arrêtent pas. Mes yeux me brûlent – tout du moins, pour le seul qui voit, mais c’est bizarre de penser ‘’mon œil me brûle‘’ – et je les ferme fortement. Allez Niel, relève-toi comme tu le fais toujours ! Ne te laisse pas abattre, ne laisse pas ta malchance gagner ! Je renifle enfin, parvenant à me calmer, et je réalise que la voix du vieil homme est beaucoup moins audible. Elle l’est encore, mais comme bloquée par quelque chose. Du verre, peut-être ? Oh ! La porte, sans doute ! Il est ressorti ! Donc, il ne vient pas m’aider à me sortir de là… ce n’est pas grave.

Un mouvement et un crissement de bois retentissent dans le petit bâtiment. Je plisse les yeux, me concentrant sur chaque bruit afin de visualiser la scène dans mon dos. À priori, si le vieil homme est sorti, alors il ne reste qu’une personne en plus de moi, ici. Le dénommé Mehel. Le poids s’allège un peu sur mon dos, j’en déduis qu’il s’est déplacé un peu plus loin. Je l’entends marmonner quelque chose. Encore des mots en rapport avec des ordres. Pourquoi fait-il une fixation là-dessus ? Pourquoi devrait-on lui obéir comme si c’était normal pour lui ? N’est-il pas juste un adolescent ? Je fronce les sourcils. Je n’ai jamais été très doué pour comprendre les gens. Je me débrouille mieux avec les animaux, vraiment. Être perpétuellement fui par les autres, pour ne pas être affecté par une malchance vivant sa propre vie, n’a jamais aidé à la compréhension. Malgré tous les efforts que je fais pour aller vers autrui, ma malchance finit toujours par les réduire à néant. J’en ai assez, mais que puis-je faire ?

Quittant mes pensées et reportant mon attention sur l’environnement qui m’entoure, je souffle légèrement. Je distingue d’étranges sons sur lesquels je suis incapable de mettre un nom. Que fait-il… ? Je tente de jeter un coup d’œil derrière moi, au péril de la douleur dans mon dos, sauf que les échos sourds ont déjà cessé, et l’adolescent bizarre retraverse les étagères pour revenir devant moi. Je grimace un peu avant de lever les yeux vers lui. Hello… ? Que veux-tu, cette fois… ? Tu sais que parmi tous les gens qui se moquent de ma malchance, tu es actuellement le pire ? Non pas comme si ça va changer quoi que ce soit, mais voilà. Enfin… quoi ? Comment ça je lui ai fait quelque chose ? Il a réellement craqué, lui. Je ne lui ai rien fait ! C’est sa boutique qui a été touchée ! Wait… et si… ? Ses soi-disant ordres sont une forme de magie ? Je ne sais pas, moi ! Ce n’est pas comme si j’étais en mesure de sentir quand mon pouvoir en annule un autre ! Oui, ça craint, je n’y peux rien !

Et oh ! Dieu soit loué – même si je ne suis pas croyant – le gestionnaire de la boutique accepte enfin de m’aider à sortir ! Est-ce le vieil homme qui l’a plus ou moins convaincu ? Et pourquoi utilise-t-il sa canne bizarroïde ? Euh… ne risque-t-il pas de la casser avec le poids des étagères ? Il n’a pas l’air d’être le genre à aimer voir ses affaires brisées, pourtant. J’acquiesce calmement à sa demande de soutien pour soulever les meubles. Après qu’un petit espace plus large se soit créé entre les étalages et moi, je roule sur le dos pour pouvoir atteindre les planches avec mes mains. Gold vient se poser sur mon épaule et lève ses ailes pour essayer d’aider à porter les rayonnages. Je lui adresse un petit sourire amusé, bien qu’il ne puisse clairement pas les toucher avec ses petites ailes. Si les plaies ne sont plus aggravées par les étagères, elles le sont maintenant par le sol. Mais ça a le mérite de faire moins mal, déjà.

Mentalement, regardant mon compagnon jaune, je compte jusqu’à trois et nous – je – commençons à repousser les meubles en bois. Pas facile, non vraiment pas du tout ! Je serre les dents en poussant de toutes mes forces, et finalement, l’une des deux se redresse lentement, me laissant assez de place pour me relever un peu et avoir un meilleur appui pour la remettre debout. Yay ! Maintenant, je suis recouvert de sucre glace. Qu’est-ce que maman va dire de mes vêtements ? Je tape mes habits pour en retirer au maximum. Sauf que c’est tout collant. Beurk ! Mon dos me fait presque plus mal depuis que je suis debout aussi qu’allongé. Je me retourne vers l’autre adolescent et lui adresse un léger signe de tête.

« Je vous remercie, Monsieur. »

Je me dirige vers l’autre étagère bloquant l’entrée pour la relever et ensuite juste m’en aller, car je ne suis plus tout à fait sûr qu’il accepte ma présence plus longtemps dans son magasin. Mais j’aurais voulu donner un coup de main pour nettoyer le sol… une question me revient alors en mémoire et je décide de la poser avant de partir comme si rien de tout ça n’était arrivé.

« Dites, j’ai une question peut-être un peu personnelle, mais… cela pourrait expliquer certaines choses. Est-ce que vos ordres sont une sorte de pouvoir ? »

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A sweet day at 'work'
C’est officiel, cette journée est la pire que j’ai passé depuis que j’ai débarqué sur ce caillou flottant. La servante, le gosse sous les étagères, mon pouvoir qui se fait la malle sans prévenir et le vieux qui arrive encore au pire moment possible. A croire que tous se sont donnés le mot pour me pourrir la vie ! Ne savent-ils donc pas à qui ils ont affaire ? Ne remarquent-ils donc pas la magnificence de ma personne et mon charisme sans égal qui impose le respect ? Ah...non. Visiblement, non. Entre le vieux qui me traite comme un simple gamin comme les autres -je commence à me dire qu’il a trop d’affection pour moi en fait-, la femme de chambre qui me regarde comme un simple monstre et ce gamin blond -gamin ? Il a l’air d’avoir environ mon âge mais whatever- qui s’obstine à me répondre alors qu’il ne le devrait pas, je me dis qu’aucun d’entre eux ne me prend réellement au sérieux. Et pourtant, je suis leur Roi, du moins, je le serai bientôt. Tous me reconnaitront bientôt comme leur alpha, supérieur en tout et à tout instant. Tous m’obéiront et tous seront guidé par une seule et unique voix : la mienne. J’unirai ce monde de faibles à la férocité de celui d’en-bas et mon empire séculaire durera pour des siècles et des siècles ! Mais... en attendant, je suis coincé dans cette boutique de sucreries qui ne m’appartient même pas à devoir gérer la... maladresse d’un client quelconque. Je n’ai toujours aucune idée de comment il a réussi à s’enterrer sous ces armoires, une énigme de plus dans cette journée et je ne me sens pas tellement d’humeur à résoudre celle-là. Je préfère me concentrer sur celle qui me touche personnellement, à savoir la... ‘disparition’ de mon don. J-j’espère vraiment que ce n’est que temporaire, je déteste savoir que je ne peux plus imposer ma volonté aux autres. Je déteste me savoir sans aucune protection. Je déteste repenser à la dernière fois que je me suis retrouver dans cette position, complètement impuissant et à la merci des autres. Je hais cette journée. Définitivement. En comparaison à ce que j’ai déjà subi sur Terre, elle ne représente même pas un grain de contrariété, mais je la hais quand même. Je déteste quand tout ne se passe pas comme je l’avais prévu. Je commence même à me dire que je devrai rentrer à l’hôtel et oublier tout ça en passant mes nerfs sur le petit personnel. Hm, ça me semble même être une excellente idée ! Ils n’oseraient guère aller à l’encontre de ma volonté, eux, même sans pouvoir ! Je suis un « invité spécial » après tout, ils me doivent une complète obéissance, ordre de leur ‘patron’. Un servie plus qu’All-In qui sied parfaitement à ma gloire. Mais d’abord, je dois me débarrasser de la crevette.

Soit, je consens à enfin lui accorder un peu de mon attention. J’espère qu’il mesure pleinement la chance qu’il a d’obtenir mon aide. Malgré tout, je ne compte absolument pas me salir les mains pour dégager ces planches de bois. Hors de question. Je préfère user de ma canne comme d’un astucieux levier pour lui dégager un espace suffisant. Ça... ne bouge pas vraiment au début, il faut dire que je n’ai pas été conçu pour réaliser d’aussi avilissante tâches physiques. Mais au final, le tout se soulève, au moins un peu, et cela permet à mon infortuné client de se retourner sur le dos. Vu que celui-ci à l’air de le faire souffrir depuis le début, je me dis que son geste n’est pas des plus malins, ça doit faire encore plus mal maintenant. Va-t-il encore plus creuser les sillons de son visage de ses larmes ? Quel gosse. Quelques petites douleurs et il est en larmes. Ah ! Je lui donne trente secondes avant de se donner la mort dans le « manoir familial ». Oh, d’accord, c’est comme ça qu’il compte faire. Il daigne enfin pousser sur ses deux brindilles de bras pour repousser tout ce bordel. De mon côté, je maintiens ma force, non que je puisse en développer plus de toute façon. Les planches se soulèvent petit à petit et il parvient enfin à se dégager, puis à se relever suffisamment pour remettre l’armoire en place. Je tâte du bout de ma canne les divers bocaux transparents gisant au sol et constate les dégâts, tout est bon à jeter. Au moins, rien ne s’est brisé, mais la marchandise s’est transformée en un mélange de sucre, de fibres de vêtement, de saleté et de quelques légères traces de sangs. Invendable, donc, du moins sans mon pouvoir. Sans compter les échardes de bois et autres éclats de peintures et de plâtre qui jonchent le sol. Aucune chance que je nettoie et aucune chance que je repeigne les étagères non plus. Je me demande si je ne vais pas juste laisser tout comme ça et me barrer en fait. Le vieux va revenir et s’occupera de ça, c’est son travail après tout. Je me demande s’il risque de me virer si je fais ça... Oh, well, je m’en fiche, il peut le faire. Ça m’ennuierait de ne plus avoir accès à sa réserve secrète de gommes sucrées, mais je n’en mourrai pas. Il en faut bien plus pour me tuer. Beaucoup, beaucoup plus.
L’adolescent à l’oiseau s’époussète du surplus de sucre glace et... me remercie ? Sérieusement ? J’arque un sourcil et esquisse un geste exaspéré de la main en guise de réponse. Il n’a pas à me remercier, cela signifierait que j’ai accédé à sa demande pour l’aider ou lui faire plaisir. Absolument pas, si je l’ai fait, c’est pour moi et uniquement moi. De la ‘gratitude’, et puis quoi encore ? Il ne s’est pas assez humilié devant moi pour aujourd’hui ? Puis regardez-moi ce sourire de benêt, je l’ai traité absolument comme un être inférieur, ce qu’il est naturellement, et il n’a même pas l’air d’en être énervé. J’en connais qui seraient déjà sorti en trombe du magasin après m’avoir couvert d’insultes. Enfin, pas longtemps, puisqu’ils ont tous subit ma colère après coup. Mais lui, non. Soit il est trop étrange, soit il aime juste être traité comme ça. Drôle de gamin, jamais je ne pourrai accepter un dixième de ce que je lui ai fait subir. Non que je compte me repentir de ce fait, d’ailleurs. C’est légitime pour un Roi de traiter ses sujets comme bon l’entend. Et ma méthode est de tous les considérer de la même manière : comme inférieurs à moi. Tous égaux sous ma botte et plus aucune inégalité, n’est-ce pas un monde des plus utopiques qui les attend ? Quelle chance ils ont de bientôt m’avoir comme souverain absolu. Après s’être de nouveau humilié face à moi, mon client fait mine de s’en aller et se dirige vers la porte. Errh, il sait que la porte est fermée à clef, hein ? Puis, je suis loin d’en avoir fini avec lui en fait ! Il doit encore me dire ce qu’il m’a fait pour avoir réussi à désactiver mon pouvoir ! Je suis sûr qu’il en est le responsable. Puis, il doit nettoyer tout ce bordel ! Enfin, ça, c’est plus compliqué, puisqu’il ne m’obéit pas, je ne sais pas si j’arriverai à l’inciter à tout remettre en ordre... Juste avant la porte, il s’arrête et commence à redresser la seconde armoire qu’il a fait tomber par sa simple présence. Aucune chance que je l’aide, évidemment. Dessous, le même constat, rien de récupérable. Whatever. Mon crâne résonne encore des coups que je lui ai infligé. Oh, je n’ai pas de commotion, c’est sûr, mais les tiraillements que je ressens sur le cuir chevelu m’indique que j’ai dû me l’égratigner plutôt sérieusement. Je passe ma main sur ma nuque et recueille quelques perles de mon fluide vital. Bingo, je le savais. Rouge sur rouge, ton sur ton, rien ne se verra et toute manière. Hm, j’ai besoin de sucre. Oui, encore. J’ai fourni d’intenses efforts physiques et j’ai droit à ma petite récompense. Je me retourne donc et me penche par-dessus le comptoir. J’y ai planqué tout un tas de trucs ces dernières semaines, comme ces petits personnages en gélatine colorées recouvert de sucre dans leur emballage par exemple. Et alors que j’allais les atteindre, je suis coupé dans mon élan par la voix fluette de mon client. Hm... ? C’est quoi cette question ? Si mes ordres sont un pouvoir ? Evidemment. Je n’ai nulle raison de le cacher d’ailleurs. En réalité, rien que le fait qu’il puisse poser cette question m’énerve quelque peu. Les personnes que « j’envoute » ne se rendent guère compte de quoique ce soit habituellement et je reçois rarement cette question. Plutôt que de me retourner pour lui répondre, je préfère le faire attendre et finit par atteindre le sachet de sucrerie. Mon regard croise alors ces horreurs à anis du vieux et une idée me traverse l’esprit. Autant qu’elles me servent, après tout. Je récupère en chemin une des sucettes au gout ignoble et daigne enfin me retourner. Avant de lui répondre, je la lui lance. Ah, ah, on ne refuse pas un cadeau, hm ?

« Attrape ! » J’en ai encore pleins à écouler si jamais il est trop maladroit de toute manière. De mon côté, j’ouvre le paquet de bonbon, le dépose sur le comptoir et me saisit du petit personnage. Celui-là, je ne l’ai pas volé. Enfin, si, je l’ai volé, mais je le mérite, et le croque pour séparer son petit corps en deux. Et enfin, je réponds à sa question. « Exact’, c’est ça. » Je me demande s’il va s’horrifier qu’un tel pouvoir existe. Généralement, c’est ce que les gens font en apprenant, jusqu’à ce que j’ordonne qu’ils oublient...pour pouvoir assister encore et encore à la scène. « J’ordonne, et on m’obéit. Y’a pas plus simple... »

Enfin, jusqu’à aujourd’hui et l’arrivée de cet empêcheur de tourner en rond. Je m’approche alors et traverse tout le magasin calmement, lentement, et engloutit la seconde moitié de ma sucrerie. Il sait vraiment quelque chose. C’est certain. Il m’a fait quelque chose et je compte bien savoir quoi.

« Tu ne comptes pas me laisser, hm ? On doit encore discuter. » Je m’approche encore et encore quitte à ce que cela soit inconfortable pour lui. Je lève ma canne et en pose l’extrémité sur le montant de la porte, à hauteur de son visage. « Tu sais ce qui se passe, alors parle. »

les habitudes ont la vie dures
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Back off ! You idiot !


Parfois, il existe des choses complètement inexplicables. Peu importe combien l’un d’entre vous… l’un d’entre nous cherche à les comprendre, nous terminons forcément face à un mur. Cela ne concerne pas ma malchance, oh non. Elle et ses phénomènes qui paraissent des fois si surnaturels sont juste normaux. Ou alors, j’ai cessé de leur trouver une explication logique tellement ça me semble invraisemblable et stupide. Cependant, de temps à autre, voire même beaucoup plus souvent, les choses bizarres prennent sens quand deux ou plusieurs personnes échangent leurs connaissances. Après tout, n’est-ce pas ainsi aussi que nous comblons nos faiblesses et lacunes ? L’union fait la force, comme on dit ! Alors nous pouvons résoudre des évènements ou énigmes impossibles ! Et j’ai l’impression que cette situation ne fait pas exception à tant d’autres. J’ai des questions dont il a les réponses. Il a des questions dont j’ai les réponses ! Dans ce cas, tout ce qu’il reste à faire est de parler. Pas obligatoirement en demandant directement, mais de façon plus subtile… bon, personnellement, je n’ai jamais été doué avec la méthode détournée. Puis à quoi ça sert, d’essayer d’obtenir une réponse par d’autres moyens ? Ni vous, ni moi, ne sommes assez idiots pour ne pas le remarquer. Eh bien… je pense, tout du moins. Je ne suis pas vraiment le plus malin du monde.

Whatever. Pendant que l’autre garçon s’éloigne vers le comptoir, je m’attarde un peu à redresser la deuxième étagère. Enfin… plus ou moins. Je ne prête pas attention à l’une des planches qui s’est légèrement détachée, laissant un clou dépasser de celle-ci. Alors, lorsque je saisis fermement l’armoire, j’enfonce malencontreusement ma main pile dessus. Sur le coup, je laisse échapper un gémissement digne de celui d’un chiot qui vient de se prendre un coup de griffes par un chat sur le museau. Je suis tenté de juste laisser retomber le deuxième étalage, mais le pourcentage de malchance pour qu’il s’écrase à nouveau sur moi est élevé. Yes, no, why not ? Je ne lâche pas l’armoire au péril de sentir la douleur dans ma main, le clou qui s’appuie dans ma paume, traversant la peau comme si elle n’est qu’une couche sans défense de protection des muscles et des os. Je ressens une moiteur coulant le long de l’intérieur de ma main. La douleur qui s’intensifie, presque pire que celle de mon dos. J’ai la sensation qu’on verse du sel dans la plaie. Ça pique. Non, ça brûle. Mais cela doit simplement être causé par la rouille du clou. Je me mords – encore – la lèvre inférieure pour ne pas pleurer. Oui, surtout pour ne pas pleurer. Je termine de relever la deuxième étagère, ignorant de mon mieux la souffrance de ma main gauche.

Après être sûr que l’armoire soit stable contre le mur, je retire mes mains prudemment. Le clou glisse hors de ma chaire plutôt facilement, ne gardant qu’une trace rougeâtre de mon sang. Constatant un instant les dégâts, je remarque vite que le clou n’a pas transpercé ma main de part en part, probablement car il n’était pas assez long pour ça. Néanmoins, il n’en reste pas moins un petit trou douloureux dans ma paume dont le sang s’écoule sans avoir l’air de vouloir s’interrompre. J’essaye d’essuyer le liquide sombre avec ma manche, clairement en vain, et qui aggrave plus la douleur qu’autre chose quand je passe, même doucement, dessus. Zut. Je n’ai pas vraiment de quoi désinfecter ça sur moi.

Gold, perché sur mon épaule, gazouille avec inquiétude. Je lui gratouille la tête avec ma main indemne, et enfouis l’autre à l’abri dans ma manche. Pas vraiment discret quand des gouttes de sang tombent à intervalle régulier sur le sol. Je serre le poing pour empêcher ça… rien à faire, ma main blessée ne répond pas. Je grimace quelques secondes. J’espère qu’aucun nerf n’a été touché. Est-ce qu’il y a des nerfs dans la paume, de toute façon ? Impossible que ce soit allé si profond non plus, si ? Je devrais rentrer au plus vite maintenant. Papa peut certainement soigner ça. Sauf que, alors que je songe à quitter cette boutique – je reviendrai une fois soigné pour nettoyer ! –, le dénommé Mehel m’interpelle. Je me retourne instinctivement pour le voir lancer quelque chose ressemblant à une sucette. Je cligne des yeux – de l’œil – avant de me déplacer d’un pas, tendant mon bras droit pour l’attraper. Oui… bah non. Un bonbon roule des planches suspendues au plafond et vient heurter la sucette, la sortant de sa trajectoire et l’envoyant sur le sol, dans le tas de sucre glace et de bonbons éparpillés. Pénible malchance, hmm. Je lève les yeux de ma sucette vers l’adolescent vêtu de rouge et de blanc. Je me frotte les cheveux avec un sourire gêné. J’aurais bien dit ‘’Pourquoi moi… ?‘’, mais la question ne se pose même pas. C’est comme ça, un point c’est tout. Certains sont ultra chanceux et d’autres ne le sont pas. On ne choisit pas comment on naît, après tout. Pourtant, la chance me fait peur. En fait, je préfère limite ne pas en entendre parler. Parce que quoi ? Est-ce anormal d’avoir pris l’habitude d’être malchanceux ? Comme si ça allait changer ! Autant s’y faire, non ?

Heh ? All right ! Donc ses ordres sont bien un pouvoir ! Pas étonnant qu’ils ne fonctionnent pas sur moi ! J’ai eu la réponse que je voulais. Ça n’a pas semblé le déranger d’en parler. Drôle de gars. La plupart des gens que je croise gardent ça pour eux-mêmes. Pas comme si ça m’affecterait plus, de toute façon ! Moi non plus, ça ne m’embête pas de dévoiler mon pouvoir, vu à quel point il est inutile ! C’est vrai, quoi ! Tout ce dont il est capable est de me ‘’protéger‘’ des sorts ! Splendide ! Il y a largement de dons plus classes, plus stylés que le mien ! Même le sien est plus amusant ! Je ne sais pas… j’aimerais un pouvoir comme parler aux animaux et aux plantes ! C’est bien mieux ! Bon, en tout cas, il a répondu à ma question. À moi de répondre aux siennes ! Je ris doucement à moi-même, ne faisant pas vraiment gaffe au jeune vendeur jusqu’à ce que mon camarade volatile décolle droit vers lui, serres en avant, quand il s’approche tout près. Je cesse de rire pour siffler brusquement, attirant mon compagnon de toujours qui revient immédiatement sur mon épaule. Je penche la tête sur le côté, observant l’étrange garçon. Il est plus grand que moi de quelques centimètres, en fait ! Je fais une moue vexée et essaye de me grandir en me mettant sur la pointe des pieds. Huh. Non. Ça fait mal à mon dos, et être déséquilibré comme ça n’est certainement pas une bonne idée avec ma malchance dans le coin. Je reviens alors sur mes talons. Je souris tranquillement. Très bien, je vais lui répondre d’abord, nettoyer un peu et rentrer ! Ça sonne comme un bon plan ! Toujours aider les autres avant, surtout quand ce sont mes bêtises !

Rigolant de nouveau, je me décale d’un petit pas sur le côté pour ne plus être face au garçon aux cheveux rouges. Puis, je m’éloigne de cinq autres pas plus grands, faisant presque des petits sauts pour atteindre la mesure voulue. Oui, je me suis entraîné à faire des pas d’un mètre pile ! Je pivote de nouveau vers lui, toujours souriant, les mains croisées – à vrai dire, c’est plus ma main droite qui tient mon poignet gauche qu’autre chose – dans le dos.

« Monsieur ! Je vous ai déjà dit qu’il faut dire ‘’s’il te plaît‘’ ! Mais très bien, je vais vous expliquer ! »

Du moins, c’est ce que je comptais faire jusqu’à ce que mon regard s’arrête sur… un bonbon orange avec la forme d’une clémentine. Whouah ! Trop génial ! Oh ! Et il y a plein d’autres bonbons en forme et couleur d’agrumes ! J’en veux un ! Est-ce qu’ils ont le même goût que les vrais ?! Je veux savoir ! Toutefois… n’y a-t-il pas une forte malchance que je m’étouffe avec ? Pourquoi suis-je même venu dans un magasin de bonbons en premier lieu ? Je renifle tristement, reportant mon unique œil sur le marchand. Je disais quoi déjà… ? Euh… ah oui !

« Rassurez-vous, je ne vous ai rien fait de mal, et votre don existe toujours. C’est juste que… hmm… moi aussi, j’ai un pouvoir. Probablement l’ennemi numéro un de tous les autres. Il annule les autres magies, hihi ! » Je me tais un instant avant de reprendre : « Là, ça devrait être bon ! Vous pouvez aller essayer votre pouvoir sur quelqu’un, dehors ! Euh… où rangez-vous les balais, que je nettoie pendant ce temps ? »

Même si je ne sais toujours pas comment je vais tenir un balai avec une main en bon état. Un aspirateur serait sûrement mieux, mais je ne devrais pas songer à en trouver un dans un si petit bâtiment.
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A sweet day at 'work'
S’il y a bien une chose que je déteste, c’est d’être privé de mon pouvoir. Plus que tout. Je déteste cette sensation, cette impression d’avoir été volé et dépouillé de mon don. Cette impression qui m’étreint à cet instant même alors que je me suis enfermé avec la cause de mon malheur. Bonne idée ? Evidemment, mes idées ne peuvent être que bonnes. Si je l’empêche de sortir, c’est bien pour apprendre le fin mot de cette histoire... et aussi lui faire ranger ce bordel monstre qu’il a mis juste... juste en se pointant ici ! Comment a-t-il fait reste un mystère, mais plus le temps passe et plus je me dis que ce gosse -d’environs mon âge- est un vrai aimant à catastrophes. Décrocher non pas une, mais deux armoires solidement fixées au mur. Se faire écraser par elle au point d’en être écorché jusqu’au sang -délicieuse sensation qu’il ne semble pas apprécier mais qui est très plaisante à observer. Puis ce goutte à goutte écarlate qui s’échappe de sa manche qui m’indique qu’il a encore réussi à se blesser tout seul quand j’avais le dos tourné. Et finalement... l’étrange scène avec l’horreur à l’anis. Sérieusement, quelles sont les probabilités pour qu’une boule de gomme roule et heurte précisément à cet instant la sucette et la dévie de sa trajectoire ? C’était un lancer parfait, puisque j’en suis l’auteur, mais il s’est tout de même écrasé au sol avec... invraisemblance. Il en faut plus pour m’arracher une expression d’incrédulité et d’étonnement cependant. Hmpf. C’est juste une bizarrerie à mettre sur le compte de ce déchet d’humain. Du moment que ça ne me touche pas, j’en ai strictement rien à faire. Tout sur ce caillou respire la bizarrerie de toute manière. Rien que de constater qu’ils n’ont même pas à se battre pour survivre, que tout leur est apporté sur un plateau d’argent me répugne.

Il est responsable, ce petit être blond et insignifiant. Je ne sais pas comment. Je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas comment il a osé agir sur ma glorieuse personne, mais je compte bien le découvrir. Par la parole, par la force, tous les moyens sont à ma disposition et je ne rechigne pas à en user. Il est un insecte « d’en-haut », forcément d’une faiblesse incroyable, il ne devrait pas pourvoir me résister bien longtemps. Je le vois, je peux presque le sentir dans l’air chargé de sucre et de colorant, Il est de ceux qui pleurent pour un rien. Alors que cela fait des années que je me suis asséché. On n’est définitivement pas de la même race lui et moi. Et ce n’est pas ma gangrène veineuse et mon œil « mort » qui clameront le contraire. Ce que j’aimerai lui hurler de se taire, ce que j’aimerai lui ordonner de se soumettre à moi, ce que j’aimerai écraser ce sourire de niais et faire taire cet insupportable oiseau. Mais je ne peux pas. Je ne peux pas ! Cette phrase, cette constatation est une aberration en soi ! Ce que je veux, je l’obtiens toujours. Toujours. Grâce à mes ordres, naturellement.

Mon pouvoir est à mon image, unique et exceptionnel. Il existe pour me permettre de soumettre la populace, tous ces gens qui ne reconnaissent pas encore mon éclatante grandeur, tous ceux qui me sous-estiment et me rabaissent. Tous ceux à qui j’ai fait regretter leur naissance, à cause d’un mot de travers. Il existe pour assoir ma supériorité plus qu’évidente. A moi d’en user de manière intelligente, ce que je fais toujours... Sauf que je ne peux pas. J’ai presque envie de foutre mon poing dans le mur à chaque fois que cette phrase se forme dans mon esprit. Mais pas maintenant, pas question de perdre son sang-froid face à ce benêt. Je peux toujours obtenir mes info’ autrement, par la simple menace. C’est donc ce que je fais, en m’approchant, en réduisant la distance entre nous. Mon but est de le mettre mal à l’aise, qu’il se sente coincé dans une cage minuscule avec un lion prêt à le dévorer. Ne suis-je pas un « monstre d’en bas » pour tous ces idiots « d’en haut » ? Rien que deviner que je ne suis pas de ce monde devrait suffire à le terroriser... Sauf que rien n’efface ce sourire idiot de son visage. Ni mes paroles, ni mon ton froid et cassant, ni cette désagréablement sensation d’être acculé dans un coin. Rien. Non, rien. Il n’en a même pas l‘air d’être gêné et... rit ? Il rit ? Est-ce qu’il est sérieusement en train de se foutre de moi ?! Je serre les poings, quitte à planter mes ongles dans le bois de ma canne et la chair de ma paume. Ça égratigne, mais pas assez pour me calmer. Qu’est ce qui me retient de lui effacer ce sourire niais de son visage ?! De lui mettre dans le crâne une bonne fois pour toute qu’il s’adresse à son Roi ?! Qu’il devrait m’obéit au lieu de me rire au nez ?! Horreur d’humain. Son engeance complète est dégénérée jusqu’à la moelle. Il n’a pas peur. Il n’a pas peur de moi...parce qu’il sait que mon pouvoir n’est plus actif en cet instant ? Oserait-il se sentir supérieur à moi à cause de ça ?! Alors qu’il n’est rien ?! Il n’a pas peur et s’écarte de moi. Il sautille de façon grotesque alors que je le suis du regard. Si je le fais trébucher, est-ce qu’il irait s’empaler sur les morceaux de verre qui jonche le sol ? ça ne le tuerait pas... si ? Vu l’aimant à problème qu’il est, peut-être qu’il en perdrait son autre œil. Ah... ce serait amusant à voir. Le voir rouler au sol et hurler à s’en arracher la gorge. Je pourrai juste le pousser, fracasser son crâne contre le comptoir, tous ces scénarios me semblent si parfait pour lui effacer ce sourire agaçant. « En bas », c’est comme ça qu’on éduque les impertinents dans son genre, en les étouffant. Littéralement. Au final, il se retourne et me fait face... pour me faire la morale ?! C’est une blague ?! Il relève mon « manque de politesse » -non que je doive être poli envers les êtres inférieurs- comme on gronde un enfant dissipé ?! Comment ose-t-il ?!

Wait...

Monsieur’ ? ‘Vous’ ? Une bizarrerie m’interpelle soudain. Comme si le tableau ne collait pas avec le fil de mes pensées. Comment peut-il me vouvoyer et me faire la morale en même temps ? ça n’a pas de sens. Soit il cherche à se foutre de moi, soit... Hm... je ne sais. Et ça... est-ce que c’est réellement de la moquerie ? Non, ça ne se peut pas, c’en est forcément. Il reste coupable de pas reconnaitre ma grandeur mais... Pourquoi ai-je l’impression qu’il ne fais pas ça uniquement pour me rabaisser ? Bêtise, ou impertinence ? Et s’il était inconscient au point de ne pas se rendre compte de la personne qu’il a en face de lui ? Il devrait être... incroyablement idiot pour ne pas comprendre qu’il est enfermé seul à seul avec un terrien. Et si... ? Il est simple d’esprit à ce point-là ? Ou alors c’est un rôle parfait pour me faire baisser ma garde. Pas question de me laisser désarmer. Je croise les bras et plisse le regard. Je me méfie. Il n’est rien et ne peut rien contre moi, mais je me méfie quand même. On n’est jamais trop prudent. J’attends encore ma réponse, mais la crevette à l’oiseau regarde ailleurs, absorbé par... des bonbons ? Excellent jeu d’acteur si c’en est bien un. En tout cas, il n’est pas question de lui offrir ou même de lui vendre ces sucreries. Je les reconnais, même de loin, ce sont celles en forme de fruits. Parmi mes préférés donc. Je déteste même ne pas focaliser toute son attention, mais ce ne sera pas la dernière contrariété de la journée. Je le sens. Enfin, il se reporte sur moi et me fournit l’explication que j’attends.

Errr... quoi ? Un pouvoir qui « annule tous les autres » ? C’est... complètement impossible, non ? Même « en bas » il n’existe pas de don aussi fort. Comment cet être insignifiant et chétif pourrait posséder une magie aussi puissante ? Au point de m’empêcher de lui imposer ma volonté ? Force est de constater... que son histoire se tient, même si je n’aime pas son air amusé et sa façon de me l’apprendre... Est-ce qu’il vient de me donner un ordre ou je rêve ? Personne n’a le droit de ne fusse que suggérer quel devrait être ma prochaine action, encore moins un microbe tel que lui. Se croit-il à mon niveau ? Alors qu’il m’est mille fois inférieur ? Quel impertinent... ou quel idiot ? La frontière est bien mince et brouillée avec cet insecte. Avec la deux, j’emploie la même méthode de toute manière. La meilleure qui soit : la mienne. Je l’observe un temps de haut en bas, comme l’on détaille avec méprise un rebut. Je ne suis pas obligé de le croire, mais sans meilleure hypothèse... Soit. J’ai pris ma décision. Je vais laisser mon ton froid et cassant lui faire comprendre son erreur. Le reste viendra plus tard.

« Fais-moi la morale ou ordonne moi quelque chose encore une fois, et j’te brise les jambes. » Je suis sérieux, toujours sérieux dans mes menaces. Je décroise les bras et sors la clef du magasin de ma poche. « Y’a de quoi nettoyer dans l’arrière-boutique. Ne pense pas pouvoir t’échapper, il n’y a qu’une seule sortie ici. »

Ce n’est pas moi qui m’occupe de ces basses-tâches, donc je ne sais pas exactement ce que le vieux a dans la petite pièce derrière le comptoir. Des tonnes de sucreries, c’est certain, et sans doute un balais et son truc pour ramasser la poussière mais de là à savoir où il les range... Pas mon problème.

Je devrai vraiment le remettre à sa place, lui faire regretter ses gestes, ses paroles et même sa venue au monde ! Mais... si je lui brise les jambes maintenant, il ne pourra plus nettoyer. Et je ne compte absolument pas le faire de moi-même. Après tout, ce n’est pas moi qui ai foutu ce bordel et même si c’était moi, je n’aurai quand même pas nettoyé. Tch. J’aimerai vraiment le remettre définitivement à sa place mais ce sera pour plus tard. D’abord je dois savoir. Savoir s’il dit vrai, savoir si mon don est toujours présent. Je tourne alors les talons sans même attendre sa réponse et ouvre la porte du magasin. Je sors et referme à clef derrière moi. Pas question de lui laisser l’occasion de s’enfuir quand j’aurai le dos tourné. Je fais quelques pas et interpelle le premier type qui me passe sous la main.

« Hey, toi, viens ici. » Immédiatement, son regard se voile et il m’obéit. Il s’approche et attend, tel un zombie, la suite de mes paroles. Il ne me faut que ça pour confirmer que mon don est toujours bel et bien présent. Ce type n’a pas fait qu’approcher par pure politesse ou pour savoir ce que je lui veux, il est venu parce qu’il n’avait pas le choix. Je ne laisse jamais le choix quand j’use de ma voix. « Ok, C’bon. Dégage et va faire le tour de l’île jusqu’à ce que tu finisses par t’évanouir. »

Ce qui devrait lui prendre vu son âge et sa carrure... un ou deux jours ? S’il ne termine pas sa course dans le lac. Toujours pas mon problème. Vu que le type s’exécute sans broncher, je pense que je peux vraiment dire que mon pouvoir est toujours là... Donc le petit blond n’a pas menti ? Il a bien un pouvoir qui m’empêche d’utiliser le mien ? Je ne sais pas si je dois me sentir rassuré de ne pas avoir été dépouillé ou inquiet de savoir qu’une telle force existe... ça contrarie mes plans. Vraiment. Si jamais ces cloportes du gouvernement « d’en-haut » l’utilise contre moi, ça peut très mal finir... Tch. Merde. Devenir le leader suprême de ce caillou s’annonce légèrement plus compliqué que ce que je pensais. Un vrai défi à ma mesure donc. Si cela avait été trop facile, je n’aurais eu aucun mérite à savourer ma victoire à venir. Plus fort est l’ennemi, plus éclatante est la victoire. De quoi imprimer l’effroi dans l’échine de potentiels futurs assaillants. Du coup... qu’est-ce que je fais de ce gosse ? Je pourrai m’en débarrasser, mais un pouvoir pareil, ça ne se jette pas aux ordures comme ça. Et avec ce qui le protège, je devrai me salir moi-même les mains si je souhaite en finir avec sa vie. Il pourrait m’être très utile contre certaines personnes « en bas ». Si seulement je pouvais outrepasser son don, il pourrait me servir de bouclier ‘anti-magie’. Hm...Je ne sais pas. Wait&See... D’abord mesurer s’il peut m’être réellement dangereux, et s’il est réellement un idiot fini. Puis j’aviserai. Même si je ne peux rien lui ordonner, il ne me semble pas trop compliqué à contraindre et à soumettre physiquement.

Ma réflexion terminée, je retourne dans le magasin, et prend toujours soin de verrouiller la porte derrière moi en entrant. Maintenant que j’en sais plus, je ne peux toujours pas le laisser partir. Je m’adosse au cadran de l’entrée, tel un cerbère qui garde les portes de l’enfer, et l’observe longuement. Je dois toujours vérifier s’il est bien un crétin fini ou s’il se moque de moi depuis le début. Si je compte l’aider ou ranger ? Absolument pas. J’espère qu’il en a bien conscience. Voyons... tentons de le déstabiliser pour voir.

« Hey, toi. » Je l’interpelle sans aucune chaleur dans ma voix. Je ne connais toujours pas son nom maintenant que j’y pense. Non que ça m’intéresse de toute manière. Je ne m’embarrasse de ce genre d’info que lorsque c’est nécessaire. Même le vieux je n’ai pas pris la peine de retenir son nom, alors... J’attends de bien avoir son attention avant de continuer « J’suis un terrien et je vais me servir de toi pour soumettre nos deux mondes. Aucune objection...? »

Non que je les écouterai de toute manière. Tout en prononçant ces mots, je plisse le regard, prêt à user de la vision de mon oeil gauche pour voir à quel point la panique l’étreint. S’il pouvait hurler d’effrois, ce serait drôle aussi, tiens. Il est temps qu’il comprenne dans sa petite tête qu’il s’est mis dans une merde noire et qu’il n’en sortira jamais.
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Back off ! You idiot !


Le monde est étrange, mais c’est ainsi qu’il tourne : avec ses bizarreries, ses hauts et ses bas. Chacun d’entre vous, d’entre nous sommes habitués à la façon dont vit le monde. Nous avançons et nous reculons avec lui. C’est comme ça, et ça sera probablement toujours comme ça. À moins que quelqu’un ne débarque pour détruire ce cycle de vie si minutieusement conçu par nos ancêtres. Qu’adviendra-t-il alors ? Serons-nous capables de nous adapter à un tel changement ? Qui sait. Pour l’instant, cela n’est jamais arrivé. Peut-être que ça n’arrivera même pas. Pourtant… ça a l’air amusant. Vraiment. J’aimerais assister à un énorme bouleversement de ce monde, pas vous ? Je dis que j’aimerais, mais si ça se produit, je serai sans doute l’un des premiers à succomber. Avec ma malchance, je serais incapable de faire face aux modifications du système de vie. Je serais trop pris au dépourvu, comme jeté sur un terrain inconnu où je ne pourrais pas prédire les pièges. Malgré tout… ça semble amusant. Et si quelqu’un apparaît pour anéantir le monde, je veux bien l’aider. Je ne sais pas trop comment, et avec ma malchance, je risque plus de tout faire échouer qu’autre chose, enfin bon. J’aimerais essayer quand même. Si je survis d’ici-là. Je survivrai, c’est certain !

Pour le moment, je dois nettoyer la boutique du jeune vendeur. Ce sont mes bêtises, donc c’est à moi de le faire. Et pour ça, j’ai demandé où trouver un balai. Après avoir grossièrement expliqué mon propre pouvoir, tout du moins. J’ai vu toutes sortes de réaction à cette découverte. La sienne… jamais encore ! Pas choqué, dégoûté ou même surpris, rien de tout ça, non ! En fait, c’est limite s’il montre un quelconque ressenti devant cette information ! Impressionnant et drôle ! Il est intéressant, ce garçon aux cheveux rouges ! D’ailleurs, c’est bien le premier à ne pas m’avoir repoussé loin à la première catastrophe provoquée. Il n’a pas peur ? Hum… vu son apparence assez particulière, je peux deviner facilement qu’il en a vu des vertes et des pas mûres ! Ça expliquerait qu’il n’ait pas peur ! Sauf si c’est une sorte… de maladie naturelle. Je ne sais pas trop. Je demanderai à mon père quelques informations là-dessus plus tard. Peut-être qu’il pourrait soigner ce qu’il a ! Mon papa, il peut tout soigner ! Après tout, ce n’est pas un grand médecin pour rien ! Cependant… j’ai comme une impression qu’il refuserait qu’on le guérisse. Il n’a pas l’air très dérangé par cette maladie inconnue.

Et l’excentrique vêtu de rouge et de blanc n’est guère chaleureux aussi. Ça, je l’ai compris dès mon entrée dans cette boutique ! Il m’interdit de lui faire la morale à nouveau ou de lui donner un ordre… euh… oh ! Il parle de la politesse et de la suggestion de tester son don dehors ? Oui ! C’est certainement ça ! Je ne comprends pas ce qu’il y a de mal à faire la morale ou à proposer quelque chose. Instinctivement, je penche la tête sur le côté, légèrement interrogatif. Me briser les jambes si je fais un truc qui lui déplaît encore ? Je crois que cet étrange garçon est un peu fou. Ou alors il aime vraiment faire fuir ses clients ! Ou il pense qu’on est le jour d’Halloween ! Dans tous les cas, je me suis déjà cassé les deux genoux, aussi bien séparément qu’en même temps. Il peut réellement faire pire ? Pire que ce que déclenche ma malchance ? J’ai un peu de mal à y croire ! J’hausse les épaules et souris pour seule réponse. Puis, il accepte enfin de m’indiquer où trouver le matériel pour nettoyer, précisant qu’il n’y a qu’une sortie et que donc, m’échapper est impossible. Je cligne des yeux et glousse doucement. Je ne veux pas paraître offensant ou quoi que ce soit, sauf que je ne parviens pas à me retenir. Heureusement qu’il sort en même temps car sinon, je doute qu’il l’aurait bien pris ! Ma mère me répète souvent que je ne dois pas me moquer des autres. Désolé maman ! Je n’ai pas pu m’en empêcher sur ce coup-là ! Franchement, je trouve ça drôle, ce qu’il a dit, je n’y peux rien !

Impossible ? Vraiment ? Est-ce que cet autre adolescent en est bien sûr et certain ? Seules les personnes qui me connaissent bien, moi et ma malchance, peuvent dire que je crée mes propres sorties. Pas tout à fait volontairement, néanmoins. Je suis persuadé que si je restais trop près de la grande vitrine suffisamment longtemps, celle-ci éclaterait en mille morceaux, cherchant pour la… j’ai cessé le compte aujourd’hui aussi, d’attenter à ma vie. C’est déjà survenu, comme situation, alors je le sais ! Enfin, je voudrais éviter de ruiner son magasin plus que je ne l’ai déjà fait. Bonne idée, non ? Je me calme et me ressaisis. Ce n’est pas le moment de blaguer !

Relâchant mes mains dans mon dos, je me dirige vers la seule autre porte de la boutique. Soit, celle derrière le comptoir. J’appuie sur la poignée et ouvre lentement la porte. Prudence est mère de sûreté, qu’on dit. Et avec ma malchance, j’ai tout intérêt à me montrer prudent. La porte s’ouvre doucement sur une pièce sombre. Il n’y a pas de fenêtre ici. Eh bien, ça va limiter quelques dégâts. Je cherche l’interrupteur et finis par le dégoter sur un côté du mur, à l’intérieur. La lumière s’allume, éclairant la petite pièce. Dedans aussi, il y a des étagères avec des sachets de bonbons en tout genre. Cette pièce sert donc également de réserve ? Les sachets… c’est pour que les bonbons ne prennent pas la poussière ? Euh… bon, je ne suis pas venu me poser ce genre de questions. J’entre dans l’arrière-boutique, en quête d’un quelconque balai. Je n’en trouve pas. Je me frotte les cheveux avec ma main indemne, la blessée tout juste appuyée lamentablement contre ma hanche. Gold quitte mon épaule en piaillant un message court « Suis-moi ! » et vole jusqu’à… un placard intercalé entre deux étalages. Je ne l’avais pas vue, cette armoire métallique. Souriant, je m’en approche tandis que mon compagnon aérien se repose sur mon épaule. Je lui siffle un remerciement. Après la porte, j’ouvre cette fois l’armoire. Mais celle-ci est coincée. Je fronce les sourcils, perplexe. J’insiste dessus, tirant sur la petite poignée plus ou moins fortement. Le truc qui devait la bloquer finit sûrement par tomber et s’ouvre d’un coup, sans avertissement. M’y attendant, je recule d’un pas, faisant que je ne prends que légèrement le coin de la porte du placard. Je me frotte le front, grimaçant et riant un peu contre ma malchance.

« Encore raté ! »

Secouant la tête, j’attrape le balai et la petite pelle servant à ramasser la poussière… ainsi qu’un sac poubelle noir posé sur l’étagère du dessus. Parfait ! Tout ça dans ma main droite, je retourne dans la boutique principale sans provoquer d’autres incidents. Je pose le sac plastique sur le comptoir et me rends jusqu’à l’entrée pour commencer à balayer. Oui enfin… dans la mesure du possible, en somme sans utiliser ma main gauche mais avec mon avant-bras gauche. Plus facile à dire qu’à faire, huh ! Mais allez ! Je peux réussir ! Je vais devenir un maître dans l’art et la manière de balayer ! Et ce n’est même pas une façon de parler ! Au moins, ma méthode a le mérite d’être assez efficace ! Je rassemble les bonbons et le sucre glace en petits tas, tant bien que mal. Je ne suis pas un adepte des tâches ménagères à cause de ma famille adoptive qui a des femmes de ménage… cependant, ça va ! Je m’attendais à pire…

Le manche du balai tape dans l’une des lampes suspendues au plafond un peu trop violemment, ce qui explose littéralement l’ampoule. Et les petits morceaux de verre tombent sur ma tête quand je lève les yeux pour voir ce que j’ai heurté. Un des morceaux m’érafle la joue droite en tombant, mais ça ne me fait pas mal plus que ça. Ou plutôt… à côté de la douleur de ma main gauche, ce n’est vraiment pas grand-chose ! Je chasse les morceaux de verre sur ma tête par terre, dans le tas de saletés le plus proche. À cet instant précis, la porte du magasin se rouvre et, probablement trop dans l’action, je relève la tête vers le client, qui n’en est pas un :

« Bienvenue ! Oh ! C’est vous ! Euh… une ampoule s’est cassée. J’irai en racheter une plus tard. »

Ah ! J’allais vraiment me faire passer pour le gérant du magasin en attendant son retour, mais finalement, je n’ai pas besoin de le faire ! Puis, c’est vrai qu’il avait fermé à clé, donc aucun client n’aurait pu entrer ! Ce n’est pas grave ! C’était amusant quand même, d’accueillir un faux client ! Ceci dit, je reporte mon attention sur le balayage de la boutique. Posant le balai sur le sol – parce qu’il vaut mieux éviter que je le pose contre une étagère –, et me baissant, je commence à ramasser les tas de saletés dans la pelle avec la balayette. Enfin… sans tenir la pelle, ce qui rend les choses plus compliquées. L’adolescent aux cheveux rouges m’interpelle d’un « Hey, toi. ». Bien que je relève la tête pour le regarder, souriant et interrogatif à nouveau, je me rappelle que je ne me suis toujours pas présenté alors que je connais son prénom. J’entrouvre la bouche pour le lui dire, mais il me coupe bien avant en déclarant qu’il est un Terrien et qu’il compte se servir de moi. Je referme la bouche pendant que je l’écoute presque dévoiler son plan. Je ne comprends pas ce que je fais dedans alors que nous venons de nous rencontrer. Je sais que les Terriens existent au sein même d’Ariesten. Ma mère m’a déjà parlé d’eux pour me demander de ne pas les discriminer, car ce sont des êtres vivants comme nous. Ça n’a jamais été mon intention ! Je n’aurais jamais cru en rencontrer un, un jour !

Me redressant, la balayette toujours dans la main, j’observe le dénommé Mehel, les yeux brillants et avec un large sourire. Oh ! Du coup, ça explique son étrange maladie sur le visage et son œil rouge, je suppose ? On m’a dit que les Terriens avaient parfois un côté monstrueux. Je ne trouve pas ça particulièrement dérangeant ou effrayant. Oh ! Son don est si classe ! Est-ce que ça signifie que tous les Terriens ont un pouvoir classe comme ça ?! Trop bien, si c’est le cas ! Il paraît que la vie est dure, et la nature hostile sur Terre, je me demande si c’est vrai… je pourrais lui poser la question ! Une seconde. Pourquoi veut-il se servir de moi pour soumettre les deux mondes, déjà ? Il veut détruire le cycle de vie ? Vrai de vrai ?! Moi, je veux bien l’aider, si c’est vrai !

« Whouah ! Un Terrien ?! Un vrai ?! Vous vous fondez bien dans la foule, en fait ! » Je m’arrête un instant, avant de continuer : « Je n’aime pas trop le terme ‘se servir de quelqu’un’. Je préfère ‘aider quelqu’un’. Je peux t’aider ? Ah ! Moi, je m’appelle Niel ! Enchanté ! »


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 Back off ! you Idiot ! - feat. Niel Legisa

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Niel Legisa
« Back off ! you Idiot ! »
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En m’introduisant dans ce monde décadent, je ne m’attendais à rien d’exceptionnel. Les écrits, les racontars, les histoires de ce monde de prétendue bonté que nous, Terriens, avions récolté au fil des années convergent tous vers un même point : Ces êtres soi-disant « bénis », les descendants des choisis de Ying, sont d’une faiblesse abyssale. Ce n’est que pure logique, après tout. A force de vivre dans leur cage dorée et flottante, ils ont oublié ce que c’est que de devoir se battre pour survivre, de devoir se battre même pour respirer une minute de plus dans un enfer sans fin. Ils ont oublié, ils n’ont jamais su et cela les rend si faible. Pas même un mois que je suis parmi eux, sans même me cacher, et ce j’ai observé confirme tout ce que j’avais entendu dire quand je régnais encore sur les gens de mon ancienne ‘demeure’. Je ne m’attendais à rien de la part de ces insectes, pas de déchainement de force, pas de dons des plus incroyables, pas même d’hybridité en tant soi peu dangereuse. Rien. C’en est même devenu lassant, presque décevant. Soumettre ce qui s’offre presque à vous, n’est-ce pas trop facile ? Est-ce réellement un défi à ma mesure ? Rien ne me détournera de mon objectif glorieux, pas même un manque de chalenge. Si je n’attends pas de résistance de la part de ces faibles, je m’attends à un peu plus de difficulté dans mon but premier, celui de soumettre leur faible divinité. Ce foutu et prétendu Dieu qui nous a abandonné à une mort certaine. Je ne m’attendais à rien, et surtout pas à.…ça.

Juste un insecte, moins qu’un insecte. Un gamin avec un air de benêt, mais qui possède un pouvoir qui peut paraitre effrayant pour ceux de mon espèce qui se reposent trop sur leur don pour triompher. Un annihilateur de magie vivant.... Et qui a l’apparence d’un gosse blond complètement inoffensif. Je n’ai jamais entendu la moindre rumeur sur l’existence d’une magie si.... Si.... Imposante ? Hm... non. Pas plus que la mienne, évidemment. Nul ne peut me surpasser. Mais pour pouvoir anéantir chaque don dans même devoir lever le petit doigt, elle reste néanmoins... remarquable ? Oui, je crois que c’est le mot. Il devrait se sentir honoré d’avoir accroché ainsi mon attention, après avoir été à deux doigts de subir mon implacable et royale colère. Mon plus grand ‘obstacle’ se trouve dès lors incarné dans la peau d’un habitant « d’en haut » que je pourrai balayer d’un coup de canne bien placé. Chance ou malchance ? Cela dépend du point de vue. C’est une chance pour moi qu’il ait pénétré, complètement ingénu et naïf de mon identité, dans cette boutique. Une chance également qu’il ne soit guère très menaçant... Et une malchance pour lui de ne pas l’être. Car s’il est mon obstacle, il peut également devenir un précieux objet. Un outil à double tranchant en quelque sorte. En le prenant à mon service, je prends également le risque de ne pouvoir ordonner à qui que ce soit... mais je gagne un formidable ‘bouclier vivant’. Si c’est un risque je peux prendre... ? Moi, je n’ai pas attendu l’éclosion de mon pouvoir pour apprendre à survivre dans cet enfer. Je peux m’en sortir même sans cela. Je le dois. Je l’ai toujours fait. S’il peut également me permettre d’atteindre ce Dieu de pacotille, alors, c’est un risque que je peux prendre. Maintenant que je suis au courant, je ne me laisserai plus surprendre. Plus jamais. Plus jamais d’instant de faiblesse. Plus jamais.
C’est dérangeant de ne pas pouvoir lui donner des ordres, encore plus d’être privé de don dans son périmètre. Une sensation des plus désagréables, comme lorsqu’une petite bête grouillante et rampante s’invite sous la peau, dans les os, se blotti dans la nuque et y fait son nid. Désagréable et délicieuse sensation. Je devrai pouvoir m’en accommoder. Je n’en ai guère le choix, et lui non plus. J’ai pris ma décision, il sera mon outil, qu’il le veuille ou non. Les objets n’ont pas le droit à la parole. Les insectes non plus. C’est avec cet état d’esprit supérieur que je suis rentré dans la boutique après m’être assuré de la présence de mon don. Rentré... pour mieux être ‘accueilli’ par mon nouveau serviteur, balai à la main. Bien, je peux donc le soumettre à mes ordres grâce à la menace... même si je ne décèle toujours pas de peur dans ses traits et dans sa voix. Non, il n’a toujours pas peur de moi. Il a toujours ce sourire niais aux lèvres, cet air joyeux qui manque de me faire vomir. Tch. Et à la seconde où je referme la porte, je comprends qu’il a encore fait une connerie. Sérieux ? Une ampoule maintenant ? Il n’est pas capable de rester dans une pièce plus de cinq minutes sans foutre le bordel, ou quoi ? Je soupire longuement, sans rien ajouter d’autre. Whatever. Le vieux se chargera de la remplacer. Ce sera distrayant de l’observer lui, tout tremblant, sur son escabeau à essayer de ne pas chuter. Je m’adosse alors, bras croisés, contre la porte d’entrée et observe sans un bruit ma nouvelle proie. Son sourire m’horripile. On dirait qu’il est constamment joyeux et de bonne humeur. C’est bien un comportement propre des insectes qui peuplent le monde ‘d’en haut’. Ils sont tellement loin de notre réalité que j’ai peine à croire qu’il fut un temps où nous ne formions qu’une seule et même race. Impossible. Ils ont dû se ramollir dans les siècles, je ne vois pas d’autre explication.
De longues minutes passent pendant lesquelles il... tente de ramasser son tas de poussière d’une seule main. Sauf qu’à chaque fois qu’il pousse ce tas vers la pelle, cette dernière recule, évidemment. Il doit vraiment lui manquer une case, en fait. Ce qui explique pourquoi il garde son attitude de benêt même en mon écrasante présence. Il n’a juste rien remarqué. Ce n’est pourtant pas comme si je masquais ma difformité ou mon identité réelle. N’importe quel être pensant avec deux sous de jugeote aurait compris à qui il avait affaire à la seconde où il aurait pénétré dans le magasin. Mais pas lui. Soit. Je m’occupe de lui reprendre contact avec sa triste réalité. A savoir qu’il est coincé en tête à tête avec un terrien qui n’compte bien l’utiliser comme un outil bien pratique. En prononçant, ces mots, un rictus mauvais me traverse le visage. J’ai juste... si hâte. Hâte de voir son sourire s’envoler, de le voir se reculer, de le voir frissonner d’effrois. Offre-moi ce spectacle, petit déchet d’humain, et rachète-toi.

Sauf... que rien ne vient.

Pas d’effrois, pas de peur, pas de frisson, pas de rejet. Rien. Sur l’instant, j’en reste bouche bée. Je l’avoue, durant quelques instants, je suis surpris. Juste quelques instants.

Non, non et non ! C’est une blague ?! C’est une foutue blague, c’est ça ?!

Il n’a toujours pas peur de moi ?! Non seulement il n’a pas peur de moi, mais en plus, il veut m’aider dans ma tâche glorieuse ? Je ne comprends pas, ça n’a pas de sens ! Aucun être sain d’esprit peut réagir de cette façon en apprenant mes plans, aucun ! Au lieu de reculer, il garde son foutu sourire. Au lieu de trembler, il préfère me dire son nom. Mais je n’en ai rien à foutre de son nom ! Il ne comprend pas ça ! Rien à foutre ! Il n’est qu’un outil ! Un outil ! Alors qu’il se comporte comme tel et cesse de m’insulter ! L’instant de surprise passé, je serre les poings et me crispe. Pourquoi je n’arrive pas à le remettre à sa place... ?! Je crois que je vais le frapper, ça résoudra tous mes problèmes... Oh oui, un bon coup dans l’estomac et je lui ferai enfin rav--... Soudain, on frappe à la porte et je trésaille. Est-ce qu’on a décidé de me faire chier aujourd’hui ? Je me retourne brusquement... et tombe nez à nez avec le visage du vieux de l’autre côté de la vitre. Et merde... Je l’avais oublié celui-là. Il tombe mal, très mal. Il tombe toujours très mal. En me voyant me retourner, il sourit, comme d’habitude et me fait un petit signe. Tch. Si je pouvais utiliser mon don, je lui ordonnerais d’aller se jeter de la falaise, direction la Terre. Mais je ne peux pas avec l’autre benêt... Niel, je crois ? Ouais, Whatever.  Demain, j’aurai oublié son nom. La voix étouffée du vieux se fait alors entendre.

« Mel’ ? Pourquoi t’as fermé ? Est-ce que tout va bien maintenant ? »

Retiens-toi, retiens-toi. Passe ton poing au travers cette vitre pour lui faire ravaler ce surnom ridicule ne t’amènera rien pour l’instant. Calme...Calme... Non, mais comment je pourrai me calmer là ?! Combien de fois il va encore utiliser ce petit nom débile ?! C’est Me-hel ! Ce n’est pourtant pas compliqué ! Avec le vieux dans les parages, je ne peux pas discuter menacer tranquillement l’insecte blond. Merde... Sans mon pouvoir, je ne peux pas non plus ordonner au vieux de se barrer ou d’oublier. Pas tout de suite en tout cas. Réfléchis, réfléchis... Faut que je me casse d’ici, j’en ai trop marre de ce trou. Même me mordre la joue au sang ne parvient pas à me calmer. Je déteste quand on contrarie mes plans. Immédiatement, je fais volte-face vers l’autre idiot à l’oiseau et m’avance vers lui. Je le choppe par le bras et annonce sans détour.

« Toi, tu vas me suivre. Maintenant. »

Et je ne tolèrerai aucune objection. Non que je compte lui en laisser le temps de toute manière. Ceci prononcé, je le traine derrière moi vers la sortie. Le Vieux nous regarde étrangement au travers la vitre, mais il va vite comprendre qu’il n’a pas intérêt à se mettre en travers de ma route. Je lâche quelques secondes mon nouvel outil pour rouvrir le verrou de la porte d’entrée avant de reprendre ma prise. Canne dans une main, insecte dans l’autre, j’ouvre la porte d’un coup de pied. Tant pis pour les dégâts, je reviendrai demain pour effacer la mémoire du vieux. Ce dernier sursaute et s’écarte pour échapper à mon courroux.

« Mel’, ça v— ? »

Je referme ma prise sur ma proie. Je me fous de lui faire mal, j’ai besoin de ça pour ne pas foutre un coup de boule à l’autre vieux. Immédiatement, je le coupe. « C’est Mehel... ! » Et souffle lentement pour reprendre ma contenance, autant que possible. « Je ramène le client chez lui. »

Sans même prendre la peine d’écouter sa réponse, je sors de ce trou à rat, emportant mon trophée presque sous le bras. Je me fous bien qu’il puisse gesticuler ou protester, je ne compte pas le lâcher de sitôt. Je sors dans la rue et continue ma marche forcée dans un silence de mort sur plusieurs centaines de mètres. Dans n’importe quelle direction, j’en ai rien à foutre. Je tourne dans une ruelle plus calme et déserte et daigne enfin lâcher mon nouvel outil. Faut que je me calme, faut que je me calme. A peine l’ai-je lâché que je fous mon poing dans le premier truc que je trouve, soit un mur de brique. Hmm...ça fait mal, ça ne m’étonnerait pas que je me sois péter une ou deux phalanges sur ce coup-là. Mais je souris. La douleur est comme une décharge qui remonte l’entièreté de mon bras et se perd dans ma colonne vertébrale. Délicieuse sensation... Délicieuse sensation qui a le don de me calme un peu. Juste un peu. Je détache ma main du mur et reporte mon attention sur... c’est comment son nom déjà ? Niel ? Nom stupide qui va parfaitement à sa tête stupide. Il veut vraiment m’aider ? Il a compris que j’étais sérieux ?

« Tu sais ce que ‘soumettre’ signifie au moins... ? » Je n’en suis pas si sûr maintenant que j’y pense. « Je compte devenir l’unique Roi de nos deux mondes et toi, tu ‘veux m’aider’ ? Donne-moi seulement une raison de te croire. »
 
Back off ! you Idiot ! - feat. Niel Legisa
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