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Veux-tu être mon témoin pour mon divorce ? Promis, j'te fournis le kevlar [Pv Soltan]
Invité
Mer 10 Fév - 14:43
Il s'était retourné d'un côté, de l'autre, puis du premier côté, puis de nouveau de l'autre dans son canapé, tant et si bien qu'à force il n'avait plus que deux choix : devenir un ventilateur ou se vautrer sur le tapis. La première solution n'étant visiblement pas physiquement possible, entre autres parce que son corps de crevette anorexique n'avait décidément aucune aérodynamique ni aucun don de lévitation, il finit irrémédiablement sur le sol de son salon avec une grâce qui n'était pas sans rappeler celle d'un Saint Bernard arthritique au réveil qui tomberait lui-même du dit canapé. Il ne savait pas si c'était les médicaments, son âge ou le manque de souplesse caractéristique des ours, mais bordel, ce manque de classe. Déjà qu'il ne devait pas être bien reluisant, voilà qu'il n'était pas capable de participer à une discipline aussi répandue que le saut du lit. Même s'il devait reconnaître qu'il avait pris goût au fait d'être attaché pour dormir, et quoi que pourront dire les mauvaises langues, c'était bien plus par puérilité que par lubricité, car le véritable avantage résidait plus dans le fait de pouvoir bouger même de façon outrancière sans pour autant glisser dans les bras de la gravité -gravité qui faisait les choses si bien d'ordinaire mais qui devenait vite la reigne des cagoles quand il s'agissait de vous couper la circulation sanguine pour un petit doigt qui dépasse du matelas ou de vous éclater le nez sur votre moquette dès qu'elle a décidé que votre équilibre était trop précaire- et ce n'était certainement pas pour le plaisir immense et sensuel de se faire comprimer les poumons et avoir des fourmis dans les doigts jusqu'à penser être capable de manger ses doigts, non, bien évidemment que non. D'ailleurs c'était aussi un très bon moyen pour qu'il ne puisse pas gratter cette foutue plaie qui ne se refermerait jamais s'il continuait à vouloir soulager les démangeaisons à longueur de journée et de nuit. Avoir bientôt trente ans ne le transformait pas en adulte accompli et raisonnable en toutes circonstances, on ne pouvait le vérifier que trop bien à chaque seconde de sa vie.

Il soupira, pour la énième fois de la journée. Il n'était qu'une heure de l'après-midi. Bordel... Ce que c'était long, les journées de congé. Ce n'était pas pour rien qu'il n'en prenait jamais. Pas un seul. Il préférait les refiler à ses collègues qui avaient des enfants. Ne pas travailler le rendait dingue, ne rien pouvoir faire le tuait de l'intérieur, c'était bien simple, il se sentait comme une grand-mère sans son tricot et comme son mari sans son petit remontant médicinal, comme un cachalot hors de l'eau et comme un cul-de-jatte manchot qu'on aurait jeté dans un lac. Il fallait qu'il sorte, qu'il fasse quelque chose pour s'occuper, quelque chose qui lui demandait une concentration totale qui ne pourrait pas être perturbée par la douleur. Lire, déjà testé, il avait la nausée à cause de la position et il était hors de question de lire debout au-dessus de la cuvette des toilettes, non seulement être debout lui enlèverait tout envie de vomir, ce qui rendrait la présence des toilettes complètement inutile, il finirait par fatiguer ou se lasser au bout de dix minutes, le jeu n'en valait pas la chandelle. Lire, ce n'était donc pas la solution. Ecouter ses collègues ? Ça le rendait dingue, il n'avait qu'une envie, c'était d'aller les rejoindre mais eux-mêmes avaient été formels : il était hors de question de le voir arriver, s'il essayait de passer la porte du studio ils s'étaient concertés pour l'attaquer tous de front à coups de fournitures de bureau plus ou moins contondantes. Et puis entendre la douce petite voix de Clara le remplacer à merveille le déprimait, il avait l'impression qu'il ne pourrait jamais vraiment revenir comme avant, comme s'il serait incapable d'en retrouver l'énergie. Alors il avait écrit quelques papiers, il avait bien pris de l'avance, même. Sur plein de sujets différents, il fallait dire que ne pas avoir à écrire ses chroniques entre deux émissions lui donnait un avantage considérable et une capacité de relecture confortable, mais voilà, il avait épuisé tous les sujets. Et il n'était sorti que depuis l'avant-veille.

Mais dors, bon sang ! Lui dirait sa petite-soeur. Mais j'ai déjà dormi pour toute la semaine ! Je dors quatre heures par nuit, d'habitude, pas dix-huit heures par jour ! Certes la conversation le faisait déjà sourire à l'avance, il ne se risqua pas à imaginer la suite de peur de faire sauter les sutures. Manquerait plus qu'il doive y retourner après deux jours dehors. Kiara le tuerait. Pour de bon, cette fois. Alors peut-être qu'aller faire un tour dehors, voir des gens, essayer de sentir bon et de ne pas ressembler au cadavre d'un pauvre type en pyjama, mal rasé et pas lavé, qui aurait succombé à une agression de la part du tapis de son salon, peut-être qu'en effet ce serait une bonne solution, mais serait-ce une pointe de flemme qu'il sentait là ? Ah non ! Jamais en vingt-neuf ans de vie il n'avait eu la flemme de faire quoi que ce soit, il n'allait pas commencer à cause d'une folle qui avait décidé de garnir ses crêpes avec un supplément coulis de fruits rouges improvisé par les laboratoires de chimie La Morgue en Prairie ! Depuis quand une femme avait une influence dans ses décisions et dans sa façon de vivre ? Bon, il y avait au moins cinq ou six femmes qui avaient ce pouvoir sur lui, toutes de la famille ou des amies, mais il ne risquait pas de l'avouer, ne serait-ce que pour les entendre piailler avec des cris sur-aigus d'indignation tout en lui rappelant par le menu toutes les fois où sans elles il n'aurait pas fait grand chose. Aaah ! Les femmes, ce divertissement infini... Vous appuyez sur un bouton et même si elles savent pertinemment que vous ne pensez pas un mot de ce que vous dîtes, elles ne peuvent pas s'empêcher de repartir pour un tour et vous affirmer avec fierté que vous l'avez bien mérité même si vous leur dîtes avec tout l'amour du monde que vous plaisantiez et qu'elle a encore une fois mordu à l'hameçon.

Ni une, ni deux, il monta les escaliers avec l'entrain d'une jouvencelle qui se prépare pour son premier rendez-vous et l'exécution d'une mamie qui se débat avec son cadre de marche. Pour la peine, il se serait volontiers douché dans son évier, mais il n'était pas sûr de pouvoir même rentrer un pied en diagonale dans ce pédiluve pour personnes de petite taille. Et puis il aurait fallu monter dans sa chambre pour récupérer des vêtements propres. Un pyjama Damian, ce n'était peut-être pas la méga-classe pour sortir dans la rue, même s'il aurait un succès certain à la sortie de l'école primaire. Et même s'il aurait adoré se rouler dans la pelouse et faire de la balançoire, il ne comptait ni passer pour un pervers ni casser des jeux pour enfants avec sa grande carcasse, le simple fait d'imaginer des petits bouts de chou en pleures lui fendait le cœur. Ce que Brume pouvait lui manquer, bon sang... Il serra les doigts sur la rambarde de l'escalier et déglutit péniblement en fixant le sol du palier. Laisse-la donc où elle est. Quel genre de vie elle aurait eu si tu avais été seul à l'élever ?

Il ne préférait pas se l'imaginer, il se demandait même s'il aurait jamais la force de pleurer un jour. Cela faisait bien trop longtemps qu'il s'en empêchait. Et quoi de mieux qu'une douche pour de nouveau réprimer toute cette pression et s'imaginer qu'elle s'évacuait avec l'eau pleine de savon ? C'était reconnu, le savon, ça enlevait tout, même les idées noires. Tu parles... Mais il devait reconnaître que l'impression de fraîcheur que vous  laisse une bonne douche après plusieurs jours avec des difficultés à se laver n'était pas sans rappeler une remontée en flèche de moral. Se sécher, s'habiller avec des vêtements qui sentent bon le propre et avoir l'impression de ne plus ressembler au cadavre de la veille. Pour le teint frais, on repasserait, mais le tout c'était d'être tout beau tout propre. Enfin tout beau... Allez, pas de pensée négative, jeune homme ! Il ne pensa même pas à essayer de se raser, il avait trop peur de s'ouvrir la jugulaire par maladresse. Tant pis, il garderait sa barbe qu'il trouvait un poil trop longue, mais un centimètre, ce n'était pas encore la mort.

Ce fut les cheveux attachés à la va-vite et habillé de façon presque coordonnée qu'il sortit pour honorablement se peler. Pas assez couvert, certes, mais il comptait quand même marcher vite et comme il détestait transpirer comme un veau, ce qui était le comble pour un ours, il préférait de loin avoir froid les premières minutes au fait d'avoir trop chaud à l'issue de ces mêmes minutes, et du coup devoir se découvrir, attraper froid, prendre des médicaments en plus de ceux qu'il devait déjà prendre et réduire encore un peu la distance qui le séparerait de la tentation déstructrice de se prendre un petit verre de whisky par-dessus sa codéine. Finalement, il n'y avait jamais eu qu'une seule rencontre qui ne l'ait jamais déçu : l'alcool. Amoureusement parlant, s'entend. Pour ce qui était du reste, il n'avait pas à se plaindre. A force de déambuler sans trop réfléchir, un léger regret d'avoir oublié ses cigarettes à la maison avant de se rappeler qu'on lui avait conseillé d'arrêter de fumer pendant son traitement, voire définitivement pour ne pas avoir à revenir en rampant comme une limace asthmatique jusqu'à l'hôpital pour se faire soigner les poumons. A force de remonter le long de son torse, ils se rendraient bien compte que ça ne tournait pas rond dans sa tête, et il n'avait pas spécialement envie de faire cellule commune avec sa future ex-femme. Ils seraient encore capables de les placer ensemble pour une thérapie de couple, ces cons de médecins. Même s'il fallait admettre que vivre avec lui pouvait être une circonstance atténuante au crime même le plus odieux. Comme quelqu'un le lui disait parfois, il avait tendance à déteindre sur les autres, même s'il aurait préféré que Shaya comprenne un peu mieux son humour qui sentait la moisissure de catacombe. A force de déambuler sans trop réfléchir, donc, il se retrouva sur l'avenue commerçant où se trouvaient les studios de la radio. Il était hors de question de leur rendre visite, mais il y avait bien quelqu'un qu'il lui ferait plaisir de voir.

D'un pas plus assuré, regardant droit devant lui, il joignit plus vite que ce qu'il ne pensait la librairie et dut revenir sur trois pas pour ne pas louper la porte. Quelle entrée en matière. Un grand con avec une queue de cheval qui manque de se ramasser en faisant un demi-tour serré sur le trottoir avant de pousser la porte en donnant l'impression que toute son énergie était absorbée par la dite porte. Bon sang, comment pousser avec le bras pouvait-il utiliser des muscles abdominaux ? Il n'allait pas engager un portier, il en était hors de question, la seule solution de rupture de contrat serait de le manger et il était hors de question de manger quelqu'un dont la seule fonction est d'ouvrir les portes, il y a bien trop de portes qui valent la peine d'être poussées et bien trop de filles seules qui ont besoin de se sentir aimées, même le temps d'une minute et par un homme payé pour leur ouvrir la porte et leur sourire. Ah, que c'est romantique ! Il s'essuya les pieds sur le paillasson de l'entrée, ne voulant pas attirer toute humidité dans la boutique avec ses grosses semelles et sortit l'autre main de la poche ventrale de son pull à capuche.

Là, il se redressa et ne réussit pas à se parer d'un sourire même s'il l'aurait voulu, pour une fois. Certes, Soltan avait l'habitude de le voir tirer la tronche, il ne savait faire que ça et rire comme un détraqué devant un détraquage (vous vous attendiez à quoi ?). Mais oui, pour une fois, il aurait bien aimé voir l'air un peu plus amical, un peu plus... un peu moins lui. A croire qu'il n'était vraiment, mais vraiment pas bien. Mieux valait ne pas trop inquiéter des personnes qui peut-être ne seraient pas au courant. Il se doutait qu'il aurait entendu parlé au moins une fois dans la semaine de l'incident, mais au cas où, Azaan préférait de loin, encore une fois, jouer à l'autruche, même si la taille du trou pour enfoncer sa tête dans le sol ressemblerait plus à un cratère lunaire.

« Salut, beau gosse ! Pas trop débordé ? »

Poser cette question à une heure où a priori la librairie comportait au maximum trois personnes en dehors de Soltan, c'était de loin l'entrée en matière la plus nulle qu'il pouvait faire, mais on ne pouvait pas toujours être au top. Il s'approcha du comptoir et s'appuya légèrement avec sa cuisse contre le montant. Dire qu'il était venu pour voir du monde et qu'une fois devant quelqu'un, qu'il connaissait en plus, il se sentait fébrile comme un ado timide qui va passer un oral de baccalauréat ; il se rendait compte qu'il n'était absolument pas prêt à se reconstruire une façade pour la vie de tous les jours. C'est facile d'avoir l'air en forme derrière un micro quand personne ne vous voit, sauf vos collègues, pour suer et trembler comme un fétichiste des pieds qui n'aurait pas eu sa dose de chaussettes ; ça l'était nettement moins dès lors qu'il fallait tenir une conversation somme toute banale avec son propre visage et pas la représentation que le public reçoit depuis son poste de radio. Enfin, ce n'était pas Soltan qui allait l'importuner, et quand bien même, sa vie privée n'était un secret pour personne puisqu'elle n'avait rien d'extraordinaire.

« Alors, vile tentateur, comment va mon libraire préféré ? »
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Invité
Jeu 11 Fév - 20:53
Un crayon à la main, Soltan était en train de griffonné, absent. Il suivait bien du regard les quelques allées et venues des clients et divers visiteurs, regardaient ceux qui s'installait pour feuilleter avant de repartir. Il avait aussi encaissé quelques étudiants désireux de se procurer de la nouvelle lecture... Et puis la sonnette avait résonné pour laisser place à une livraison de quelques bouquins commandés tout spécialement. Il récupéra le carton qu'il posa sur le petit bureau derrière le comptoir et s’apprêtait à tendre la main vers le cutter quand un mouvement derrière la vitrine attira son attention. Un silhouette qu'il reconnu en quelques secondes alors que cette dernière faisait demi tour pour s'écraser contre la porte d'entrée pour tenter de l'ouvrir. Il retint un ricanement lorsqu'il entra enfin dans son commerce, mais le sourire en coin qu'il avait devait probablement parler pour lui.
Sourire qui se transforma très vite en grimace quand il vit la tenue.

- Oh bon sang, comment peux-tu te promener dans une tenue aussi légère, se plaignit-il, Je sens déjà le froid m'envahir

Un frisson désagréable parcouru sa colonne vertébrale. Il attrapait froid à le voir ainsi alors qu'il portait déjà un pull. Certain dirait qu'il exagérait parce que les températures n'étaient pas les plus basses que la ville ait connu. c'était suffisant pour lui donner envie de se rouler en boule sous la couette et de ne plus bouger.
La moue boudeuse qu'il avait prise s'effaça, le temps pour Azaan de le rejoindre.

- Salut beau ténébreux, tu es venu me prêter main forte dans ma difficile tâche, c'est ça? fit-il en haussant un sourcil.

Ouii, le genre de question et de tronche qui disaient ouvertement que quelque chose n'allait pas. En dehors des informations qu'il avait été possible de glaner plus ou moins volontairement bien entendu. Il avait toujours la radio pour faire un peu de bruit de fond, l'absence d'un des présentateurs n'était pas passé inaperçu.

- Je pense cependant que je gère assez bien la situation cap'tain, fit-il en s'accoudant au comptoir, un sourire paresseux sur les lèvres, avant de reprendre, Je vais visiblement mieux que toi, quelque chose que je puisse faire pour toi?

Visiblement l'autre hybride avait envie de discuter un peu et ce n'était pas quelque chose qui dérangeait le libraire plus que ça, alors qu'il écartait le carton et le cutter sur le côté.

- Je peux t'offrir quelque chose peut-être? J'ai du café, du thé et des gauffres.

L'air de l'hybride se fit penseur un temps.

- Je n'ai pas souvenir d'avoir vu quelque chose d'intéressant dans les nouveautés, mais si tu veux regarder.
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Invité
Dim 14 Fév - 21:33
Il devait reconnaître qu'il faisait meilleur dans la boutique, presque trop chaud à son goût, mais après tout quand on n'a pas beaucoup de mouvements à faire dans une journée, mieux valait monter un peu le chauffage si l'on ne voulait pas finir comme un arbre qui prend racine mais façon engelure aux doigts de pieds et genoux qui grincent comme des squelettes qui danseraient la samba dans une cimetière marécageux. En tant que demi-reptile, Soltan n'échappait doublement pas à cette règle. Azaan se contenta de lui répondre en tirant un petit dout de langue entre ses dents naturellement peu accueillantes. En tant qu'ours, il ne craignait pas véritablement le froid, surtout s'il parvenait à prendre un ou deux kilos avant l'hiver, ce qui était royalement raté quand on savait qu'il avait dû tailler à la barbare un trou supplémentaire dans sa ceinture pour que son pantalon lui tienne sur les hanches. Quand on est un papa, on fait un minimum attention à ne pas avoir une tenue trop négligée, même si ça avait toujours été le cadet de ses soucis, comme le prouvait le moindre coup d'oeil à son armoire. Il pouvait avoir le même t-shirt en cinq exemplaires pourvu que ça ne lui fasse pas une brassière. Quand on est grand, on s'habille avec ce qu'on peut.

La compagnie de Soltan était appréciable en tout moment, sans doute une attitude influencée par sa profession qui l'obligeait tout de même à être agréable en toutes circonstances dans la limite du raisonnable ; entre autres parce qu'il savait répondre avec beaucoup de naturel à ces petites phrases communes et vouées à être amusantes alors même qu'elles ne l'étaient que pour eux-mêmes. Il était moins sûr qu'une personne qui trouverait Soltan à tomber fût particulièrement heureuse d'entendre un imbécile heureux qui ressemblait plus au clodo du coin qu'à une couverture de mode appeler l'homme serpent avec autant de familiarité, familiarité qui n'avait rien d'autre qu'amical. Il jeta un coup d'oeil par-dessus le comptoir, voyant sans difficulté ce que faisait le libraire.

« Oh tu sais, j'ai tellement rien à faire en ce moment que ça ne me dérangerait pas de te filer un coup de main si tu en avais besoin. »

Il se doutait bien que des informations avaient dû filtrer à la rado, même s'ils avaient essayé de passer sous silence les détails et évité les attaques directes et personnelles à propos de Shaya, et quelque part il préférait qu'on le laisse tranquille sur le sujet. Il ne se sentait pas vraiment prêt à en parler, d'un autre côté, contourner le sujet ne serait pas la meilleure chose à faire s'il ne voulait pas finir par avaler une bouteille de médicaments et une boite d'alcool -ou l'inverse- pour se dézinguer une bonne fois pour toute le ciboulot à force de tout garder pour lui. Tout étaler à Soltan n'était cependant pas au programme, et il se doutait qu'il le comprendrait. Dans quelques mois peut-être, les choses se diraient plus facilement, sans pincement au ventre, notamment parce que les sutures auraient été retirées et que son estomac aurait pleinement cicatrisé. Son interlocuteur eut cependant la délicatesse de poser les choses d'une façon neutre et qui ne le mettait pas sous la lampe d'interrogatoire de façon directe.

« Oh, à moins que tu n'aies une baguette magique qui permettent de remonter deux ans en arrière ou une balle à me coller entre les deux yeux, je crois que malheureusement il n'y ait plus grand chose à faire pour mon cas. »

Il s'étonna lui-même de sortir une phrase de dépressif pareille avec un tel naturel et un léger sourire. Alors il en était vraiment à ce point ? Ouah, il allait falloir se filer un coup de pied au derche et vite ! Il était hors de question qu'il finisse vieux, alcoolique et dépressif pour la fin de ses jours, même s'il devait crever seul et malade, ce serait avec le sourire, quitte à se filer un coup de taser toutes les deux heures pour se ravigoter les nerfs !

« Allez, je vais pas dire non à un petit café. Ça me fera pas bien mal de boire quelque chose de chaud. »

Bon sang, lui qui était si bavard, il ne pouvait pas essayer d'être plus... plus lui ? Bah non, justement, ça ne venait pas. Et dire qu'il voulait garder un minimum de dignité dans cette affaire, il avait l'impression d'être au fond du trou et que ça se voyait à des kilomètres. Ce qu'il pouvait se détester, bordel... Un léger sourire en coin apparut sur son visage quand Soltan lui proposa de jeter un coup d'oeil aux nouveautés. Ouais, il devait vraiment avoir l'air d'être dans les choux. Ou alors il était vraiment difficile à vivre au point que personne ne savait comment le prendre de peur qu'il fasse la connerie de trop ou qu'il n'explose et c'était Shaya qui avait raison. Après tout, il était peut-être juste un fou qui pensait être ordinaire et qui occultait toutes ses action pour ne pas avoir à éprouver de remords ? Pas vraiment crédible.

« C'est pas grave, je suis pas spécialement venu pour les livres. De toute façon je peux pas rester assis très longtemps, en ce moment, ça me file la nausée. »

Il se recula d'un pas, jeta un coup d'oeil pour voir si aucun client n'approchait du comptoir et ouvrit le zip de son pul à capuche avant de soulever le côté gauche de son t-shirt, se rendant compte au passage qu'en effet, il n'était vraiment pas bien couvert et qu'il allait sans doute attraper la mort en rentrant mais qu'au pire ce n'était pas bien grave vu son état, et découvrit le pansement large comme une main un peu en-dessous de la taille. En dehors des questions d'hygiène, il n'était pas question d'imposer le spectacle des sutures à son ami libraire, le pansement suffirait sans doute pour comprendre.

« Ma femme a décidé de m'offrir une gastroplastie, elle devait me trouver trop gros. La bonne nouvelle c'est que je vais être de retour sur le marché mais je ne suis pas sûr de ne pas avoir déjà dépassé la date de péremption. »

Il remit son t-shirt en place et revint s'accouder au comptoir. Il venait de le dire, ça avait été plus facile qu'il ne le pensait, heureusement raconter les faits était bien plus simple que parler de soi-même et de ce que l'on ressent. De toute façon, il était un véritable bordel ambulant, toujours lui-même dernier au courant de ce qu'il ressentait au fond de lui-même, alors le raconter aux autres, c'était dégoupiller une grenade dont il ne préférait pas connâitre le contenu.

« Du coup en effet, ça ne va pas fort mais heureusement, le moral ça va. Mais je me doute que tu as des choses bien plus joyeuses à me raconter, beau gosse ! Un petit voyage littéraire sympa à faire en ce moment ? »

Ou comment essayer de noyer le poisson sans aucun talent ni tact.
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Invité
Mar 16 Fév - 19:58
La première remarque attira un léger rire de la part du vendeur. Oh? Devait-il se vexer que la visite ne soit en réalité qu'un prétexte pour tenter de combler l'ennuie qui s'était abattu sur les épaules d'Azaan mais il savait parfaitement que ce n'était pas vrai. Du moins, c'était un prétexte parmi tant d'autre pour franchir le seuil de son magasin et peu importe la raison au final, tant qu'il l'avait face à lui et qu'il pouvait discuter un peu.

- Oh, intéressant, je note. Peut être ferais-je appel à toi pour un petit coup de main d'ici peu de temps. Pour la baguette magique je crains de ne plus avoir ça en stock, fit-il en tirant un petit bout de langue.

Un regard vaguement désolé qui disparu aussi vite qu'il était apparu alors que Soltan bougeait légèrement de position. Mal à l'aise? Non, il sentait simplement qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas, ne serait ce que parce que le comportement était un tantinet différent. Il ne se sentait pas d'appuyer non plus si l'autre homme ne voulait pas en parler. C'était des terrains du genre glissant. Aussi sauta-t-il sur l'occasion pour aller vers la petite cafetière et... oh, fait un petit détour aussi.

- J'espère que la nourriture te fais pas le même effet, j'ai fais ça spécialement pour toi en espérant bien que tu pointes le bout ton nez d'ici peu. Tu m'diras ce que t'en penses, fit-il avec un sourire en coin en déposant le café et la pâtisserie sur le comptoir.

Un genre de vague brioche fourrée à la crème à la vanille et découpé en vagues patounes. Une pâte d'ours. Il était fier de sa connerie ouais. Avec un peu de chance, ça compenserait ce que Azaan venait de lui montrer. Le joli pansement assez conséquent pour laisser une vague idée de ce qui avait pu se passer. Moche il allait pas le nier

- Oh ne soit pas si défaitiste, tu es plus séduisant que jamais et maintenant que les poignées d'amour ont disparues tu vas faire un malheur.

Et le librairie d'imiter vaguement un fan qui venait de voir son idole du moment avant de se mettre à ricaner. Encore, il ne pouvait pas crier, ça évitait qu'il ne démolisse les tympans en plus du système digestif. Mais héé il allait pas insiste d'avantage. Azaan voulait se changer les idées en sa compagnie? Il ferait de son mieux pour remplir le rôle.

- Pas grand chose he... répéta-t-il, en ce moment les principales sorties sont les livres de cuisines ou sur telle ou telle plante et animaux du coins. Avec les traditionnels romans romantiques ou histoires effrayantes. Toujours utile de savoir où sont les lieux hantés du coin, fit-il avec un sourire en coin.

Il ferma les yeux un moment, se servant une propre tasse de café et bougeant pour étirer sa queue, s'agaçant de rester trop longtemps dans la même position.

- Sinon en ce moment il y a un truc qui fait fureur, ce sont les coloriages pour adultes. Tous les goûts et toutes les couleurs. Je ne sais pas combien de temps ça tiendra, mais bon...

Un mouvement vague du bras montrant que pour le coup, le libraire s'en moquait un peu. Il avait essayé (ouioui, essayé), mais clairement, c'était un jeu de patience qui n'était pas fait pour lui.
Un silence.

- Hey Az, si tu veux vraiment m'aider, il y a effectivement quelque chose que tu peux faire pour moi.

Pour le coup c'était lui qui changeait un peu de sujet, mais bon. Il farfouilla un instant pour tirer un petit magasine, l'ouvrant sans difficulté à la bonne page pour le coller sur le comptoir.

- J'compte... ajouter un petit truc à la librairie, tu vois. Mais j'ai besoin de nouveau matériel et j'arrive pas à me décider. Une idée de ce qui serait le mieux?

Des genres de petites banquettes en passant par les fauteuil, les chaises en osier en bois ou même en fer. Tous les goûts et les couleurs... Mais on s'en foutait des couleurs pour le moment en fait.

- Me disait, vu le matériel à la radio, tu dois savoir ce qui est confortable, plus que moi en tout cas.

Pauvre excuse mais il assumait. Il avait besoin d'un avis extérieur et amical.
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Invité
Jeu 25 Fév - 20:01
Le libraire n'était pas vraiment du genre à se faire une montagne de tout, du moins c'était ce qu'il avait cru comprendre en lui parlant quand il venait, même si ces temps-ci, au vu des changements radicaux de comportement chez certaines personnes dans son entourage, il pouvait largement décider arbitrairement de se méfier des réactions des uns et des autres pour ne pas finir en riettes. Encore qu'il se doutait que personne n'aurait le mauvais goût de faire des riettes de grizzly. Entre le dépeçage qui prendrait un temps fou et la viande qui aurait sans dout eun goût infâme, mieux valait ne pas s'y risquer. Et puis, quelque part, il avait décidé d'échouer là, ce n'était peut-être pas pour rien.

Il vit Soltan lui présenter une brioche dont il avait le secret... dans une forme de patte d'ours. L'attention était on ne pouvait plus charmante, et délicieusement drôle. Délicieuse tout court aussi, d'ailleurs, il avait une confiance aveugle dans les talents de pâtissier du lamia. Les serpents ne sont-ils pas réputés pour être de vils tentateurs, de toute façon ? Sur le plan de l'estomac, Azaan pouvait l'affirmer sans hésiter : Soltan était le plus grand tentateur gastronomique qu'il ait connu. Et sans doute que s'il avait été attiré par les hommes, il lui aurait trouvé d'autres charmes, mais il avait assez donné pour le moment. Sur tous les plans. Si déjà il parvenait à se remettre de toutes les couleuvres vipérines de la taille d'un anaconda qu'il avait dû avaler depuis ces quelques années, il serait  bien content. L'initative du libraire serait pour autant bien plus facile à avaler, et pour une fois, il dégusterait dans un sens plus que positif. Un vrai sourire se dessinait sur son visage tandis qu'il faisait doucement tourner le support pour admirer le travail d'artiste.

« Oh, c'est vraiment trop mignon. Je suis très flatté que tu aies pensé à moi, et je suis sûr que c'est aussi bon que ce que ça en a l'air. » Il regarda encore un instant. « C'est vraiment parfait, tu devrais penser à commercialiser la chose, c'est juste trop mignon. J'ose à peine y toucher, j'ai trop peur de le défaire. Mais promis, je vais y goûter ! »

Tandis que Soltan lui répondait sur la vision de son bandage, il avait délicatement décroché l'un des coussinets et s'apprêtait à le goûter quand il vit le lamia faire la tête d'une groupie. Groupie qu'il n'aurait jamais, et il espérait sincèrement ne jamais en avoir, rien que de l'imaginer il en avait des frissons d'effroi. Mais si c'était le jeune homme, il était prêt à accepter toute forme de groupisme, il le faisait tellement rire.

« Plus séduisant que jamais, je crois que tu exagères un peu. Mais c'est gentil à toi d'entretenir mon égo ! » Il lui fit une petite moue qui imitait vaguement le frottement de nez d'un animal contre le nez d'un autre animal.

Il profita de l'énumération des nouveautés pour goûter le coussinet dont la pâte fondit sur la langue, laissant place à la crème faite maison dont la saveur de vanille venait chatouiller les papilles avec la volupté d'une ballerine qui se drappe dans un peignoir de soie. C'était parfait, comme à chaque fois que le libraire cuisinsait quelque chose. Il avait un talent certain, et si un jour il voulai changer de profession ou de fond de commerce, il aurait plus d'une carte dans sa manche.

« Du coloriage pour adultes ? Ma foi, pourquoi pas. J'imagine que ça doit favoriser la concentration, comme un genre de méditation. Ça doit être pas mal pour penser à autre chose. C'est toujours plus original que les habituelles sorties, mais il faut bien de l'ordinaire pour mettre en valeur l'extra-ordinaire. »

Il goûta un deuxième coussinet, faisant attention à ne pas déchirer la partie principale de la brioche, comme le ferait un enfant précautionneux. Il avait encore quelques gestes puérils, et le fait d'avoir été père ne l'aidait pas spécialement même si la plupart du temps il réprimait ces réflexes qui le ramenaient à des souvenirs douloureux, comme des papillons venimeux qui viendraient par milliers sur sa peau pour le pourir à petit feu. Heureusement, il le vivait bien. Du moins c'était ce qu'il voulait faire croire.

Finalement il fut détourné de ces pensées par un nouveau sujet des plus triviaux mais qui ne le dérangeait pas le moins du monde. Le terre à terre avait du bon, parfois, et sans lui on ne pouvait de toute façon pas avancer ni même espérer vivre. On ne se nourrit pas de rêves, tout comme les bonnes idées ne font pas jaillir des murs et un toit du sol. Il fut tout de même surpris sur le coup de voir que le libraire lui demandait conseil à lui, puis l'explication tomba. Oui, certes, quand l'on n'a pas besoin de siège pour être posé quelque part, il est assez difficile d'évaluer la qualité d'un siège. Et puis, il y avait du vrai : Azaan passait beaucoup de temps assis sur son lieu de travail, pour ne pas dire qu'il ne se mettait debout que pour se faire un café ou pour aller chercher du papier, en dehors du fait d'aller d'une pièce à l'autre. Oui, quelque part, il était un excellent testeur de sièges en tous genres.

« Oui, effectivement je pense pouvoir t'aider sur ce sujet. Après, je ne suis pas un expert non plus, je peux à la rigueur te cocher le type de sièges mais comme ce n'est pas moi qui m'occupe de l'intendance, je ne peux pas vraiment te dire tous les détails auxquels tu dois t'attacher. Je demanderai à Kyle de passer en tous les cas, puis il pourra t'amener d'autres publicités, on a des divans super sympas dans les bureaux, je crois qu'il les avait eu pour un prix raisonnable. »

Il reprit un petit coussinet, puis finalement se décida à lui dire avec son habituel rictus, peut-être un peu plus sourire pour une fois :

« C'est vraiment excellent dans tous les cas. J'ai failli te dire que j'en aurais gardé pour ma fille, mais je crains que ça en fera juste plus pour moi ! Merci d'avoir pensé à moi, ça fait un bien fou de voir qu'il y a encore des gens gentils sur cette fichue île. »

Oui, c'était rare qu'Azaan se ramolisse à ce point, mais de temps en temps, il faut savoir quitter la forme olympique du méchant briseur de métatarses professionnel pour mieux la faire apprécier des douillets des petits doigts de pieds ou des coincés du coccyx ces moments rudes mais pourtant si bons. Et puis, ces derniers jours lui avaient permis de prendre un recul qu'il n'avait jamais osé prendre jusqu'alors, et pour cause. Il y avait bien trop de choses que les autres ne savaient pas sur lui, et si la perspective de rester secret lui plaisait, depuis qu'il se rendait à l'évidence qu'il allait passer en un an d'une maison remplie à complètement vide, il n'avait d'autre choix que d'élargir la distribution de ses gentillesses avant qu'il ne finisse définitivement seul à cause de sa poisse. Poisse qui semblait décidément contaminer son entourage proche. Alors peut-être que la solution c'était de finir seul et vieux ronchon ? Plutôt crever tout de suite !

Pendant ce temps de réflexions aussi peu intéressantes qu'un bataillon de séminaristes qui débattraient sur le meilleur rangement de la bibliothèque de leur salle d'études, il continuait de zyeuter le livret d'ameublement.

« Quoiqu'il en soit, évite tout ce qui est en fer pour s'asseoir dessus. Même si c'est réhaussé avec des jolis coussins, au bout d'un moment ça finit toujours par s'affaisser, et c'est le drame quand tu te relèves. » Il jeta un regard circulaire au coin où Soltan avait déjà installé un coin lecture. « Et puis je pense que ça ferait trop froid. Si tu veux que ça plus chaleureux, je pense que du bois ou du textile, ça peut être sympa et plus confortable. Après, y a l'entretien, par contre. Mais je ne me fais pas de souci de ce côté-là, tu es tellement minutieux. »
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Invité
Sam 27 Fév - 21:54
Soltan se contenta d'un léger mouvement de la tête pour approuver les dires du présentateur de radio. Il semblait bien que ses pâtisseries avaient eut l'effet escomptées. Avec un sourire amusé il l'observa manipuler la patte d'ours et commencer avec la grignoter, attendant les retours sur cette première tentative tandis que Azaan lui faisait des commentaires sur les commercialisations de ce qu'il cuisinait. Un rire bas lui échappa.

- Pour tout t'avouer c'est le projet qui est en cours oui. Mais il n'y aura pas que ça. A voir ce qui intéresserait le plus les clients.

Il y avait presque de la timidité et de la réserve dans son affirmation. Il était simplement partagé entre son envie de mener ce projet à bien et une certaine peur que ça ne fonctionne pas comme il le voudrait. Pour être honnête, ça l'ennuierait de devoir faire marche arrière. Il avait la chance de pouvoir mêler les deux choses qu'il aimait faire, et il espérait que le mélange fonctionne très bien. Dans le même temps, il attendait que quelqu'un lui sorte que c'était une mauvaise idée.

- Oh tu sais... Tu peux en avoir plus si tu reviens. Je ne cuisine pas sur commande mais pour toi mon nounours je veux bien faire une exception et te donner autant de patte d'ours que tu veux.

Il lui faudrait juste un peu de temps pour cuisiner mais ça va, ce n'était pas la chose la plus compliquée à faire. Il rigola un peu en se disant sur le coup qu'il pourrait également faire un genre de carte de fidélité. le truc qui te disait que si tu achetez neuf pâtisseries, la maison t'offrait la dixième.

- Je t'imagine bien, posé à colorier dans un coin en mangeant des madeleines tiens, rigola-t-il gentiment, ou entre deux émissions, qui sait? Si tu te lances, montres moi tes œuvres d'art, d'accord? Moi ça me stress plus qu'autre chose.

L'idée de divan pour son coin "café"? Pourquoi pas? L'idée lui avait traversé l'esprit de poser des banquettes deux places. C'était quelque chose de confortable et de commun, mais il ne pourrait pas en mettre beaucoup. Et il se disait aussi que s'il voulait ajouter une terrasse à l'occasion des beaux jours, des canapés ne seraient pas possible.

- Mhhh je n'ai rien contre plus de proposition tout est bon à prendre et à étudier. Et comme je n'utilise pas de chaise, je peux difficilement juger de la qualité, c'est pour ça que j'ai besoin d'expert, s'amusa-t-il.

Avant d'éclater de rire à la réflexion sur les chaises en fer, se reprenant vite pour ne pas déranger les éventuels clients.

- ça sent le vécu ça, je me trompe?

le grand sourire ne quitta pas ses lèvres alors qu'il suivait le regard d'Az qui feuilletait son magasine.

- Mhh l'entretient n'est pas un souci, je veux juste du confortable, puisque je suppose que les gens vont rester un petit moment à lire ou discuter. Et les fauteuils sont trop bas pour être réutilisés. J'ai calculé.
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Invité
Dim 28 Fév - 12:25
Tout projet dans la vie avait le mérite d'être intéressant et nécessitait de l'attention de l'entourage. C'était ce que pensait le grizzly, qui lui-même avait débuté à gagner sa vie de la manière la plus précaire qui soit, et ce avec seulement une personne pour le soutenir derrière. Paix à son âme, sa grand-mère lui avait tout appris, y compris à aimer les autres êtres vivants. Sous ses airs bourrus et son manque de tact, c'était une dame pleine de compassions, avec le cœur gros comme le monde, et qui souffrait en silence de tout ce qui pouvait arriver dans son entourage. Elle avait appris la joie de vivre à sa fille, l'amour à ses petits enfants, mais s'il y avait bien une chose qu'elle ne leur avait pas appris, c'était à savoir qui choisir pour réussir sa vie. Ou alors c'était juste lui qui n'était pas doué.
Dans un rictus presque sourire, il répondit à son ami libraire ce que peut-être il voulait entendre, ou ce qu'au contraire il ne préférait pas savoir, mais dans tout les cas, c'était ce qu'il pensait :

« C'est une bonne idée, je pense. Déjà, installer le coin lecture, ça va te prendre un peu de temps, et peut-être, quand tu vois que ça commence à tourner un peu, tu peux commencer à proposer trois ou quatre type de pâtisseries différents. Parmi les plus consommés, peut-être, pour être sûr que ça démarre, et puis comme ça, si ça ne marche pas à ce moment-là, tu n'as pas trop de marchandise sur les bras, et tu pourras toujours retenter l'expérience plus tard. Quand on a des commerçants qui viennent faire un peu de pub pour leur nouveau concept, la plupart du temps ils nous disent tous ça. Qu'ils ont tenté plusieurs fois mais que souvent, la nouveauté prend du temps à être acceptée et à attirer un peu de monde. Mais bon, avec une idée comme ça et un talent pareil, tu prends pas beaucoup de risques, ou alors le monde va mal. »

Il ne savait pas si c'était vraiment de bons conseils ni si Soltan voulait entendre ce genre de réponse, mais il valait mieux prendre le risque de dire une connerie -ce n'était pas comme s'il était payé pour en dire toute la journée, de base- au lieu de ne rien dire et peut-être louper l'occasion de filer un coup de patte. Même si pour le coup, il n'était pas un expert du tout. C'était d'ailleurs bien le désavantage d'une bonne qualité d'écoute : vous savez plein de choses, mais vous n'êtes absoluement pas sûr de si elles sont véridiques ou simplement vraies pour la ou les personnes qui vous les ont exposées, même si eux s'y connaissent plutôt bien dans leur domaine. Il rit légèrement en entendant la proposition du jeune homme.

« Tu en veux à ma ligne, hein ? Mais si tu tiens tant que ça à me faire grossir, je t'inviterai à manger  la maison, un de ces soirs. Je ne suis pas un chef, mais je me débrouille pas trop mal, et puis si tu fais le dessert, ma dignité sera sauve... ou au fond du caniveau, mais vu qu'elle est déjà partie en vacances, c'est pas grave, au pire. »

A l'évocation de l'image de sa grande carcasse avec des petits crayons de couleur ou des feutres spécialisés en train de s'appliquer dans un coin, il se retint d'éclater de rire. Bon sang, lui, faire des arts plastiques ? C'était mal le connaître. C'était déjà bien beau qu'il sache repeindre un meuble ou un mur sans en foutre partout, alors faire dans la minutie, ce n'était pas vraiment possible. Mais peut-être dans une vingtaine d'années, quand il serait fatigué de s'agiter dans tous les sens et qu'il mettrait à profit ses connaissances pour énumérer de sa voix posée des rudiments sur tel ou tel sujet. Il s'imaginait avec des cheveux poivre et sel, toujours aussi touffus, des vêtements encore plus classiques, des doigts noueux et secs, des gestes précis, peut-être trop, à siroter un thé bien chaud avec des petites madeleines... Bon sang, c'est que ça pouvait être bien sympa ! Mais pas pour tout de suite.

« Avant que je m'y mette, t'as un peu de marge ! Tout ce qui est dessin, c'est pas vraiment mon truc, je crois que je ferais des catastrophes. Il vaut mieux que je m'en tienne à la musique, je crois. Je fais pas des trucs terribles mais au moins je maîtrise. »

Si un jour on lui avait dit qu'il ferait une conversation entière sur des sièges, il se serait étouffé avec son café. Il vieillissait, ou alors il n'était tout simplement jamais tombé sur ce genre de situations. Il pouvait trouver de l'intérêt dans tout, le fait est que c'était tout de même risible, surtout quand l'on savait sa capacité à pouvoir dormir par terre dans n'importe quelle posture sans avoir mal au dos. Les joies d'être un hybride aussi rustre qu'un ours, malgré son manque évident de souplesse. Mais il devait reconnaître qu'il n'avait rien contre une bonne literie, surtout lorsque l'on considérait le caractère anguleux de l'entièreté de son squelette. Pour le sièges, en revanche, il ne pouvait pas nier qu'il préférait pouvoir poser son postérieur ailleurs que sur le seul, quand on prenait en compte sa capacité à se relever avec grâce, même s'il s'en fichait éperduement. Et depuis son agression, il se sentait d'autant plus reconnaissant à l'inventeur de la chaise, du fauteuil, ou même du gadin sur lequel poser son cul, sinon bon nombre de ses sutures auraient fait du saut en longueur à chaque fois qu'il aurait dû se redresser.

« Ouais, c'est vrai que tu as cet avantage, ça te fait du mobilier nécessaire en moins. Même si j'imagine que comme à toute chose, il doit y avoir des inconvénients. Pour ma part, je suis assez mince pour me caser dans n'importe quel chaise avec des accoudoirs, par contre j'ai presque pas assez chair pour éviter la chaise de faire un câlin à mes os. C'est perturbant, parfois. »

Il rit lui aussi en voyant la réaction du libraire pour les chaises métalliques. Ah, s'il savait !

« Oui. Chaque repas en été chez mes beaux-parents, l'horreur. Déjà, ma belle-mère, quand elle cuisine, si tu arrives à te relever c'est que t'as esquivé la deuxième et la troisième tournée du plat principal, et en plus elle avait des chaises de jardin en ferraille avec des énormes galettes dessus. Ça me coupait la circulation dans les jambes, je mettais toujours trois minutes avant de pouvoir lever mon cul de là, c'était à mourir de rire. »

Alors, pas de fauteuils et pas de problèmes pour l'entretien ? Il réfléchit. Il y avait bien quelques petits cafés dans son quartier, des échoppes qui ne marchaient pas du tonnerre mais qui avait misé justement sur la proximité avec les habitations pour que les riverains aillent boire un verre chez eux le soir ou même en milieu de journée. Ils avaient un peu chacun leur mobilier, mais chacun avait essayé de rendre l'endroit confortable, pour ne pas dire le plus confortable possible.

« Tu peux envisager les tabourets hauts, avec des tables pas trop larges. Généralement c'est pas mal, et puis ça peut éviter de te faire faire trop d'efforts pour le ménage, en général à ne pèse pas lourd. Sinon une table basse et des poufs rigides, ça peut le faire. Il n'y a pas de dossiers, par contre, mais je ne suis pas sûr que les gens restent pendant cinq heures d'affilées sauf pendant un jour de congé... D'ailleurs, c'est juste une suggestion, mais tu as pensé à faire payer l'heure de lecture ? Si ce sont des livres de ton magasin, bien sûr. Tu pourrais le coupler avec ton idée de pâtisseries. Tu fais un forfait avec par exemple une ou deux heures de lecture, une boisson comprise et une pâtisserie. Avec des tarifs différents à chaque fois. Enfin, après je t'avouerai que j'y connais rien en commerce, je sais pas vraiment comment tu pourrais mettre ça en place. »
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Invité
Mar 5 Avr - 10:49
[HRP: Je suis infiniment désolé pour le temps de réponse ;-; ]

Il resta un instant pensif, tandis qu'Azaan commençait à donner son point de vue sur son petit projet. Très sincèrement le serpent n'allait pas cracher dessus, tout était bon à prendre, avis positif ou non et même proposition d'amélioration, comme maintenant. Il n'était pas un expert dans ce genre de chose et savait aussi que ses goûts personnels n'étaient (heureusement?) pas ceux de tout le monde, en tout cas pas ceux de la majorité.
Il écarquilla les yeux lorsque l'autre hybride lui proposa de réduire son stock de base, pour ne proposer que quelques pâtisseries seulement. Ça pour le coup, il n'y avait absolument pas penser, il était même partie sur l'inverse.

- Je pensais diversifier pour pouvoir attirer tous les goûts mais... Je suppose que tu as raison, je vais commencer avec les pâtisseries de base, et voir si on me demande éventuellement autre chose, fit-il, alors qu'un léger sourire étirait ses lèvres, merci Azaan.

Quelque part c'était entièrement logique et le serpent, en bon libraire, la suivait pourtant déjà de base: prendre les livres qui sont les plus connus, les auteurs les plus populaire pour être sûr de pouvoir avoir une base de vente. Les ouvrages plus pointus étaient ensuite commandés en petites quantités voire uniquement sur demande. Au moins, lentement mais sûrement, l'idée prenait de l'assurance et une bonne forme.
S'emparant d'un des stylo présent sur son bureau, il nota rapidement cette suggestion sur un morceau de papier qui trainait là, afin de ne pas être assez idiot pour l'oublier d'ici la prochaine heure. Parce qu'il en était bien capable tiens, et revenir vers Azaan avec un "excuse moi, tu m'avais dis quoi déja? j'ai totalement oublié, quel idiot, hahaha" n'était pas quelque chose qu'il était tenté de faire.

- Haaa, chantonna-t-il, j'accepte l'invitation avec plaisir. Je ne cuisine pas beaucoup en dehors des pâtisseries tu sais? Et je crois que manger autre chose que des pâtes au fromage ou des oeufs mayonnaises me ferait grandement plaisir, éclata-t-il de rire.

Ouais, c'était en général son régime alimentaire. Mais il mangeait aussi ses pâtisseries. Cependant il adorait mangé mais était trop souvent fatigué et pas vraiment motivé pour se faire à manger quand le soir ou le midi arrivaient. Ça et peut être le budget qui se faisait un peu serrer parfois, pour être gentil. Heureusement qu'il adorait les oeufs et pouvaient en manger sans se lasser tiens.
Il hocha la tête quand l'hybride déclina son "offre" de colorier, comprenant parfaitement le "problème".

- Et après tu me demanderas pourquoi j'en ai après ta ligne, plaisanta-t-il lorsqu'Azaan évoqua le fait de pouvoir se caser dans toutes les chaises, se relevant et venant gentiment tapoter les flancs, prenant attention à ne pas toujours l'endroit blessé.

Ce n'était pas un reproche bien sûr, mais il se souvenait de sa mère qui disait qu'une preuve de bonne santé c'était quand on avait quelques petites "réserves". Sans parler d'être en surpoids hein, mais il était sûr qu'elle pâlirait en voyant Azaan... Et peut être qu'elle tenterait de le gaver de manière plus agressive que lui aussi oui. Quitte à le faire fuir. Et lui ne voulait pas ça. Alors il se contentait de quelques boutades de temps en temps et des offrandes de sucreries.

- Des tabourets et des poufs? mhh pourquoi pas. Les premiers j'y pensais pour une terrasse. Les poufs... Je verrai si j'en trouve des sympa.

Il était assez mitigé sur les poufs, mais pourquoi pas? Il verrait avec d'autres personnes si c'était une idée qu'il allait retenir. En revanche il secoua la tête à la dernière proposition. Hey, il ne pouvait pas toutes les retenir he?

- Non. Je... Le coin lecture est là pour donner envie de lire et de découvrir certaines œuvres, je veux le laisser gratuit. Et puis... Je me dis aussi que si les personnes restent pour dévorer les bouquins mis à disposition, il y a de fortes chances qu'ils finissent pas consommer une boisson ou une pâtisserie.

Rendre ça payant allait peut être dissuader certaines personnes de rester et il était de toute façon contre l'idée. Même si cela pouvait éventuellement lui rapporter un peu d'argent supplémentaire.

- Histoire de pouvoir caler un creux pendant la lecture, tu vois.
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Invité
Lun 9 Mai - 15:35
Azaan, conseiller financier ou superviseur commercial d'un quelconque projet ? Il y avait de quoi s'étouffer dans un fou rire digne d'une sarabande satanique au clair d'une lune rousse, mais puisqu'il parvenait à faire mouche une fois de temps en temps, il convenait de ne pas crier tout de suite à l'hérésie. Finalement, la seule raison pour laquelle il n'avait pas repris les affaires de son père outre un désintérêt profond pour les trombones, pourtant si pratiques et si commodes quand on y pensait le moins et quand on n'était pas l'un de ces maniaques de l'agrafeuse dont les interventions bruyantes n'avaient d'égale leur manque d'élégance au moment de se rendre compte, dans un clic des plus désappointant, à la limite du pathétique, que ces saloperies d'agrafes s'étaient retournées dans leur logement telle une araignée prise par surprise par le cruel jet d'insecticide appliqué avec professionnalisme par la main experte de l'agent d'entretien à qui on ne la fait pas, ou pire encore, qu'il n'en reste plus une seule du bon calibre sur leur bureau -à quoi bon d'ailleurs avoir des agrafes du mauvais calibre dans ses tirroirs lorsque l'on ne possède qu'une seule agrafeuse ? Il existe bien un problème existentiel à ces petits démons à la source même de leur création issue vraissemblablement d'un cerveau malade dont le seul désir est de déchirer les chairs glabres et pures d'une pile ennuyeuse mais ô combien digne de papiers administratifs, peut-être même là l'illustration de désirs inavoués et inavouables de commettre un crime odieux en perforant les corps innocents et plus ou moins méritants de centaines de personnes que l'on ne connaît pas, ultime pièce à conviction dans une enquête qui fort heureusement n'aurait jamais lieu, à jamais scellée dans ce bruit à la fois si annodin et si sec, ce petit clac qui permet aux personnes assises derrière un bureau de se sentir, le temps d'une seconde, suffisamment importantes pour avoir bouclé une boucle infernale, celle de l'administration- et qu'ils doivent alors importuner leurs confrères afin de renflouer cette invention du Diable, ne pouvant pas une seule fois s'empêcher de lâcher de-ci de-là une sempiternelle vanne aussi lourde que grassement inutile pour s'excuser une énième fois d'être éminemment mal organisé ; le trombone, lui, se glisse sans un bruit le long du papier, comme l'on glisserait un bas de soie le long d'une jambe -avec certes plus de difficultés par moments, admettons-le mais sommes-nous vraiment en ce bas monde pour participer à un concours de bonne foi?- et ne laisse pour toute marque de sa présence une légère déformation comme l'on laisserait l'emprunte de son corps dans un vieux matelas un peu avachi mais que l'on aime malgré tout car il nous aura réconforté de tant de fatigues et de mauvaises journées, le trombone, c'est l'ultime représentation de votre corps meurtri qui se blottit contre la douceur et le moelleux de votre lit et si d'aventure il laisse sur la marge neigeuse de votre dossier une marque couleur de plomb, c'est que vous l'y avez laissé bien trop longtemps ; le trombone, c'est l'élégance, l'efficacité sans faire de vague ni de victime ; le trombone, c'est la cravate aux allures de sculpture d'art moderne que vous apposez comme marque d'une constante activité dans votre travail ; oui, le trombone c'est entre autres le signe que vous n'avez pas fini de remplir votre dossier, mais après tout, n'est-ce pas là le signe de la vie qui continue contrairement à cette saleté d'agrafe qui signe l'arrêt de mort de votre travail au cours d'une journée plus ou moins bien remplie ? ; et puis, un trombone vous pouvez toujours le déplier afin de vous en servir pour redémarrer un appareil ou pour toute autre utilité dont vous déciderez, vous, bricoleur du dimanche, vous, le MacGyver sans mulet ; vous pourriez réaliser autant de choses avec une agrafe ? Évidemment que non, c'est beaucoup trop petit ! ; outre un désintérêt profond pour le trombone donc, Azaan avait un désintérêt profond pour les affaires et tout ce qui se rapportait à l'argent d'une manière ou d'une autre. Quoi, vous aviez oublié le début de la phrase ? Bon, pour les deux du fond qui dorment avec un léger coulis de bave aux lèvres qui commence à dégouliner le long du radiateur, accrochez-vous et puis essuyez-moi ça, c'est pas l'heure de faire le ménage, puis avec tout ce que vous buvez comme saloperie faut pas s'étonner que la peinture s'écaille !

L'argent ce n'était pas le truc d'Azaan, donc. Il aurait largement pu devenir SDF s'il n'avait pas été un éternel cynique incapable de croire en des idéaux qu'il appliquait presque sans s'en rendre compte. Et ce cynisme n'était pas sans lui rappeler bien trop souvent que s'il avait voulu reprendre les rênes après son père, il aurait sans doute été très bon sur beaucoup de plans, mais la liste des personnes voulant sa peau aurait été autrement plus longue qu'en déclammant à la radio des insanités sur à peu près 90% des populations que diverses associations cherchent à protéger, même si c'est une association de défense des joueurs de biniou du quartier nord de la ville -car oui, cette association existait bel et bien et son président avait une plume de bonne facture, en tout cas moins que la facture de son humour et de son sens de l'auto-dérision- et qu'il devait alors dire au revoir à une partie de son auditorat qui de toute façon ne lui faisait ni chaud ni froid. Le fait de leur dire au revoir, pas son auditorat. Pour le reste, ne jamais dire jamais, vous ne savez jamais ce qui vous attend... Enfin, si, vous pouvez dire jamais dans ce cadre précis, ça ne veut pas dire qu'il ne peut jamais rien vous arriver de nuisible, même si dans les faits, oui, il ne peut jamais vous arriver quelque chose d'extraordinaire. C'était quand même stupide comme expression, d'ailleurs, « ne jamais dire jamais » ! Pourquoi choisir un mot aussi utile que jamais ? Même si l'on en conviendra, « ne jamais dire ça ne peut pas arriver » ça sonne quand même beaucoup moins bien pour ne pas dire que c'est carrément bancale et « ne jamais dire choucroute », ça ne veut rien dire, à moins que vous ayez une grand-mère particulièrement contre la gastronomie à base de chou et qui a été dans sa prime jeunesse championne de tir aux pigeons. Surtout si vous êtes un hybride volatile, en fait. Mais nous nous égarons, revenons à nos pigeons. A tous ceux qu'Azaan aurait pu appâter s'il avait été un vrai requin dans les affaires. Et appâter un pigeon quand on est requin, ce n'est pas chose aisée, croyez-moi.

« Oh, de rien ! Je ne suis pas vraiment le mieux placé pour donner des conseils en matière de commerce, si tu voulais vraiment faire des millions en dix ans, je t'enverrais mon père, c'est le Diable en personne. Mais content de ne pas dire que des âneries. Ça va te coûter plus cher. »

A sa proposition de repas, il fut plus qu'heureux que le libraire réponde positivement. Ils ne s'étaient jamais vraiment vus en dehors du contexte précis de cette échope et l'idée de se voir en dehors était plutôt plaisante pour ne pas dire une réjouissance bienvenue dans son quotidien plutôt en miettes depuis peu. Il ne manquait certes pas d'amis dans une large mesure, mais au cours de certains épisodes de sa vie on finit toujours par questionner les choix que l'on a pu faire en ce qui concerne son entourage. Et finalement, pourquoi pas sonder le terrain de ces relations plus ou moins lointaines qui pourraient s'avérer bénéfiques ? Il y avait peu de chance que Soltan soit une mauvaise option, c'était un garçon charmant, de plus ils s'entendaient déjà suffisamment bien. Un petit repas ne pouvait être qu'une bonne idée.

« Ah, ben ça tombe bien, je comptais faire des œufs au fromage et des pâtes à la mayonnaise ! Ma spécialité ! » En sentant la main tapoter son flanc avec délicatesse, il tira un petit bout de langue d'entre ses dents blanches et acérées, ses trois cent quarante-sept dents comme s'amusaient souvent à préciser Clara quand ils recevaient une invité qui paraissait particulièrement ingénue voire au fin fond de la cruchitude. Un genre de petit chaperon rouge qui pouvait à tout moment se faire dévorer par la verve assassine d'un grizzly non seulement mal réveillé mais de toute façon des moins aimables qui soit. « Blague à part, on va essayer de trouver un compromis pas trop crade, tu devrais pouvoir ressortir en vie de ce mauvais pas. »

Avec le plus d'élégance possible, il termina sa brioche, profitant d'une ossature suffisamment imposante pour que sa mâchoire lui permette de manger à peu près n'importe quoi sans en faire tomber les trois quarts dans son assiette. Ou comment avoir l'air bien éduqué en utilisant à son avantage une caractéristique physique qui par ailleurs pouvait le rendre dingue à force de se prendre tous les cadres de portes qu'il pouvait croiser. Se faisant, il écoutait le jeune lamia qui lui annonçait qu'il préférait plutôt faire un coin lecture gratuit. En soi, il n'avait pas tort. Et puis, quand on était un passionné comme lui, on ne pouvait pas s'imaginer se faire encore de l'argent sur le dos d'un loisir aussi agréable que la lecture. Et aussi rare, surtout en ces temps où tout paraissait plus amusant qu'un livre ou que réfléchir. Peut-être qu'il avait la clé vers un petit retour aux sources qui ne ferait de mal à personne !

« C'est toi qui vois ! Pour ne pas décourager les gens de venir, il vaut sans doute mieux ne pas faire payer, ça attirera peut-être des curieux qui ne venaient pas avant. Et puis pour ce genre de choses, il ne vaut mieux pas avoir le vice des finances, comme dirait ma mère, ça enlève tout le charme et tout le côté humain. Il sera toujours temps de changer d'avis de façon raisonnable si tu n'as pas le porte-monnaie en otage. »

Il allait dire autre chose, puis d'un coup, une idée lumineuse lui vint de nulle part.

« Je viens d'y penser mais d'ailleurs, je peux te programmer à R.A.S pour que tu présentes ton projet et fasse connaître un peu plus ta librairie. Vu l'auditorat qu'on a, je ne pense pas que ça t'apporte des vagues entières de commères mais si ça peut te donner un coup de pouce pour ton coin lecture, tu sais que toute l'équipe sera ravie de le faire. On pourra élever le débat et parler d'autre chose que de la dernière actrice à la mode qui a montré ses fesses dans un énième navet qu'on aura été obligés d'aller voir, si tu vois ce que je veux dire. »
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Invité
Lun 31 Oct - 20:42
Le lamia éclata de rire à la phrase du semi-ours, tentant vaguement d'imaginer à quoi pouvait ressembler le père de celui-ci. Il releva les mains et les secoua doucement comme pour refuser cette hypothétique proposition de la part d'Azaan.

- Haha, non les millions ne m'intéressent pas, je veux juste un petit commerce pépère. Le Diable peut rester dans son antre et moi je reste avec mes livres.

Si son but était de devenir riche, il aurait suivit la trace de ses parents. Vu comment ils l'aidaient parfois et leur niveau de vie, ouais, c'était le meilleur plan. Malheureusement pour lui son amour était dévoué aux livres et divers travaux d'écritures. Enrichissants pour l'esprit mais pas pour le porte monnaie ou si peu. Pour autant le semi serpent ne se plaignait pas. Sa nature lui permettait de pouvoir se serrer la ceinture si besoin ce qui faisait que son budget bouffe était moins important que d'autres.
L'annonce du plat lui fit hausser un sourcil. Il se demanda un instant si l'autre était sérieux ou non à propos d'un tel mélange. Il allait partir sur un nom même s'il n'avait jamais essayé.


- Hééé... Je t'en suis reconnaissant. J'ai un estomac solide mais je ne suis pas vraiment tenté de le mettre à l'épreuve.

C'était mauvais pour le brillant des écailles après. Et Dieu seul savait que Soltan avait une fierté immense à exhiber ses écailles parfaitement entretenues, brillantes et colorées. Dire qu'il y a quelques années, c'était la partie de son corps qu'il détestait car elle attirait beaucoup trop l'attention. Tout comme sa chevelure d'ailleurs. Changer d'avis avait été dur, aujourd'hui il ne s'en séparerait pour rien au monde.
La prochaine phrase lui arracha un simple mouvement de la tête entendu. On ne parviendrait pas à le faire changer d'avis là dessus. Il ne ferait pas payer son coin lecture. Le but de la manœuvre était d'attirer de potentiels lecteurs, pas de faire rentrer davantage d'argent. Le café était lui destiné à pouvoir rentrer dans ses frais et à se faire un peu plaisir avec la pâtisserie.


- Je ne sais pas... Ça me plairait bien mais... Je ne suis pas sûr d'être très à l'aise devant un micro.

Comment faire ressortir les vieilles angoisses d'une ancienne victime du regard des autres. Et puis ce n'était pas la même chose de parler face à quelqu'un et à des inconnus à travers un micro.

- On en reparle quand j'aurais tout mis en place? Il faut que je trouve les fonds et que j'organise les changements.

Non, il n'était pas en train de se chercher une excuse. Pas entièrement. Mais inutile d'en parler davantage quand il n'y avait rien d'autres que propositions.

- Oh et... Tu n'en parles à personne mh? C'est notre petit secret. Motus et bouche cousue, fit-il avec un sourire, collant une de ses pâtisseries sous le nez de l'autre hybride comme pour le bâillonner avec.
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