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 【 Safe and Sound. 】{ Drassyr Rattigan}

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C'était comme se déplacer dans une mer turbulente. Aspiré comme pour mieux être recraché, la foule formait une masse infecte qui s'amusait à se mouvoir avec cette fierté étrange, propre à la fête et à la danse. Aujourd'hui, tout le monde paraissait heureux. Tout le monde, sauf l'être encapuchonné positionné en retrait.

Ragnar rasait les murs avec cet air mi-maussade mi-agacé. Lui, Hermite des bois, n'avait eut aucune idée de ce qui allait se passer en ce jour festif. Comment aurait-il pu le savoir de toute manière ? Être au courant des dernières réjouissances citadines n'était pas dans ses priorités, jusqu'au point ou il penchait dangereusement vers le dégoût quand un quelconque événement atteignait ses oreilles. C'était naturel chez le jeune homme ; Il y avait lui et puis le reste du monde. Avec le temps, il avait apprit à couper presque toutes les cordes qui se rattachait à la ville et son bitume. Seule restait la chaîne d'acier qui le reliait lui et son petit frère, bien que cette dernière commençait à rouiller dangereusement depuis qu'il refusait de lui parler. Sinon, le blond jugeait d'un mauvais œil tout ce qui pouvait représenter la vie moderne.

L'odeur était infecte et le bruit tapait intensivement dans ses oreilles bien trop sensibles. Pendant un moment, il regrettait amèrement de ne pas s'être esquivé pendant qu'il en avait encore eut le temps. C'était bien lui, à s'entêter pour si peu alors qu'il savait pertinemment que la suite n'allait pas lui plaire. Ragnar se souvenait encore du moment où il s'était dit qu'il était capable de surmonter cette masse de gens. Évidemment, dans le lointain, elle n'avait pas le côté aussi agressif qu'elle portait maintenant. Il ne s'était pas imaginé à quel point les frôlements non voulus, les éclats de rire, allaient mordre à vif sa patience. Plus il avançait, plus son estomac se brouillait sous la nervosité. Pourquoi était-il venu déjà ? Il ne le savait plus ; Son cerveau avait tout d'un coup fondu et ses pensées, bien perdues, s'envolaient sans qu'il puisse y faire quoi que ce soit. Le bruit s'installait comme un squatteur grossier, ne lui permettant plus d'agir comme il l'aurait fait naturellement. Prit au piège, seule son envie de calme lui ordonnait d'avancer.

Ragnar était perturbé. Plus que d'habitude. Plus que la plupart des gens lambda face à une simple fête donnée en ville.

Sa paume frôlait les parois de l'une des maison qu'il longeait. A son goût, le centre-ville s'était tout d'un coup métamorphosé en un soudain enfer. Son expression en disait d'ailleurs bien plus long sur ce qu'il ressentait en ce moment même. Ses traits qui avaient tendances à ne jamais trahir ses ressentis se montraient durs, encore plus méfiants. On osait le toucher ? il lâchait un grognement. Ses doigts pianotaient dans le vide avec frénésie, seul mouvement qu'il s'accordait puisqu'il se contrôlait pour ne pas répondre avec virulence aux bousculades endiablées. Enfin, même avec son self-control mit à rude épreuve, le loup solitaire ne lâchait pas prise une seule fois. Sa ténacité allait faire des miracles.

Jusqu'au moment où une force extérieur lui rentrant maladroitement dedans, le fit s'écraser contre la porte d'une bâtisse. Salement prit au dépourvu, l'hybride laissa échapper un bruit de mécontentement qui s'étouffa dans le brouhaha ambiant. Sa réaction quand à elle, ne se fit pas plus attendre que ça ; Le balourd se fit éjecter comme un mal propre, vers là d'où il était venu. Il s'agissait d'un homme dans la quarantaine qui avait possiblement trop bu vu la manière dont il s'esclaffait de façon tonitruante. A vrai dire, Ragnar aurait mit sa main à coupé qu'il n'avait même pas remarqué qu'il venait de se faire balancer. Non, au contraire, l'homme d'âge mur manqua simplement de trébucher alors qu'il ne hurlait que plus fort, sans doute pour appeler ses compères qu'il devait chercher. Encore sous le choc du contact trop direct, l'hybride fulminait, dos à la porte qui venait juste de s'entrouvrir suite à la collision. Son cerveau en panique assimilant ça à une échappatoire, il ouvrit en un peu plus grand cette dernière pour s'y faufiler sans attendre, la claquant avec une grande force une fois qu'il y trouva refuge.

Le bruit était encore là mais il était désormais coupé de la foule. Aspiré, puis recraché par celle-ci, Ragnar en ressortait bien moins resplendissant voire même couvert de sueurs froides. Le garde forestier s'était mit à frotter vigoureusement ses avant-bras à pleines mains avant de porter des paumes à ses oreilles pour en faire de même. Son audition trop fine était autant une calamité qu'un atout majeur. Là, il en souffrait. Tant que ses oreilles bourdonnaient, l'incommodant et lui donnant un vague mal de crâne. Sa langue elle, claqua contre son palet en signe d'agacement.

Un souffle, un soulagement. Bien que de courte durée. Ses yeux saphirs se mirent aussitôt à scruter l'endroit où il venait d'atterrir. A son plus grand contentement, il n'avait pas mit les pieds dans une maison, ce qui aurait rendu la situation beaucoup plus déplacée.  Le portique de toute à l'heure l'avait conduit à un endroit atypique, très haut sous plafond. Tout aussi sombre mais pas totalement. Il crut être tombé dans un vieux bâtiment abandonné... Peut-être une ancienne architecture qui ne servait plus à grand chose de nos jours mais qu'on obstinait à garder parce qu'il représentait un autre temps. Ragnar se permit alors d'enlever sa capuche, se considérant assez esseulé pour se permettre d'être à l'aise. Ici, c'était mieux que dehors. Alors il allait rester ici.

Il pouvait bien rester là un temps. Qui dérangerait-il de toute façon ? Se mettant à tourner un peu sur lui-même pour constater les lieux avec un champs de vision plus large, le jeune adulte se mit à penser qu'il avait trouvé refuge dans une sorte de tour. Son attention se portant sur le moindre détail, ses pupilles se mirent à voir des faisceaux lumineux dans les hauteurs, ce qui à la fois l'intrigua mais aussi lui fit se dire que ça devait être son imagination.

Allons, personne ne devait être ici.

N'est-ce pas ?

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Tu sais, y a de ces moments changeants où on se veut inexistant, de ceux brisés, cassés en dedans. Y a de ces moments où on se rappelle que la vie n’est guère si belle, que même immortel, on est ami des chrysanthèmes. Y a de ceux qui effleurent les cadrans en espérant voir l’aiguille s’arrêter et ceux comme celui-là, qui aimeraient la briser. Et sa main elle, touche et évince ce chiffre romain inversé, en espérant peut-être le voir s’animer. Un peu comme cette nuit où la neige elle-même s’est enflammée, il aurait espérer le voir se retourner.

Le chiffre V resta malgré tout figé sous ses doigts noirs. L’humeur de la pièce était aussi tiède que le vin dans son verre. Ses doigts retenaient à peine le récipient, aussi impassible face au précipice que son porteur face à son reflet. Le brouhaha du dehors lui parvenait, il lui semblait lointain, tandis que sa vision était aussi nette que la page vierge sur la table basse. Le bois craquait autour de lui, maudissant les sons inopportuns du dehors. La foule s’enivrait, chantait, dansait, la musique et les couleurs s’enchevêtraient à ses iris, spectacle monotone et paraissant supplice.

Drassyr en avait vu, des fêtes, il en avait vu, des belles en recherche du prince, des hommes au déséquilibre joyeux. La chanson restait la même, et aucune robe d’un lin délicat ne se profilait dans la foule compacte. Le conteur étira un sourire amusé par sa bêtise : comme s’il recherchait une seconde unicité. Ses doigts aux arabesques corbeaux se plièrent sur ses lèvres étirées. Quelle idiotie. Quelle idiotie que la nostalgie !

En bas, la porte s’ouvrit, grinça, mugissant ce mécontentement d’être ainsi utilisée avec brusquerie. Elle avertissait de ce grognement plein d’âge, la venue d’un tout autre visiteur. Les fêtes avaient beau se passer proches de la tour, personne ne rentrait dans le bâtiment. C’était ainsi ; ce qui était vieux et délaissé ne devait être touché. Un sourcil se leva, défiant son front de l’escalader plus encore. Était-ce la dame qui venait de lui offrir le vin comme de l’argent à un gigolo, qui revenait ? Ne pouvait-elle déjà plus se passer de lui ? Drassyr se moquait de lui-même. L’autodérision était l’un de ses rares jeux restant actifs durant les âges.

Le verre déposé sur son perchoir, il glissa entre les rideaux de brocart et d’or, entre les vieilles lanternes et les guirlandes léchant de leur lumière la pièce et ses coussins. Armé d’un pantalon noir bouffant des plus confortables, et d’un long gilet abîmé aux mêmes nuances en guise de vêtements, Drassyr quitta la lumière pour l’ombre et la fraîcheur des escaliers. Le bois grinça sous ses pas félins, et ses doigts s’agrippèrent à la rambarde, pour mieux l’enserrer. Le peu de lumière venant de son antre faisait fuir l’obscurité d’en bas, assez pour y dénoter une silhouette encapuchonnée. Ou plutôt, qui ne l’était plus. Quelques mille souvenirs remontèrent de ses entrailles pour mieux enserrer sa gorge d’un amour aussi haineux que malsain.

Il ne s’attendait guère à voir une tête blonde aux oreilles pointues ressortir de la foule du dehors, pour mieux entrer dans la gueule de l’horloge. Pour un peu, et par la coïncidence, elle se serait mise à sonner. Son sourire disparut, au profit d’un désarroi que les années n’avaient atténué. Aussi loin pouvait-il être, aussi longues furent les années durant lesquelles il avait grandit, Ragnar serait toujours Ragnar, et Drassyr aurait toujours ce don, pour reconnaître les visages pouvant le briser en milliers de reflets infimes.

Pour autant, il n’était temps. Drassyr le pensait : le temps n’était venu des retrouvailles, si toutefois elles avaient lieu. Il avait réussi à fermer ce jeu à double-tour, à poser une date où il le descellerait. C’était un jeu trop tentant et capable de l’aspirer et de le rendre dépendant, un jeu interdit par Nora. Il avait déjà relevé l’interdit, et il avait réussi à l’ensorceler pour de bon, dans sa propre prison. Mais voilà que le jeu se permettait de s’ouvrir seul, de lui rappeler la neige, les mots et les peurs. Ses lèvres se pincèrent, il recula, sentant de nouveau ce sol maudit grincer sous ses pieds nus. Silence.

Quelle coïncidence. Affreuse et tentante coïncidence. Il sentit son propre cœur battre la chamane ; c’était un délice et une torture. Il avait désormais le choix : attraper ce destin qui semblait s’animer sans son bon vouloir, ou bien le laisser filer à nouveau. Drassyr étira un sourire, il était curieux. Curieux de revoir cet enfant devenu grand, curieux d’imaginer ces retrouvailles où lui saura, et l’autre ne le reconnaîtra. C’était il y a quelques années, il n’était qu’une voix dans son esprit, tombée certainement dans l’oubli, car l’Homme était ainsi. Drassyr ferma ses propres paupières, désemparé devant son propre désir enfantin. Il voulait savoir.

Sa main effleura de nouveau la rambarde, et il se pencha pour déposer ses yeux une seconde fois sur l’hybride, l'inspiration lui venant. Il l'observait comme la Juliette à son balcon son Roméo, comparaison burlesque. Sa voix charmeuse conta, un fin écho entre les poutres et les rires du dehors :

« De la vague compacte et grondante de la foule, surgit un loup de mer dépenaillé par ces eaux mugissantes et à l’écume agaçante. Il vit alors la forteresse s’extirpant des dents rocheuses lui ouvrirent ses bras âgés, aussi accueillante fut-elle pour un loup recraché par les flots tant détestés. »

Il avait trouvé la suite de son histoire, et il reprit avec plus de légèreté, cette fois-ci.

« Monte donc, tu seras plus à l’aise. »

Drassyr attendit les premiers grincements des marches, pour revenir à la lumière de son antre. Aussi accueillante était-elle, elle lui semblait incapable de le protéger face à ses propres actions et souvenirs. Son souffle s’accéléra, il trouva la sensation agréable, poussiéreuse. Ses doigts attrapèrent le verre à pied, il but une gorgée du contenu sans le savourer, pour trouver la force, pour trouver son propre masque. Les marches grinçaient encore, de plus en plus proches, tel un compte à rebours qu’il avait enclenché. Il observa un des miroirs fêlés reflétant l’entrée, ses ongles faisait parler le verre pour preuve de son anxiété. Et Drassyr émit un léger rire ; anxieux, lui, cela faisait tant de temps qu’il n’avait ressenti son cœur réagir, et ses émotions pousser ce long soupir.

« La magie semble bien héréditaire. » chuchota-t-il pour lui-même, son regard écœurant dans le vague. Il se permit alors de se retourner, pour revoir cet invité, le louveteau qu'il avait osé effleurer.





Pv Ragnar




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L'architecture abandonnée laissait quelques courants d'air pénétrer la bâtisse. L'endroit était mal isolé, d'un seul coup d'oeil le loup arrivait à discerner les manques bels et bien présent dans la parois qui devait être à l'époque bien plus compact que ça. Depuis quand était-elle ici ? L'air était poussiéreux, quasiment plus lourd dés qu'il avait franchit les portes. Il y avait quelque chose... De différent. Quelque chose qui arrivait à la fois à être apaisant pour finir sur une pointe d'angoisse. Serait-ce l'impression de grandeur ? La pensée que ces murs pouvait abriter une histoire conséquente ? L'hybride inspirait un grand coup le froid environnant pour finir par clore ses yeux fatigués ; Tant d'agitation avait l'habitude de l'affaiblir, finissant par le rendre comme un petit chiot en manque de repos. Cet état de faiblesse, il ne pouvait pas se le permettre de l'avoir à l'extérieur. Dans peu de temps, il devrait se remettre en route en quittant cet abri provisoire. Honnêtement, il n'était pas encore tout à fait préparé à cette conclusion.

Le bruit statique s'estompait peu à peu, laissant place au silence et au léger brouhaha encore situé derrière la porte qui séparait son lieu transitoire de l'enfer. Son audition se régulait, ce qui lui permettait de souffler un peu plus. La fourmilière n'avait pas été clémente avec lui, laissant derrière elle un garçon aux cheveux ébouriffés et à la démarche chancelante (Dernier point étant de toute façon bien vrai; Blessé depuis l'altercation avec le tigre, Ragnar restait à boiter.) . Un gamin des forêts qui s'était perdu dans un territoire hostile. Peut-être était-ce à cause de son ouïe momentanément handicapée qu'il n'avait pas tout de suite perçu ce grincement improbable dans les hauteurs, ou peut-être parce que son cerveau grésillait encore sous le coup de l'épreuve qu'il venait de subir. Dans tout les cas, la finalité était là ; Une voix était sortie des ténèbres pour descendre jusqu'à lui, pauvre blond désemparé. Au début... Un sursaut. Ragnar s'était mordu la langue tout en regardant de façon plutôt craintive dans tout les recoins de la salle ronde, figé sur place. Naturellement, l'animal sauvage qu'il était aurait reculé de quelques pas pour avoir un œil plus attentif sur les choses autours de lui mais il n'en était rien. Sa tête ne se relevait pas après cet instant d'agitation, ses pupilles lui offrant une vision trouble et son estomac se tordant sous l'incompréhension.

L'anxiété lui fit tourner la tête pendant quelques courtes secondes avant qu'il arrive décrocher ; La voix venant du dessus s'était déjà échappé vers un autre endroit. Étrange inconvénient que voila. Ses mots, il les avaient écouté avec un drôle de ressentiment. Autrement dit, Ragnar avait eut un malaise beaucoup  trop puissant, plus puissant qu'il n'aurait dû avoir en temps normal. Il s'était déjà confronté à quelqu'un seul à seul un bon nombre de fois et même prit au dépourvu, l'hybride n'avait été autant décontenancé  par ne serait-ce quelques mots lâchés en plein air, cyniques ou bienveillants. Ces frasques ricochaient sur sa carapace de gel aussitôt qu'il se remettait d'aplomb, c'est à dire en peu de temps. Là, il avait eut l'impression d'avoir le genoux à terre pendant que cruellement, une enclume s'était abattue avec un tempo saccadé sur l'arrière de son crâne. Le loup mit ses réactions disproportionnées à plus tard, considérant le fait qu'il avait été trop chahuté un peu plus tôt. L'unique réponse était sûrement celle-ci ; Il ne s'était pas encore totalement remit de ses émotions.

Un goût amer se profilait entre ses lèvres.

Les mots restaient quand à eux. Monter. Il le pouvait, maintenant, tout de suite. Il serait mieux qu'en bas. Son regard s'accrocha alors une énième fois aux faisceaux de lumière qui émanaient de la porte. Le choix s'échappait lentement entre ses doigts pendant qu'il essayait de se remettre les idées en place. L'histoire contée un peu plus tôt était véridique... Un peu trop pour qu'elle ne puisse n'être qu'une coïncidence.  Son cerveau bouillonnait aussi rapidement que le froid qui lui montait aux joues, fallait-il encore qu'il avance pour remettre la machine en route. S'il ne le faisait pas maintenant, il ne le ferait jamais. C'est ainsi que tel un insecte attiré par la lumière, il commença à grimper le vieil escalier d'un pas plus sur.

L’intérêt dévorait désormais ses tripes ; Il désirait mener un acte dont il n'était pas accoutumé. Se jeter les yeux bandés dans quelque chose qui d'habitude, le révulsait. Ragnar n'était pas connu pour se lancer à la rencontre des autres s'il n'y était pas en une quelconque manière, forcé. C'est en grimpant les marches qu'il se remettait en question, se demandant si le jeu en valait la chandelle. Rester en bas dans le 'froid' n'était pas un dilemme, il aurait été même plus apte à repartir s'il le voulait ! Loin de lui l'idée de rebrousser chemin en plein milieu de son ascension, le blond aux airs farouches se trouva en un claquement de doigt devant la porte de tout ses soucis. Sans plus attendre, il l'ouvrit donc.

Ses yeux mirent un petit temps à s'acclimater à la lumière qui était plus vive ici. Débarquer ici avait été comme pénétrer un autre monde aux couleurs chatoyants, drapés d'étoffes, de coussins et autres. Un nid douillet improbable qui ne devait qu'appartenir à la personne devant lui. Ses yeux clignota alors promptement avant de se rendre compte d'où est-ce qu' il était et de ce qu'il faisait. Éprit d'une réalisation étrange, l'insecte fut désormais rongé par le désarrois ; Il était coincé dans cette bulle de lumière, ses ailes immondes s'étant brûlées contre un feu invisible.

L'enfant curieux qui résidait en lui continuait à lui crier qu'il devait rester encore un peu. Le Ragnar actuel lui, essayait avec tant de bien que de mal de le faire taire. Le propriétaire de la voix se mouvait devant lui, tâche sombre dans un univers coloré. L'expression de l'animal se changea un peu pour aborder un minois confondu. Cet homme, il ne l'avait jamais vu et pourtant... Quelque chose de familier émanait de lui. Il arrivait à lui arracher inconsciemment un mélange d'émotion qu'il n'avait jamais encore ressentit. Du moins, il le pensait.

Encore, il voulait réentendre sa voix. Une nouvelle fois, si ce n'était pas plusieurs fois d'affilées. Quitte à ce que ce sentiment nauséeux reprenne le dessus une nouvelle fois. Ragnar prit enfin la parole pour étouffer ce silence singulier.

«... Bonsoir. » Il n'en oubliait pas la politesse. Son air se renferma par la suite. « Veuillez m'excuser, je n'avais pas la moindre idée que quelqu'un résidait ici. »

Surprenant. Ragnar n'en connaissait pas beaucoup, de monde. Mais son futur interlocuteur avait l'air de se détacher du reste du monde rien que par sa présence. Suite à ses mots, son coup d'oeil fut fuyant... Assez fuyant pour ne pas encore remarquer ce regard bicolore que possédait le noiraud en face de lui.


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Il y a de ces visages dont on se souvient à peine, de ceux qui s’effacent au gré du temps. L’érosion les affecte, flous sous une poussière diluvienne, ils deviennent notion intense de l’inconscient. Mais il y a de ces faciès qui nous éprenne, on n’arrive pas à en démordre, ils nous détruisent intérieurement. C’est le genre de visage que l’on voit partout, devant soi comme derrière, dans le ciel comme dans les rêves, sur les personnes comme les sentiments. C’est ce visage qu’on veut lacérer pour nous avoir hantés à jamais, et que l’on veut posséder pour ne pas le laisser s’échapper. Il est là, à peser sur notre esprit, à nous enlacer comme nous étrangler. Charmeur, colérique, en larmes, aimant et méprisant, l’expression reste la même et traverse notre temps. C’est le visage d’une personne importante comme détestable, de ceux qui nous ont sorti des pis guêpiers comme ils ont pu nous y enterrer.

Pourtant, on a beau dire, on a beau faire, hurler comme supplier, on sait bien que cette expression restera un morceau de papier dans nos âmes trouées. Les visages ne reviennent pas à la vie par eux-mêmes, alors allez expliquer pourquoi le Conteur avait l’impression qu’il s’agissait du cas contraire. Là, devant lui, se tenait un louveteau devenu adulte, un jeunot malgré tout, mais dont la maturité et les épreuves avaient laissés quelques estafilades dans son pelage. Il avait beau être lui, Drassyr voyait deux autres personnes. Une qu’il avait aimée, l’autre qu’il avait haï. Ses iris de cyborg, si rouges, se dilatèrent avec toute la qualité humaine qu’avait pu y mettre le créateur. Surprise, fascination, il croyait revoir un enfant et le voilà devant les années qui avaient passé, le prenant à la gorge, lui rappelant à quel point il n’avait aucune emprise sur le temps.

Comme il avait grandi, comme il était deux visages marquants unis en un seul. Si le gardien forestier ne l’observait pas, Drassyr fit le contraire. Il en profita, en quelques secondes, pour enregistrer le moindre détail, le moins défaut, le plus mince morceau d’épiderme dépassant de ses vêtements. Ses iris paraissaient malsaines, lui, ressentait cette perdition invraisemblable pour son supposé cœur de pierre. Le vent dépoussiérait encore les runes mystérieuses de cet organe vital.

Il avait les yeux de cet homme, océan tumultueux et à la surface malgré tout glacée. Si le loup de mer s’en extirpait, Drassyr s’y plongeait tête baissée. Un flot d’émotions aussi vagues que nostalgiques le noya sous son poids. Trop de choses ressenties, trop de souvenirs, trop de rires, trop de larmes, trop de pression amère. Là, deux iris hivernales, un regard qui n’avait cessé de l’observer de loin, de le jauger en présence de Nora. Il voulait crever les yeux de Ragnar, il voulait aussi les voir glisser sur lui. Espérer qui sait, ce que Nora n’a ressenti. Car à défaut d’avoir leur couleur, il y régnait une émotion et une profondeur plus vaste et curieuse que chez son père. Quelque chose qui ressemblait à de la contenance, de la fatigue, un soupçon de curiosité et bien d’autres choses. Drassyr voyait par la serrure d’une immense porte fermée à double tour. Qu’avait-il donc raté, lui qui était déjà rentré, lui qui était ressorti sans se retourner ? Qu’était devenu le louveteau brûlé ?

S’il y avait ce qu’il haïssait plus que tout au monde, soit la ressemblance avec un homme qui lui avait volé une femme ne l’ayant jamais aimé, il y avait aussi ce qu’il adorait. L’inconnu, l’étincelle, ce côté frêle dans cette force intense. Le tatoué se doutait bien que la ressemblance avec sa mère ne ferait qu’empirer avec les années, mais pas à ce point. Si Ragnar avait quelques traits de son père, la totalité de son être semblait venir des gênes de sa mère. Ou bien était-ce le jugement biaisé de Drassyr qui l’aveuglait ? Peut-être s’obligeait-il à voir la chose ainsi pour son bon plaisir. Dans tous les cas, il retint un fragile soupir.

Le jeune homme avait grandi, malgré tout il semblait aussi dépenaillé que tâche dans cette grande cité. Sa voix brisa le silence instauré, sortant Drassyr de sa contemplation. Son faciès était resté le même, un sourire de travers l’ornait pourtant, seule preuve de ces émotions trop complexes pour être décrites. Il devait se reprendre, mais il s’étonna encore. Un « Fascinant… » S’extirpa d’entre ses lèvres, sans qu’il n’y put quelque chose. Cette voix était plus grave que dans son souvenir ; elle avait mué. Le temps passait vite, trop vite. Le conteur se remémora plus précisément pourquoi il avait fermé ce jeu à double tours ; il pouvait le blesser d'une simple vérité.

« Bonsoir. » réussit-il à répondre, d’une platitude non voulue.

Il devait détacher ses yeux de ce visage, reprendre ses esprits, le contrôle, sa vie. Une main froide empoigna son cœur pour le faire grincer ; il détourna à son tour le regard.

« Ne t’excuse pas. » Poursuivit-il.

Le vouvoiement ne lui vint pas, il avait l’habitude de tutoyer son interlocuteur. Malgré tout, toute cette politesse entre eux le dérangeait, car il était habitué à autre chose. Drassyr se rappela d’un élément important : Ragnar ne le reconnaissait pas. Ragnar avait oublié. Son sourire s’étira alors, aussi cynique qu’usé.

« Assieds-toi où bon te semble, ce n’est pas la place qui manque. »

Un geste de main pour désigner les coussins comme les tapis, le canapé comme les fauteuils, voir même le sol si le cœur lui en dit. Dans le même temps, le tatoué se courba derrière le canapé vieilli, pour sortir une bouteille d’eau scellée d’un carton. Il la posa sur la table basse, de sa main droite, non loin du loup. Peut-être avait-il besoin de boire, peut-être de manger ? Dans tous les cas, Drassyr ne se permit pas de se rapprocher. Il avait peur de l’effleurer par inadvertance, il avait simplement peur de réduire la distance, comme de le faire fuir. Alors, tel un homme qui cherchait à dompter un animal, il ne se permit de geste brusque, ou de rapprochement opportun.

« Mets-toi à l’aise, et bois un peu d’eau. Tu as l’air d’en avoir besoin. »

Le conteur prit place dans son fauteuil favori, il chercha son masque qu’il revêtit avec habitude. Ses jambes se croisèrent, son verre prit place sur ses cuisses, il but une gorgée de vin avant de revenir à l’observation plus contrôlée cette fois-ci, de Ragnar. Le conteur ne pensa pas à lui proposer du vin, il supposait que l’animal n’en avait cure… Curieusement. Quelques autres questions fusèrent dans sa tête, et il se laissa tenter, maintenant que l'émotion était passée. D’un ton un peu plus vivace que sa salutation, aussi amusé que d’une curiosité théâtrale, il questionna le loup, son regard plein de malice :

« Que fait donc notre gardien forestier dans cette grande cité ? Je me le demande. »

Drassyr se convint : il ne risquait rien. Il posait quelques questions, effleurer une âme pour voir ce qu’il avait manqué, ce qu’il allait regretter, ce qu’il avait adoré. Le tatoué voulait juste savoir si ce loup-ci allait bien, peut-être par acquis de conscience, peut-être pour tout autre chose.





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Le loup ne savait pas encore de quelle manière il devait conquérir ce nouveau territoire qui s'offrait à lui. Ces couleurs, cette ambiance, elles avaient beau vouloir se faire familière il ne pouvait que s'y sentir totalement décalé. Comme si il n'était pas chez lui. Comme si cette cage était plus terrible que ce qu'il avait entraperçut dehors il y a quelques minutes déjà. Néanmoins, le paradoxe se cachait là ; Il avait beau se sentir piégé, son angoisse se faisait muette. Ses oreilles ne bourdonnaient plus, autant que les maux de tête se faisaient désormais discrets. Cet endroit était donc aussi salvateur qu'étouffant, aussi étrange que ça pouvait être. Ragnar se retrouvait pourtant un peu gauche... A l'instant même, il avait eut l'impression de grimper sur une scène en compagnie d'un seul spectateur singulier qui lui, ne paraissait pas plus à l'aise que lui pendant une fraction de seconde. Le loup n'était pas fait pour la comédie, hélas ! Il savait par avance que sa prestation allait être désastreuse jusqu'à l'oubli de texte sans négliger les balbutiements douteux qui allaient ponctuer cette drôle de comédie dont il n'était pas l'auteur. Sa fierté allait en prendre un coup bêtement, puisque le brun n'était qu'un inconnu qu'il côtoierait l'espace d'un moment. Son air se fit tout d'un coup désabusé après cette excuse pitoyable... Son hôte l'avait gracieusement invité au final, alors était-il logique de venir atténuer son intrusion ? Le voilà encore, sauvage qui ne sait pas qu'il veut. Se faire une montagne de rien restait vraiment sa spécialité.

Ce qui était dit était dit, le blond n'allait sûrement pas faire marche arrière. Ragnar était un homme voulant se montrer sûr de lui. Ses yeux s'échappaient une énième fois dans le vague, annonçant qu'une fois de plus qu'il n'endossait pas son rôle d'intrus. Son attention se mit pourtant à frémir alors qu'il capta le murmure du noiraud. Apparemment, son public se faisait intéressé, ce qui était bien au delà des espérances du pauvre voyageur détrempé. Pour si peu, il aurait pu retrouver sa confiance. Mais pour autant, il n'en gardait qu'une forte appréhension qui étai,t à préciser, ni mauvaise ni bonne. C'était juste l'incompréhension qui parlait en son nom.

S'il voulait se mettre à l'aise ici le loup devait découvrir sa cage provisoire. L'analyse des lieux était un acte primordial avant de faire quoi que ce soit et surtout, avant de se poser comme son interlocuteur l'incitait à le faire. Son hospitalité le caressa dans le sens du poil ; L'animal continuait à être flatté même si son aura se méfiance se faisait toujours absurde. Absurdité qui se perpétua encore plus lorsqu'il vérifiait le moindre détail de la pièce plutôt que de s'attarder sur le intéressant. Comme souvent le loup s'incommodait de choses futiles, contournant volontairement ou non l'inévitable.

Sa petite manie ne dura pas longtemps vu qu'il obtenait lentement ce qu'il voulait. C'est à dire, ce pourquoi il était monté initialement. Allons, était-il bien de l'ordre de Ragnar de venir s'instaurer dans la demeure d'autrui sans but précis ? Ses sens s'excitaient étrangement au moindre mot de la part de son bienveillant interlocuteur. Si la pièce ressemblait à un piège à loup métaphoriquement parlant, l’appât se contentait d'être délicieux et inaccessible. De papillon attiré par la lumière, le protagoniste s'était transformé en un rongeur prit au piège par une sourcière, le fromage sous le nez. Bien que contrairement à tout ça, il ne souffrait pas... Si ce n'est que d'une confusion grotesque. C'est ainsi que même s'il ne le reluquait pas pour le moment, Ragnar portait dorénavant toute son attention sur ce qu'il considérait comme l'attraction principale. Ce dernier avait réussit à avoir entièrement son écoute.

Avenant. Il l'était, oui, peut-être par obligation selon la platitude du timbre de sa voix. Il était vrai que les convenances disaient qu'on devait toujours sustenter son invité avant toute chose. Enfin, en général. Ce fut avec lenteur qu'il tourna sa tête vers la table basse, attiré cette fois-ci par le bruit de la bouteille en verre. Il aurait pu presque sourire par la suite. Sa gorge desséchée le trahira plus tard mais pas maintenant. Pas tout de suite. Ragnar reprit simplement sa courte ronde qui se composait de quelques pas seulement, inhalant l'air de la pièce comme pour graver dans sa mémoire les effluves, captant certainement au passage son odeur à lui. Il voulait se l'approprier. Se la remémorer au moment opportun si un jour il y en avait un, comme s'il s'agissait d'une nécessité immédiate... A vrai dire, il ne comprit pas encore tout de suite le fondement de sa propre pensée. Elle filait à l'heure actuelle à toute allure sans qu'il ne s’efforce à l'arrêter.

Le jeune homme tourna les talons une dernière fois mais cette fois-ci, vers le propriétaire de l'endroit. Bien installé dans un fauteuil qui se démarquait totalement du reste, il se versait un verre de vin. Il était évidemment hors de question qu'il touche à une goutte d'alcool en dehors d'un contexte bien précis. Être en dépossession de ses moyens était la pire erreur qu'il pouvait faire, bien qu'il était loin de diaboliser l'âpre liquide rouge qui miroitait dans le verre du tatoué. La boisson n'était probablement pas attrayante pour seigneur loup. Fausse excuse, sans doute. Pendant ce temps là, l'entêté qu'il était restait perché sur ses jambes, revenant seulement au devant de son interlocuteur une fois l'inspection faites, ayant bien remarqué qu'il ne s'agissait nullement d'un guet-apens.

Ragnar se tendait soudainement. Comment savait-il ? Le sauvage n'était pas reconnu ni à reconnaître comme garde forestier. Il n'était que l'ombre de ces arbres qu'il protégeait depuis à peine un an, désireux d'une vie silencieuse à l'abri du tumulte de la ville. C'est alors qu'il réalisa... Si le timbre de sa voix ne le laissait pas indifférent, peut-être était-ce parce qu'ils s'étaient déjà croisés ? Il s'agissait de l'hypothèse la plus vraisemblable, même si le doute régnait encore dans son esprit. Bien qu'il était peu dégourdit et rustre comme pas deux, il n'avait pas une si mauvaise mémoire que ça. Le jeune homme était si atypique... Une figure élancée, accoutrée de marques qu'on ne pouvait voir qu'une seule fois dans sa vie. Un charme monochrome qui se différenciait par deux points rouges. Il se permit donc de lui répondre d'un ton plus mordant... Bien désagréable quand on est l'invité d'un si charmant garçon. Le froid, puis la glace. Ses yeux se mirent à le regarder sans aucune contrefaçon.

« Nous nous connaissons ? » Il fit une pause, avant de continuer sur sa lancée, ne se formalisant pas à son tutoiement « Il me paraît étrange que ça ne soit qu'une coïncidence. Vous vous en sortez incroyablement chanceux en devinant mon métier alors que c'est la première fois que je vous vois. Que l'on se voit. » Sa voix se fit moins affûtée sur ses derniers mots « Merci pour l'eau. »

Finalement il s'était assit à même le sol pendant sa prise de parole. Non pas qu'il était fatigué, juste qu'il voulait se montrer plus à l'écoute... Plus attentif. Son impatience aurait pu prendre le dessus si quelque chose de plus dérangeant encore n'avait pas refait surface à ce moment là.

Accompagné d'un poids sur la poitrine, une étrange odeur de brûlée qui n'avait pas lieu d'être lui monta au nez. Et Ragnar savait qu'il n'y avait aucun feu à proximité.

Seulement ses souvenirs qui s'émiettaient, devenant cendres.


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Certains domptent les plus sauvages en détruisant leur esprit rebelle. Il est plus facile de frapper un animal pour mater sa dangerosité, que de l’amadouer durant de longues années. Et l’humain était bien connu pour choisir la facilité. Qu’y avait-il de mal à cela ? Rien. Après tout, chacun y gagne dans l’affaire : un peu de souffrance pour un avenir radieux dans une cage dorée, engraissé et façonné selon les regards. Et, il y a les autres, qui ne se formalisent pas de quelques morsures et douloureuses griffures, qui se rapprochent et s’immobilisent en attendant la venue de la bête. Il y a ceux qui fixent avec désir et tendresse mêlés, seulement pour l’amadouer. Ceux-là ne cherchent guère à rendre un animal effrayé et plus bas que terre, ceux-là créent une confiance plus qu’une angoisse. Car il est plus fascinant de voir la bête grogner que gémir. Drassyr faisait parti de cette catégorie-ci.

Il observait chaque mouvement, chaque ébauche d’émotion sur ce visage inflexible. Il y voyait le passé, le présent, et des milliers de futurs possibles l’excitant comme l’effrayant. Mais son cœur ne tambourinait plus pour le moment, il restait un son de basse, un vil chuchotis à son oreille : sens-moi, je suis encore vivant. Le tatoué avala une autre gorgée de vin, ne se formalisant pas de ces yeux jugeurs. Non. Ce n’était pas du jugement… Le loup explorait son environnement, tel un véritable animal. Ce comportement l’étonna : l’enfant avait évolué, dans de nombreux sens. Au fond, le connaissait-il encore ? Il semblait d’un marbre merveilleux et vivant dans un même temps. Le loup de marbre ; quel beau titre pour un conte.

S’il commençait à s’habituer à cette étrange situation, Drassyr vit les rideaux de la scène mieux se dévoiler. Cette fois-ci, il n’était plus le spectateur, il était le comédien. Un comédien qui ne s’attendait guère à ce ton, à ce ton guère enfantin. L’amertume et la panique s’ancrèrent profondément dans les parois de sa gorge, elles l’enveloppaient de l’intérieur, l’empêchant de respirer. Son inspiration resta ancrée avec hargne dans ses poumons. Il se sentait poignarder de l’intérieur, pointé d’une griffe par une intonation bien trop mordante à son goût. Et il ne put que sourire sur le coup, un sourire rieur. Lui, piégé par ses propres mots, acculé par une impolitesse sans réelle rudesse. Quelle situation rocambolesque !

Mais la sensation partit avec la même violence qu’elle fut apparue. Elle devint un poids mort dans son ventre. Pendant un bref instant, pendant trois pauvres mots, pendant une simple question, Drassyr avait cru l’impossible possible. Mais ce n’était que sa fabuleuse imagination. Ragnar ne l’avait pas reconnu, son explication le prouvait, et Drassyr en sourit de plus belle. Il rit, se moquant de lui-même. Il crut déceler de l’espoir dans cette vive sensation, plus qu’une simple excitation. Quel jeu dangereux que le loup de marbre.

« Les coïncidences sont la devise de bien des gens, tu sais ? Parmi celles-ci, les retrouvailles sont un proverbe à nul autre pareil, tout comme les impressions de "déjà-vu", cousins éloignés des souvenirs enneigés de notre mémoire : la neige de l'inconscient. »

Le conteur jouait un jeu dangereux, il fallait lui laisser cela, car il aimait se porter aux risques et aux métaphores. Oui, ils se connaissaient, de simples voix, séparées par un mur de bois. Il en prenait les quelques miettes pour les poser sur le chemin emprunté du loup, tels les sous-entendus dont il semblait le maître, tout en restant à une distance respectable. Il ne craignait les morsures, il craignait tout autre chose. Un rire léger s’échappa de sa gorge, et il reprit, tout en douceur comparée à la rudesse de la question. Une douceur taquine et moqueuse, enfantine et sulfureuse.

« Mon cher, pardonne mes mots, je suis conteur, j’aime les phrases aux mille sens… Alors je serais plus clair. » Son index se leva, se détachant lentement de son verre, afin de le pointer du doigt. « Je te connais. De vue, de loin, de quelques rumeurs de villageois. Mon métier me fait nomade, il est alors facile de prêter l’oreille aux actualités et dires des habitants, cela permet de sustenter mes récits. On m’a parlé du nouveau gardien forestier, et je t’ai entraperçu entre deux contours boisés. »

Mensonge insoumis, omission volontaire, il ne disait que le strict nécessaire. Drassyr se complaisait dans ce mode de fonctionnement, et son index reprit sa place. La vérité était toute autre : il le connaissait, en profondeur, il l’avait vu et revu de loin avec l’espoir de l’approcher un jour, plus près du cœur. Il n’aurait espéré d’aussi près : Nora devait le maudire.

« Ne sois pas si méfiant. Je n’ai nullement l’intention de te blesser d’une quelconque façon. »

Ceci était une vérité, vérité mal avisée. Drassyr le savait, son ton n’avait pas changé, pour autant, c’était une certitude. Il ne lui voulait aucun mal, mais n’exigeait sa confiance. Il savait cette dernière plutôt ardue à obtenir, vu le comportement de l’animal. Son sourire se fit plus grand : « Maintenant, bois, ne t’en fais pas. Et réponds donc à ma question, veux-tu bien ? Je ne cherche qu'à discuter. »

Il ne lui voulait aucun mal, mais certainement qu'il lui en ferait.





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Posé sur le sol, son manque de mouvement se fit aussitôt sentir, ses jambes frétillant de manière compulsives pendant de courtes secondes tandis qu'il les repliaient un peu plus vers lui . Ce n'était pas dans ses habitudes de s'installer aussi facilement dans un habitat autre que sa propre tanière, et encore moins de s'y mettre à l'aise. Grand nerveux quand il n'était pas dans un environnement connu, sa petite inspection de tout à l'heure avait été bien trop courte à son goût... Mais que pouvait-il y faire ? Il n'allait tout de même pas retourner tout les coussins et les affaires de son hôte pour son propre bien-être. Il avait été d'or et déjà bien malpoli en montrant le bout son nez dans les parages, même en ne sachant pas que cette grande tour était habitée.  Alors il préféra jouer sur sa réserve... Tant qu'il le pouvait, néanmoins. En attendant, il  tentait vainement de se convaincre qu'il ne risquait pas grand chose à s'implanter chez le brun le temps que la foule se minimise, même si ça pouvait prendre encore un certain moment. Son refuge n'allait pas s'écrouler et l'invitation de son hôte planait toujours au dessus de sa tête.

L'excentricité de l'endroit venait à lui faire se poser quelques questions ; Etait-il le premier à découvrir par lui-même cette caverne haute en couleur ? Venait-il d'entrapercevoir l'un des secrets de la ville d'Ariesten sans s'en rendre compte ? Qui aurait cru qu'un tel lieu pouvait naître au creux d'un bâtiment presque en ruine. Au delà de son malaise devenu sans doute presque palpable, le loup aux yeux saphirs se sentait tenaillé par la curiosité. De vilaines questions qu'il étouffa aussitôt par son côté sévère, grondant contre lui-même pour avoir honteusement frôlé son côté inquisiteur. Ce n'était pas ça le plus important en ce moment, et il le savait. Le minois tordu par la même froideur latente, Ragnar ravisait ses pensées pour les tourner pleinement vers le tatoué, une énième fois. Si la planque en elle-même était mirifique, son gourou laissait transparaître sa singularité sans aucun embarras. Ce qui était tout à son honneur.

C'est en entrant dans cette pièce qu'il sentait un étau se refermer sur lui. Piège à ours insolite, elle s'était faufilé sous sa peau pour y planter furieusement ses crocs, appuyant sans ménagement contre ses muscles pour les rendre inertes. Incapable de bouger, on venait de lui ôter la capacité même d'avoir encore ce soubresaut qui lui aurait permit de filer vers la porte quand il en aurait envie. Vous savez, les cages, c'est souvent dans la tête. Le garde forestier niait l'évidence ; Ce n'était pas qu'on l'empêchait de partir, c'est qu'il n'en ressentait pas l'envie. Et ce n'était pas non plus parce qu'il était incommodé par la parade à l'extérieur. Enchaînant les piètres excuses, le garçon de la forêt s'apprêta alors à accuser la fatigue, prouvant encore une fois de plus sa mauvaise fois. Oui... C'est ça, il était simplement fatigué par la cohue, voilà tout.

La vérité pendant ce temps là, se gardait une place au chaud, bien caché de tout les regards. Le brun captait son attention, attirait ses yeux, arrivait à apaiser sa méfiance par une sorcellerie mystérieuse. Quelques mots formulés et le voilà déjà à se poser des questions, à dégringoler une pente glissante sans aucune précaution, assit sagement sur le parquet de sa piaule dans l'attente d'un autre mot de sa part. En signe de remontrance, un grondement silencieux remontait depuis le fin fond de son ventre, comme si une partie de son esprit essayait de le raisonner. Tentative totalement superflue, vu que très bientôt, l’objet de son attention se décida à reprendre parole, l'embourbant un peu plus dans les bas-fonds de son inconscient.

Le regard du loup se figea un court instant dans l'espace, confondu par les phrases du propriétaire. Une inspiration un peu plus profonde que les précédentes arriva à le stimuler assez pour l’électriser de nouveau, tout du moins convenablement pour se dire qu'il fabulait. Il était impossible que ça puisse lui inspirer quoi que ce soit ; Cet homme, il ne l'avait jamais vu. Pas avant aujourd'hui, il en était presque certain. S'il connaissait son nom, c'est qu'il avait dû l'entendre par un hasard malheureux. Ou alors, deviendrait-il sénile avant l'âge ? Ragnar serra sa mâchoire, avide de réponses qu'il ne pouvait pas poser. Et malgré tout, le ressentiment restait au centre même de sa poitrine. Accompagné par ce froid et ce goût de cendre contre son palet. Par cette neige recouvrant petit à petit sa peau. Par une faible nostalgie incomprise de lui-même.

Les choses arrivaient à s’éclaircir peu à peu, mais la bête ne semblait pas rassasiée. Quelque chose semblait manquer à l'appel, encore et toujours, comme si l'évidence se faufilait entre ses doigts.

« Je vois. » Il répondait peu. C'était tout lui. Laissant ce silence planer, il se mit à scruter le liquide rougeoyant que détenait ce dit conteur aux yeux de braises. Il tournait et disparaissait, un peu comme le courant de sa pensée, actuellement. « Je ne me pense pas si connu. Sauf si vous possédez un quelconque attrait pour la forêt que je garde actuellement. Vous possédez une bien bonne mémoire, néanmoins.»

Il ne se voulait pas reconnu, bien au contraire. Plus il se dissimulait, mieux il se portait. La forêt étant sa mère spirituelle, rien n'était plus normal pour lui que de se retourner vers elle quand il en eut la liberté. Jetant des coup d'oeil un peu plus intenses vers les tatouages qui ornaient délicatement les bras de son interlocuteur, son regard remonta sans discrétion vers ses épaules et la base de son cou.

« Mais sachez que j'ai du mal à croire aux coïncidences. D'autant plus, je cherche à ce que les citadins ne viennent pas me côtoyer de trop près. D'après eux, je mords ou je dévore ceux qui endommagent ma forêt. Ça suffit à les tenir à l'écart, en général. »

La bête était sceptique. Beaucoup trop. Son regard happa globalement la pièce pour chercher l'eau si gracieusement proposée il y a quelques minutes avant, quittant la peau blanchâtre du jeune homme. Il ne le sentait pas comme un danger, mais sa dextérité en tant qu'orateur restait déconcertante. Tout comme son essence.

« Je suis de ceux qui écoute, non de ceux qui racontent. » Fit-il, essayant toujours d'être le plus poli possible. « Ma venue en ville est anodine. Je suis juste un passant, celui qui se faufile sur un trottoir pour en repartir aussitôt. Plus je suis loin d'ici, mieux je me porte. »

La ville était toxique à ses yeux. Il haïssait en règle général tout ce qui pouvait y grouiller. Rien n'y faisait réellement exception.

« Mais parlez, vous. Les sauvages ne connaissent pas beaucoup d'histoire... Non, les solitaires n'ont pas grand chose à raconter. Vous semblez bien plus enclin à prendre ce rôle. »

C'était une première ; Ca faisait depuis des lustres qu'il n'avait pas autant parlé. Comme si la discussion paraissait tout à fait naturelle avec lui, les mots se déversaient, allègrement. Ragnar se mordilla alors l'intérieure de sa joue, le regard grave, la tête penchée vers l'avant. Il s'adressait à lui comme s'il le connaissait depuis longtemps... Étrange phénomène que voilà.



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Savoir. On cherche tant à savoir, à connaître, à se repaître de pensées encore et toujours. Certains le trouvent dans les livres, d’autres les écrivent, la plupart vivent pour mieux savoir. On a tant de questions sans réponses, et on meurt avec le seul regret de n’avoir jamais autant su qu’on le voudrait. Peut-être était-ce ce regard, cette expression figée sur nos faciès contractés, lorsque la mort venait, qui apparaissait comme la seule et impénétrable vérité. Elle dit : je n’ai pas tout su, je voulais savoir. Il a toujours vu l’ironie dans ce temps, si court, bref et fantomatique, dans les iris des putréfiés. Car les questions meurent, et les réponses ne peuvent donc plus exister. Elles s’anéantissent dans la marée noire, se déchiquettent et hurlent en silence. Mais l’oreille qui les cherchait n’existe plus. Plus rien n’existe. Alors, la marée les noie dans sa noirceur moisie. Drassyr étire un sourire : il était si doué, dans le rôle de cette marée.

Si le silence était plus retors, certainement que le loup aurait entendu le son de ses iris mécaniques se rétrécissant. Le bruit était avalé par le pauvre écho du dehors, de la foule que le solitaire fuyait tant. Une fuite qui l’avait amené entre ses doigts tatoués. Quelle ironie. Charmante, ironie. Drassyr ne savait toujours quoi choisir entre rire, s’amuser, ou peut-être s’en aller. Mais il était trop tard, il le pressentait, il ressentait le fer invisible des menottes de son petit coffre. C’était sa malédiction ; à l’instant où il avait défait cette serrure, ses poignets étaient scellés. Impression vivace ; elle réchauffait goulûment sa peau.

Il avait cru entrapercevoir un instant, dans la froideur détestable de ces iris océanes. Chacun le connaît, ce vil et empoisonnant instant où l’on croit, où l’on espère être proche de cette réponse. Il semblait… Non, il était sûr, en voyant ses jambes frétiller, en ancrant ses yeux mensongers dans le corps du garçon, que le jeu du loup de marbre était bien plus complexe et ingénieux qu’il ne le pensait. Ragnar ne se souvenait pas, mais son odorat se souvenait. Ses lèvres. Sa peau. Ses griffes. Son ouïe. Quelque part dans ce subconscient et ces murs érigés par un enfant solitaire, résidait les mille et épars souvenirs de son être. Un puzzle aux mille pièces, et Drassyr se sentait tel le maître incontesté d’un jeu qui l’enchaînait. Il avait envie de mordre son propre doigt. Il avait. Terriblement. Envie.

« La mémoire est la canne du conteur. » susurra-t-il, dans une fébrilité mystérieuse.

S’il savait, à quel point il connaissait cette forêt, à quel point elle portait Sa marque. Sous les souches et les racines, dans les os et la terre, il y résidait sa putréfaction. Il y résidait aussi ses larmes et sa mémoire. La trace d’une main, quelques griffures animales d’un défunt renard… Drassyr pencha la tête de côté. Un fin sourire étira ses lèvres pâles. Nora allait le tuer. Nora allait le maudire.

« C’est tout à ton honneur de croire, ou de ne pas croire. Mais sache seulement que moins l’humain sait, garde forestier, et plus il sera attiré par ce qu’il ne sait pas. Car les questions ont toujours besoin de réponses… Alors, l’Homme veut savoir, et il crée ce savoir, même s'il est trompeur. Le temps qu'il le cherche, le temps qu'il le trouve. »

Un ton qui se fait serpent, il imaginait sans peine le saurien quittant sa cheville et s’enroulant autour des côtes du loup. Il voyait cette langue s’approcher de son oreille pour persiffler ses mots doux. Il voulait être ce serpent. En attendant, il savait de quoi il parlait ; on s’intéresse à Ying car on ne sait. On a peur des terriens, mais on est fascinés. L’Humain est trop curieux. Il en était, lui-même, le parfait exemple. Les rumeurs se font, car l’Homme a besoin de réponses, alors il les crée. Ragnar mord et dévore, car personne ne sait, car on imagine en attendant d’enfin trouver la réponse.

Le loup était ailleurs, le loup racontait. Et Drassyr pressentait toute la rareté de ce moment. Il trouvait facilement les fissures dans le loup marbre. Il pouvait les créer et s’y intégrer pleinement. Il le pressentait, et cela l’excitait.

« Alors pourquoi es-tu ici, jeune loup ? Aurais-tu des questions sans réponses ? »

Une fissure. Il la caressait du bout du doigt.

S’il fuyait la ville, pourquoi restait-il ? Les yeux de Drassyr se firent plus grands, comme ceux d’un enfant curieux. Seulement ils étaient si noirs… Que son faciès en était malsain. Ils étaient deux bêtes curieuses. Le conteur amena son verre à ses lèvres, et il le finit, d’une traite, avant de le poser sur la table, près de la bouteille d’eau, toujours scellée. Allait-elle être ouverte un jour ?

Il connaissait la réponse. Il connaissait les débuts des fils à tirer, à couper, à travailler et à nouer. Il n’en savait juste pas la fin. Pourtant, il voulait le faire réagir. Réagis. Réagis. Réagis. Son cœur battait, à chaque mot. Réagis. Réagis. Réagis. Il cliquetait d’un son mécanique, à fleur de peau.

Drassyr se mit en tailleur sur son canapé, son coude se posa sur son genou, et sa joue sur son poing fermé. Il avait toujours ce regard de bête curieuse immonde, saupoudré d’une malice perçante.

« Tu me demandes de pratiquer mon métier, mais j’ai besoin de quelques encouragements… Peut-être que me donner ton nom en serait un. »

Vil. Si vil. Il connaissait les lettres, il les avait grignoté goulument, il se souvenait du goût des syllabes prononcées. Drassyr était vicieux, le serpent continuait de persiffler, les menottes de cliqueter au rythme de son cœur encrassé. Il connaissait déjà les réponses, pourtant jouer ce jeu était divin, mentir, suppliquer, quémander. Il devint statue, en attente de réponses, en attendant de la fin de ses fils et de son poison. Il comblait les fissures avec une telle satisfaction. Il attendait, le moment, le terrible moment où lui-même serait piégé dans son propre marbre.

Réagis. Ô. Réagis, Ragnar.






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Trop loin était le son du vent dans les arbres, trop loin était les murmures des oiseaux. Ce qui les remplaçaient étaient moins beaux, comme le son d'un moteur qui démarre ou les cris d'un homme trop saoule pour se souvenir de sa dignité. Même tout en haut de la tour, Ragnar pouvaient malheureusement les entendre. Il n'était pas protégé par les hauteurs, ni même par les vieilles briques qui tiennent encore debout. Partout où il allait, le silence n'existait pas. Ni chez lui ni en territoire ennemi. Le repos était fugace, tout aussi transparent que son amour pour le lieu sur lequel il s'était pourtant affiché comme un aventurier téméraire. Le loup avait été présomptueux et le voilà désormais perché dans une cage dorée, aussi observateur que perdu dans ses pensées. Son geôlier lui, le contemplait comme s'il était l'attraction principale d'une fête ; Quand bien même il avait l'air de savoir bien plus qu'il n'osait le prétendre. C'était un curieux personnage, avec tout un attirail complexe entre les paumes de ses mains. Tout du moins, c'est que ce Ragnar arrivait à pressentir lorsqu'il écoutait d'une oreille attentive ses propos.

C'est enfin que le blond tend sa main vers la bouteille qui lui était promise. Le jeune homme se penche juste pour l'attraper tandis que son hôte s'attarde à répondre à ses dires tout juste libérés. Le loup n'en revient toujours pas, il avait tant parlé que c'en était même devenu absurde. Une certaine honte grossissait dans le fin fond de sa gorge tandis qu'il pressait ses doigts contre le bouchon pour le dévisser, cherchant excuses et réconforts là où il n'y avait pas besoin. Sans plus attendre, il portait alors le liquide à ses lèvres, prit d'une inspiration profonde alors qu'il avalait sans abstenir plusieurs gorgées salvatrices. Avec la bouche moins sèche, il priait pour des paroles plus sages. Sa gigote se tarissait pendant qu'il reprenait une certaine contenance, se faisant plus chien docile aux pieds de son maître que bête effarouchée tournant en rond entre quatre murs. Où étaient ses manières ? Le peuple avait beau murmurer qu'il n'en possédait pas, mais Ragnar savait généralement se tenir assez longtemps pour ne pas se laisser affamer par la politesse. C'est qu'il ne côtoyait généralement pas autrui, si ce n'est par obligation. Comme aujourd'hui ? Le loup pensait encore que oui, mais il se mentait d'or et déjà à lui-même. C'était se voiler la face que de nier l'attrait qu'il avait pour la voix du conteur et son envie dévorante d'entendre un peu plus de ses mots.

Et pour son métier, il ne semblait pas enclin à venir offrir ses multiples histoires colorées pour l'instant. La bouteille refermée, Ragnar grogne tout bas dans sa barbe, tel un enfant à qui on venait de refuser une friandise. S'il était nomade, il devait avoir de quoi le sustenter... Enfin, c'est ce que son envie égoïste lui chuchotait à l'oreille. Car c'est en lui refusant sa demande que le garde forestier plisse un bref instant le nez. Un moment court, mais bel et bien existant. L'animal reprend par la suite l'image de ce visage figé, déposant avec un peu trop de délicatesse l'endroit où se tenait auparavant la bouteille. Le brun sait, tout autant qu'il appréhende chaque parole sortant des lèvres pâles de son interlocuteur. Il le taquine avec des idées trop véridiques, trop bien pensées. Alors lui, jeune sauvage pour qui la réflexion se trouve limitée, reste une fois de plus couché à même la terre, s'embourbant dans ses concepts jusqu'au cou. Pour lui, ce qu'il n'a pas fréquenté n'existe pas. Et pour lui, les autres sont parfois beaucoup trop curieux.

« Je ne suis pas comme ça. »

Le jeune homme cru se prendre un coup derrière le crâne. Sa malhonnêteté était flagrante, même pour lui qui essayait de se dépêtrer lamentablement face au discours du tatoué ; Car s'il n'était pas ainsi, il ne se serait pas justifié aussi précipitamment avec ce ton presque offusqué. Pourtant, dieu ce qu'il y croyait.

« Je ne cherche pas à être curieux. »

Quelque chose semblait frapper avec hargne contre sa peau durcie par le temps . Le loup, prit au piège, tentait de se débattre en claquant la mâchoire de tout les côtés. C'est en frottant sa langue contre son palet qu'il baisse un peu son visage sous la tapisserie couvrant le sol, visiblement agacé. Ragnar devient immobile, pendant que son compagnon se à met à changer de position. Le bruit de son verre contre la table tinte contre ses oreilles, tout autant que la suite de la conversation.

C'est alors qu'il ressent une deuxième fois. L'odeur de la cendre tout autours de lui, le froid de la cabane de son enfance, ses plaintes. Cette lourdeur sur ses épaules. Les coups contre son dos. Plus il racontait, plus il avait la chair de poule. Quelque chose remontait en lui, tout comme ces souvenirs qu'il aurait aimé voir disparaître dans les flammes de l'incendie. De la frustration vient la nostalgie, et de la nostalgie vient la confusion. Peut-être aurait-il été préférable de s'éterniser dans la foule plutôt que de rentrer ici.

Il ne réponds pas à son interrogation. Ragnar est somnolant, les yeux entrouverts sur un point fixe.
Pas encore, c'est trop tôt pour se faire une idée.

Sa tête est douloureuse. C'est uniquement après quelques secondes dans le néant qu'il revient à lui, la peau douloureuse au niveau de son échine, comme si ses vieilles cicatrices venaient de se rouvrir. Son nom ? C'était une maigre contrepartie pour quelques contes au coin du feu et un peu d'eau. Cependant, c'était bien le moindre de ses soucis pour le moment. Posant l'une de ses mains contre le plancher, le loup endolori par ses souvenirs se releva dans un mouvement lent, quasiment grotesque et maladroit. Il devait savoir, ou alors au mieux, se rassurer. Se prouver que ses réminiscence n'étaient que le fruit de la fatigue. Ignorant donc toute courtoisie, il fit quelques pas vers son hôte. Assurément confiant, mais terriblement soupçonneux de ce qu'il allait dénicher de par ses actes. Peut-être rien, peut-être tout un monde qu'il ne désirait pas voir.

Une fois devant lui, le loup prit tout le temps qui lui était offert pour venir le regarder avec un coup d'oeil transcendant. Plus il s'imprégnait de sa présence, plus il y trouvait une mélancolie cruelle. L’intrus se penche alors, s’étend assez pour venir poser l'une de ses mains contre le haut du dossier de son fauteuil derrière, comme si il cherchait à le coincer entre lui et ce dernier. A cette proximité, ses sens s'aiguisent et il est prit d'un frisson si fort qu'il serre les dents. Toutes ses idées arrivent à établir un consensus, et par conséquent il inspire, cherche la moindre fragrance qui pourraient le contenter sans venir lui poser de questions inutiles. L'odeur de sa forêt, l'odeur d'un passé tourmenté. N'importe quoi. Le loup se penche donc un peu trop vers lui, oubliant pendant un moment sa proximité presque gênante quand on la confronte au fait qu'ils n'étaient normalement que deux inconnus.

« … Est-ce vraiment... La première fois qu'on se croise ? »


Sa voix aurait pu presque trembler, mais l'insistance que constitue ses yeux bleus rattrape le coup.



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La curiosité est un si vilain défaut. Il se métamorphosait en qualité, lorsqu’on savait la sculpter. Il y a les sculpteurs, il y a les ignorants, il y a les inspirés, il y a les mourants. Chaque curiosité était si belle à observer, à toucher, à changer. Les Hommes se nourrissaient de questions, et s’offusquaient des réponses. La curiosité les transperçait de part et d’autres, pour mieux les bercer avec amour. Elle est un monstre affamé au creux de leurs estomacs, et ils la cachent. Et plus ils la voilent, plus sa faim s’agrandit. Qu’y a-t-il de mal à la curiosité ? N’est-elle pas ce qui pousse les enfants à devenir grands ? N’est-elle pas le cadeau de Ying pour sa progéniture ? Même les animaux étaient curieux, même les loups étaient curieux : c’était terriblement amusant.

« Je ne suis pas comme ça… Je ne cherche pas à être curieux. »

Drassyr émit un bref rire. Le loup avait ce ton si proche du mensonge, ce genre de mensonge qu’on adule se raconter. Il se disait peu curieux, il se disait autre. Seulement, on était proie à la curiosité et non son prédateur. Elle venait empoigner notre cœur et éclater nos côtes, épuiser notre souffle, nos pensées. Le conteur étira un mince sourire, découvrant ses dents, comme s’il avait compris la vérité derrière ce mensonge éhonté. Ragnar était un jeu si intéressant. Il adulait comprendre, il adulait toucher, il adulait calculer et observer.
Ragnar était si curieux, en réalité. Le plus curieux des enfants, attrapant à pleines mains la neige brûlante.

« Menteur. » chuchota-t-il, d’un ton amusé. Rien de moqueur, seulement la nuance d’un homme qui connaissait que trop ce jeu et son compère.

Le loup semblait si âgé en cette heure, la curieuse curiosité posant ses serres sur ses épaules. Il pouvait les voir, autant que cette fatigue et cette divine inconscience jouant dans les iris de Ragnar. Il le voit se relever, comme transportant des chaînes, et le geste le fait s’adosser que plus au dossier, tandis que ses iris le fixent. Il arrivait. Lent prédateur qui, après avoir examiné tout son nouvel environnement, venait voir si l’individu était mangeable, ou détestable. Le mordrait-il pour ses mots ? Et surtout, cela plairait-il au conteur ?

Il se sentait transpercé de toutes parts par ce regard. Drassyr haïssait ce dernier, il ancrait malgré tout ses iris dans les siennes, non comme un défi, mais pour voir, apercevoir. Il était près, si près que si le serpent pouvait siffler, sa langue fourchue aurait atteint ses lèvres minces. Ô, la voilà. La ressemblance. La nostalgie. Le cœur rouillé du cyborg se met à grincer lui aussi. Il s’amuse de lui-même, car il rêve, car il remarque.

Cette promiscuité ne le gênait pas, il ressentait les yeux du loup à travers lui et se sentait livre à la langue bien étrangère. Lui aussi, il le fixait, il avait ces traits féminins, il voyait ce visage, contre sien, dans une danse à deux. Elle était belle, il était beau. Il entraperçut le défaut de ses cernes, et les contours abrupts et doux de sa mâchoire. Sa blondeur, il pouvait en ressentait leur délice entre ses doigts, pour les avoir caressé il y a tant d’années. Ô, Drassyr voulait une réaction, et il l’avait obtenu. Félicitations.

Le loup finit par le questionner, examen fait, toujours aussi près. Drassyr émit un nouveau rire, poussiéreux, âgé. Il pourrait acquiescer, il pourrait essayer de le pourrir encore et encore, de l’empoisonner, de mordre sa chair, de laisser sa langue toucher ses lèvres avec un désir millénaire, parcourir la peau de son cou, puis de son épaule avec faim. Il pourrait, et il ne le fit pas. Le conteur n’avait que trop peur de ce jeu.

Ses lèvres s’entrouvrirent, son visage se rapprocha de celui de Ragnar, ses yeux inexpressifs, son visage malsain. Elles étaient si proches, tels deux aimants s’attirant et se repoussant continuellement. Il prit une inspiration, et chuchota ses mots :

« Contre ton nom, quelle réponse souhaites-tu entendre ? »

Son sourire s’étendit sur ses joues, il ressentait la fatigue de ses muscles. Entre le souhait et la vérité, un ravin se présentait. Et Drassyr préférait les questions aux réponses. Il se radossa, ses yeux sombres emplis d’un savoir que seul lui connaissait, et qu’il ne pouvait cacher. Le cherchait-il seulement ? Ses mains s’ouvrirent vers le loup, ne le touchant malgré leur promiscuité. Elles s’ouvrirent et exprimèrent ces mots : le choix est ton envie.

Drassyr adorait être la curiosité du loup.







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Let me stay here for a while


C'est en scrutant son visage blême qu'il se laisse envahir par moult questions. Il y a quelque chose en lui... D'anodin. Mais plus il y réfléchit, plus ses pensées tentent de s'échapper entre ses doigts. Et c'est alors que vient cette ritournelle ; Pourquoi ? Pourquoi toi ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi ici ? Pourquoi pas plus tard ? Pourquoi pas demain ou même hier ? Son sang continue de pulser rapidement dans ses veines, mais Ragnar à l'impression de sentir le vide se rapprocher dangereusement de sa carcasse. Prêt à l'y pousser, se trouve le chaos qui fait grésiller ses méninges, grattant son dos de ses griffes acérées comme pour le prévenir que sa sentence ne tardera pas à lui trancher le cou. Il n'arrive pas à comprendre, mais il y a quelque chose en lui qui le tourmente. Ce petit quelque chose qu'il est parvenu à oublier, à soutirer de son esprit malade pour ne plus à venir l'endurer une fois adulte. Et là, rien que le silence, silence mortel lui susurrant une ode digne de la chute douloureuse qui lui pendait au bout de son nez.

Tu as peur,
n'est-ce pas Ragnar ?
Peur de ce qu'il t'inspire
peur de ce qu'il pourrait te faire subir

Il n'y a que quelques centimètres qui les sépare, et pourtant, il lui paraît encore si loin. Il y a l'esquisse de sa silhouette qui se dessine sur sa rétine, danse, puis finalement embrase le fin fond de sa gorge.  (( ce même goût de cendre entre les lèvres )) Plus vite. Il lui faut une réponse tout de suite.  S'il n'était fait de pierre, Ragnar se serait sûrement décomposé sous l'attente incertaine que lui offrait le dit conteur. Mais il ne peut pas, il ne doit pas. Ce n'est pas dans cette optique la que les pères élèvent les garçons forts. Ce n'est pas comme ça qu'il a été capable de survivre jusqu'à aujourd'hui. Alors la bête gronde, il le dévore juste des yeux avec un visage mauvais, enterré sous un silence de plomb. Contrairement à d'autres, le gardien de la forêt ne joue pas, ne s'amuse pas au gré des taquineries d'autrui. Il laisse volontiers ces mauvais morceaux à des congénères plus réceptifs que lui, plus aptes à s'enthousiasmer devant ces légères fourberies bon enfant.

Tandis que son échine se tends vers son hôte, ce sont ses doigts qui compriment de plus en plus le dossier du fauteuil à chaque syllabe prononcée. Il est habile, fort habile. Le blond s'empêche d'exprimer un râle de mécontentement à l'entente de ce deal étrange, son équilibre restant de marbre malgré son impatience qui s'amusait à lui tarauder l'esprit. Le sauvage glisse ses yeux saphir sur ses lèvres opalescentes, redessine les contours de son visage du regard avec le culot qui forme son caractère et sa jeunesse  (( garnement impétueux à qui on ne fait pas la leçon )). « Vous ne me connaissez pas. » Sa langue manque de fourcher pour venir le tutoyer. Sous l'agacement, son cerveau fait abstraction du sujet principal, supprime de manière éphémère ses doutes. Ragnar est un garçon entêté, prêt à claquer de la mâchoire pour faire fuir ceux qui oserait venir le chatouiller sur ses travers humains. Comme beaucoup d'entre nous ; Il n'apprécie pas qu'on vienne lui citer ses penchants obliques et encore moins  qu'on vienne ouvertement le traiter de menteur. Mais au final, il savait. Au plus profond de lui, bien caché sous des tapisseries anciennes et oubliées, se tenait la vérité qui lui prenait au tripes.

Il avait déjà croisé sa route.
Dans un autre temps.
Un autre lieu.
Peut-être une autre vie, qui sait.

Il aurait été un effort incommensurable que de lui céder son prénom. En agissant ainsi, il lui aurait prouvé le contraire de ce qu'il venait tout juste d'affirmer. Les paumes tendus dans sa direction, le dangereux marchand s'assure d'être on ne peut plus offrant, avenant sur sa proposition qui semblait avantager ce loup si réticent. Ragnar sourcille, mord de passage sa lèvre inférieure pour ne pas sauter sur l'affaire. Malgré tout, c'est l'empressement lui donne la parole après seulement quelques secondes « Je n'aime pas votre petit jeu. » Frustration. Il met alors fin à la promiscuité en reculant de quelque pas. Peu importe la distance entre eux, Ragnar vient de comprendre que rien ne pourrait alléger le poids de ses questions. Sauf peut-être sa parole à lui, qui sait. Alors, prenant le temps qu'il faut, la bête se résigne en venant lui tourner le dos, cherchant à se retirer vers la place qu'il s'était faite un peu plus tôt. Rien qu'un tout petit effort, quelques grains de sable supplémentaire pour remettre en route le sablier de sa mémoire. « Ragnar. » Le débordement avait été fait. Un nom reste un nom, mais ce dernier était le sien. Il incarnait ce qu'il était. Et dieu sait qu'il haïssait donner des bouts de lui aux autres. « Maintenant, racontez moi puisque ma mémoire semble me faire défaut. Dites moi où j'ai pu vous croiser. Pourquoi me semblez si familier. »

Trop familier.


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