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Nathanaël était mal ! Très mal ! Il allait vraiment se faire botter le derrière par Loreley. Une raison pour un comportement aussi barbare ? Il avait cassé la montre qu’elle lui avait offert… Il connaissait la demoiselle, quand elle était en colère, elle était capable de frapper assez fort pour que ses fesses rejoignent ses molaires. Et le pire c’est qu’il l’aurait mérité… Le jeune homme n’avait absolument pas été soigneux de ses affaires. Déjà en temps normal il était du genre bordélique, à laisser un petit capharnaüm se répandre dans son minuscule appartement au point qu’une chatte n’y retrouverait pas ses petits. C’était propre, cependant. Il faisait attention à ne pas laisser de vêtements sales ou de nourriture traîner, mais il n’en restait pas moins qu’il finissait par poser une machine à moitié montée dans un coin, des outils dans un autre, des livres dans un troisième et ainsi de suite jusqu’à ne plus savoir où il avait rangé quoi. Alors Nath’ profitait d’un jour de congé pour tout remettre à sa place et reprenait ses mauvaises habitudes le lendemain.

Toujours est-il que le fait que sa montre ne fonctionne plus lui était entièrement imputable. Persuadé de son génie d’inventeur, il était persuadé qu’il pourrait démonter sa montre, regarder comment l’intérieur était agencé et tout remonter sans aucune difficulté… Et pour être honnête, il pensait assez présomptueusement que son pouvoir l’aiderait à remonter la mécanique sans que cela pose de soucis. Eh bien il s’était trompé. Il avait eu tort, et il aurait dû s’en douter. En fait les montres, c’étaient de petits bijoux de mécanique, plein de minuscules engrenages et tout le barda qui devaient agir tous ensemble pour vous donner l’heure… Et lui avait joliment détraqué la sienne.

Qu’il ait déréglé sa montre n’était en soi pas un grand problème. Il pouvait en racheter une pas cher dans n’importe quelle boutique. C’est surtout que c’était l’un des rares cadeaux que Loreley lui avait offert qui la rendait si particulière. La demoiselle n’avait pas assez de revenus pour pouvoir se montrer dépensière, alors il avait été extrêmement touché quand elle lui avait fait le présent d’une superbe montre. Pas une de ces contrefaçons que vous pouvez acheter pour deux sous, mais une montre de qualité, achetée dans une de ces rares boutiques d’horlogerie dont les prix vous font tourner les talons et aller voir ailleurs si vous n’êtes pas sérieusement attiré par l’idée d’avoir ce bijou au poignet.

En y repensant, il aurait très bien pu démonter une autre montre. C’était stupide d’avoir utilisé celle qu’elle lui avait offert… Mais il avait tellement cru qu’il pourrait la remonter qu’il n’avait pas pris la peine d’en chercher une moins sophistiquée qu’il pourrait détraquer sans que cela ait de conséquences… Et si la jeune dérivée avait bon fond, il savait aussi combien elle était impulsive et risquait de mal prendre le sort qu’il avait fait à son cadeau. Dans le meilleur des cas, elle le bouderait, dans le pire, elle tempêterait en le traitant de noms d’oiseaux. Mais il préférait éviter que sa belle amie ne s’énerve et tenter de réparer sa faute. Ce qui voulait donc dire faire réparer, si possible, la montre.

Nathan avait donc cherché une horlogerie et avait découvert l’adresse du magasin devant lequel il se trouvait. C’était peut-être même celui où Loreley avait acheté sa montre ? Il n’avait pas osé l’appeler pour le lui demander, se doutant qu’elle voudrait savoir pourquoi il le lui demandait, ce qui aurait abouti par devoir lui avouer son méfait.

Poussant la porte, Nathanaël se dirigea d’un pas lent vers le comptoir, jetant au passage un coup d’œil au magasin. Lançant un petit sourire neutre au garçon à la caisse, un jeune homme qui devait avoir une ou deux années de moins que lui à première vue, il sortit la montre de sa poche et la posa sur le comptoir en déclarant.

« -Bonjour, j’aimerais faire réparer ma montre. Elle ne marche plus depuis hier… »

En apparence, la montre avait tout l’air d’être intacte. Mais s’ils l’ouvraient, il y avait de bonnes chances que l’horlogiste se demande comment le bel agencement d’engrenages avait pu se métamorphoser en ce que Nathan en avait fait. Le jeune homme n’avait guère envie de devoir piteusement avouer son bricolage maladroit. Après s’ils savaient réparer sa montre, ce serait tellement bien !
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Je m'ennuie ferme. Depuis ce matin, beaucoup de passants restent quelques secondes devant la vitrine, mais très peu d'entre eux se décident à entrer. Certes, passer chez un horloger pour acheter ou réparer ces petits bijoux est toujours très coûteux, mais quand bien même, les prix ne sont même pas affichés à l'extérieur. Alors pourquoi personne ne s'y risque ?

Alors oui, fidéliser le client ici, ce n'est pas facile. En général, ce dernier vient acheter une montre pour lui, une belle montre qu'il portera soit tous les jours soit uniquement pour de grandes occasions, et comme c'est de la très bonne qualité, il y a peu de chances pour qu'il soit amené à revenir ici un jour. Si c'est pour un cadeau, il peut éventuellement revenir une fois ou deux, pour faire régler le bracelet, changer peut-être la pile s'il ne sait le faire de lui-même, mais après ? Plus de nouvelles. Même si chaque montre vendue offre une belle somme à l'horloger détenant la boutique, même si financièrement l'enseigne se porte très bien... moi, je m'ennuie. Et pas moyen de vaquer à d'autres occupations, quand on tient une échoppe ! Toujours être disponible pour le client potentiel, c'est la règle. Et je déteste m'y tenir, mais je détesterais perdre l'emploi qui me permet de mettre de l'argent de côté. Alors, je maintiens mon caquet fermé, accueillant avec un sourire très faussé la prochaine distraction humaine à me mettre sous la dent.

Je soupire un peu, me risquant à checker mon portable. Mais à croire que c'est fait exprès, pas une seule news n'a été postée depuis la dernière fois que je l'ai regardé. Ni sur Facebook, ni sur instagram, pas même un sms de Kerry alors qu'ils se font toujours si nombreux. Si j'avais su qu'il me prendrait à la lettre, je ne l'aurais peut-être pas sommé de ne plus jamais m'envoyer un seul message "ou je t'explose", pour citer. En même temps, quand tu essayes de lire un truc et que ton téléphone n'arrête plus de vibrer tant le rythme de réception est élevé, qui n'aurait pas pété un câble ? Il est probablement la seule personne avec laquelle je me freine pour me montrer délibérément plus patient, mais là...

Enfin, aujourd'hui, même Kerry ne s'est pas décidé à briser mon incommensurable ennui. Monsieur Weich, le propriétaire et horloger de la boutique est quand à lui bien trop occupé, entre les paperasses et les travaux à l'atelier, la conception, la réparation... non, ce n'est pas lui qui va me faire la discussion ; ce qui me réjouit d'ordinaire ! Mais là...

Ce n'est même pas comme si je pouvais oublier l'heure ici, et soudain me rendre compte que je n'avais plus que cinq minutes de service avant de rentrer... L'heure est affichée partout bon sang, c'est une horlogerie ! Et chaque montre, chaque pendule murale, chaque chose que je regarde dans la boutique me hurle que j'ai encore trois heures à tirer ici. Je soupire, une fois de plus.

C'est alors que la petite clochette de la porte d'entrée s'est mise à tinter. Le son clair qui lui est propre m'a immédiatement sorti de ma torpeur, et je me redresse alors derrière le comptoir, saluant d'un sourire le nouvel arrivant, ravi d'avoir un peu de compagnie.

Il a l'air un poil perdu cependant, hésitant. Presque un peu trop pâle ? Son regard cherche visiblement un endroit où se poser, sans jamais s'exécuter. Il marche lentement jusqu'à moi, l'esprit ailleurs, et m'adresse un sourire de politesse.

- Bonjour, j’aimerais faire réparer ma montre. Elle ne marche plus depuis hier…
- ... Je peux ?

Comme mon patron me l'a enseigné, je lui offre un sourire le plus rassurant possible, me saisissant délicatement du bien qu'il me tend. L'éloignant un peu de moi, je contemple ce petit bijou avec fascination : cette montre est vraiment très belle, jusque dans les moindres détails. Même la forme des aiguilles a été soigneusement travaillée, l'habillement et ses finitions ont été pensés, il en ressort beaucoup de délicatesse. Une pièce d'art, conçue par un bon artisan, mais j'ai eu beau la retourner sous tous les angles, pas moyen de trouver la marque de l'atelier qui l'a créée. Une chose est sûre cependant, c'est qu'elle ne vient pas de chez nous. J'ai appris à reconnaître entre mille le tout petit poinçon que le maître horloger applique constamment sur la couronne de ses pièces, marque de fabrique de la maison.

Je commence alors dans ma tête un de mes jeux préférés ; le jeu du "pourquoi ce client s'est-il ramené ici et pas ailleurs ?". Actuellement, trois options cohabitent dans ma tête. La première est la moins probable, un vol. Ça arrive parfois, mais ici je n'en ai aucune preuve flagrante ; même si c'était le cas, je ne pourrais rien faire. Le seconde, c'est qu'il n'a pas les moyens pour retourner dans l'horlogerie hors de prix où il l'aurait achetée, et qu'il se dirigerait donc chez nous pour payer un moindre prix. Ce qui est probablement un raisonnement stupide puisque je n'aurais eu aucun mal à distinguer la marque de sa montre si celle-ci avait été plus prestigieuse que la nôtre. J'en arrive donc à la dernière option, et décide de tester directement mon hypothèse avec le concerné.

- Eh bien monsieur, en voilà une très belle pièce... elle ne vient pas de chez nous, cependant. Serait-ce un cadeau ?

Je n'attends pas sa réponse pour commencer le diagnostic, ayant volontairement posé une rhétorique pour le travailler. Comme ça, si je m'étais trompé, il s'empresserait de se justifier ou de me donner la raison de son passage ici. J'approche la montre en métal à une dizaine de centimètres de mon visage. Les aiguilles sont arrêtées, et j'entends pourtant un drôle de tic-tac un peu décousu, en l'approchant de mon oreille. Bon, ce n'est donc pas un problème de pile. Je n'aurais tristement pas droit au classique mais indétrônable "Je n'ai plus de piles ? Vous voulez dire que ma montre fonctionne avec une pile ?" (oui, c'est une véritable histoire, et croyez-le ou non, cette phrase et ses variantes me sont parvenues aux oreilles plus d'une fois depuis que j'ai pris mon service ici)

- C'est étrange ça, le mécanisme a l'air d'être actionné, mais les aiguilles ne bougent pas. Vous permettez que je l'ouvre ? C'est peut-être juste une pièce qui serait sortie de son axe...

Cette fois-ci j'attends sa réponse avant de commencer le travail, puisqu'il induit de toucher au mécanisme de son précieux bijou. C'est la limite, avec un client. C'est assez rare, mais parfois le diagnostic nécessite que l'on ouvre déjà la montre pour comprendre où se trouve le souci, lui annoncer ensuite le prix de la réparation et le délai pour venir la récupérer, dans le cas où je ne peux pas réaliser le travail seul et dans la journée. Si ce n'est qu'un souci d'engrenage, je le ferai dans la minute et pour une moindre somme (eh oui, sans achat chez nous, pas de gratuité pour les petites réparations !), mais si c'est un problème plus important, passage chez l'horloger obligatoire. Et là, tant la somme que le délai augmentent considérablement...


Dernière édition par Sven Leif le Dim 20 Nov - 20:48, édité 1 fois
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Son jeune horloger lança à Nathan un sourire accueillant sitôt qu’il fut entré. Nath se doutait bien qu’il se devait de lui lancer un sourire sous peine de se faire tirer les oreilles par son patron, mais il trouvait que le vendeur avait un côté sympathique qui le mettait en confiance. Déjà il était blond ! Entre blonds –bien que Nath ait une teinte plus argentée que son interlocuteur- ils se devaient de s’entendre. Et puis ses yeux bleu-vert devaient faire fondre le cœur des demoiselles.

Gentiment, et aussi parce qu’il était venu pour cela, Nathanaël remit à l’horloger sa montre, croisant les doigts pour qu’il puisse faire quelque chose pour la réparer. Allez ! Il ne demandait pas grand-chose. Juste un tout petit peu de chance. Histoire qu’il ne risque pas de se faire botter l’arrière-train au point de ne plus pouvoir s’asseoir deux semaines. Promis il arrêterait ses tentatives d’inventer quelque machine révolutionnaire pendant un mois. A peu près. Il savait qu’il ne pourrait guère se retenir plus longtemps.

La vendeur semble contempler avec attention sa montre. C’est vrai qu’elle est extrêmement jolie. Pour être tout à fait honnête, Nathan estime que les montres sont très surfaites à l’ère du numérique. Tout le monde ou presque se balade avec un petit bijou de technologie capable de servir à la fois d’horloge, de calculatrice, de chronomètre et qui vous permet d’envoyer et recevoir des messages et appels de tout Ariesten… Alors oui une montre c’était joli… Mais pas furieusement nécessaire. Mais c’était un beau cadeau, alors il aimerait beaucoup la garder sa jolie montre.

Le jeune homme le surprend lorsque, après avoir examiné sa montre, il lui demande s’il s’agit d’un cadeau. Qu’il sache si sa montre vient de leur magasin ou pas est normal. Ils doivent avoir des moyens de retracer ce genre de choses, que ce soit par une marque de fabrique, ou parce qu’ils ont ou n’ont pas l’exclusivité des ventes sur une marque particulière. Mais qu’il s’agisse d’un cadeau ? Qu’est-ce qui le lui a soufflé ? Il n’en sait trop rien. Peut-être fait-il une simple supposition pour faire la conversation tandis qu’il ausculte (ou pour un objet on dit inspecte ?) sa montre. Et sa curiosité n’en est guère plus piquée que cela. Ce qui lui importe surtout c’est de savoir s’il peut la refaire fonctionner ou s’il doit commencer à préparer son testament… Peut-être qu’en emmenant Loreley dans un restaurant hors de prix et en la gâtant honteusement de ce qu’elle préférait il pourrait faire passer la mauvaise nouvelle sans trop de casse ? Etrangement, il n’y croyait pas trop…

« -C’est bien un cadeau, en effet. »

Nathan aurait pu en rajouter. S’épancher longuement sur les circonstances du cadeau, la personne qui la lui avait offerte –là ils y étaient encore dans deux mois-, mais il n’avait aucune envie d’étaler sa vie privée à une personne qui n’avait certainement aucun intérêt à l’entendre. Nathan retint toutefois une grimace lorsque son interlocuteur remarqua que le mécanisme avait l’air d’être actionné sans que les aiguilles ne bougent. Comment expliquer cela sans devoir raconter ses petits jeux avec son pouvoir ? Il avait presque réussi à la remonter sa montre ! Presque ! C’était bien le « presque » qui posait problème. Le mécanisme fonctionnait, mais les aiguilles ne bougeaient pas. Alors si cela se trouvait, il avait fait une infime erreur en remontant la montre et cela paraîtrait comme un problème de mécanisme anodin… Mais il pouvait tout aussi bien avoir remonté l’entièreté de sa montre à l’envers…

Nathan était un peu ennuyé. Il espérait un peu qu’ils pourraient réparer sa montre d’un coup de baguette magique. Il s’était bien douté qu’ils risquaient de devoir l’ouvrir pour voir ce qui n’allait pas, mais c’était bien une situation qu’il avait espéré éviter. Enfin bon… Tant pis, il vaut mieux subir les regards intrigués d’un vendeur dont il ne connaissait pas le nom que celui furieux de Loreley quand il lui apprendrait avoir abîmé son cadeau.

« -Je vous en prie… »

Nathanaël promena son regard dans le magasin le temps que son interlocuteur puisse ouvrir la montre et rende son verdict. C’était en tout point ce dont on pouvait s’attendre d’une horlogerie. Un côté de la boutique était destiné à présenter les montres dans de jolies vitrines. Il y en avait de toutes sortes, certaines d’une superbe finition, accompagnées de ciselures, dorées ou argentées et j’en passe. D’autres étaient simples, et aussi proposées à un prix plus accessible. L’autre côté du magasin était utilisé pour des produits plus imposants. Horloges murales, mais aussi vieux meubles que le maître horloger devait réparer ou racheter afin de leur redonner leur lustre d’antan avant de pouvoir les vendre cher et vilain à des collectionneurs ou amateurs de telles antiquités d’une autre époque. C’est vrai que dans un vieux manoir, une de ces énormes horloges à pendule du siècle dernier pouvaient avoir du style. Mais ce n’était pas dans son petit appartement qu’il en aurait installé une.

Refocalisant son attention sur le jeune vendeur, Nathanael pencha légèrement la tête sur le côté, osant demander d’un ton léger comme s’il parlait de la pluie et du beau temps.

« -Alors ? Vous trouvez ce qui ne fonctionne pas ? »

Pourvu que ce soit un simple engrenage mal placé... Pourvu que ce soit un simple engrenage mal placé ! Ying tout puissant, faites qu’il n’ait pas transformé sa belle montre en une épave irrécupérable…
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- Je vous en prie… A alors accepté mon client, un peu nerveux.

Il s'est mis à regarder un peu partout dans la boutique, probablement pour me laisser le temps de diagnostiquer son bijou. En général, ces opérations-là peuvent prendre plus de temps, et sont réalisées dans l'atelier ; on propose régulièrement au client de faire un tour dans d'autres échoppes et de revenir quand il aura fini, pour lui épargner une attente interminable. Mais là, il est mon seul client, et c'est avec un plaisir non dissimulé que je m'adonne à cette distraction bienvenue, perturbant la monotonie de ma journée. De plus, j'aperçois au travers des vitrines une pluie torrentielle qui se déverse dans les rues. Depuis quand s'est-elle mise à tomber ? C'est étrange, il y a dix minutes je n'avais que ce genre de détails pour m'occuper, et maintenant je ne m'en aperçois même plus. Ce client a chassé ma dose d'ennui de l'après-midi, on dirait.

Ils sont rares, les individus capable d'exercer ce genre d'effet sur moi. Il est vrai que c'est surtout le cas de sa montre qui a piqué mon intérêt plus que le sien, mais... il y a quelque chose dans ce visage, dans cette attitude qui m'intrigue. Il m'a confirmé plus tôt qu'il s'agissait bien d'un cadeau, je devine qu'il doit sacrément y tenir pour se ramener ici dans tous ses états. Il n'a pas d'autre bijou, rien de trop cher sur lui, pas de superflu. Ce n'est clairement pas notre clientèle cible, ici on se vante surtout d'avoir des gens aisés, souvent exigeants, parfois pédants. Étrangement, alors qu'ils sont les premiers à dire qu'ils ne regarderont pas le prix et désirent voir tous les modèles, beaucoup finissent par se montrer radins dans leur choix final, ou pire, refusent de payer des réparations, comme si elles étaient comprises dans le prix, ou qu'elles étaient là par la faute de l'horloger. Et pourtant, c'étaient parfois des heures de travail pour retaper leur bien !

Heureusement, mon cynisme et mon sourire commercial ont pu un peu appuyer le discours de maître Weich, et je me rends surtout utile en négociation au final. Mais bon, peut-être est-ce une fleur que de me garder à l'accueil de la boutique et continuer de m'employer tant d'heures presque inutiles par semaine. Après tout, être payé à ne rien faire, je pense que beaucoup m'envieraient. Moi, ça me court sur le haricot, je me surprends parfois à lustrer le comptoir ou passer le balai, dans les cas les plus désespérés.

Je m'octroie un bref passage dans l'atelier afin de procurer quelques outils basiques, le maître n'y étant pas je suppose qu'il se trouve actuellement dans son bureau à traiter des documents administratifs. Je crois me rappeler qu'il n'a pas de travail pressant relatif à l'horlogerie, en ce moment, alors peut-être prend-t-il simplement une pause ? De retour au comptoir, j'ouvre avec grand soin le boîtier de son cadeau, donc. Celui-ci ne m'offre aucune résistance, et cède rapidement grâce à ma précision. Je saisis la pièce protectrice, et la dépose délicatement à côté de l'objet. Et là, c'est un vrai drame.

- Alors ? Vous trouvez ce qui ne fonctionne pas ? Me demande alors l'homme en face de moi.

Le ton un peu hésitant face au la surprise que j'ai dans les mains, je lui réponds alors.

- Comment dire... c'est un peu compliqué, là. Je ne comprends pas trop comment cette montre est censée fonctionner ? Enfin, je ne sais pas ce qu'il s'est passé mais je n'en ai jamais vue dans un tel état, on dirait que les pièces ont été démontées, puis remontées n'importe comment...

Je marque alors une pause, un peu gêné. Je me gratte nerveusement l'arrière de la tête, m'ébouriffant un peu au passage. Que faire ? Je ne suis pas un expert mais il m'est facile de remarquer que certaines pièces ne sont pas à leur place, pour avoir admiré le travail de M. Weich lorsqu'il montait les engrenages. Je reprends.

- Bon, en tout cas, ça a l'air réparable. A première vue, aucune pièce ne manque. En revanche, je préférerais confier cette montre au maître horloger, car je crois bien que ça sort de mon domaine de compétences. Vous seriez d'accord ?

Je lui désigne du doigt un coin avec deux fauteuils, une table basse et des journaux. C'était une idée de l'ancienne vendeuse paraît-il, qui a admirablement porté ses fruits. Les clients aisés adorent être choyés, se sentir spéciaux et s'asseoir dans un fauteuil en cuir moelleux, avec de la lecture et parfois même un café. Et bien que ce monsieur n'ait pas l'air d'avoir beaucoup de moyens, j'estime que ce confort n'est pas superflu. Il fait froid, son cadeau est tout esquinté et en plus, il n'y a pas d'autre client dans la boutique. Ce n'est pas avec un temps de chien pareil qu'ils se bousculeront à la porte alors, ce n'est pas comme si je lui proposais une place réservée.

- Si vous désirez attendre ici, n'hésitez pas. Monsieur Weich ne devrait pas prendre plus d'un quart d'heure à estimer le prix des réparations à effectuer sur votre pièce, après quoi vous pourrez accepter ou non la réparation. Alors, qu'en pensez-vous ?
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Nathanaël n’était pas franchement à l’aise. Pas à cause du fait qu’il se trouvait dans une boutique dont la majorité des articles étaient trop chers pour ses faibles revenus, mais plutôt devant la possible surprise que risquait bientôt d’avoir son jeune vendeur. Mais il s’était fait une raison : il n’avait pas vraiment le choix. Soit il acceptait les questions un peu gênantes et les regards de biais d’un quasi-inconnu et repartait peut-être avec une montre qui fonctionne, soit il reprenait sa montre et se faisait botter le derrière par Loreley. Autant dire que le choix était tout de même vite fait.

Le jeune homme file quelques instants chercher ses outils et revient au comptoir. Nathan est content qu’il procède à l’opération devant lui. D’abord parce qu’ainsi il peut voir tout ce qu’il fait, mais aussi parce que sinon il serait tout juste bon pour admirer d’autres montres trop chères pour lui en vitrine et se mettre à culpabiliser de son méfait. Il ne faut pas longtemps pour que la pièce protectrice soit enlevée et posée délicatement sur le côté. Et que le jugement tombe. Il n’y a pas d’erreur possible : vu le ton hésitant, ce n’était pas une simple pièce qu’il aurait mal placée. Le pire c’est que dans son constat, il n’était pas loin du compte. Nath avait effectivement démonté sa montre pour la remonter. Il ne voulait évidemment pas le faire n’importe comment mais… eh bien il s’était raté. Avec brio. Un vrai génie de la mécanique, n’est ce pas ?

Maintenant, c’est son vendeur qui était gêné. Il pouvait le comprendre, il ne s’attendait surement pas à ce spectacle. Comment l’aurait-il pu ? C’est un peu ce que Nathan craignait… Il pouvait presque se targuer d’avoir réussi à créer une première dans le métier du jeune homme. Ce dernier toutefois lui donna une bonne nouvelle : on devait pouvoir la réparer. Toutes les pièces étaient toujours là après tout. Elles étaient juste assemblées bizarrement. En revanche, il allait devoir confier la montre à son patron, ce qui voulait dire que la note serait salée. Mais bon c’était sa faute, autant la réparer.

« -Faites… J’aimerais récupérer cette montre. J’y tiens. » répondit-il un peu dépité.

Il aurait dû y réfléchir à deux fois avant de « jouer » avec. S’il avait su… Eh bien pour être honnête, il aurait été assez arrogant pour se croire capable de démonter et remonter la montre même si on l’avait prévenu. Et il s’en serait encore plus mordu les doigts qu’il ne le faisait en ce moment. Mais bon, le mal était fait. Il ne lui restait guère qu’à tâcher de le réparer. Adieu chères économies. Heureusement que Loreley ne fêtait son anniversaire que plus tard, il aurait toujours le temps de mettre un peu de côté pour pouvoir lui offrir quelque chose. Au pire il ferait quelques heures sup’ pour arrondir les fins de mois. Il se débrouillerait. Elle s’était bien arrangée pour pouvoir lui offrir cette montre après tout.

Prenant place dans un des fauteuils, Nathanaël n’a toutefois pas la tête à lire. Il va connaître le prix de la réparation d’ici peu. C’est déjà cela. Mais il sait déjà qu’il acceptera la réparation peu importe le coût. C’est l’un des rares objets auxquels il tient vraiment, et pas juste à cause de sa valeur. Au moins il est bien tombé. Son vendeur est sympathique et tente de faire visiblement son possible pour se montrer professionnel tout en veillant à ce qu’il reparte satisfait du service. Il aurait pu tomber sur un de ces gars qui s’emmerdent derrière leur comptoir, vous accueillent peu aimablement en vous faisant comprendre qu’ils n’aimeraient rien tant que de vous voir les laisser tranquille jusqu’à la fin de leur service et qui expédient votre consultation en vous laissant clairement frustré et sans guère de réponse.

Jusqu'à présent il a encore eu de la chance, on ne lui a pas demandé comment il avait fait son compte pour que sa montre se retrouve dans ce sale état. Après il ne serait pas étonné si le patron se montre curieux et lui demande de savoir qui avait saboté le délicat ouvrage d'engrenages bien agencés...


[HRP : Désolé du retard, j'ai été fort occupé la dernière semaine]
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C'est sans une once d'hésitation que mon client a accepté ma proposition. Pourtant, son attitude un peu fermée me laisse déceler de l'inquiétude, peut-être sur le prix, peut-être sur le temps de réparation ? A-il par hasard besoin de sa montre rapidement, irait-il au restaurant ce soir avec la personne qui le lui a offerte ? Je l'observe un peu de loin s'affaler lourdement dans le fauteuil. Ouais, j'espère vraiment qu'on pourra faire quelque chose pour lui.

Il n'y a pas de raison en même temps, le service fourni par l'horlogerie est toujours de qualité, le maître comme moi faisons au mieux pour satisfaire les deux parties. C'est parfois dur de joindre le bout mais, avec beaucoup de patience et de compromis, je pense qu'il est possible de s'arranger.

C'est dans cet état d'esprit décidé que je m'en vais toquer fermement au bureau de monsieur Weich. M'invitant à entrer, je m'exécute calmement, mes pas claquent et résonne dans ce bureau haut de plafond, si silencieux. Je me tiens droit, comme à chaque fois que je vais le voir ; c'est un homme que je respecte beaucoup et je tiens à ce que ça se voie. Il se saisit délicatement de la montre que je lui présente, encore ouverte afin qu'il distingue rapidement le problème ; alors qu'il se concentre sur la pièce, j'en profite pour lui dresser un portrait du client, comme il aime que je fasse. Je vois un sourcil se lever sur son visage, puis un sourire d'amusement. Ce comportement ne m'étant pas familier, je panique un peu intérieurement, que va-t-il donc m'annoncer ?

_____________________________________________________

Je reviens dans la pièce principale, un peu nerveux, un peu pensif. J'avance doucement vers le fauteuil où se trouve mon client.

- Me revoilà. Monsieur Weich va s'occuper de votre montre, il m'assure que s'il n'y a pas de mauvaise surprise durant le démontage et le remontage de celle-ci, vous devriez en avoir pour une soixantaine de golds.

Que dire ? Trouve-t-il cela trop cher, où s'attendait-il à pire ? Dans tous les cas, je reste un peu interloqué par le comportement de l'horloger. D'ordinaire, il ne ménage pas ses clients et travailler pour si peu n'est pas dans ses habitudes. Qu'est-ce qui a bien pu le piquer, dans cette histoire, pour qu'il se montre si aimable ? Il s'est saisi tout sourire de ce nouveau travail, alors qu'il était en plein milieu de sa paperasserie. Pour quelle raison ? Sans savoir ses motivations, il m'est si dur de communiquer avec mon interlocuteur... ah, je ne suis vraiment pas fait pour le social. Toutes ces discussions m'épuisent. Moi, je veux dire merde à tout le monde, là. Je suis enfin diverti alors je m'estime chanceux, je n'aurais pas perdu ma journée mais... vraiment, j'aimerais beaucoup trouver une vraie passion, être animé par une envie de faire quelque chose, ne plus rester à hésiter, ne plus être forcé de faire un travail que je n'apprécie pas forcément juste pour avoir de l'argent.


Je n'ai même pas à me plaindre de ma paye. Avoir arrêté juste après le bac et travailler ici, c'est déjà une aubaine, d'autres m'envient probablement depuis la vitrine. Mais, j'aspire à autre chose, dans la vie. Je voudrais être comme Kerry, passionné par le ciel, qui sait toujours où regarder ou bien quoi faire. Moi, tout me passionne et rien ne m'apporte réelle satisfaction, rien ne semble destiné à poser sur mes lèvres le même sourire que le sien lorsqu'il parle des étoiles.

- Je vous invite à me suivre au comptoir, je vais prendre vos coordonnées et votre nom afin de vous enregistrer dans notre fichier clients, si vous le voulez bien.

Plus curieux que d'ordinaire, m'amusant comme je le peux, je cherche à deviner son nom. C'est une activité à laquelle je m'adonne régulièrement, et le pire est que j'ai souvent raison. Bon, bien sûr, je tape aussi régulièrement à côté. Entre les Victorine et les Amaro, c'est sûr que les prénoms chelous je n'y pense pas directement. Voyons voir... Thomas ? Mathieu ? Antoine ? Non, il a une tête plus douce que ça. Un nom un peu plus précieux lui irait mieux. Anthony ? Léon ? Nestor ? On verra bien... Je me place devant l'écran, les mains au-dessus du clavier, prêt à taper.

- Votre nom et prénom, s'il vous plaît ?


[Bwah, désolée c'est un peu court, je n'étais pas très inspirée !]


Dernière édition par Sven Leif le Jeu 8 Déc - 23:35, édité 1 fois
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Nathanaël est bien tombé. Même si ce n’est pas l’horlogerie qui a vendu la montre à Loreley, ils semblent compétents. Ils pourront certainement la réparer, non ? Ils l’ont déjà bien accueilli. Et mine de rien, son vendeur semble avoir tenté tant bien que mal de le rassurer. Et il est sympathique. Tout ira bien ! Ils vont prendre sa montre, la remonter correctement et Loreley ne se rendra compte de rien. Elle n’aura pas vent de l’incident et il éviterait de sérieux reproches. Maintenant qu’ils lui ont dit qu’ils allaient pouvoir réparer son bien, le jeune homme sentait un poids s’envoler de ses épaules. La pression qu’il ressentait diminuait peu à peu. Mine de rien, il était arrivé avec un véritable nœud au ventre à l’idée d’avoir pu casser pour de bon le cadeau que Loreley lui avait offert. Il aurait toujours pu le cas échéant porter la montre même si elle ne fonctionnait pas, mais la demoiselle s’en serait vite rendue compte et aurait demandé des explications… Et comme Nath’ refusait de lui mentir, il aurait été bien ennuyé.

C’est avec un sourire attendri que Nathanaël imagine la demoiselle malgré tout. Il n’en peut rien, dès qu’elle lui vient à l’esprit, il ne peut s’empêcher de voir le côté positif des choses. Tout est plus amusant. Les couleurs sont plus vives, les odeurs plus marquantes, le monde a plus de piment quand la demoiselle le partage avec lui. Pas besoin de grand-chose quand elle était là. Il ne ressentait pas le besoin ni même spécialement l’envie de voyager en des places exotiques, d’avoir plus que ce qu’il n’avait déjà ou quoi que ce soit du genre. La journée de son anniversaire en avait été la preuve. La demoiselle n’aimait pas la foule, alors ils avaient passé la journée chez lui, à se disputer comme deux gamins devant un jeu, à tester une recette un peu foule en utilisant tous les aliments qui leur tombaient sous la main, bref à passer du bon temps. Et c’est sans chichis ni fioritures que la jeune femme lui avait donné son cadeau. Simple et direct. Un présent qu’il était loin de mériter, et qu’il savait qu’elle avait du avoir du mal à financer.

Son jeune vendeur ne mit pas trop longtemps à revenir. Il avait dû expliquer sa situation à son patron et lui avait présenté la montre, et avait ensuite probablement attendu que son supérieur ne lui dise ce qu’il pensait de sa montre. Comme pour confirmer ses suppositions, le vendeur prend la parole. Son patron va bien s’occuper de sa montre et la réparer. Et vu qu’il ne semble pas plus inquiet que cela, il est probable que le démontage et remontage se passe sans soucis. Yin soit loué ! Il est aussi un peu soulagé du prix qu’il lui annonce. Ce n’est pas donné, mais c’est loin d’être aussi important que ce qu’il avait craint. Surtout pour une montre de cette qualité-et le boulot qu’il imposait-.

Le jeune homme l’invite maintenant à le suivre au comptoir pour enregistrer ses coordonnées. Logique, cela risque de prendre un peu de temps et il ne doit pas être la seule commande qu’il ont en ce moment. Mais au moins on va réparer sa montre. Repasser un autre jour quand le travail sera achevé n’est pas un souci. Et puis l’horlogerie n’est pas loin de son boulot, ce ne sera qu’un court détour quand il aura fini sa propre journée de travail au garage. Ou alors il passera rapidement durant la pause de midi.

« -Nathanaël Skylar. Vous savez dans combien de temps approximativement ma montre sera prête ? »

C’est d’un ton assez neutre, bien que poli et légèrement amical que Nathan répond. Comme d’habitude, il est un peu ennuyé de devoir donner son patronyme complet. Il préfère mille fois qu’on le surnomme Nathan, ou même Nath’. Quels parents auraient l’idée d’appeler leur enfant Nathanaël à cette époque ? Les siens excepté évidemment… Mais bon quand il s’enregistre officiellement quelque part, autant donner son le nom figurant sur ses papiers d’identité et pas un surnom. Sait-on jamais, cela pourrait lui éviter des problèmes. Et il n’est pas plus pressé que cela que sa montre soit réparée. Il n’y a pas urgence. Même s’il espère l’avoir pour la prochaine fois qu’il verra Loreley.

Un instant, Nathan s’interroge. Quel est le nom de son interlocuteur ? Il n’a pas de badge, évidemment. Dans une grosse entreprise, il serait obligé de porter une de ces étiquettes immondes pour que le client sache quel serveur l’avait bien ou mal accueilli s’il voulait se plaindre. Même à son garage, ils ont des uniformes avec leurs noms écrits dans leur dos. Mais on était dans un petit établissement de qualité. Il ne devait guère y avoir que lui, son employeur, et peut-être un troisième apprenti horloger. Pas besoin de tels chichis. Mais Nath’ aurait aimé connaître le nom de celui qui s’était montré si agréable pour le servir et l’aider. Alors autant le demander…

«- Et vous ? Quel est votre nom ? » réplique-t’il avec un sourire affable au visage.
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Il ne me fait pas trop attendre, et me dicte calmement son nom. "Nathanaël Skylar", je le tape calmement sur le clavier un peu bruyant de l'accueil, un son répétitif et qui brise le silence ; je l'aime bien ce son, je le trouve agréable, tel un cliquetis mécanique rassurant, qui m'accompagne au fil des lettres. "Nathanaël" ? C'est un long mais beau prénom, ça sonne délicat au moins... pas comme le mien. "Skylar" ? J'essaie de me remémorer, mais je crois bien n'avoir jamais encore entendu ce nom. Ni à l'école, ni à la boutique, visiblement je ne connaissais personne de sa famille. Ariesten n'était pourtant pas très grande mais, ça restait une ville, alors c'est peut-être normal de ne pas y connaître tout le monde. Peut-être l'avais-je déjà croisé dans la rue, s'il est venu à cette horlogerie-ci c'est peut-être qu'il habite ou travaille dans le quartier ? Il me demande également quand il pourra chercher son bien.

- Hm, à priori, je pense que d'ici demain après-midi elle sera prête. Mais pour être bien sûr, vous pouvez revenir après-demain.

D'ordinaire, nous proposons à nos clients de les rappeler sur leur portable pour les prévenir mais là, le maître horloger m'avait affirmé que ça lui prendrait peu de temps. Dans les faits, peut-être l'aura-t-il même réparée ce soir ! Mais une marge de manœuvre est toujours nécessaire, afin de ne pas avoir l'air incompétent si le client se ramène et que son bien n'est pas prêt. Je pense avoir anticipé le nécessaire, niveau formalités, et je sens mon corps entier se détendre un peu. Sans l'avoir remarqué, mon corps s'était crispé ; peut-être qu'au final cette visite n'a pas seulement interrompu mon ennui, peut-être qu'elle m'a également... perturbé ? Je me concentre, m'obligeant à respirer par le ventre, profondément, calmement. Quelques frissons me parcourent l'échine et les bras, je me détends encore un peu plus.

Son cas est particulier, m'a sorti de mes habitudes. Pourquoi ? Il n'est pas de ces clients richissimes et snobs -je grossis le trait- avec lesquels j'ai l'habitude de traiter, c'est peut-être même la première fois qu'il met les pieds dans une bijouterie à en voir son visage perdu, presque affolé. J'ai bien noté le soulagement qu'il a ressenti lorsque je lui ai appris que sa montre était réparable. Ses épaules étaient retombées. Peut-être est-ce ça, aussi ? J'ai compris que cet objet était personnel et lui tenait à cœur, alors je me suis pris à vouloir lui offrir un service satisfaisant, être rassurant ? Au final, j'avais un peu peur de m'être trompé dans mon diagnostic jusque-là. Heureusement, maître Weich m'a rassuré en confirmant mes observations ; bien que son étrange sourire m'intrigue encore.

En fait, moi aussi j'ai envie qu'il retrouve sa montre réparée au plus vite. J'ai envie de comprendre pourquoi l'horloger en a demandé un prix si bas, pourquoi il s'est mis de suite au travail. Mais aurai-je la réponse un jour ? Je lui demanderai probablement, une fois cette belle pièce rendue à son propriétaire...

- Et vous ? Quel est votre nom ?

Je sursaute, mon flot de pensées s'interrompant net. Je n'avais pas remarqué que j'étais jusque là en pleine introspection. Réalisant que mon visage portait toute ma surprise, je m'empresse de corriger mon attitude et m'excuser.

- Oh ! Excusez-moi, j'avais la tête ailleurs. Je m'appelle Sven Leif, mais vous pouvez m'appeler simplement Sven, on a à peu près le même âge !

Je lui tends alors une main, un sourire collé aux lèvres. Le plus chaleureux possible, j'essaye ainsi et à mon échelle de le rassurer quant à la réparation de sa montre. Il ne sera pas déçu, j'ai confiance en ce maître horloger, il n'est pas n'importe qui et a travaillé pour de grandes marques avant de lancer la sienne. Je sais que son bijou est entre de bonnes mains.

- Et surtout, ne vous en faites pas. Maître Weich remontera votre montre avec brio. Vous pouvez avoir confiance en lui !

Je le regarde, toujours souriant, ce qui m'étonne un peu d'ailleurs. Je le sais, je le sens, ce n'est plus un sourire commercial qui s'étire sur mes joues. Je crois que j'aime bien ce client.

- Je vous souhaite de passer une excellente fin d'après-midi !

Le soleil perce légèrement les nuages, quelques raies entre dans la boutique à travers la vitrine. Il pleut toujours, mais plus pour longtemps je l'espère. Ce jeune homme pourra rentrer chez lui sans se prendre la pire des averses sur la tête... et moi aussi, d'ailleurs. Il est bientôt l'heure de rentrer... Ouf !

Drôle de journée.

Aparté:
 
 
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