AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Find your way. [ft. Soltan]
Invité
Mar 2 Fév - 22:03
Ça a le goût de l'échec, de la trahison, peut-être même du sel de la mer. C'est ce qu'ils en disaient, dans ces anciens livres hérités de la Terre d'en bas. Un monde grimé à l'effigie d'une supercherie ridicule. Le hasard, la malchance, le sort. De la magie ? Un miracle ? Plus des allures de torture infinie, si l'on y regardait de plus près. Une situation tout aussi pathétique que les pauvres fous qui s'y retrouvaient jetés contre leur gré. À réaliser, bien trop tard, toutes les choses qu'il aurait fallu dire et faire. Tous ces petits éléments qui, vus de l'extérieur, semblent les plus inutiles du monde. Regarder et mémoriser chaque lignes de l'iris de l'être cher. Sentir sous ses doigts la caresse fugace de la peau de son enfant. Retenir les sonorités du rire de celle que l'on aime. Le son de sa voix.

Depuis combien de temps avait-il été forcé de la quitter ? Ah, s'il y pense bien, il n'est plus certain du ton exact avec lequel elle soufflait toujours son nom, les mains sur les hanches, alors que lui et leur chérubin revenaient d'une sortie en forêt couverts d'égratignures. Est-ce qu'elle aurait ri ? Non, elle aurait été celle à les sermonner. Remonter les bretelles au père pour effrayer le fils. Mais cet enfant-là était d'une tendresse si délicate. Si douce. Et les grelottements cristallins de sa voix s'emportant dans l'hilarité resteraient gravés à jamais dans sa mémoire. C'était ce qu'il avait toujours pensé. Mais le son d'une voix est l'une des premières choses à perdre tout son éclat.

Les mots ne suffisaient plus, n'auraient jamais pu cerner l'étendue de sa détresse. Un désarroi qui ne l'a plus quitté depuis qu'il s'est échappé de cet Enfer autrefois Paradis. Chassé sans le comprendre. Frappé d'une malédiction qui avait effacé, sans vergogne, toute trace de compréhension chez ceux qui vous étaient les plus chers. Les autres ? Pour ce qu'ils lui importaient, au fond. C'était sa plus belle démonstration d'égoïsme. La seule preuve qu'il était définitivement une charogne comme tous les autres Hommes peuplant la Terre. Il n'avait d'yeux que pour eux. Pour sa chère et tendre perdue. Pour sa chair qu'il ne reverrait jamais plus.

Plusieurs jours à errer n'avaient pas suffi à apaiser le trouble qui le dévorait. Y aurait-il seulement un jour où il parviendrait lui-même à trouver l'oubli ? Quelle foutue ironie. Le pays était si petit. Comment pouvait-il espérer échapper à la vue d'êtres qu'il avait un jour côtoyés ? Le défaitisme, l'incertitude, la peur. Des émotions qui n'ont pas nature à être les siennes. Lui qui vivait dans son monde, dans ce cocon doucereux qu'était sa vie parfaite. Mais il est rendu dans cet univers, cette pièce close où le monde se meut encore, indifférent à son existence. Comme dissimulé à l'abri d'une glace sans tain. La vérité ? C'est qu'il ne parvenait pas encore à procéder toutes ces informations. Les couleurs du monde lui apparaissent tellement plus fades. Il n'a plus rien, mais ne souhaite plus non plus disposer de quoi que ce soit. La nuit, à observer les étoiles, voir les couples et les enfants courir et se satisfaire de l'allure soyeuse que peut prendre la vie lorsqu'elle vous tend les bras. La vie ? Une stupide fantaisie.

Pourquoi il n'a pas simplement attendu sa fin à se laisser dépérir ? À vrai dire, il ne le savait pas lui-même. Ce n'était même pas encore certain que l'idée lui ait seulement effleuré l'esprit. Comme un mauvais cauchemar. L'un dont il a tant l'habitude désormais.

Déambulant patiemment dans les rues de la petite ville, si loin du hameau dont il connaît chaque recoin, les allées et pavés se pâment de nuances grisâtres qui ne lui rappellent que la monotonie. L'odeur alléchante du pain chaud, dont les effluves s'échappent de la porte battante d'une boulangerie, sonne en un tintement diffus le passage d'âmes anonymes. Ou n'était-ce désormais pas plutôt lui, cet inconnu dans cette masse infâme, cet amalgame sans nom, cette existence. Sa cage thoracique se comprime, le cœur battant la chamade tant l'idée l'oppresse. Son estomac noué, bien que vide, crie d'un désespoir bien alien à la famine. Alors pourquoi s'arrête-t-il subitement devant une vitrine ? Rien d'appétissant pour les ventres s'alléchant d'une pâte au sucre beurré. Non. C'était un délice que Layth connaissait bien mieux que personne pour en avoir fait sa Muse, son art. Le reflet de l'éclat du soleil couchant sur la vitre éclaire les reliures d'ouvrages disposés de façon esthétique à la vue de tous. Mais lui, il n'en voit que le graphe enluminé d'un sobriquet qui éveille un sentiment étouffé, ténu.

Sans le réaliser, ses doigts nus quittent le verre transparent et encore chaud du soleil s'étant blotti là des heures durant. Toucher la clenche d'une porte, dont le carillon chante alors qu'il foule du pied le sol d'une petite boutique respirant au gré des pages qui y sont affectueusement classées et organisées. L'endroit ne réveille sur le coup aucun souvenir, mais alors qu'il offre à peine un sourire en direction du comptoir, une politesse qu'il tient d'années d'une douce éducation, il s'arrête sans plus de réflexion devant l'une des étagères présentant divers livres aux couvertures protégées. L'émeraude de ses yeux perdus dans une attention dévouée aux mots se mêlant au fil de sa lecture, il ne retient pas sa main lorsqu'elle file caresser la tranche légèrement cornée d'un ouvrage, ayant souffert d'avoir été tant lu. L'extrayant sans mal d'entre ses pairs.

Reculant d'un pas, puis de deux, l'arrière de son talon touche la base d'un fauteuil disposé là alors que sans réfléchir, il s'assied à peine sur l'accoudoir, le regard perdu dans sa contemplation. L’œuvre entre ses mains ne s'ouvre pas, ne bouge pas. Seule la couverture le fascine, alors que du pouce, il caresse le titre à peine mis en relief sur la page rigide. Un souvenir d'enfant. Un rêve réalisé.

Le sourire qui étire ses lèvres est celui d'un maître désœuvré, d'un navire sans port d'attache. D'un homme qui pour seule preuve de son existence passée, n'a laissé derrière lui qu'un nom de plume qui jamais plus n'évoquera quoi que ce soit à quiconque : Dandelion.
Find your way. [ft. Soltan]
Invité
Jeu 4 Fév - 16:20

C'est une magnifique journée, semblable à la précédente et probablement semblable, du moins l'espérait-il, à celle de demain. Il ne demandait pas à ce qu'elle soit exceptionnelle. Ce petit train-train quotidien qu'était le sien lui convenait parfaitement. Installé derrière le comptoir de sa librairie, il humait un air quelconque en observant le passage des quelques personnes et le défilement des heures.
Sa queue de serpent enroulée sous lui pour servir de siège, le coude posé sur le bois du comptoir, l'après midi venait de passer et il attendait tranquillement la fin de sa journée en consultant un magasine quelconque. Enfin quelconque. En apparence. Devant lui un catalogue dans lequel s'exposaient différents modèles de chaises et tables à des prix plus ou moins abusif également. Une idée qui lui trottait depuis un petit moment dans la tête de Soltan, alors que son regard glissait l'espace d'un instant vers les quelques gâteaux qui trônaient paresseusement sur le comptoir.

Pouvoir attirer plus de monde en proposant un service supplémentaire, un petit café sans autre prétention que de pouvoir offrir une petite pause lecture. Suite logique quand on savait qu'il avait déjà organisé un coin lecture avec quelques ouvrages à disposition.

Il semblerait que cela reste un projet aujourd'hui encore, alors qu'il réalisait que la luminosité diminuait, signe que la journée se terminait. Il fallait aussi qu'il se décide à fermer la boutique pour la soirée et pouvoir aller s'étaler à l'étage (littéralement). Cependant, la petite sonnette lui indiqua qu'un dernier client surprise venait montrer le bout de son nez, et son regard se plissa légèrement alors qu'il observa le nouveau venu l'ignorer totalement pour aller vers les livres et s'emparer d'un d'eux.
Comportement étrange que celui-ci. Mais le libraire se contenta de l'observer, attentif, un sourcil haussé. Le temps de laisser passer quelques minutes et il quitta lentement sa position de derrière le comptoir pour venir se glisser à côté et pouvoir interpellé directement la personne, les bras croisés derrière son dos.

- Je peux vous aider? demanda-t-il doucement, pour attirer l'attention et s'enquérir de la raison de sa présence ici.

L'avantage d'être un semi serpent, c'est qu'il ne fut pas dur pour lui de pouvoir se redresser un peu pouvoir pouvoir avoir un aperçu du livre et en connaître le titre et l'auteur. He, il n'était pas très dur pour lui de le reconnaitre celui-ci. Un de ses petits préférés et une raison pour laquelle il l'exposait parmi les lectures "gratuites". C'était aussi une façon indirecte de tenter les potentiels clients.

- Ha, excellent choix que celui-ci. J'aime beaucoup le style de cet auteur.


Et tellement plus également, mais il n'allait pas l'effrayer non plus cet homme en lui déballant un discours enflammé sur toutes les qualités qu'il trouvait à ses ouvrages. Il serait le premier à se sentir mal à l'aise à la fin. Alors il revint à une position plus normale, face au client, un léger sourire sur les lèvres alors qu'il ramenait ses bras devant lui.

- Mais, il va vous falloir plus que les quelques minutes restantes pour le lire et l'apprécier à sa juste valeur, fit-il doucement.

Un gentil rappel de l'heure et des circonstances, mais aussi une manière indirecte de s'intéresser à la raison de sa présence ici. Il allait être honnête, il ne lui semblait pas qu'il soit un acheteur.
Définitivement pas.
Find your way. [ft. Soltan]
Invité
Ven 5 Fév - 15:36
Ses doigts sur la couverture le laissent nostalgique. Comme sur le point de pleurer, mais rien ne vient. Parce qu'il n'est pas triste ? Non, parce qu'il ne sait pas comment gérer l'émotion. C'était un peu ridicule, au fond, venant de quelqu'un dont le métier est, de façon fondamentale, de décrire des émotions pour les faire ressentir à d'autres. Du détail le plus insipide à la raison même qui pourra faire frisonner le lecteur, le passionner, le rendre transit à la fin de chaque page. Une chose qu'il pense maîtriser, si les seuls chiffres de ses maigres ventes pouvaient justifier qu'il se permette de penser ainsi. Malgré tous les défauts que peuvent avoir ses écrits. Mais ces couvertures... Elles avaient quelque chose qui lui remuait le cœur. Un nom de plume hérité d'une signature de son père, des gravures réalisées par sa douce. Un travail de famille, si l'on pouvait dire.

Alors ravoir ça entre ses mains, l'un de ses tout premiers, l'un des préférés de son fils, aussi. Ça ne devrait pas lui faire si mal de le regarder. Pas tant le blesser de repenser aux heures passées à lire ses propres mots pour endormir son enfant tard le soir. Il aurait tout donné pour revenir à ces moments-là. Pour ne pas avoir à quitter tout ce qui comptait tant pour lui. Baissant la tête sans parvenir à contrôler la douleur qui veut lui vriller la poitrine, il voudrait se recroqueviller sur lui-même, s'enfermer loin de cette souffrance qui lui dévorait la chair.

Avant d'être interrompu par la voix posée d'un autre. Relevant le visage, surpris, il observe l'homme lui faisant face avec une touche de gêne, mais surtout intérêt, à entendre ses propos. Ignorant éhontément l'hybridité de l'autre, ayant appris à ne pas se formaliser de ce genre d'éléments, il sourit doucement à l'autre, l'air pensif. Son visage lui rappelait quelque chose. Pour ne pas dire qu'il faisait remonter à lui des souvenirs. Ils s'étaient déjà vus. Ah. Mais comme les autres, son visage ne lui dirait rien. Un rire silencieux secoue ses épaules, conscient de la fatalité.

« Excusez-moi Monsieur. » Dit-il d'une voix troublée d'émotion.

Ravalant ses pensées, il ôte sa main de la couverture et l'oriente pour mieux montrer le nom à l'hybride. Il savait qu'il appréciait ses écrits. Il avait pu lire l'étincelle de bonheur qui avait traversé son regard lorsqu'ils s'étaient rencontrés au cours d'une brève séance de rencontre avec certains de ses lecteurs. Mais le serpent s'était montré l'un des plus passionnés. À titre logique, certainement, il n'était pas devenu libraire pour aucune raison.

« Vraiment ? » Souffle-t-il comme s'il n'était pas au courant.

Après tout, il n'était plus l'auteur de ce roman, mais bel et bien un pur inconnu qui s'était rendu sans raison dans une librairie pour sélectionner, d'un certain point de vue au hasard, un ouvrage disposé là. Se redressant, réalisant que sa position n'était pas des plus convenables, il détourne la tête, un peu embarrassé.

« Je vous prie de m'excuser, j'en perds mes bonnes manières. Mon regard a été attiré par la couverture. »

En réalité, il ne se sentait même pas l'âme de veiller à ce genre de choses. La bienséance, la courtoisie. À quoi bon, il n'avait même plus de nom à protéger, ni même de réputation. C'est une chose qui reste malgré tout porte ses fruits depuis bientôt trente ans. Alors au point où il en était. Mais de toute évidence, il n'était plus le bienvenu sous sa « nouvelle » identité. Probablement que ce n'était que trop légitime. Il était de trop ici. Pour ne pas dire de trop en général, désormais.

« Quant au genre littéraire de Dandelion... Je pense tout de même qu'il y a un certain nombre d'erreurs caractéristiques. Trop dense, les émotions sont parfois bien mal retranscrites. Si loin de la réalité. »

Des remarques qu'il s'est toujours faites. Il n'a plus de tort de se critiquer lui-même, qui donc allait bien pouvoir le lui reprocher. Il pourrait, après tout, dire qu'il s'agissait de lui. Qu'il était l'auteur de ces ouvrages. Mais il n'était pas certain de pouvoir tolérer la réponse qu'il entendrait. Les œillères, se voiler la face. Ce n'était pas la question, de toutes façons. Il n'était pas le bienvenu, il n'avait qu'à débarrasser le plancher. Revenant près de l'étagère, il tend la main pour replacer l'ouvrage sur l'une des étagères les plus en hauteur. Une chose idiote, tant de facilité à extraire le livre de là, incapable de le replacer. Abandonnant l'idée de se ridiculiser en se mettant davantage sur la pointe des pieds. Il se recule d'un pas, l'air en peine et baisse les yeux, son regard dissimulé par ses mèches brune. Il était idiot. Il n'aurait même pas du venir ici. Il aurait du être plus prudent, ne pas s'exposer ainsi à d'autres qui l'avaient connu. Layth n'était pas prêt à ça. Ne le serait probablement jamais. On le prendrait pour un fou, non ?

Expirant, les épaules affaissées, il relève son regard émeraude vers le naga et lui sourit poliment, doucement, peut-être même avec une pointe d'affection douloureuse. Il avait été d'une agréable compagnie, lorsqu'ils avaient pu passer quelques brefs instants ensemble.

« Excusez-moi de vous avoir importuné, Soltan. » Observant à nouveau l'ouvrage entre ses mains, sans même le voir, il se mord la lèvre à l'entente du nom du basané qui s'échappe de sa bouche. Quel abruti. C'était le moment ou jamais de prendre la fuite.
Find your way. [ft. Soltan]
Invité
Dim 7 Fév - 22:38
Il y avait quelque chose chez cet homme. Un sentiment indescriptible mais indéniablement triste. L'homme serpent pencha légèrement la tête sur le côté, ne cessant d'observer cet étrange client qui avait finit par réaliser que s'asseoir sur les accoudoirs n'étaient clairement pas le meilleur moyen d'utiliser les fauteuils de lecture. Non. Il semblait plutôt réaliser où il se trouvait, comme s'il fonctionnait au radar depuis tout à l'heure. Un air perdu que Soltan aurait pu trouver adorable en d'autres circonstance, mais qui avait plutôt le don de le laisser confus et un poil méfiant pour le moment.

- Il n'y a pas de mal, fit-il doucement.

Il n'avait aucune difficulté à faire face à des clients difficiles. Pas qu'ils soient nombreux et réguliers, mais il détestait devoir les conduire vers la sortie ou devoir les rappeler à l'ordre tout simplement. Celui face à lui était tout à fait singulier et si l'heure imposait maintenant de fermer le magasin... Toujours cette foutue sensation, se sentiment qu'il n'arrivait pas à définir clairement qui l'empêchait de rentrer directement dedans mais le poussait à s'accorder un peu plus de temps. Disons que... Cinq ou Dix petits minutes de rab ne le tuerait pas.

- Si loin de la réalité, vraiment? rigola-t-il, amusé.

En même temps il n'allait certainement pas se retenir de défendre son auteur préféré. Même si les textes n'étaient peut être pas parfait...

- Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai été incapable de retranscrire ce que je ressentais, et c'est pour cela que ces textes me parlent, plus que les autres.

A ses yeux c'était un tour de force que d'arriver à présenter ce maelström de sentiments qui vous envahissez. Et les sentiments se confirmaient ou non au fur et à mesure des pages.

- Hey, ne soyez pas triste, vous pourrez revenir demain si vous voulez.

Pour lire, dans son idée bien entendu, alors qu'il voyait l'hésitation nette de l'autre homme à reposer le livre qu'il tenait. Quand on parlait de maelström, le regard émeraude qui lui fit bientôt face en fut un parfait exemple. Quoi qu'il puisse se passer il n'était pas sûr que cela se finisse bien et bien qu'inconnu, le naga sentait poindre comme une légère inquiétude.
... Si son nom n'avait pas franchit les lèvres de l'autre homme. Difficile de passer à côté. Autant dire que l’inquiétude fut vite remplacée par une levée de bouclier.

- Vous me connaissez...? demanda-t-il, interdit.

Il n'avait aucun souvenir de cet homme. Un regard pareil ne pouvait s'oublier.

- On vous a parlé de moi?

C'était la seule et unique solution qu'il voyait pour justifier ça... Ou alors il allait commencer à angoisser à l'idée que la personne qu'il avait face à lui était un genre de stalker. Se redressant un peu, se mettant sur la défensive en une habitude qu'il avait depuis la fin de ses années collèges, un léger sourire étira ses lèvres alors qu'il se reprenait.

- En bien j'espère? susurra-t-il.

La modestie l'étouffait pas trop pour le coup.
Find your way. [ft. Soltan]
Invité
Lun 8 Fév - 19:21
Dans une volonté plus que flagrante de se faire la belle, il tend de nouveau l'ouvrage vers l'une des étagères, le rebord solide appuyé contre le bois patiné. Il ne voulait pas entendre une nouvelle fois qu'il était fou. L'inquiétude dans le ton de la voix de l'hybride, bien que voilé par une habitude commerçante plus qu'évidente, n'était que trop patente dans le ton légèrement plus grave que prenaient ses commentaires. Il aurait voulu lui sourire, lui accorder ce regard qu'il avait lorsqu'il entendait à la volée des anonymes vanter son travail. Ça n'avait pourtant rien de réconfortant à cet instant-là. Il s'était lui-même jeté dans les mailles d'un filet auquel il n'avait pas souhaité s'exposer. Pas de la sorte. Layth n'était pas prêt à ça. Les blessure étaient encore trop fraîches, probablement le seraient-elles tout le reste de sa vie. Déglutissant avec une difficulté évidente, son instinct le fait naturellement tenter de s'éloigner de l'autre, ne voulant pas passer pour ce qu'il n'était pas. Refusant d'apparaître comme une menace aux yeux de l'autre homme. Il avait apprécié chaque instant qu'ils avaient passé ensemble, ce jour-là, à parler de ses ouvrages autour d'une tasse de thé qu'il lui avait agréablement offerte. Mais également toutes les autres fois où il avait eu le plaisir de venir en ville pour parcourir les ouvrages qu'il mettait à disposition ou vendait dans sa boutique. Trop peu pour dire qu'ils avaient entretenu une amitié. Bien assez pour avoir saisi quelques bribes de la personnalité du plus jeune. Assez pour savoir qu'il n'avait aucun souhait de le blesser délibérément.

S'il avait pu, il se serait senti heureux de savoir que les propos du libraire ne changeaient pas quelles que soient les circonstances. Que ce n'était pas seulement face à l'auteur qu'il avait tenu pareil discours. Ça lui aurait sûrement réchauffé le cœur s'il n'avait pas eu l'impression de ne plus être à sa place. Posant le livre sur l'étagère, un peu précipitamment, ne respectant pas l'ordre des titres, il s'éloigne d'une courte foulée. Il voulait sortir d'ici. Ne pas déranger davantage un honnête homme qui n'avait pas demandé à se retrouver impliqué avec le miasme d'ennuis dans lequel il s'était flanqué tout seul. L'incertitude dans la remarque de Soltan le fit frémir. Il devait partir, et vite. Il ne voulait pas se confronter à ça. Il n'aurait pas la force de ne pas s'effondrer.

« Je... P-pardon j... » Commença-t-il d'une timbre et d'un sourire tremblants, avant d'être interrompu par la voix plus claire du basané.

Sans plus réfléchir, le regard jade croisa celui incarnat, incrédule. Cette petite remarque, ce sourire étirant d'une candeur juvénile la commissure de ses lèvres. Le son duveteux de cette dernière remarque. Les yeux de l'écrivain s'écarquillèrent malgré lui, alors que ramenant une main à son visage, il détourne la tête, les sourcils chiffonnés. Seigneur, cet homme... Sans crier gare, un rire échappa au brun, pris au dépourvu, pour ne pas dire que sa surprise eut été totale de voir ainsi le côté joueur du serpent présenter le bout de sa langue. Courbant l'échine, il prend appui de sa main libre sur son genou, le tissu sali de son pantalon oublié. Sa tresse et ses mèches sombres voilant son visage, ses épaules attestent de son hilarité alors qu'il appuie le revers de sa main à ses lippes, relevant un regard rieur en direction du naga.

« Excusez-moi, ma... Ma réaction est totalement inappropriée... Mais... » Reprend-t-il sa respiration encore secouée de trémolos amusés.

Les lèvres pincées, se redressant, une partie de la tension et de l'amertume avant fait ployer son dos envolés. Il sourit doucement à l'autre, refusant de lui faire croire qu'il avait pu un seul instant se moquer de lui. D'un geste un tantinet gêné, il repousse ses cheveux derrière son oreille, ses doigts frôlant l'ornement hérité de Faust trônant à son oreille. Une note de douceur ravive la tristesse étiolée au fond de ses yeux alors qu'il rajoute, la voix redevenue posée, calme.

« Il n'y a apparemment que du positif à vous connaître, ai-je cru comprendre. » Ses sources ? Il n'en avait pas, après tout. Il était le premier à savoir que ses propos étaient véridiques. Conscient que sa remarque pourrait sembler déplacée, il n'hésite pas à continuer. « C'est seulement que vos yeux s'illuminent d'un quelque chose entre la complaisance et le plaisir lorsque vous parlez des œuvres de Dandelion. C'est agréable de voir que certains ont saisi la profondeur de ses écrits. » Changer de sujet, subtilement.

Se mordant la lèvre, il passe son pouce sous sa pommette, ne voulant pas laisser paraître de façon trop évidente sa gêne. Son sourire le ferait de toutes façons passer pour quelqu'un de suffisamment à l'aise pour dissimuler son trouble, n'est-ce pas ? Jouant du bout du bien avec le sol, le regard rivé là même, comme un enfant pris sur le fait, Layth sait qu'il ne doit pas s'éterniser. Ne pas se laisser prendre à un jeu qui finirait par être douloureux : celui d'apprendre à connaître une seconde fois. Comme s'il était à tromper ceux qu'il avait déjà rencontrés. Comme s'il savait déjà ce qui ferait plaisir à l'autre. Tricher, au final.

« Je... Je ne vais pas vous retarder davantage... J'imagine que vous avez de nombreux projets... » En parlant de cela, il ne peut s'empêcher de lancer un coup d’œil vers la zone qui, il y a de ça un moment, lui avait été présentée comme étant celle d'un petit café éventuellement à venir. Ses traits laissant apparaître une certaine retenue, il se souvient du regard un peu rêveur que l'homme avait eu en soufflant au hasard cette idée. Était-il toujours incertain quant à cette évolution de son petit commerce ? Ah, ça ne coûtait rien de le préciser...

« Mais le lieu est agréable, si l'opportunité se présente, je prendrai beaucoup de plaisir à revenir... » Un léger silence, il croise son regard, une étincelle de malice dansant dans ses prunelles contre son gré. Savoir avant Noël ce que bon papa nous réservait. « Il ne manquerait plus qu'un coin café pour parfaire l'édifice... »
Find your way. [ft. Soltan]
Invité
Ven 12 Fév - 15:31
De toutes les réactions possibles, le naga n'avait certainement pas prévu un énorme rire. Est ce que c'était une chose positive? Une petite voix dans son cerveau lui souffla que non. Il ne sut même trop comment il parvint à ne pas devenir rouge sous le sentiment d'humiliation qui s'empara de lui. Il se renfrogna, ayant du mal à accepter les quelques excuses prononcées et le presque joli compliment qui suivit comme pour se rattraper.
Non pour le coup Soltan se sentait quelque peu vexé. Il se rendrait compte plus tard dans la soirée que l'autre homme n'avait probablement pas voulu le froisser, mais pour l'instant le sentiment était difficile à évincer. Aussi se contenta-t-il d'un léger "mhh" vaguement sceptique alors reculait un peu. Mais du coup se posait la question de qui au juste avait pu lui donner son prénom. Et plus il regardait la personne en face, plus il se disait qu'il y avait peu de chance qu'il ait une réponse, s'il posait la question. L'individu voulait s'en aller de toute évidence.

- Je... Merci.

Des projets? s'enfermer chez lui était de toute évidence celui qu'il était sur le point de réaliser. Il ne s'était évidement pas attendue à ce que son petit projet soit mis sur le tapis. Quelqu'un aurait pu parler de coïncidence. Il n'était malheureusement pas de ceux qui y croyait. A se demander comment cet homme pouvait provoquer une telle levée de bouclier chez lui. Même l'ornement atypique qui décorait son oreille faisait tiquer le naga, sans que celui-ci ne sache réellement pourquoi. Quelque part, il était certain d'avoir déjà croisé cet objet mais... impossible de dire où, comment et pourquoi. C'était frustrant. Tellement frustrant.

- Qui vous a parlé de ça? fit-il en haussant les sourcils.

Wow, il pouvait vraiment féliciter son dur entraînement à la maitrise pour avoir réussi à poser cette question de façon presque très calme et posée. Surtout quand son cœur, dans le même temps avait raté un battement à l'évocation de son petit secret. Ils n'étaient qu'une petite poignée à qui il avait confié son désir de changement et il se demandait qui avait pu vendre ainsi la mèche...  

- Je ne suis pas à cinq minutes près... Ne vous inquiétez pas pour ça. Et puis je n'ai jamais mangé personne, je vous le promet, fit-il avec un sourire en coin.

Méfiance, Défense et maintenant Curiosité. Et il n'évoquait pas les quelques sentiments supplémentaires des minutes précédentes. Joli éventail d'émotions en un temps record de la part d'un inconnu. Au moins pouvait-il être sûr que ce n'était pas un visage qu'il allait zapper de sitôt. Le genre de rencontre choc, s'il pouvait se permettre.

- Puis je connaitre le nom de celui qui vous a fait part de ce petit projet. Le même qui vous a parlé de moi peut être.

Qu'il aille étriper celui à qui il avait fait confiance pour garder la confidence pour lui même?
Find your way. [ft. Soltan]
Invité
Sam 20 Aoû - 22:03
Il n'y avait rien de naturel à se retrouver dans la position d'une Ombre. Se retrouver dans son monde, dans sa vie, mais ne plus jamais parvenir à reprendre la place que l'on avait pu occuper auparavant. C'était précisément le sentiment qui étreignait le cœur de Layth alors qu'il se trouvait sous le regard perçant du serpent. Des yeux qui avaient tout d'envoûtant, de la même façon que l'espèce de son hybridité était réputée pour ses vertus ensorcelantes. Combien avaient du succomber à ces iris incarnats ? Le brun n'aurait su le dire lui-même. Mais il ne doutait pas une seconde que si lui, un homme marié et d'antan comblé, parvenait à trouver un charme particulier au fond des orbes grenat, il ne devait pas être le seul, non.

Mais quelque chose ne le satisfait pas dans cette situation. Un arrière goût d'échec, alors qu'il se voit imposé le mensonge. Forcé de brider ses mots, son comportement. Eux deux avaient déjà passé l'étape des étrangers. Avaient échangé longuement. Qui lui avait donné ces informations ? Nul autre que le naga lui-même. Et s'il pouvait légitimement répondre en ces termes au serpent...? Probablement pas. La gorge nouée, il se souvient sans difficulté d'un cliché qu'ils avaient pris le jour de son passage dans cette librairie. Un qu'il avait conservé dans le repli de l'un de ses cahiers d'écriture. Quelque chose qu'il en reverra probablement jamais. Un souffle, un pauvre sourire alors qu'il se recule encore d'un pas. Il repousse ses cheveux derrière son oreille, le contact froid de l'ornement à son oreille un ancrage rassurant. S'éterniser n'était pas une solution.

« L'auteur même de ce roman. » Lui-même, pour ainsi dire. Mais qui était-il pour se proclamer comme tel lorsqu'il était évident qu'il ne passerait que pour un fou ? Un sourire étire le coin des lèvres de l'écrivain, la chaleur de son sourire n'atteignant pas l'émeraude de ses iris.

« Je... Nous sommes assez proches, Dandelion et moi. Il m'avait parlé de vous... Lorsqu'il était venu une fois vous voir ici. » Un léger rire, détournant le visage pour cacher la lueur de douleur qui ne manquerait probablement pas de se lire au fond de son regard. Un destin qu'il ne contrôlait plus. Un passé qui n'était plus le sien.

« Mais c'était il y a longtemps. Vous ne vous en souvenez probablement pas. J'étais également là ce jour-là lorsque... » Un soupir, sentant la fatalité s'abattre sur son corps comme une vague de désarroi remplissant son esprit. « Peu importe. Votre compagnie à l'époque avait déjà été un délice. » Et en d'autres circonstances, aujourd'hui aurait pu être un autre moment délicat à rajouter à la liste des quelques instants volés en compagnie de l'hybride. Mais qui était-il pour imposer sa présence, celle d'un parfait inconnu, à un homme respectable ? Personne.

« Je ne vais pas vous importuner davantage Soltan. Je reviendrai demain pour cette lecture. » Un mensonge de plus. Jamais il ne reviendrait. Il préférerait redevenir un anonyme. Ne pas se frotter à ces êtres qu'il avait un jour connu. C'était trop difficile pour eux. Trop blessant pour lui. Il n'était qu'un égoïste.

Se reculant pour contourner le fauteuil de la zone de lecture, il lance un regard par la vitrine, faisant mine de réaliser l'heure. Un commentaire futile sur le fait qu'il devait être il ne savait où rapidement lui échappant alors qu'il se dirige vers la sortie... ne prêtant malheureusement pas attention à la queue de Soltan se trouvant sur sa route. Il n'en fallait pas plus pour que Layth se prenne les pieds dans la peau écaillée, promettant une chute ravissante à son hôte inopiné.
Find your way. [ft. Soltan]
Invité
Lun 31 Oct - 15:40
La nervosité. C'était ce qui était le plus évident à lire dans l'attitude de cet étrange visiteur. Ses questions le mettaient mal à l'aise, pris à froid sur un sujet qu'il ne voulait pas aborder. Mais il était aussi légitime que le propriétaire des lieux s'intéresse au fait qu'un étranger connaissait des détails qu'il n'avait révéler qu'à une poignée de gens de confiance.
La réponse donnée n'effaça pas vraiment ses questions, au contraire. Le naga pencha légèrement la tête. Il lui semblait pourtant avoir demandé à ce que le secret de ses projets ne soit pas ébruités. Pour autant il ne considérait pas non plus cet homme comme menteur. Il préférait penser que Dandelion avait eut une bonne raison de partager l'information. Ce qu'il lisait dans le regard émeraude ne faisait que lui confirmer qu'il y avait quelque chose de sous-jacent. Un problème dont il ne voulait définitivement pas parler.


- Et bien... commença-t-il.

Et ce regard qui se détournait. Oh oui, il y avait bel et bien quelque chose qui clochait, s'il avait encore des doutes. Une zone d'ombre qui titillait le serpent plus que de raison. Il sentait que quelque chose lui échappait. Comme un souvenir qui restait flou et se dérobait quand on l'effleurait du bout des doigts. Cette saleté.

- Vous ne m'importunez pas. Détendez-vous, je suis simplement surpris. je pensais avoir une bonne mémoire mais je crois que celle ci me joue parfois quelques tours. Je suis un serpent après tout, pas un éléphant.

Mais déjà son invité surprise prenait la direction de la sortie. Une fuite, lui indiquait son instinct animal et il se fit violence pour rester immobile et simplement l'observer. Pour un peu il aurait éclaté de rire en le voyant ainsi s'emberlificoter dans ses anneaux jusqu'à perdre l'équilibre et tomber. Le drame de sa vie. Les jeunes serpents avaient des difficultés aussi avec ça.
Compatissant, ses anneaux se redressèrent pour barrer la route et amortir la chute, évitant ainsi à Layth une fracassante rencontre avec le sol. Ils passèrent ensuite autour de la taille pour le remettre debout, se desserrant légèrement une fois que les deux pieds furent stabilisés au sol.


- J'espère que je ne vous ai pas effrayé. Ce n'était pas mon intention.

Parce qu'avec ses questions et son attitude défensive, il était parfaitement conscient de ne pas avoir été le plus aimable au monde. Un comble pour un commerçant.

- Je serai ravi de vous revoir et de continuer notre discussion sur vos lectures. J'apprécie toujours de partager les points de vues sur une histoire. Surtout les bonnes. Qui sait, peut-être assisterez-vous à la mise en place de ce fameux coin.

Relâchant totalement le visiteur, le libraire se rétracta lentement derrière son comptoir, y croisant les bras, ses anneaux libérant le chemin vers la sortie.Soltan n'était pas dupe: Vu l'attitude et l'empressement à s'en aller, il savait qu'il y avait peu de chance de revoir cette jolie frimousse dans les parages. Son attitude rajoutant une raison supplémentaire. Il ne perdait pas espoir cependant. Il y avait une réelle curiosité vis à vis de cet homme qui se disait proche de son auteur préféré.

- Passez quand vous le voulez. Vous serez toujours le bienvenue.
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» (akhésa) ✚ those who don't believe in magic will never find it.
» Glorfindel • Mornie utúlië... believe and you will find your way
» I've been dreaming for so long, to find a meaning to understand.
» Will you come find me if I crash and burn? — Siobhán
» LILY ❝ easy as a kiss we'll find an answer.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ariesten :: Cimetière RPs-
Sauter vers: