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 I live in You [PV Réa ♥]

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Le temps a filé. Trop vite peut-être pour que l’on s’en aperçoive, mais les faits étaient là. Trois ans déjà. Trois ans qu’il était partit, mais un an surtout qu’il l’a abandonné. N’y a-t-il pas actes plus ingrats que celui-ci, d’un frère à une sœur aimante ? Est-ce simplement parce que les sentiments qu’il ressent ne sont plus de ceux qu’il peut justifier comme sain ? Au fond, il s’en fiche s’en doute, puisque ça ne l’a pas empêché de revenir. Mais peut-il encore se prétendre légitime auprès de Réa après tous ces mois de silence à lui imposer la peur et le doute ? Après tout, elle a peut être refait sa vie à sa manière et surement – c’était même sûr – ne ressentait-elle aucunement la même chose pour lui. A ces simples pensées, ces multitudes de possibilités, ces analyses à la fois illogiques et censées, il laissait le doute l’envahir. Devait-il oui ou non retourner la voir réellement ? Il avait fait le premier pas d’accepter le changement de ses sentiments, le nier n’était plus une possibilité à moins de souffrir. Mais il souffrait toujours de ne pas l’avoir près de lui et de savoir combien il avait pu la blesser moralement. Howl la connaissait trop bien pour savoir qu’elle n’irait sans doute pas bien sans aucune de ses nouvelles. S’il n’avait pas de certitudes quant-au fait qu’elle avait peut être trouvé quelqu’un, il ne doutait pas une seule seconde cependant que la jeune femme se serait plus renfermée que lorsqu’il était encore là. C’était sa faute… sa seule et unique faute. Parce qu’il n’avait pas réfléchit. Parce qu’il avait été égoïste… et parce que pour la première fois de sa vie, il n’avait pas été honnête avec lui même. Les évènements s’étaient retournés contre lui trop subitement et il était temps que les choses lui reviennent en pleine face pour le faire bouger, aussi douloureuses soient-elles.

Depuis combien de temps n’était-il pas retourné en ces lieux ? Un peu plus d’un an effectivement, la dernière fois qu’il avait passé le pas de la porte de son appartement c’était pour une visite, qui elle même avait déjà souffert de plusieurs report de la part du jeune homme. Rien que d’y repenser, il avait honte. Il connaissait le chemin par cœur, entre ces rues calmes et les voix des passants qu’il croyait reconnaître sans que ce soit le cas. Quelques boutiques s’agitaient encore en cette fin de journée, elles n’avaient pas changé depuis qu’il était partit. C’était lui qui était différent en vérité. Son pas se presse un peu plus, il aimerait arriver avant que Réa ne soit à l’appartement. Leur appartement… Même si à vrai dire, c’était moins le sien que celui de la jeune femme désormais. Ils l’avaient choisi à deux à l’époque, avec ces deux chambres séparées où pourtant ils s’étaient souvent rejoint dans l’une ou l’autre pour bavarder et rire comme deux enfants. Un temps qui semblait si lointain…

Le jeune homme approche l’entrée du bâtiment. Tout semble calme, comme avant. Un instant, il observe et se souvient. Cette fenêtre là, c’est la chambre de Réa. Une boule se forme dans sa gorge et son ventre. Il veut tant la revoir. Mais il doute plus encore… Plongeant une main dans la poche, il sent teinter au contact de ses mains gantées un porte-clés. Il l’a gardé. Bien sur, c’est toujours chez lui après tout, sur le papier du moins. Le code est le même, il le tape un peu fébrilement avant de passer la porte et s’engager dans les escaliers. Au détour d’un couloir, il croise un voisin qui le reconnaît. Curieux, il ne peut s’empêcher de venir lui poser deux trois questions sur son retour. A sa manière, le jeune homme répond succinctement, aimable comme à son habitude mais un peu pressé par le temps. L’homme le laisse partir d’un sourire, content de revoir. Il avait oublié ces moments si simples pendant ces années… pas que ses excursions furent faites en de mauvaises compagnies, bien au contraire, mais elles n’avaient pas eu ce gout de simplicité et de calme.

La clé fend la serrure un peu lentement au gout de Howl, mais le claquement significatif du loquet qui se déverrouille semble le rassurer. Un instant il hésite à pousser la poignée et entrer. L’instinct le fait réagir et une vague odeur de déjà vu et souvenir l’envahi. Rien n’a changé non, l’appartement à toujours cet air de paix, ranger parfaitement, cette lumière du soir tombant éclairant les meubles et les murs d’une teinte orangées…

« Te voilà rentré… »

Un simple murmure, mais il n’est pas vérité. Après tout, si Réa réagit mal, si elle ne veut pas de sa présence, même en ami… il n’avait pas à s’imposer là où il n’était plus réellement le bienvenu. Pourtant, depuis un an, il ne s’était jamais autant senti bien dans un endroit. Oui, chez lui…

A peine quelques minutes se passent quand il entend à nouveau le loquet frémir et la porte grincer. A nouveau, une vague l’envahi, entre doute et joie, bonheur et peur… il ne sait comment faire, comment l’accueillir. Cela semble pourtant si simple, il y avait réfléchit tant de fois, analysé les possibilités trop souvent. Mais son esprit se braque, trop peut être. Il est dans l’erreur, il n’a rien dit depuis si longtemps. Howl est là, dans le salon, prêt de la fenêtre là où il avait guetté son arrivée. Et alors qu’elle passe l’entrée, qu’il l’a enfin dans son champ de vision, il sent son cœur s’arrêter, sauter un battement et reprendre peut être trop violemment.

Et pourtant, c’est presque naturellement, tel un instinct qu’il laisse ses paroles franchir le silence avant qu’elle ne le remarque totalement.

« Moi qui pensais que tu rentrerais trop tôt pour que j’ai le temps de te faire une surprise. » Le timbre de sa voix résonne avec une touche de taquinerie, sans manquer la profonde affection qui ressort de son ton. Un sourire courbe ses lèvres alors qu’il la regarde, cette seule certitude pour l’instant à l’esprit : elle lui à manqué.
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Les jours se suivent et se ressemblent dans cette vie beaucoup trop monotone. Je consacrais la plupart de mes journées à mon travail d’artisane pour finalement rentrer dans un appartement vide, tous les soirs … De temps en temps, quand la solitude se faisait trop pesante, j’allais rendre une petite visite aux grands-parents de Howl, ces personnes adorables qui m’avaient accueillis en leur foyer avec tant de gentillesse et d’attention, me permettant de retrouver une vie normale après mon « drame familial », c’était toujours plus facile à dire lorsque l’on nommait les choses ainsi … Plus facile à dire que « la perte de mes parents ». Ces visites devenaient de plus en plus difficiles pour moi, l’inquiétude nous taraudant tous les trois lorsque l’on hochait toujours la tête en négation, signifiant que Howl n’avait toujours pas donné signe de vie. A ce hochement de tête s’associait toujours un serrement au niveau du cœur et un picotement dans les yeux pour retenir mes larmes, tout du moins jusqu’à me retrouver de nouveau seule dans ce grand appartement … Oui, l’absence de mon « frère » restait toujours un sujet délicat pour moi, mais je devais faire avec, tout en gardant un petit espoir qu’il daigne revenir un jour.

Mon travail me permettait de m’évader, même s’il avait tendance à me rappeler ma mère, mais après tout j’avais choisi cette voie pour elle, pour suivre ses traces, lui rendre hommage.  Je préférais travailler seule, au moins certaine de ne blesser personne en cas de problème lorsque j’usais de ma magie pour créer ma matière première. J’étais plutôt fière de mes investigations qui portaient peu à peu ses fruits, me forçant à redoubler d’effort et à faire beaucoup plus d’heures qu’avant. Mais cela signifiait que j’avais accompli mon projet avec brio.

Alors que la journée avait été comme les autres, ne serait-ce qu’un peu plus épuisante qu’à l’accoutumée, je regagnais mon appartement où je savais que personne ne m’y attendait. Mon trajet me faisait passer par ce fameux parc, lieu où remontaient beaucoup de souvenirs et comme chaque jour, je passais tout mon trajet à repenser à Howl, me questionnant sur ce qu’il était devenu, mon cœur se serrant à chaque pensée. Il y avait bien longtemps que j’avais assumé ces sentiments nouveaux pour lui, qui, avec le temps, n’étaient plus si nouveaux en fait. La seule chose qui changeait de jour en jour était le creux qui envahissait mon cœur du fait de son absence. Le tout était de se faire une raison.

Comme chaque jour, j’ouvrais ma porte, sachant délibérément que je serais seule … Comme chaque jour, j’étais perdue dans mes pensées, la tête baissée, la mine triste, en posant mes affaire et retirant mon manteau … Mais ce soir-là, quelque chose perturba ma routine … Ou plutôt une voix … Une voix que je pouvais reconnaitre entre mille. Je levai les yeux, restant un instant figée. Ce moment, je l’avais rêvé … Je l’avais passé et repassé dans ma tête … A un tel point que je me demandais si mon imagination ne me jouait pas des tours … A un tel point que je clignais une fois, deux fois des yeux, avec une irrépressible envie de me pincer pour m’assurer que je ne rêvais pas … Howl se tenait devant moi … Durant un instant dont je ne saurais vraiment évaluer la durée, je restais sur place, le regardant … Ou plutôt le contemplant … En une année, il n’avait pas tellement changé, sauf qu’il arborait une nouvelle couleur de cheveux assez inhabituelle mais qui curieusement ne faisait que rajouter à son charme. C’était la première fois que je le voyais comme un homme et non comme un frère. C’était si troublant … Ceci me confirma simplement mes sentiments, s’ajoutant au fait que mon cœur loupa un battement rien qu’en voyant son sourire.

Je ne savais absolument pas comment réagir … Mon cœur tambourinant à un rythme effréné ne m’aidait en rien à réfléchir. J’avais tellement pensé à ce moment, sachant parfaitement que je serais prise au dépourvu lorsqu’il se produirait. J’étais tiraillé entre l’envie de lui sauter au cou ou de lui reprocher son absence … Tiraillée entre l’amour que j’éprouvais pour lui et ce sentiment d’abandon que je portais depuis plusieurs mois. Un faible sourire finit par se dessiner sur mes lèvres et je ne pus attendre plus longtemps pour m’approcher de lui et le prendre dans mes bras, posant doucement ma tête sur son épaule. Ces battements de cœurs … Si seulement j’avais assez de courage pour les écouter … Si seulement il pouvait les ressentir … Même si j’assumais pleinement mes sentiments, je doutais qu’ils soient réciproques et me contenta simplement de cette étreinte qui allégeait mon cœur. Toujours contre lui, je finis par souffler quelques mots.

« Howl ... Tu es là … Tu … Tu m’as manqué … »

Je resserrais un peu plus mon étreinte, quelques larmes sillonnant mes joues. Je ne parvins pas à lui en vouloir de cette absence prolongée, mais je devais tout de même savoir pourquoi … Peut-être avait-il une bonne raison ? Peut-être avait-il eu un souci durant son aventure ? Ou était-elle beaucoup plus importante que moi ? Je chassais immédiatement cette pensée de ma tête, même si je savais bien qu’il avait maintenant beaucoup plus d’importance pour moi, sans doute que pour lui je restais sa sœur … A contre cœur, je finis par le relâcher, reculant d’un pas pour rester à distance de lui et surtout garder les idées claires. J’essuyais discrètement les larmes qui coulaient sur mes joues avant de plonger mes yeux océans dans les siens, l’air sérieux même si je ne demandais qu’à me perdre dans son regard. Au fond de moi, je lui en voulais  … Mais il fallait au moins lui laisser le bénéfice du doute … J’inspirai profondément, le plus discrètement possible, pour tenter de reprendre un rythme cardiaque normal, mais en vain. Je pris l’air le plus détaché possible, refoulant cette envie de me coller de nouveau à lui. J’avais besoin d’explications …

« Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Pourquoi tu n’as plus donné aucun signe de vie ? J’étais morte d’inquiétude … Et tes grands-parents aussi …  »

Je priais en mon fort intérieur qu’il ait un argument imparable car je n’avais pas envie de lui en vouloir …
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Elle est là. Et elle n’a pas tellement changé. Physiquement du moins, Howl n’y voit guère de grande différence, elle est telle que sa mémoire se souvient. Avec ce soupçon de sentiments inavouables qui font tambouriner son cœur alors qu’il tente de l’observer avec une passive sérénité. Tenter est le mot juste oui, car il sent cependant une vague chaleur remonter vers ses joues, discrète néanmoins, lui qui tel un serpent à le sang plus froid que les autres. Le sourire de ses lèvres demeure et un instant passe tandis qu’ils se regardent, sans un mot. A vrai dire, le jeune homme aurait aimé soulever ce silence, le briser par quelques banalités, car il lui était dérangeant. Même s’il pouvait voir au regard de Réa le bonheur qu’elle avait de le revoir, il se sentait toujours tel l’intrus qui avait si longtemps été absent sans jamais donner la moindre nouvelle. C’était si ingrat de sa part. Et quand l’on écoutait les raisons, il lui semblait que rien ne pouvait être plus stupides que ses états d’âme. La surprise passée, l’illusion défaite, les choses se mentent en mouvement. Il n’ose bouger quand elle s’approche, ce doux sourire pendu aux lèvres, quoique timide. A son tour, il ne peut que le rendre, de cette même manière sincère et passionnée. Même s’il se doit de garder le secret de son cœur pour l’instant, Howl ne peut nier toute la joie qu’il ressent à ce moment. Le contact le ferait presque frissonner s’il n’était pas aussi maitre de ses émotions. L’étreinte tant attendue, mais qu’il sait ne pas être synonyme de pardon. Pas encore, c’était bien trop facile. Pour autant, le jeune homme rend le câlin avec une certaine vigueur, ses bras passant autour du corps de Réa pour l’enserrer comme un noyer à une bouée. Oh oui, elle lui à tant manqué. Et ça, sans honte il peut le révéler.

« Toi aussi Réa. Et… pardon. Pardon d’avoir mit si longtemps. »

Ce sont là de biens simples et biens faciles excuses. Mais il ne compte pas s’asseoir sur de telles paroles et les désigner comme acquises… même si l’amour qu’il sent grandir en lui ne cesse de lui tourmenter l’esprit et obscurcir son jugement, Howl n’est pas encore assez idiot ou aveugle pour ne pas mesurer l’ampleur de son erreur et du mal qu’il avait fait. Ces quelques mots qu’elle avait prononcé avec la voix blessée, même si ce n’est que fugace, il le remarque sans peine. Son étreinte s’affirme un instant, la tête appuyée sur la sienne, promesse silencieuse qu’il ne va plus repartir. Qu’il ne veut plus repartir…

C’est encore loin d’être suffisant cependant. Très loin. A peine s’éloigne t-elle de lui qu’il voit ces sillons sur ses joues cachées rapidement par une main maligne. Mais les yeux rougis par les larmes de Réa ne trompent pas. Il les connaît trop bien pour ne pas les reconnaître. Son sourire perdu, il la regarde avec cet air profondément triste, profondément touché. Mais qu’avait-il fait bon sang pour laisser sa raison se faire contrôler par la peur et le doute ? Il avait tant de fois promit à la jeune femme qu’il ne voudrait jamais être la source de son malheur ou de ses larmes… voilà une promesse foutue en l’air pour tant d’idioties… et il se prétendait adulte alors qu’il avait réagit comme un gosse effrayé ? Oh sans doute ne dirait-il rien pour l’instant sur l’ampleur de ses sentiments et la vérité de ceux-ci… mais au moins ne les rejetait-il plus. A quoi bon cela aurait-il servi sinon à souffrir un peu plus ? Son seul regret était d’avoir simplement réagit beaucoup trop tard.

Ah la voilà. La question tant attendue. La question tant redoutée. Mais ce n’était pas comme s’il avait cru un seul instant pouvoir y échapper. Encore une fois, mille et une pensées se bousculent dans sa tête. Combien de fois avait-il réfléchit à une manière de lui dire, une façon de parler… Oh il ne se souvient plus des multiples possibilités, et c’est bien un problème car le silence s’impose comme seule réponse à la question de la jeune femme. L’air gêné, il baisse les yeux fugacement, comme un petit garçon qui aurait fauté. Sa seule certitude est qu’il ne souhaite pas mentir. Parce qu’il ne supportait pas ça et parce qu’il savait que Réa ne méritait pas une telle attitude. Encore une seconde passe, et enfin Howl prend une inspiration. Pas assez discrète pour prouver son détachement hélas. Un léger soupir, sa main gantée vient distraitement gratter sa nuque puis enfin, les mots sortent de sa bouche.

« C’est… comment dire ? Difficile à expliquer. Pour être honnêtement, il n’y a pas moyen de pardonner mon attitude Réa, car je n’ai pas de réelles excuses à donner pour expliquer ce que j’ai fait. » Telle était la vérité. Ni plus ni moins. Ainsi avouait-il avec beaucoup de désolation que rien ne pouvait l’excuser. Et il le pensait. « La vérité c’est que… si je te dis vraiment pourquoi je n’ai plus donné de nouvelles pendant un an, les choses risquent de changer entre nous. De manière… irréparable. » Il en convenait, ce n’était pas la manière la plus douce et la plus simple d’amener les choses. Howl n’avait pas le talent du tact et de la bonne mesure, seulement de l’honnêteté et la franchise. Chose qu’on ne pouvait lui reprocher d’omettre dans ces mots. « Enfin de toute façon, même avec cette raison, je sais que j’ai fait une connerie… L’une des plus grandes de toute ma vie je crois. »

Relevant les yeux vers la jeune femme, les pupilles de Howl brillent d’un léger voile. Oh non il ne pleurerait pas, mais ce n’est surement pas loin à bien y regarder de plus prêt. Bon sang, il a tant envie de la prendre à nouveau dans ses bras, la serrer contre son cœur et laisser les battements du sien tambouriner sans fin. Mais il sait que ce n’est pas possible. Plus maintenant.

« Je suis désolé d’avoir gâché les choses Réa. Ce n’était pas ce que je voulais. »


Mais il l’avait fait. Car la réflexion n’avait pas eu son mot à dire dans cette affaire de sentiments. Et si d’ordinaire on préférait ceux-ci guider les actes, il s’avérait que la raison n’avait pas toujours tort.
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Il était là devant moi ... Howl était revenu ... Et pourtant mon bonheur se mélangeait à une profonde tristesse ... J'étais si heureuse de le revoir, de savoir qu'il allait bien ... Si heureuse de pouvoir contempler cet homme qui faisait maintenant battre mon cœur comme jamais ... Mais d'un autre côté, il m'avait blessée ... Durant une année entière et même un peu plus, il avait totalement disparu de ma vie ... Pas une visite, pas une lettre ... Rien du tout ... C'était si difficile, si douloureux, surtout au vu des nouveaux sentiments qui étaient apparus durant cette période, sentiments que je ne pourrais certainement jamais révéler. Qu'est ce qui était le plus difficile : aimer un homme qui était loin de moi ou l'avoir auprès de moi et ne pas pouvoir lui avouer ce que je ressentais réellement parce que celui-ci n'était autre que mon frère adoptif. On avait connu plus facile en relation amoureuse ...

J'étais tout simplement perdue en le voyant, mais je n'avais pu m'empêcher de le prendre dans mes bras, sentir son contact, ses bras autour de moi, même si à cet instant j'aurais voulu plus ... Bien plus que cette simple étreinte ... Je ne savais pas si mes larmes venaient de là, de ces sentiments cachés, ou bien du fait que j'étais à la fois heureuse de le revoir et que je lui en voulais en même temps de m'avoir abandonnée. Peut-être tout ceci en même temps ? Un flot de diverses émotions que j'avais beaucoup de mal à contrôler ... Car en effet, il y avait bien longtemps qu'être forte n'était plus dans mes qualifications ... Son absence m'avait de nouveau fragilisée, comme la perte de ma mère, sauf que je n'avais plus dix ans, j'étais une adulte et je devais agir comme tel et en montrer le moins possible. Mais si seulement c'était aussi simple ?

Je retrouvais enfin l'usage de ma voix, lui avouant ce qui n'était qu'une évidence. Il m'avait tant manqué ...Tellement ... Mais pourquoi avait-il mis tant de temps à revenir si je lui manquais ? Je profitai de son étreinte, étant à la fois si bien et si mal tout contre lui ... Etrange oui ... Il s'excusait, sachant parfaitement qu'il m'avait blessée, il ne me connaissait que trop bien pour l'ignorer. S'il savait ... S'il savait que c'était bien pire que ce qu'il croyait ! Je n'avais pas ces sentiments pour lui, la situation aurait été beaucoup plus gérable, mais là ... Là j'avais juste perdu en partie de moi que je n'aspirais qu'à retrouver en sa présence.

Je parvins enfin à m'arracher à son étreinte, à contre coeur mais par nécessité, séchant mes larmes. Etre si proche de lui, sentir son contact, ne faisait que me brouiller l'esprit. Malgré que j'aimais cet homme, malgré qu'il avait tant fait pour moi, je ne pouvais pas le laisser revenir ainsi  comme une fleur ... J'étais beaucoup trop rancunière pour ça ... Bien que c'était si difficile de lui en vouloir en voyant son regard, son sourire et maintenant son air triste ... Réa reprends toi ! Cette question, il l'attendait certainement depuis que j'avais passé la porte et que j'avais posé les yeux sur lui et moi non plus je devais savoir ... J'avais besoin de savoir pourquoi ... Pourquoi il était parti si longtemps, lui rappelant au passage qu'il n'était pas question que de moi non plus.

Tandis que je le regardais dans les yeux, lui préféra baisser la tête, l'air honteux. Il me rappelait ce petit blondinet que j'avais rencontré il y a une dizaine d'années, ce petit garçon, je le retrouvais encore lui à cet instant. Je dus prendre sur moi pour ne pas le réconforter ... Mais c'était plutôt moi qui avait besoin de réconfort, sans vouloir être égoïste ... Il avait fait le choix de rester éloigné pendant tout ce temps ... Moi j'avais subi son choix ... J'attendais ses explications, immobile, continuant à le fixer dans un regard mélangé de tendresse et de tristesse. Je vis bien son inspiration, je vis bien sa gêne lorsqu'il porta sa main à sa nuque pour enfin de me répondre. Je le fixai, la gorge serré, l'estomac noué, mon coeur s'affolant toujours.

Il tournait autour du pot sans jamais en venir au but ... Il se savait en faute mais il n'avait apparemment pas de réelle raison à cela ... Une brume commençait à envahir de nouveau mes yeux, mais je me retins, l'écoutant toujours, buvant ses paroles. La vérité pourrait changer les choses entre nous ... Mais quelle vérité ? Je me posais des questions à moi-même, mais pour l'instant aucun mot ne sortait de ma bouche, me contentant de le fixer toujours ... Mon esprit divaguait à diverses hypothèses ... Et s'il avait rencontré quelqu'un ? Si c'était là la réelle raison ? S'il avait préféré passer du temps avec cette personne plutôt que moi ... Au fond, cela aurait été légitime, il en avait parfaitement le droit, mais j'étais irrationnelle, loin d'être objective ... Oh oui, il avait fait une connerie ... Il le reconnaissait malgré sa fierté ce qui était déjà une bonne chose. Il finit enfin par relever les yeux vers moi prononçant de nouvelles excuses ... Excuses que je n'avais malgré tout pas envie d'accepter ... Je ne savais pas vraiment ce que je ressentais à cet instant, si c'était de la colère, de la tristesse, de la rancune, peut être tout cela mélangé à d'autres émotions que je ne saurais vraiment identifié dans ce tourbillon qui envahissait ma tête, mais en tout cas, mon coeur avait certainement une grande part de responsabilité dans ma réaction. Je baissais les yeux comme lui l'avait fait quelques instants auparavant, pas assez forte pour le regarder.

"Difficile à expliquer ..." répétais-je avec un petit rire nerveux.

Je finis par relever les yeux, ceux-ci se remplissant de larmes, me laissant emportée par ma colère. C'était bien la première fois que j'allais réagir face à lui de cette manière, mais c'était juste trop ... Beaucoup trop pour moi. Je ne pouvais même pas lui exposer mes sentiments sans avoir peur de le perdre pour toujours et de ceci naissait une certaine frustration qui s'ajouter à mes reproches. Je me laissais emportée, moi de nature aussi calme et douce habituellement, dans un ton beaucoup plus élevé.

"Difficile à expliquer  ? ... Est-ce là ton excuse ? ... Ai-je aussi peu d'importance à tes yeux pour que tu ne saches pas m'expliquer pourquoi tu m'as abandonnée ? ... Parce que tu penses que les choses n'ont pas déjà changées durant ton absence ? ... Si elles ont changé !  Je suis désolée Howl mais c'est bien trop facile de me dire que tu ne peux pas me donner de réelles excuses ! Tu n'imagines même pas à quel point j'ai pu souffrir de ton absence, bien plus que tu ne le crois ... Et toi tu reviens comme ça en me disant que ... Que tu n'as pas de réelles explications ... Alors que moi je ..."


Alors que moi je t'aime ... C'était cela que j'aurais dû dire mais non ... Au lieux de cela, je détournais le regard, me stoppant net, un peu haletante d'avoir déballé mon sac. Je repris un semblant de calme, le regardant d'un air vexé.

"Non rien en fait ..."

Je tournai les talons pour laisser couler mes larmes silencieusement sans qu'il ne puisse les voir, restant sur place un instant, fermant les yeux. A cet instant, je luttais pour ne pas me jeter dans ses bras ... J'en avais tellement besoin ... Mais au lieu de cela, inspirant profondément pour dissimuler mes sanglots dans mes mots, je m'adressai de nouveau à lui, toujours le dos tourné, mais sur un ton plus calme.

"Bienvenue chez toi Howl ... Je suis désolée, mais je suis fatiguée, on se voit demain ... Ta chambre est toujours ta chambre ... Tu est chez toi après tout ..."

Dieu ce que c'était douloureux ... J'aurais tant aimé lui tout lui pardonner ... J'aurais tant aimé avoir le courage de lui dire ... Mais au lieu d'écouter mon coeur qui protestait, j'écoutais ma raison, avançant vers ma chambre sans me retourner, m'arrêtant devant la porte, comme si entrer ou non était un cruel dilemme ... Comme si j'avais cette impression que j'avais autre chose à faire que de me cloitrer dans cette pièce. Je tendis une main tremblante vers la poignet pour ouvrir cette porte qui me séparerait de lui avant d'entrer dans la pièce, la refermant derrière moi. Je n'eus même pas l'envie de me diriger jusqu'à mon lit, préférant m'adosser au mur de ma chambre pour me laisser aller à mes larmes. Non c'était moi qui venait de tout gâcher ...
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Ah il l’avait mérité. Ô combien de fois avait-il put entendre ces paroles dans son esprit, après avoir songé à de multiples solutions. Curieusement, celle-ci était revenue le plus fréquemment, aussi, il l’accueillit sans surprise, mais son cœur pour autant le prenait avec beaucoup de tristesse. Il s’y était préparé mentalement, mais ses sentiments qui se trouvaient tout à coup vrillés par les paroles froides et énervées de sa chère Réa n’étaient pas préparés à un tel choc. S’il parvint à garder une certaine contenance rien qu’en entendant le ton de la jeune femme, à l’intérieur, il était beaucoup moins fier et moins confiant. Mais oui, il le mérité, il n’avait pas d’autres options que d’accuser le coup de ce rejet. Après tout, un an sans nouvelle, une telle ingratitude ne pouvait être remercié par le pardon pur et simple. Surtout quand il n’avait aucune excuse valable à lui présenter à la clé. Howl avait déconné, il le savait. Avoir refoulé ses sentiments, avoir songé un seul instant que rester éloigné de Réa était une bonne idée le mettait hors de lui, nourrissant une amertume contre sa propre stupidité. Son amour fraternel c’était longtemps battu contre les sentiments naissants qu’il avait eut pour la jeune femme, les jugeant malsains, faux, le fruit simple d’un éloignement trop prononcé. Le fait est que même le temps n’avait pu les effacer et, quand l’évidence lui avait sauté aux yeux, un an s’était déjà écoulé. Un an. C’était long, surtout loin d’une personne qu’on apprécié. Et ça l’était plus encore quand on omettait de donner la moindre nouvelle. Il aurait pu être porté disparu, mort même, et elle ne l’aurait jamais su. Sa propre douleur alors qu’il avait été loin d’elle n’était sans doute rien quant-à la peine qu’il avait pu lui faire ressentir. Rien que pour cela, Howl était capable d’accepter le rejet, la colère et la rancœur. Oui, il l’avait mérité et il était temps d’assumer ses actes.

Malgré la douleur qui serrait son cœur, la frustration et sa propre colère contre lui même, le jeune homme ne prononça rien quand Réa laissa échapper tout ce qu’elle avait sur le cœur, son dépit et son mépris pour la simple idée qu’il ait pu revenir sans la moindre excuse. Il pouvait la comprendre. Si l’inverse s’était produit, il aurait sans doute réagit d’une façon similaire. Les retrouvailles de ce genre ne pouvaient se faire exclusivement dans la joie. Il fallait de bonnes raisons. Il n’en avait pas. Peut-être aurait-il du avouer les sentiments qu’il avait pour elle, malgré toute la souillure qu’ils représentaient. Mais il n’en avait pas eu le courage. Si ces quelques mots brisaient déjà une part de leur relation, celle-ci avait au moins encore la chance de pouvoir être réparé, avec du temps et de la persévérance. S’il avait ouvert son cœur, nul doute que leur lien se serait plus que brisé, à tel point que même le temps n’aurait pu le recoller. Les choses auraient été trop différentes… et ça, il ne le voulait pas, quitte à vivre dans le mensonge avec lui même. Il n’avait fait que trop de mal à Réa pour en rajouter une couche.

Les larmes coulent, mais elles ne sont pas le fruit de la tristesse seule. Howl y perçoit facilement la colère qui s’expulse dans les paroles de la jeune femme. Tête baissée, les yeux fortement intéressés par le sol, il ne parvenait pas à la regarder. Il avait peur de céder aux larmes et de craquer sur ce qu’il ressentait vraiment. Il s’était presque promit de ne plus écouter son cœur qui l’avait poussé à rester loin d’elle. Et si en cet instant il lui hurlait de tout révéler, sa raison elle resta silencieuse, et il la jugea plus fiable. Peut être était-ce encore une fois une erreur de sa part, en l’occurrence, il avait comme l’impression que rien de ce qu’il pourrait dire serait en mesure de calmer Réa.

« Je… Réa. » Il voulu lui dire quelque chose, fichu cœur qui prenait le pas sur sa pensée. Il se ravisa, peut être pas au meilleur moment. Bon sang, il savait qu’il lui avait fait du mal, il savait qu’il l’avait abandonné, même si par tous les dieux il aurait aimé lui crier que c’était faux. A ses yeux, il n’était pas revenu pour éviter de la blesser, au contraire. Il n’avait juste pas songé qu’une année passerait et que le courage lui ferait faux bon. Il était faible. Faible et idiot de se trouver des excuses quand même la vérité n’en était pas réellement une. Serrant le poing, signe de son combat intérieur avec lui même à s’insulter copieusement de tous les noms, il aurait aimé ne pas tout gâcher, laisser son esprit réfléchir. Pour un peu, il en aurait regretté de tomber amoureux… mais ce qui lui faisait avoir le plus de remords, c’était bien l’idée d’avoir blessé le cœur de celle qu’il aimait plus que tout. Qu’importe si elle ne ressent pas la même chose que lui, l’avoir simplement abandonné de la sorte était effectivement impardonnable. « Attend Ré… »

Il avait voulu la poursuivre avant qu’elle ne lui tourne les talons pour se diriger d’un pas ferme vers sa chambre. Le claquement de la porte avait résonné comme un couperet, stoppant le mouvement du jeune homme dans son élan. Définitivement, il n’y avait rien qu’il pouvait faire…

L’instinct le poussa à approcher de cette porte, mais le courage défaillant l’empêcha d’y toquer. Il était trop tôt pour qu’il ne vienne à nouveau lui parler. La plaie était encore ouverte, trop récente, trop sanglante. Les histoires de cœur faisaient plus mal qu’il ne l’aurait jamais cru. Il aurait aimé revenir à ce temps où Réa était seulement cette sœur adorée. Pourtant, aujourd’hui quand il pensait à elle, malgré la douleur qu’il connaissait depuis quelques minutes, il ne pouvait empêcher son cœur de vibrer et de laisser cette douce chaleur l’envahir. Elle le faisait vivre, à sa manière, elle était le centre de ses pensées. Une main sur la porte, le ton telle un murmure qu’elle entendrait cependant, il parla au travers de cette porte, barrière entre eux deux.

« Je suis désolé Réa. Vraiment désolé. J’aimerais tant te dire… te dire… » Que je t’aime ? Il ne le put sur l’instant. Une minute passa, il reprit. « Je… je sors. Si tu en as envie, tu peux me rejoindre, je… je te promet de tout te dire. Je sais que tu sauras où me trouver. » Il n’y avait qu’un lieu qui leur était commun et qui était comme le rendez vous de tous les souvenirs. Ce parc où ils s’étaient vu et rencontré la première fois.

D’un pas un peu lourd, il n’attendit pas de réponse et passa à nouveau l’entrée en direction de ce parc, sans savoir si elle viendrait ou non l’y rejoindre véritablement.
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 I live in You [PV Réa ♥]

 :: Cimetière RPs
Cet instant où irrémédiablement les émotions vous emportent, vous submergent ... Malgré moi, malgré les sentiments que je lui portais, la colère, la rancune et la déception avait pris le dessus ... Ce flot d'émotions m'arrachant quelques larmes, me faisant hausser le ton sous une simple impulsion. En un simple monologue, je déballais tout ce que je ressentais, tout ce que j'avais ressenti durant son absence, sauf une chose, une seule ... Celle qui aurait dû être dite, celle qui importait le plus ... Serait-ce par rancune, par fierté ou tout simplement par angoisse ou par lâcheté ? Je ne le savais pas vraiment, simplement que mes émotions avaient pris le dessus sur ma raison, mon coeur brisé s'exprimant sans dévoiler le principal, ce sentiment positif qui m'avait fait tenir jusque là, qui m'avait donné cet espoir de le revoir un jour et en quelque secondes, j'avais tout gâché. Oui il avait eu tort certes, mais peut-être avais-je réagi un peu trop fortement ? Alors qu'il tentait de me dire quelque chose, je l'ignorais, préférant lui tourner le dos pour me laisser aller aux sanglots, préférant claquer la porte de ma chambre en entendant pourtant ses pas derrière moi. L'ombre d'un instant, ma réaction avait été pour moi la meilleure chose à faire, et pourtant, à peine m'étais-je adossée au mur à quelques centimètres de cette porte qui me séparait de celui que j'aimais, je regrettais mes paroles, je regrettais mon isolement, je regrettais cette lâcheté, cet orgueil, cette rancune, cette colère. Dans le fond, ma colère était légitime, ce sentiment d'abandon ayant perduré beaucoup trop longtemps dans mon esprit mais ... Mais pourtant, j'avais cette impression d'avoir gâché les choses, gâché nos retrouvailles, ces retrouvailles que j'attendais depuis si longtemps.

Pourquoi n'avais-je pas mis de côté ces sentiments négatifs au profit de cet amour que je gardais secret ? Tandis que les larmes continuaient de sillonner mes joues rougies, une nouvelle angoisse s'empara de moi, cette angoisse de le voir s'en aller ... Encore ... Pour toujours ... Mais que faire ? Que fallait-il faire ? S'il y avait une chose que je ne souhaitais pas, c'était de le perdre une nouvelle fois et pourtant, cette impulsivité allait certainement le pousser vers la sortie. Tout ce que je voulais éviter ... Peut-être aurais-je dû tout lui avouer ? Lui avouer cet amour qui entrainait mon coeur dans un rythme effréné à chaque fois qu'il s'insinuait dans mes pensées ? Lui avouer que ce coeur qui me faisait comprendre mes erreurs, avait cessé de battre l'ombre d'une infime seconde pour recommencer une danse endiablée, lorsque j'avais croisé son regard, lorsqu'il avait esquissé un sourire à mon attention ? Cette idiotie de fierté, de rancune, de colère ... Je me maudissais moi-même ...

Alors que je faisais face à mes propres remords, j'entendis sa douce voix à travers la porte. Je l'écoutais, fixant la poignée de fer qu'il aurait été si facile de tourner pour le rejoindre, mais je préférais écouter ces mots, fermant les yeux comme pour mieux les entendre. A sa simple voix, je vins silencieusement me placer contre la porte, maudissant ce bout de bois qui me séparait de lui, me maudissant d'avoir moi-même créé cet obstacle entre nous. Oh s'il savait à quel point j'étais désolée moi aussi ... S'il savait aussi ce que j'aurais aimé lui dire ... Mais lui, que voulait-il me dire ? J'attendis patiemment, espérant qu'il dévoilerait ce qu'il avait tant envie de me révéler. Etrangement, un petit espoir enserra mon coeur, pour cette chose qui me semblait impossible. Non, ça ne devait pas être ça ... Un amour réciproque ? Certainement pas, j'étais sa soeur, rien de plus, il n'agissait ainsi que parce qu'il tenait à moi en tant que soeur, rien de plus. S'il savait ... S'il savait que sans ces sentiments qui me tiraillaient, j'aurais réagi autrement ... S'il savait que ma réaction n'était due qu'à ce sentiment si fort que je ressentais pour lui, cet amour qui était bien loin de celui que je ressentais auparavant pour lui. Alors que je faisais face à cette porte et au silence qui régnait derrière celle-ci, que je luttais pour franchir cette obstacle, sans vraiment savoir le pourquoi de cette lutte, mes lèvres prononcèrent ces trois petits mots sans qu'un seul son ne sortit de ma bouche, ces paroles muettes à son encontre qu'il ne pourrait entendre ... Ma main se posant doucement sur le bois gênant, une nouvelle larme suivit, coulant lentement, indéfiniment sur ma joue pour ensuite s'écraser au sol.

Toutes mes réflexions s'arrêtèrent lorsque sa voix retentit de nouveau dans un murmure. Il sortait ... Mais pour aller où ? Pour ne pas revenir ? Non, non, non, je ne pouvais pas le laisser partir comme ça de nouveau. Même si j'aurais voulu protester, encore une fois, je restais muette, le laissant terminer sa phrase. Mon coeur s'allégea quelque peu en entendant la suite, quand je l'écoutais me proposer de le rejoindre, pour qu'il me dise tout, persuadé que je saurais où le trouver. Bien sûr que je le savais, il n'y avait qu'un endroit, cet endroit qui comptait beaucoup plus que les autres par le simple fait que c'était à ce point précis où un jeune garçon innocent avait proposé à une jeune fille sur un banc de la prendre en photo, simplement parce qu'il la trouvait jolie ... Ce souvenir qui me remontait toujours des années en arrière, imaginant la jeune fille que j'étais assise sur ce banc, un peu étonnée face à la question du petit blondinet. Cette innocence dont nous étions dotés ... Qui aurait-cru qu'une dizaine d'années plus tard nous en serions là ? Séparés par une porte après une dispute, la première dispute entre nous ... Qui aurait cru que quelques années plus tard, je tomberais amoureuse de celui que j'avais toujours vu comme mon petit frère ?

Ses pas s'éloignèrent ensuite, la porte d'entrée claquant doucement, me laissant seul dans cet appartement que je trouvais à cet instant incroyablement vide sans sa présence. Ma colère s'était dissipée, laissant place à un profond chagrin. D'un revers de manche, je chassais ces gouttes salées qui coulaient un peu trop à mon goût avant d'ouvrir la porte pour me retrouver devant un espace vide, vide de sa présence, de cette présence qui m'avait tant manquée ... Il ne me fallut que quelques secondes pour prendre une décision, je devais savoir ce qu'il voulait tant me dire, je ne pouvais pas le laisser sortir de ma vie une nouvelle fois, je ne pourrais pas le supporter. Et s'il le fallait, je lui dirais tout également ... Pour lui expliquer cette réaction que je trouvais maintenant démesurée. Traversant la pièce jusqu'au porte manteau près de l'entrée, j'attrapais rapidement mon manteau rouge que j'enfilais à la hâte, sortant de l'appartement, le verrouillant avant de courir hors de l'immeuble en direction de ce lieu qui avait tant compté durant notre enfance, qui avait abrité, nos sourires, nos rires, nos instants de complicité.

Je hâtais le pas jusqu'à le voir au loin, m'arrêtant un instant pour inspirer profondément avant de m'avancer plus lentement vers lui, laissant mon coeur tambouriner de joie à la simple vue de ce jeune homme à la crinière émeraude. Me plantant devant lui, scrutant son regard du mien, encore une fois, mon coeur loupa un battement, une fois de plus pour redémarrer de plus belle. Aucun doute sur mes sentiments, aucun, si bien que petit à petit, la balance penchait dans le sens où je devrais lui avouer. Mais avant, je devais savoir ce que lui avait à me dire. Malgré mes yeux rougis, un faible sourire se dessina sur mes lèvres.

"Je suis là ... Je t'écoute ..." Détournant le regard, je soupirais devant mon orgueil que je décidais d'écarter et d'envoyer au diable. Je tendis la main pour prendre la sienne, relevant mes yeux vers les siens. "Mais d'abord Howl ... Pardonnes-moi ... Je regrette tout ce que je t'ai dit. Je ... me suis laissée emportée ..." Ma main serra un peu plus la sienne pour ponctuer mes paroles. Maintenant, je pouvais l'écouter sereinement.
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 I live in You [PV Réa ♥]

 :: Cimetière RPs
C’était extrêmement difficile de ne pas faire marche arrière et d’ouvrir la porte de la chambre de Réa pour la serrer dans ses bras. Howl du se faire plusieurs fois violence pour ne pas céder à la tentation alors que le chemin qui le menait à la sortie n’était pas plus long qu’une dizaine de pas. Chaque mouvement était une torture, une pensée pour elle, un songe douloureux où il ne cessait de voir le mal qu’il lui avait fait. Par chance – pouvait-on vraiment le qualifier ainsi – il parvint à la porte d’entrée, et une fois qu’il l’eut fermé, le jeune homme se senti comme libéré. Un poids s’était enlevé l’espace d’un instant, celui de sa faiblesse. Il savait que lorsque Réa reviendrait lui faire face, il ne saurait pas retenir ce sentiment qui gangrénait son cœur, mais il avait réussi à ce ne pas lâcher. Pour l’instant. Combien de temps cela durerait-il ? Le plus longtemps espéra-t-il… tout en se fustigeant de penser une telle chose. Car un lourd dilemme lui tiraillait l’esprit : l’envie de la voir, l’envie de lui échapper. La faiblesse face au courage, la lâcheté contre l’honnêteté. Qui des deux gagnerait ? Il n’en était pas certain lui même… le jeune homme était pourtant si loyal et si vrai d’ordinaire, mais la peur le faisait reculer. Il ne voulait pas la perdre. Car si c’était le cas, Howl ne savait pas comment il pourrait s’en sortir sans elle. La blesser était insupportable, la voir disparaître à jamais était inconcevable.

La marche lui sembla prendre une éternité. Le parc n’était pourtant pas loin de l’appartement, mais chaque pas qu’il faisait semblait lourd et fatiguant. Il n’avait aucune idée si Réa le rejoindrait, mais il comptait bien attendre dans le froid du crépuscule naissant. Si elle choisissait de l’ignorer, il avait au moins le moyen de réfléchir sur ses actes et finalement se décider à tous lui avouer. Non. Quelque soit la décision de la jeune femme, Howl était prêt à lui parler, prêt à risquer le tout pour être honnête avec elle. Il l’aimait trop pour mentir, encore et encore. Quand bien même les raisons de ses actes n’étaient pas justifiables, simplement guidés par la connerie humaine, il lui dirait. Il lui dirait combien il l’aimait et pourquoi il n’avait pas pu revenir durant toute cette année. C’était stupide, vraiment bête, mais c’était le choix qu’il avait fait. Quand bien même lui semblait-il profondément irréfléchi maintenant qu’il y songeait. Grand dieu, il devait parfois arrêter d’écouter son cœur. Réa n’était plus seulement une sœur pour lui, et il avait eu beau essayer de s’en convaincre durant une année, rien n’y avait fait, c’était une femme. Une femme qu’il aimait.

Assit sur le banc, observant vaguement les alentours en réfléchissant, il remarqua que le parc s’était vidé, et seulement deux ou trois personnes devaient encore trainer dans les environs. Mais il n’eut pas besoin de tourner la tête pour savoir que la présence qui s’était démarqué à ses côtés n’était pas étrangère. S’approchant de Réa, il ne parvint pas immédiatement à plonger son regard dans le sien. Cela semblait identique de son côté. Howl eut l’impression que l’air se tendait autour d’eux, que quelque chose s’était bel et bien brisé et qu’il fallait à tout prix le réparer. Il se prépara à prendre la parole quand elle le lui proposa, mais fut coupé par les excuses qu’elle proféra tout à coup. Pour la première fois depuis longtemps, un large et sincère sourire se forma sur les lèvres du jeune homme. Il trouva ça particulièrement adorable et surtout… surtout cela ressemblait parfaitement à la Réa qu’il aimait. Serrant à son tour la main de la jeune femme en réponse à cette nouvelle excuse silencieuse, il plongea ses yeux dans les siens, ce sourire doucement paisible toujours peint sur le visage, puis répondit.

« Tu n’as vraiment pas à t’excuser Réa. Tu avais le droit de réagir comme tu l’as fait, j’ai mérité ta colère. C’est à moi de continuer de m’excuser. J’ai été vraiment con tu sais ? » Son sourire passa vaguement à un air désolé, désabusé puis mélancolique, redevenant par là doux. Il ferma les yeux l’espace d’une seconde, tentant de trouver ses mots et puiser dans son cœur et son esprit le courage de tout lui avouer. Une légère respiration accentuée, il rouvrit les yeux, serrant cette main qui agissait sur lui comme une bouée. Il devait lui dire. Il le devait oui. Il le ferait. « Réa. Je t’aime. Je suis tombé amoureux de toi et je n’ai pas voulu l’accepter. J’avais peur que cela change entre nous et j’ai fuit. C’est stupide, complètement stupide même, mais je n’ai pas réfléchit aux conséquences. Tout est ma faute. Ca ne change surement pas grand chose à ce que j’ai fait, j’en ai conscience, mais je t’ai promis de tout te dire et le garder plus longtemps était insupportable. »

Il se sentait affreusement con de lui avouer ses sentiments comme ça, pas de manière plus explicite ou simplement avec de grands discours… mais ce n’était pas son fort. Il avait beau être quelqu’un de réfléchit et analytique, son grand défaut mais aussi sa plus grande qualité reposait sur son honnêteté. Il l’avait trop longtemps bafouée en cachant la vérité, et bien qu’il trouva ça particulièrement cliché, il se sentit instantanément bien après lui avoir confessé ses sentiments. Relâchant la main de la jeune femme pour ne pas l’importuner après ces révélations qui n’étaient pas sans conséquence, il hésita à s’éloigner, et son corps agissant pour lui, il recula d’un pas, gardant néanmoins ce semblant de sourire, profondément désolé. Bon sang, il espérait que cela n’allait pas briser leur lien malgré tout. Pourtant, il se sentit obligé de lui préciser quelque chose. Une chose qu’il accepterait.

« Si… si tu veux que je parte de l’appartement, je comprendrais. Il est plus à toi qu’à moi aujourd’hui, et ne voudrais pas que cela perturbe ton travail. Je n’avais pas particulièrement d’espérance en revenant ici et en te l’avouant de toute façon donc… je comprendrais oui. »
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 I live in You [PV Réa ♥]

 :: Cimetière RPs
Je ne pouvais pas risquer de le perdre une nouvelle fois, maintenant qu'il était revenu dans ma vie. Fichue colère, fichue rancoeur, je m'en voulais déjà de lui avoir dit toutes paroles si blessantes. J'avais souffert oui, mais sans doute que lui aussi ... Et au fond de moi, je savais qu'il avait une bonne raison de ne pas avoir donné de nouvelle durant une année entière, restait à savoir pourquoi il ne voulait pas me dévoilait le pourquoi. Cet appartement me paraissait beaucoup trop sinistre sans la présence de Howl, je devais me rattraper, lui présenter des excuses et puis, il m'avait promis de tout me dire. Même si j'avais une once d'espoir sur cette raison qui l'avait poussé à s'éloigner, je tentais de ne pas trop y penser, peut être s'agissait-il de tout autre chose que ce que je pensais. Après avoir entendu les pas du jeune homme s'éloignait, après avoir entendu claquer la porte d'entrée, je ne mis pas longtemps à prendre la décision de le rejoindre. Le simple fait de savoir qu'il m'attendrait dans ce lieu où tout a commencé me serra le coeur, me poussant à penser qu'il avait une révélation importante à me faire.

Ce fut donc dans une certaine hâte que j'enfilai mon manteau et sortis de l'appartement pour me diriger vers le parc. La distance me parut inconcevablement longue, très longue, mon coeur tambourinant de plus belle dans ma poitrine tant l'attente était insupportable. Je ressentis un soubresaut de celui-ci lorsque je reconnus la silhouette de Howl, qui se levait à mon arrivée. Lui faisant face, le regard peu assuré, je finis par l'inviter à me parler mais l'interrompis avant même qu'il n'ait eu le temps de prononcé un mot. Je ne pouvais pas rester à rien faire en ayant toute cette culpabilité quant à ma réaction qui me taraudait à l'instant même où je m'étais isolée dans ma chambre. Prenant sa main gantée, regrettant d'ailleurs qu'elle le soit ce qui m'empêchait de sentir sa peau, je finis par lever mes yeux vers les siens dans un élan de sincérité qui me caractérisait si bien. Je lui présentais mes excuses, ce qui m'allégea d'un poids beaucoup trop lourd pour moi. Il me sourit suite à ces excuses et je ne pus m'empêcher d'esquisser un sourire complice en réponse. Ce sourire si beau, si sincère se dessinant sur ses lèvres m'avait manqué encore plus que je ne le pensais. Je ne pouvais plus me résoudre à lâcher sa main depuis l'instant où il la serra doucement comme pour accepter mes excuses.

Ses yeux plongeant dans les miens, je sentis une chaleur montait au niveau des joues, teintant de rouge ma peau de porcelaine, chavirant simplement à cet échange visuel. Je buvais simplement ses paroles, contente qu'il ne m'en veuille pas, baissant un instant les yeux lorsque je compris à quel point il semblait regretter ses actes. Y penser était beaucoup trop douloureux et mes pupilles océans revinrent trouver les siennes, me faisant remarquer qu'il avait fermé les yeux l'ombre d'un instant. Je sentais le moment de vérité venir et attendit à la fois patiemment et impatiemment, plutôt paradoxal, mais c'était bien vrai. Inconsciemment, je retins mon souffle et ses premiers mots me laissèrent interdite. Non pas qu'il me déplaisait bien au contraire, mais j'avais tout simplement du mal à y croire, me demandant si mon imagination ne me jouait pas des tours. Je détournais le regard, mes rougeurs s'accentuant à ses mots, accusant le coup. Lui aussi ressentait la même chose, lui aussi avait maintenant des sentiments beaucoup plus forts que celui d'un frère pour une soeur. C'était donc la raison de son éloignement, je le comprenais mieux maintenant. Moi aussi j'avais dû faire face à cette bataille intérieure entre mes sentiments naissant pour lui et notre lien fraternel que nous avions développés. La distance avait eu raison de celui-ci pour laisser place à un amour bien plus fort, plus incontrôlable.

Tandis que je réfléchissais à trouver les bons mots, me retenant tout simplement de lui sauter au cou, il retira sa main de la mienne. Je restais perplexe en le voyant s'éloignant d'un pas, cette infime distance qui était déjà beaucoup trop longue pour moi. Je l'écoutais tandis que mon regard trouva de nouveau le sien. Non seulement il culpabilisait, mais il était prêt à partir si cela était mon souhait, lui qui ne croyait pas en la réciprocité de ses sentiments. Voyant qu'il ne partirait pas sans réponse de ma part, je pris le temps de faire le point dans mon esprit, mon coeur ne me laissant aucun répit. Je fis à mon tour un pas en avant pour raccourcir cette distance devenue trop insupportable maintenant que je savais ce qu'il ressentait réellement. J'esquissais un large sourire amusé, me sentant tellement mieux maintenant, c'était simplement à mon tour de lui faire comprendre qu'il n'avait aucune crainte à avoir. Je pris maintenant ses deux mains dans les miennes sans détacher mon regard du sien.

"Non, je ne veux pas que tu partes ... Ne pars plus, j'ai trop besoin de toi Howl ... Je ..."

Trop insupportable ... Beaucoup trop ... Se retenir n'était plus une possibilité. Sans prendre la peine de terminer ma phrase, je tendais le cou, mes lèvres venant trouver les siennes, se scellant dans un tendre baiser ... Baiser tant attendu ... Mon coeur explosa de joie à ce doux contact. Jamais je n'aurais cru cela possible un jour et rien que par ce geste, j'oubliais toutes les souffrances endurés. Fermant les yeux pour apprécier la douceur de ses lèvres, je souris contre celle-ci avant de les quitter par manque de souffle. Restant relativement proche de lui, je soufflais également ces mots qu'il avait prononcé lui-même plus tôt. "Je t'aime ..." M'empourprant de plus belle devant cette nouvelle proximité, je me reculais sans lâcher ses mains, me mordillant la lèvre comme pour garder le goût des siennes. Prise d'une timidité inhabituelle, je risquais un regard vers son visage, un sourire gravé sur le mien.

"Et si ... si on rentrait ... tous les deux ? Tu dois être fatigué et ... tu dois avoir faim ..."

Je n'avais pas prévu cette soudaine timidité lorsque celui-ci deviendrait plus qu'un ami, plus qu'un frère, mais tout simplement l'homme que j'aimais ...

 
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