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 Crystalized [PV Puku]

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Désolé, maman. Pardonne-moi.

Je n'y arrive pas. C'est trop dur. Quel pauvre type. Sale con, bon sang, quel sale con...

Comment peut-il être aussi odieux ?

D'où lui vient ce putain de besoin de contrôle, permanent et insidieux ?

Désolé, maman, mais je n'arrive vraiment pas à m'entendre avec papa. Toi non plus tu n'y arrivais pas, je le sais, tu n'es pas partie avec Reila et moi pour rien. Votre divorce, il était temps qu'il arrive. Pourtant, même si je sais que notre père nous aime toujours autant ma sœur et moi, tu sais, il s'aigrit. Il est de plus en plus chiant, de plus en plus exigeant, il cherche à contrôler absolument tout ce qu'il voit. S'il pouvait décider des jours de pluie et de beau temps, du nombre et de la position des nuages dans le ciel, il le ferait. Un pot de fleur décalé de quelques centimètres sur le perron le dérangerait.

Je n'ai droit à aucune marge d'erreur. Il est constamment sur mon dos, à m'épier, me surveiller, pour que je fasse les choses comme il l'entende. La moindre de mes actions est critiquée, corrigée, contrôlée. J'en suis tellement épuisé, maman. Je n'y arrive pas. C'est mon père, cet odieux personnage, et il ne veut probablement que mon bien, et il ne se rend pas compte de ce qu'il fait, et il est persuadé de ne causer de tord à personne, et il se croit tellement irréprochable. Il se vante tant des ses capacités, de sa vision de choses, de la justesse de ses actes, il est si fier. Et tellement envahissant.

Désolé, maman, de te laisser avec ta culpabilité ; tu dois encore penser que c'est de ta faute si l'on n'apprécie pas beaucoup notre père, te dire que tu aurais dû contenir ce que tu pensais toutes ces années, pour ne pas nous influencer Reila et moi. Mais tu sais maman, on n'est pas stupides, on a vu avec nos yeux de gamins puis d'ados ce qu'il se passait à la maison. On a bien vu qu'il t'écrasait. On a bien vu à quel point tu te débattais, tu cherchais à te libérer de l'emprise qu'il avait sur ton quotidien. Tu as bien fait, enfin, tu as fait ce que tu as pu.

Et moi là, même si je ne vais que peu chez mon père, je n'arrive pas à le supporter. Un jour, deux, puis le troisième j'explose, je m'en vais. Se faire invectiver dès que l'on rentre du travail parce que ses chaussures dépassent un peu de l'emplacement qu'il leur a défini au préalable, ou parce qu'on est parti sans faire la vaisselle du petit-déjeuner car pressé, pitié, personne n'a besoin de pareille pression. Il a vociféré plus fort encore que le vent, m'ayant claqué au visage tout le trajet durant.

Je suis reparti aussi sec, malgré la nuit, malgré le vent, malgré le froid engourdissant. Malgré le silence des rues si pesant, les faibles éclairages d'hiver, les doigts glacés dans mes poches et ma veste bien trop légère pour ce temps. Je m'en suis allé faire un tour de pâté de maison pour évacuer immédiatement ; hors de question qu'il me voie pleurer.

Le sale con, je me répète à moi-même en sanglotant. Pauvre type... c'est ça, mon père ? Il me déçoit chaque jour un peu plus. C'est mon père. Et je n'y arrive pas. Il ne se rend même pas compte du mal qu'il fait ; avant au moins ma mère faisait le pont entre nous deux, aujourd'hui c'est devenu bien trop compliqué. Il se demande probablement pour quelle raison je suis parti, va encore me dire que je suis stupide d'être sorti par ce froid dès mon retour, me sommer qu'il est dangereux de sortir de nuit.

J'essuie quelques larmes d'un revers du poignet, le vent soufflait dessus à m'en faire geler le visage. J'ai froid, ma peau me brûle, mais je continue de marcher tout droit devant moi, sans réel but. Je veux juste marcher, et avancer, et j'ai si froid. J'essuie d'autres larmes sur mes joues, avec la paume de ma main gauche. Je déteste que l'on me voie pleurer ; là dans les rues ce n'est pas grave, je ne suis personne au milieu de tous, mon identité n'a pas d'importance, je suis un type qui sanglote bizarrement en marchant. Les passants que je croiserai changeront probablement de trottoir ou feront comme s'ils ne m'avaient pas vu. Je m'en fiche, mais que mon père me voie pleurer, cette seule idée m'est insupportable.

Je n'avais pourtant jamais éprouvé cette gêne de me montrer, étant plus jeune. Etant habitué à ressentir et donc gérer un flot d'émotion très important, j'ai souvent laissé couler mes larmes ; je n'arrive pas vraiment à les retenir. Ce n'est pas grave, je n'en ai pas honte, c'est simplement la cristallisation de mes sentiments, de ce que j'éprouve. Mais j'imagine qu'être un adulte, être professionnel, c'est savoir se contenir. Alors je me cache. Je n'ai pas envie de faire subir mes états d'âmes à d'autres ; et je le fais beaucoup pour moi aussi. Je veux la paix. Je veux respirer. Mes larmes ne concernent que moi.

Je prends une grosse bouffée d'air froid, essayant de me calmer, quelques larmes coulent encore.

Que faire pour me sentir mieux, pour que ça passe ? Je regarde le ciel, duquel on commence à apercevoir les étoiles. J'essaye de faire comme Kerry. J'essaye de m'y accrocher. Mais je sens mes yeux se plisser, ma vue se flouter, mes larmes chuter.

Je prends mon visage dans mes mains, alors que mes sanglots redoublent, mon corps est parcouru de petits sursauts. C'est stupide de craquer maintenant et pour si peu, mais la pression accumulée depuis trois jours retombe enfin. C'est à la fois douloureux et apaisant, de pleurer comme ça. Je n'arrive plus à m'arrêter de marcher, tête baissée fixant mes pieds.

Et trop tard, quand j'aperçois la paire de chaussures en face des miennes, je sens ma tête cogner quelqu'un...

- AILLE !
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Marchant, titubant dans la neige, c'était comme son corps tout entier qui était cristallisé. Une boule de glace, plutôt difforme et sans résistance. Oui, c'était son cœur, meurtri par la haine et la corruption. Un cœur qu'elle avait réussi à dissimuler en travaillant, mais qui revenait à chaque fois qu'elle pensait à son père. Oui, son cher père qu'elle a perdu bien trop tôt; et qu'elle vengera sans scrupules. Elle n'hésitera même pas une seconde à déclencher Infinite Chains si nécessaire. A sacrifier 25 années, elle pouvait le faire. Mais une seule fois, une unique fois.

Notre petite vendeuse faisait sa routine de la journée : après le boulot, elle sortait prendre l'air se remettre les idées en place, et plusieurs personnes la regardait d'un air assez surpris. En effet, Puku portait un kimono, matin midi et soir ; toutes les heures de la journée. C'était devenu une habitude maintenant qu'elle est dans ce domaine depuis un an. Elle y a prit gout et n'hésite pas à varier pendant les saisons et en fonction de son humeur. Aujourd'hui, elle était morose, un peu triste, même. Et c'était pour cela qu'elle portait un joli kimono noir à motifs papillons assez complexes. Un vrai petit bijou qui lui aurait coûté un rein si sa chère mère ne lui avait pas donné la boutique.

En cette belle soirée, elle regardait les étoiles scintillantes. De belles étoiles, ni trop voyantes, ni trop effacées. Elle repensait à sa vie passée : Son père et sa mère étaient tous les deux là, elle ne manquait de rien, et même, elle était un peu gâtée par la montagne de sucreries que lui offrait sa mère. Une enfance plutôt douce et agréable, avant que les choses ne se gâtes. Le jour de la mort de son père, elle a eu un blocage, un traumatisme - les hybrides l'horrifie au plus haut point, elle ne peux pas les regarder en face avant d'avoir une envie de meurtre lui parcourir l'échine.

Mais cela était sa plus grande faiblesse, ce comportement lui faisait vomir, et en même temps elle ne pouvait pas l'effacer aussi vite. Elle devait avoir une cure, quelque chose qui fasse partir cette envie de meurtre. Mais rien n'y faisait. C'était le même scénario : un hybride qui passe, c'est l'envie de lui trancher la gorge, et lui dire d'implorer pardon. Et si ce n'était pas un hybride qui avait tué son père ? Impossible, les tests étaient clairs : un hybride a tué votre père.

 
Elle était dans ses pensées, et ne regardait pas tout à fait ou elle marchait, évitant de peu les personnes qui passaient avant de se retrouver la tête la première contre un torse. Celui d'un homme, vu sa taille. Elle se releva avec un peu de difficulté, ses geta étant assez vielles et plutôt abîmées. Puku vit le jeune homme avec des yeux rouges et assez gonflés. Avait-il pleuré ? Sûrement, oui. Elle ne savait pas comment le réconforter, elle fit donc un geste des plus banaux, lui tendre la main.

- Ca va ?
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Je me tiens un peu la tête, c'est assez douloureux, mais pas assez intense pour faire une bosse. La douleur s'est voulue vive lors de l'impact, mais je la sens déjà repartir. En même temps, avec une petite taille comme la mienne, c'est pas toujours facile de s'en sortir indemne face aux gens. Mais je ne suis visiblement pas le plus endommagé, visiblement, car je découvre à terre la personne qui a croisé -ou plutôt heurté- mon chemin. Elle se relève doucement, je n'ai pas tendu ma main à temps pour l'aider et m'en veux un peu. Le choc m'a ôté instantanément toute réactivité.

Mes yeux ne peuvent s'empêcher de la détailler, même si je vois encore un peu flou. C'est une jolie jeune femme en kimono sombre, ses traits me paraissent fins, j'aime beaucoup son visage. Je pense qu'on doit avoir à peu près le même âge... peut-être un poil plus jeune que moi ? J'ai du mal, avec l'âge des autres, je tombe souvent à côté. En baissant le regard, j'aperçois qu'elle me tend une main chaleureuse, pour me saluer peut-être ; craignant de l'avoir trop fait attendre je m'empresse de la serrer.

- O-Oui ça va, j'ai un peu mal à la tête mais ça partira vite haha, ne t'en fais pas !

Mes yeux croisent à nouveau les siens. Dur-dur de définir leur couleur par cette nuit d'encre, mais le lampadaire sous lequel nous nous trouvons les éclaire juste assez pour que je les devine inquiets. Et je me rappelle des larmes que j'ai versées, jusqu'à ce choc qui me les aura fait stopper net. Drôle de thérapie de choc, mais ça avait étrangement fonctionné.

- Oh, si tu t'inquiètes à cause de mes yeux rouges, j'ai pleuré avant. Ce n'est pas de ta faute, dis-je en souriant de mon air le plus rassurant. Et toi, tu ne t'es pas fait mal en tombant, ça va aller ?

Aaah, je ne suis vraiment, vraiment pas doué. Je pars de chez moi à pieds, dans le froid, en pleine nuit. Je pleure, je hurle au vent, j'évacue mes émotions ; et je ne suis même pas capable de faire attention devant moi. Je ne sais pas mais, dans les moments comme ça en général, on cherche plutôt à se cacher, non ? A ne pas se faire voir, rester dans un cocon, n'importe qui se serait juste enfermé dans sa chambre, aurait mis un casque et de la musique pour ne plus entendre son père vociférer et aurait laissé couler.

Moi, j'ai littéralement explosé. A l'intérieur et depuis plusieurs jours, je sens la pression qui monte, je sens mon cœur battre très fort quand il me parle. Je me contiens, je réprime tout ça. Je serre les poings et réponds docilement, et j'implose au quotidien. Là c'est trop tard, tous mes sentiments, ma colère, ma tristesse, ma déception, la pression, tout a glissé hors de moi, flot incontrôlable, à l'unisson. Tout est parti. Et, bizarrement, là, ça va.

Je n'irai pas jusqu'à dire que je suis soulagé mais, cette rencontre incongrue m'aura sortie de ces pensées noires. Elles étaient légitimes mais, une fois dehors, à quoi bon les ressasser ? Peut-être ai-je encore un peu besoin de compagnie, cependant. Je me sens bizarre, j'ai un peu la tête qui tourne, tout s'est enchaîné un peu trop rapidement. D'autres émotions tourbillonnent dans ma tête, j'ai le corps qui frissonne, c'est étrange. J'ai les mains glacées. Un flocon de neige tombe sur le bout de mon nez. Je lève la tête, et regarde le spectacle. J'ai plutôt envie de le partager avec cette demoiselle, si elle est d'accord. Je ne sais pas pourquoi mais, j'aime cette ambiance froide, comme figée dans le temps. Qui est-elle ? J'ai envie de la connaître.

C'est très rare de ma part de porter ainsi de l'intérêt à quelqu'un, je crois. Mais ce n'est pas comme si je l'avais juste croisée dans la rue, cette fois. Je l'ai bousculée, j'ai mal à la tête et elle est même tombée dans la neige par ma faute. Enfin, sans doute s'est-elle montrée aussi maladroite et dans la lune que moi, sur ce coup-là... Je pense que, vu les circonstances, il y a peut-être quelque chose d'intéressant à en tirer.

- Je m'appelle Sven, et toi ?
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Elle avait peur de trop brusquer les choses, mais il se pourrait que le jeune homme ne soit pas si offensé que ça. D'après ses dires, il avait un peu mal à la tête et avait bien pleuré. Mais pourquoi lui avoir dit ? Une personne lambda aurait l'aurait plutôt remercié avant de poursuivre sa route, tout en continuant de pleurer. Sûrement parce-que la société ne veux pas de faibles. Oui, c'était ça. Il ne fallait pas pleurer, montrer ses émotions ou tout lâcher. Ce jeune homme devait avoir un beau souci pour dire que tout va bien, alors qu'en fait... Non. Il lui prit la main, et la fixa.

Elle avait juste le temps de le détailler, blond aux yeux bleus, de très beaux yeux, d'ailleurs. Ceux que l'on voit même dans la nuit, et qui vous décrypte pour vous voler votre âme. Il avait aussi un bon côté, celui de demander poliment si elle était en bonne condition. Puku réarrangea une des ses mèches qui s'était décidée baladeuse, pour la mettre derrière son oreille avant de relever le jeune homme.

- Oui oui, ça va. Rien de cassé.

Elle repensait à ce qu'elle était initialement venue faire ici : se promener. Elle faisait ce chemin tous les jours, sans que personne ne la remarque ou ne l'interpelle. Ils la traiteraient de monstre, sûrement. Pas pour sa phobie des hybrides; enfin, ça peut se comprendre, mais pour son pouvoir. Infinite Chains est bien trop puissant pour elle, et bien qu'elle ne puisse invoquer que 150 chaînes, ce qui est déjà énorme, elle se sent... Enchaînée par sa force. Tous les jours, on la regarde avec dégoût. Parce-qu'elle a déjà dépassé les limites une fois. Une seule fois, et pourtant, les habitants ne l'ont pas oubliés. Ce n'était pas la fois ou son père était mort, ni même sa mère, mais quand on avait agressé une autre personne qui était chère à ses yeux. Elle avait dépassé la limite, et invoqué ainsi un nombre incalculable de chaines. Une limite qui était sa seule faiblesse.

Ne pas être tentée. Ne pas décimer. Perdre vingt-cinq années de sa vie ne voulaient rien dire pour elle, et même, elle préférerait en finir plus rapidement. Son cœur avait cristallisé à ce moment précis, mêlant méfiance et rejet. Un côté optimiste avait aussi vu le jour, quand son père est décédé, celui de ne pas baisser les bras de de continuer à vivre. Elle se battait constamment contre son envie de tout lâcher.  Et cela l'épuisait.

Elle sursauta, réveillée par une présentation du jeune homme, qui s'appelait Sven. Puku devait donc faire de même, et elle lui fit un agréable sourire. C'était le bon moment pour briser cette vie monotone et sans intérêt.

- Je m’appelle Puku. Enchantée.


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Je la vois sursauter après que je me sois présenté. Peut-être ne s'y attendait-elle pas, il est vrai qu'en général même après une altercation de ce genre, les chemins des intéressés se séparent et ne se rencontrent plus. J'ai décidé, bizarrement, de ne pas rester un inconnu à ses yeux. Pourquoi ? Je ne sais pas exactement, mais j'en ai eu très envie. Exactement comme la fois où je me suis surpris à entrer chez une fleuriste parce qu'il y avait des chats dans sa vitrine, fleuriste que je considère maintenant comme une amie.

Ou alors, peut-être était-elle comme moi, en pleine introspection ? Est-ce que tout allait vraiment bien, de son côté à elle ? Moi, ce n'était pas si grave au final ; mon père m'oppressait pas mal quelques jours dans le mois, je pétais un coup en m'en allant comme je venais de le faire, et tout rentrait plus ou moins dans l'ordre. Rien de bien méchant, juste dur à supporter sur la durée. Et si elle cachait quelque chose de plus profond ? Que ce n'était pas moi le plus mal, en ce soir d'hiver ?

- Je m’appelle Puku, annonça-t-elle finalement, un joli sourire dessiné sur les lèvres. Enchantée.

C'est étrange. Je ne sais pas trop où me placer. Je cherche tout et n'importe quoi dans le paysage alentours, quelque chose qui capterait assez mon attention pour en parler, ou même juste pour la fixer et n'avoir pas l'air étrange devant elle. Je ne suis pas trop à l'aise, ce soir. Peut-être à cause de la précédente dispute, ou tout simplement parce qu'elle m'est inconnue. Les circonstances de notre rencontre me rassurent un peu, c'est bête, mais dès que c'est incongru ça me plaît, je m'y sens mieux, je n'ai plus l'impression que c'est moi qui fait tâche. On s'est déjà présentés, ok. Ensuite, je fais quoi, pour ne pas paraître socialement awkward ? Aaaah, rien n'y fait. Tout ce que je sens, c'est que je gèle sur place, mes mains sans gants se frigorifient rapidement à l'intérieur de mes poches. Mon cou, que je n'ai pas pris la peine de recouvrir d'une écharpe en sortant, commence à me faire souffrir. Mais ce froid me réveille, ce froid me maintient. Je ne sais pas trop quoi dire, alors je me lance dans le premier truc stupide me venant à l'esprit : parlons du quartier.

- Tu... Tu habites dans le coin, toi aussi ?

J'essaye de me montrer rassurant dans le ton de ma phrase, j'ajoute un petit "toi aussi" pour lui donner ma location en premier et qu'elle ne se sente pas agressée. C'est bien comme ça qu'il faut faire, non ? Ah, si seulement un de mes chats m'avait suivi. J'aurais pu lui présenter, embrayer sur un sujet que je connaissais, répéter un schéma rassurant sans avoir l'air trop décalé. Mais à la place de ça, je bafouille un peu gêné. Les joues rosies par le froid cachent probablement ma gêne à leur façon. Je ne sais plus trop quoi dire ni quoi faire, j'espère qu'elle ne me trouve pas bizarre.

Bah, au pire, je tourne les talons et je m'en vais. Je peux aussi faire ça, c'est un autre échappatoire. Si jamais elle m'exprime clairement le désir de s'en aller, ce n'est pas grave. J'espère juste qu'elle ne sera pas ambiguë comme les gens le sont toujours, c'est difficile pour moi de décrypter les expressions, les messages cachés et sous-entendus des personnes que je ne connais pas. Je n'y arrive simplement pas, jusqu'à ce que je fréquente régulièrement le ou la concerné, et que j'assimile les données. Tout va bien dès lors que j'identifie les expressions, les répétitions de mes proches. C'est ma seule manière de deviner leurs intentions, mais le mieux est encore qu'ils expriment clairement le fond de leur pensée. C'est pour ça aussi, que je suis aussi à l'aise avec les personnes franches et vives comme Kerry ou ma sœur, par exemple... et avec elle, qu'est-ce que ce sera ? Est-ce que j'y arriverai ?
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Elle ne savait pas trop quoi faire, parce-que logiquement, après une bousculade, on s'excuse et on part. Peut-être voulait il allonger la conversation, ou faire passer le temps ? Ou... La draguer ? Non, sûrement pas. Dès que des personnes l'accostaient, c'était pour dire " Eh madmoiselle ! T'es trop craquante ! " ou encore le très célèbre " T'es bonne." Cela ne la dérangeait pas d'avoir ce genre de commentaire, mais c'était plutôt de ce registre. Ah, mais il y avait une exception, lorsque elle est partie faire les courses au drugstore du coin. Un jeune homme l'avait abordée, et il était très courtois. Mais bon, elle ne l'a pas encore revu, et il ne l’intéressait pas. Elle devait tout de même répondre à sa question.

- Oui, pas loin. Je suis venue me promener.

Il avait tout de même un air gêné, et regardait à gauche et à droite comme pour enlever ce sentiment. Il rougissait quand même assez vite, était-ce le froid ou encore une fois la gêne ? Il était assez émotif. Mais elle espérait qu'il pouvait la faire parler encore un peu, ça lui ferait du bien. Un grand bien. En fait, oui, sans aucune raison, elle voulait absolument extérioriser ses émotions. Tout lui balancer. Sa haine envers son pouvoir et en même temps son amour lui avait fait pourrir la vie; maintenant, elle est certes plus forte, mais aujourd'hui, elle ne se sentait pas bien. Elle avait des coups de blues, qui venaient comme ça.

A en voir les yeux rouges de Sven, il était peut-être aussi dans son cas. Mais elle, ce n'était que passager; et lui cela devait le ronger bien plus longtemps pour partir dans ce froid en oubliant une écharpe. Elle le regardait avec compassion, avant d'ajouter :

- En tous cas, j'ai pas mal de temps devant moi. Ça te dit de parler plus longtemps ?

Oui, aujourd'hui, elle était enchaînée.

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Après un petit temps de réflexion, elle se décide à me répondre. Suis-je passé pour un type louche en lui demandant ça ? Oui, probablement, on ne demande pas ce genre de chose à quelqu'un que l'on vient de rencontrer ; pire, quelqu'un que l'on vient de bousculer. Ça m'apprendra pour la prochaine fois, s'il y en a une.

- Oui, pas loin. Je suis venue me promener.

C'est donc plus ou moins une voisine, non ? Je me sens soudain un peu mal à l'aise. Elle habite près de chez moi, et elle me trouve probablement vraiment bizarre. Je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure impression que je puisse faire. Le poing serré, je me demande ce que je dois faire maintenant. Lui proposer de passer du temps ensemble ? Déclarer avoir quelque chose à faire et rentrer chez moi ? Ce n'est pas tout à fait faux, à dire vrai cela fait un moment que je veux faire du ménage et du tri dans les affaires que j'ai laissées chez mon père. J'ai déménagé chez ma mère lorsqu'elle a quitté notre ancien domicile familial, mais beaucoup de mes encyclopédies et vieux jouets traînent encore dans ma vieille chambre. Ça me ferait probablement du bien, de ranger tout ça ce soir, ça me remettrait les idées en place. Je pourrai respirer, et ce sera un très bon prétexte pour éviter mon père.

- En tous cas, j'ai pas mal de temps devant moi. Ça te dit de parler plus longtemps ? Me demande-t-elle subitement, contre toute attente.

J'inspire un bon coup, le regard un peu surpris. Je ne peux pas non plus la laisser en plan comme ça, je crois. Ce n'est pas dans mes habitudes de laisser passer les attentes de quelqu'un avant mes besoins, mais elle m'a vu pleurer, elle m'a rencontré alors que je ne suis pas dans mon état normal. En fait, si je l'avais rencontrée dans d'autres circonstances, je l'aurais aidée à se relever et aurai continué mon chemin. Mais ce soir... ce soir, ce n'est pas habituel. Ce soir, je me laisse porter. Mon cynisme et ma froideur sont visiblement rangés dans mes poches, contre mon gré. Je ne me sens pas à l'aise, ne me reconnaissant même plus dans les réactions qui me caractérisent d'ordinaire. Que faire ? Je soupire.

- Je n'ai pas beaucoup de temps à moi ce soir, mais si tu veux on peut marcher cinq - dix minutes ensemble ? Le temps de faire un tour de quartier ?

Je sens l'expression de mon visage se refermer un peu. Mon sourire se fait de plus en plus discret. Lui parler me coûte beaucoup d'efforts, et j'ai envie de redevenir vite, très vite à mon état normal. Pleurer ne me gêne pas. C'est ce qui suit, ce que ça entraîne qui, ce soir, me les brise profondément.


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