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Un petit oreiller avec votre café ? [Pv Leo]
Invité
Sam 14 Mai - 11:02
Elle se retourna une énième fois dans son lit et se mit à fixer le plafond en espérant qu'elle puisse y trouver une quelconque façon de s'auto-hypnotiser mais non, pas moyen. Titus l'aurait sans doute déjà assomée depuis longtemps, comme il l'aurait fait quand il faisait du camping, mais à cette époque elle n'était pas encore une traumatisée des matelas. A cet instant précis, elle aurait adoré que des puces de matelas ne fassent leur apparition soudainement et l'obligent à dormir ailleurs, n'importe où ailleurs ; elle pouvait espérer encore longtemps, il n'y avait aucune raison valable pour que ça soit le cas. Et à choisir, peut-être qu'elle préférait se savoir loin de tout insecte, quel qu'il soit, et surtout s'il pouvait à tout moment se transformer en un être humain potentiellement tordu. C'était fou comme finalement, l'imaginaire lié aux animaux hybrides pouvait coller parfaitement avec la réalité. Dans le langage courant, être un cafard n'annonçait rien de bon, et vous saviez quoi ? En être un vrai de vrai non plus ! Est-ce que les puces étaient toutes petites et pleines de vie, d'ailleurs ? A sautiller partout et à chercher à tout prix la compagnie d'un autre être vivant ? Elle se figura un instant ce que pouvait donner l'apparence d'une hybride puce, mais au moment de rentrer dans les détails physique elle se rappela l'horrible texture de la peau de David. Il y avait des femmes qui râlaient à propos d'hommes poilus, mais savaient-elles seulement ce que c'était une peau parfaitement lisse comme un miroir ? Et aussi froide...

Elle soupira pour la énième fois et tenta de chasser cette idée de son esprit. Cette idée qui l'avait poursuivie toute la journée. Cette idée qui l'asphyxiait par moments au point qu'elle avait l'impression une fois chassée qu'elle sortait la tête de l'eau après une plongée à la limite de la noyade. Il y avait tellement de questions sans réponse qu'elle finissait par avoir l'impression que tout ceci n'aboutissait qu'à un amas d'incertitudes toutes plus inquiétantes les unes que les autres. Elle avait beau essayer de raisonner, seules les pires solutions semblaient toujours pointer le bout de leur nez au moment d'établir une liste des possibilités qui s'offraient à elle. La plus sûre mais la moins certaine c'était que Cathy n'ait pas encore parlé à l'autre, et qu'elle lui laissait alors le temps d'entamer une action contre lui et se protéger par avance. Elle ne pouvait pas compter dessus à 100%. Sa sœur était impulsive, sanguine, elle avait sans doute appelé David dans la foulée en quittant son appartement. Ce n'était pas faute d'avoir trimé toute la journée, elle avait repensé plusieurs fois à cette conversation, mais elle refusait ce sentiment de culpabilité qui en découlait. Mais tout de même... Cathy la croyait vraiment capable de ça ?

Elle s'était posé à plusieurs reprises la question de son intérêt à mentir après deux ans. Elle n'en voyait aucun, d'autant mieux qu'elle ne savait pas avant la veille qu'elle voyait encore ce type pour s'envoyer en l'air quand elle ne trouvait pas de don Juan à berner. C'était d'ailleurs une des choses qui l'inquiétaient le plus : jusqu'à quel point la témérité de sa sœur sur ce plan pouvait aller pour encore passer du temps avec un détraqué comme lui ? Même si c'était émettre un jugement de valeur contre lequel elle était sur le principe, elle trouvait légitime de se poser la question. C'était peut-être ça qui finalement empêchait Cathy de croire ce que lui disait Neyth, sa témérité. Pour elle, la possibilité de se faire agresser n'existait peut-être pas, puisqu'elle n'avait visiblement que peu de limites sur la question. Elle finirait bien par le dire à cette ordure, et il ne tarderait pas à venir la voir.

Là où l'angoisse montait le plus, c'était quand elle se rendait compte que même en faisant le plus attention du monde, elle serait incapable de s'apercevoir de son arrivée si jamais il venait à lui rendre une visite de politesse. Il ne se gênerait sans doute pas pour entrer sans frapper, après tout il n'en avait pas besoin. Une grille d'aération ferait l'affaire, un dessous de porte, une fenêtre mal refermée... C'était là que le vertige commençait. La seule vraie chance de lui échapper, c'était encore d'aller dormir dans les bois : avant qu'il ne retrouve l'endroit où elle pourrait se cacher, elle aurait le temps de changer dix fois de cachette. La simple idée de sortir seule la rendait cependant dingue. Alors tant pis, elle passerait le reste de la nuit à se tortiller dans son lit.

Elle jeta un coup d'oeil à son téléphone. Rien, aucun message, ni un appel en absence. Il était minuit moins cinq et la lumière bleutée de l'écran faisait des ombres étranges sur les murs et les meubles entièrement vides. Tous les cartons étaient regroupés dans le salon, et son appartement paraissait pourtant résonner comme une cathédrale. Vivement qu'elle change d'endroit, elle n'en pouvait plus de cette chambre... Il y eut un bruit qui la fit sursauter. Elle se figea, l'oreille aux aguets, prête à voir apparaître quelqu'un dans l'encadrement de la porte. Puis des bruits de pas se firent entendre au-dessus de sa tête. Elle regarda au plafond. Ce n'était rien, juste son voisin qui devait quitter son bureau pour rejoindre son lit. Il venait de faire du bruit avec les pieds de sa chaise, voilà tout. Elle reposa la tête sur l'oreiller et repensa au message qu'elle avait laissé et qui semblait s'être perdu dans les airs. S'il ne l'avait pas rappelée, c'est qu'il y avait une bonne raison. Soit il n'avait pas eu le temps et ne l'avait toujours pas, soit il la pensait suffisamment en sécurité pour que rien de grave ne lui arrive. Elle habitait en face du commissariat, après tout. De l'autre côté d'une très grande place, certes, mais n'importe quelle intervention pouvait se faire en un clin d'oeil pourvu qu'il y ait des champions du cent mètres au poste cette nuit-là. Et puis peut-être que passée minuit, il se disait que ce n'était pas une heure pour rappeler quelqu'un. Ou peut-être qu'il s'en fichait, tout simplement.

Neyth se repassait les mots qu'elle avait prononcés, les ayant répétés un bon paquet de fois avant de les laisser sur son répondeur. Elle avait longuement hésité à l'appeler Titus à sa place, son ami tatoueur n'aurait pas pu faire grand chose si ce n'était la faire dormir chez eux, mais il aurait répondu immédiatement. A vingt et une heures trente, au moment de définitivement fermer la grille et de remonter chez elle puisque de toute façon, elle avait fini toutes ses commandes, elle avait fini par appeler. Elle était tombée sur messagerie. La pire, ou la meilleure option, elle ne savait pas. La jeune femme n'avait à proprement parlé pas une mauvaise opinion de lui, elle le prenait comme il venait. Un peu rude dans sa manière d'être, mais pas mauvais fond. Ronchon, ça oui, et peut-être qu'il ne serait pas ravi qu'on lui rajoute du travail à cette heure. Oui, peut-être que son message l'avait profondément gonflé, s'il se souvenait seulement de son nom. Elle n'était que sa couturière, après tout, il n'y avait pas de quoi sauter de joie en voyant un de ses appels. Sans parler du fait qu'il devait penser qu'elle avait fini quelque chose... Non, elle lui envoyait des messages écrits, dans ces cas-là, mais savait-on jamais ce qu'il aurait pu penser en voyant son numéro s'afficher.

« Oui, Monsieur Grant, c'est Neyth Sullivan, à l'appareil. Je suis désolée de vous déranger à cette heure mais... J'ai un petit souci, en ce moment... Je pense que je connais la personne qui a fait ça à cette jeune fille. Celle qui a été étouffée... Si vous voulez que je passe au commissariat, ou si vous préférez passer, je ne sais pas vraiment comment ça se passe... Et j'aimerais déposer plainte contre lui, aussi. Avant qu'il ne vienne me rendre visite par surprise. » Sa gorge avait failli se serrer de trop sur cette dernière phrase. Pourquoi avait-il fallu qu'elle y repense à cet instant-là ? « Je vous remercie d'avance, dans tous les cas. Bonne soirée, Monsieur Grant. Faites attention à vous. »

Et elle avait raccroché brutalement, se sentant plus ridicule que jamais après cette fin de message ridicule, message lui aussi ridicule, de toute façon. A bien y repenser, qui aurait rappelé après un message aussi nébuleux et aussi emprunt de paranoïa. S'il ne la connaissait pas depuis environ deux ans -ou un an et demi ? Elle ne se souvenait plus la première fois qu'il avait mis les pieds dans cette boutique-, il pourrait penser que c'est une folle. Sa voix tellement légère qu'elle semblait vouloir fuir à chaque mot lui donnerait sans doute une indication sur son degré d'angoisse, mais le contenu en lui-même... Heureusement qu'elle ne laissait pas des messages pareil à son plombier, pauvre homme ! Et puis cette fin, bon sang... « Faites attention à vous. » Comme s'ils se connaissaient vraiment, ou s'ils étaient intimes. Elle savait, elle le savait que c'était dans sa nature et qu'elle lui balançait souvent des phrases comme ça, sans trop savoir pourquoi. Parce qu'elle sentait qu'il s'en fichait éperdument, de toute façon, s'il l'écoutait c'était déjà bien beau...
Bon, c'était fini l'auto-flagellation à minuit dix ? Elle avait un déménagement à faire le lendemain, il serait peut-être temps qu'elle dorme.

Il y eut de nouveau du bruit. Mais cette fois, c'était clairement dans sa salle de bains. Oui, la porte en face de la porte de sa chambre. Le pommeau de douche qui s'était décroché ? Ou de l'eau qui venait de tomber d'un coup ? Avec le plus de précautions possibles, elle se redressa dans son lit et passa son gilet long sur son pyjama avant de mettre sans bruit ses deux pieds sur le carrelage froid de sa chambre. Téléphone en main, elle s'avança à pas de loup vers la porte de sa chambre, puis vers celle de la salle de bains qu'elle alluma d'un coup d'un seul comme pour surprendre quelqu'un. Rien. Absolument rien. Bon, il faudrait peut-être qu'elle arrête la paranoïa, non ? Elle avait quand même du courage, de se lever comme ça sans appeler au secours, non ? Pas besoin d'un Monsieur Grant pour venir la sauver au beau milieu de la nuit. Il devait dormir sur ses deux oreilles, le pauvre !

Puis elle ne sut pas pourquoi, quelque chose la glaça. Si quelqu'un était vraiment dans cet appartement avec elle, elle était seule avec lui. Et même s'il était déguisé en prince charmant, elle savait que tant qu'il n'était pas passé par la porte d'entrée, il y avait peu de chance que ça soit une bonne nouvelle. Bon. Procédons avec ordre et méthode. Elle était seule, sans aucun doute. Oui, et en train de recommencer à manquer d'air.

« Respire, pauvre idiote ! »

Sa propre voix la fit sursauter. Bon sang, il était peut-être temps d'y aller ? De faire un tour, juste un petit tour... Au commissariat, par exemple, histoire d'être tranquille une bonne fois pour toute. Que quelqu'un sache qu'elle pouvait être menacée par un taré. Qu'on ne s'étonne pas si elle se faisait vraiment menacer. Elle se retourna pour glisser ses pieds dans ses ballerines qu'elle avait laissé là le soir en rentrant. Oh, elle allait peut-être se changer, non ? Elle n'allait pas s'y rendre en pyjama, non ? Un nouveau bruit se fit entendre. Un carton qui semblait vouloir glisser sur l'autre. Non, tant pis pour la pudeur ! Elle attrapa son sac, ouvrit sa porte d'entrée et au moment elle entendit un grand bruit de carton d'ustensiles de cuisine qui tombait au sol, elle claqua sa porte et la ferma à clé. Réflexe stupide, mais on ne savait jamais. S'il y avait quelqu'un dans son appartement, il serait obligé de sortir autrement qu'en abaissant la poignée. Elle dévala l'escalier pour arriver au rez-de-chaussée où elle ouvrit la porte à la volée sans se la prendre en pleine poire, ce qui en soit constituait un exploit mais quand la peur vous guide, souvent on est capable de faire des choses extraordinaires. Une fois dehors, elle ne ralentit pas l'allure, courant en essayant de ne pas perdre ses chaussures ô combien inadaptées pour ce genre de situation et tenant fermement la bandoulière de son sac à main, ses clés dans l'autre main.

La lumière du commissariat sur le trottoir la fit ralentir jusqu'à marcher. Elle ne voulait pas arriver comme une folle s'il n'y avait rien chez elle. Elle venait simplement déposer plainte sous la menace potentielle d'une personne entrée dans son appartement. On comprendrait ou non par la suite qu'elle ait eu peur de cette intrusion. Essoufflée et blême, elle passa la porte du poste de police, la désagréable sensation que tout le sang lui quittait le visage, comme si elle avait tomber dans les pommes à l'instant. Une sensation qui allait vite passer, elle avait dû faire un trop gros effort un peu trop près vite au goût de son corps. Ce fut sans doute pour cette raison qu'elle resta plantée là comme une plante verte en pleine végétation contemplative et que quelqu'un s'approcha d'elle.

« Vous allez bien, madame ?
-Je... Oui.
-Vous venez pour quel motif ? »


Ses yeux trouvèrent ceux de son interlocuteur, et un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Tout mais qu'il n'appelle les pompiers. Les urgences, les hôpitaux, c'est bourré de grilles d'aération ! Et pas plein à rabord de personnes pouvant intervenir en un clin d'oeil.

« Pour déposer plainte. Et puis...
-Et puis ? »


Non, elle le dirait le moment venu à la personne qui prendrait sa plainte, on allait la prendre pour la folle du coin, sinon.

« J'ai les idées un peu en vrac, je viens de partir de chez moi en courant, ça va me revenir. Dans le bon ordre, je veux dire.
-Vous voulez vous asseoir ? Pour l'instant l'accueil est débordé avec une personne un peu confuse elle aussi. Je vous laisse vous reprendre tranquillement juste là et quand c'est à vous, quelqu'un viendra vous chercher, hein ? »


Il l'avait accompagnée jusqu'à la chaise comme si elle était grabataire ou handicapée, et au diable la dignité, elle était ravie de pouvoir s'asseoir. Juste en face d'elle, une femme qui semblait passablement engourdie d'alcool ou des médicaments essayait d'expliquer quelque chose à l'agent de l'accueil qui n'avait pas l'air de bien tout saisir. Elle tenait par la main un enfant encore en pyjama, qui tenait son doudou tout contre lui. Pauvre petit, obligé de partir de chez lui en pyjama... OH BON SANG ! Mais elle aussi était en pyjama ! De la façon la plus naturelle et la plus classe possible, elle referma les pans de son grand gilet noir sur elle, n'étant pas sûre de vouloir que tout le commissariat sache qu'elle dormait en petit débardeur et en short. Il y avait des fois où la pudeur n'était pas de mise. On lui aurait reproché d'avoir pris le temps de s'habiller décemment s'il y avait vraiment eu quelqu'un chez elle. La bonne nouvelle c'était que le sang affluait naturellement et à nouveau dans son visage. Il ne restait plus qu'à attendre, maintenant. Prendre son mal en patience et attendre. La bonne nouvelle, c'est qu'il ne pouvait plus rien lui arriver, désormais.
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