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So we meet again han? [Feat. Aerynn]
Rang Harry
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Avatar: Hibari Kyoya
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Mar 27 Juin - 2:33
Aerynn
Ceeb
So we meet again han?
Le vent est tiède et les lourds nuages gris qui survolent ta tête te font mordre ta lèvre inférieure. Le paquet épais sur échine, dont la crête supérieure dépasse sur ton épaule, vacille tandis que tu t’arrêtes dans la foule afin de reprendre ton équilibre. Tu balances ton poids sur ta jambe en santé tout en déplaçant les mèches qui t’embêtes. La masse de personnes s’épaissit à tes flancs tandis que tu fais bien attention de ne pas assommer quiconque avec le lourd paquet sur tes épaules - bien que tu dépasses la majorité des têtes qui siège la place.

Où était passé le beau temps ? Il te semblait qu’il y avait une semaine à peine le soleil faisait cuir la population d’Ariesten. Les rivières de sueurs qui avaient glissés sur ton front et les coups de soleil violents sur tes cuisses n’étaient plus tes premiers soucis. La chaleur restait tout de même bien présente. L’humidité s’imprégnait dans les os et étouffait toute présence de vent. Le seul souffle qui se baladait sur ta peau était celui des piétons qui marchaient énergiquement. « Et puis toi tu décides d’aller chercher ton nouveau jouet… T’es décidément con »

Oui, bon. Tu t’étais énervé lorsque tu avais reçu l’appel de la boutique t’indiquant que ton support à toile ainsi que tes canevas blancs étaient prêts à être récupérés. Tu avais fait l’achat sur un coup de tête, après t’être aperçu que tu n’avais jamais réessayé, depuis que tu avais arrêté d'aller à l’école, de faire une nouvelle toile. Tu t’étais toujours senti plus confortable avec la mine de tes crayons. C’était cette curiosité sauvage qui grugeait tes intestins qui t’avait convaincu de dépenser quelques pièces. Le magasin en question ne se situait pas trop loin de ta demeure. Tu avais cru qu’en y allant seul, tu aurais été capable de transporter le paquet aisément. Or, les cris des muscles tes épaules sont puissants. Ta jambe boiteuse, insupportable par ce mauvais temps, cille dans tous les sens. Tu as l’impression qu’une lame s’enfonce progressivement à chaque pas que tu fais.

Tu soupires. Tu n’avais que ta personne à blâmer.

L’avenue commerçante était bondée malgré les filaments épais de cotons dans le ciel, ce qui t’avais surpris lorsque tu avais mis les pieds sur la rue dallée. Cela ne faisait qu’alourdir ta besogne. Deux gamins énervés te bousculent et tu manques presque de t’écrouler contre le sol. Tu leur lance deux injures, mais leurs petites silhouettes disparaissent. Et puis quoi après, il allait se mettre à pleuvoir ? Comme si une divinité écoutait tes pensées, de petites gouttes se glissèrent sur ton cuir chevelu puis, quelques instants après, elles se transformèrent en de véritable cordes épaisses. L’allée à tes avants se vide rapidement. Paniquant, tu t’esquives sous le chapiteau d’un café.

Tu observes rapidement si le carton de la grosse boîte n’est pas trop souillé. Heureusement pour toi, le carton est solide. Ton chandail cependant est moins chanceux. Si le nuage d’eau n’était pas présent, on aurait pu croire que tu avais sué à grosses gouttes. Tu regardes le déluge s’abattre contre le sol. Pas moyen de quitter l’endroit sans être trempé. Tu expires longuement avant de t’adosser contre les parois à tes arrières.

D’autres personnes ont eu la même idée que toi. Quelques-uns d’entre eux quittent toutefois, pas très longtemps. Subitement, tu constates de l’autre côté de la rue, abritée comme toi, ce petit visage et ses cheveux grisâtres qui te rappellent vaguement de quoi. Tu observes longuement les traits de la demoiselle à tes avants. Puis tout s’éclaircit.

« Oh putain c’est pas vrai… »

Cette maladroite, celle qui avait brisé ton carnet, celle qui t’avait gobé des yeux sur la plage, elle. Son nom t’échappe – et pourtant elle te l’avait écrit sur un petit bout de papier. Tu apposes ta main sur ton visage pour cacher tes yeux de son regard. Tu croisais les doigts qu’elle ne t’aille pas vu. Et puis avec cette grosse pluie, il lui faudrait toute sa volonté pour te rejoindre.
ft. Harry
Forester
So we meet again han? [Feat. Aerynn]
Invité
Jeu 29 Juin - 16:58

ft. Harry

ft. Aerynn

「So we meet again han?」
Il était encore assez tôt dans la journée quand elle décida de se rendre en ville. C'était rare pour Aerynn de sortir à une telle heure de la journée mais elle s'était rendu compte qu'elle avait oublié d'acheter de la farine pour son gâteau la veille. Et elle le voulait pour le goûter absolument. Têtue comme elle était elle n'avait pas eut d'autre choix, selon elle, que d'aller faire les commissions.

Une fois sur place et munie de sa capuche contre le soleil et le regard d'autrui, elle chercha dans les nombreux magasins la farine qu'elle souhaitait. Elle aimait se balader, alors elle prenait son temps et regardait de tout. Au final elle prit des petits compléments en plus de sa farine de blé et commença à rentrer chez elle.

Cependant, en sortant du dernier magasin, un coup de tonnerre retentit dans ses oreilles elfiques ainsi que dans la ville. Et un torrent d'eau se déversa rapidement au sol, tombant du ciel. Le déluge s'intensifia assez vite et Aerynn n'eut pas d'autre choix que de se mettre à l'abri sous un paravent non loin de son point de départ.

Elle se sentait étrangement mal, car entourée d'une foule de gens dense et oppressante. Sa capuche ne la rendait que plus visible encore, et elle se sentait transpercée de regards louches. Elle regarda quand même autour d'elle et elle remarqua une silhouette familière de l'autre côté. Et dieu sait qu'elle s'en souvenait parfaitement.

C'était le jeune homme de la plage.

Elle ne pouvait pas l'oublier. Mais même si elle éprouvait un bonheur incommensurable de retrouver une personne qu'elle appréciait et avec qui elle voulait devenir amie juste sous ses yeux elle ne sut quoi faire.

Elle le fixait, n'osant pas trop lever la tête, ni sourire. Elle voulait y aller. Elle voulait aller le voir. Et il y avait plusieurs raisons à cela.

Tout d'abord, elle ne se sentait pas bien dans cette foule, seule, oppressée par les divers corps et esprits qui la composaient. Aller voir le garçon serai donc une sorte d’échappatoire à cette angoisse. Mais il n'y avait pas que ça. Elle souhaitait le voir pour lui reparler aussi.

Cependant, il pleuvait d'immenses gouttes. Et la pluie était dense. Tout en sachant qu'elle devrai traverser ça avant de l'atteindre. En aurait-elle l'audace ? Certainement. Là n'était pas le problème.

Le problème venait d'autre part. En effet, le jeune peintre se cachait  le visage, comme s'il l'avait vue et qu'il ne souhaitait pas du tout la voir. Cette hypothèse arracha une douleur dans le cœur de la jeune capuchonnée. Il ne semblait pas vouloir la voir.

Elle resta immobile quelques instants puis enleva sa capuche tout doucement avant de porter son regard perçant sur le brun de l'autre côté de la rue. Elle s'avança lentement jusqu'à arriver au rebord de son abri, pour ne pas se mouiller. Elle espérait qu'il la voyait bien.

Elle lui fit un simple signe de la main. Un sourire nerveux accroché sur les lèvres.

Et tout se bouscula. Elle se fit interpeller, les gens savaient qui elle était, ce qu'elle avait fait. Les victimes, les morts, et blessés, sa famille, son passé. Ses crises. Sa crise. Ses yeux devinrent lentement de plus en plus rouges sous la pression qu'on lui infligeait. Encore. Elle devait se dépêcher. Son regard était focalisé sur les personnes l'a chassant, la poussant. Elle était sous l'eau, trempée jusqu'aux os. Son corps quant à lui restait encore plus ou moins normal, même si celui-ci se développait doucement. Ses crocs, ses griffes, et surtout ses yeux brillants et cramoisis qui avaient déjà  fini de prendre cette teinte sanguinolente.

Dans un dernier sourire pour l'artiste, les crocs sortis avec une petite révérence en prime, elle prit la fuite, perdant ses courses. Elle s'en alla pas si loin, mais tout de même assez loin pour laisser éclater sa pulsion ravageuse sur autre chose que des gens, sur des caisses vides, des arbres, des roches. Des choses qui ne subiraient rien de significatif pour elle ou pour eux.

L'eau de pluie qui coulait sur ses joues avait un étrange goût salé. Ou alors, elle pleurait. Elle ne savait pas, et oublierai tout de sa crise. Elle perdrait connaissance, et tout irai mieux.
So we meet again han? [Feat. Aerynn]
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Avatar: Hibari Kyoya
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Sam 1 Juil - 19:50
Aerynn
Ceeb
So we meet again han?
Un index, l’ombre de ta paume, les cheveux adossés contre ton front, vraiment… ?

Ta subtilité était précaire. Ce n’était pas comme si par le biais de ta main tu allais réellement être en mesure de disparaître sous le paravent de la boutique à tes arrières. Ton cœur se secoue dans ta cage thoracique tandis que tu te répètes de ne pas bouger ou de ne pas prêter attention à un quelconque son ou mouvement. C’était une attitude de merde, il fallait se le dire. Tu avais déjà utilisé cette rouerie douteuse consistant à t’esbigner de toutes connaissances. L’idée même de devoir formuler des mots, de simples sons, c’était à tes yeux une perte d’énergie. Dans tous les cas, tu préférais ne pas courir après les problèmes. Tu avais la fâcheuse impression que la jeune femme était un véritable fardeau. Après tout, elle avait déjà réussi à gâcher l’une de tes journées, elle en serait capable de le faire à nouveau… non ?

Un ahan lourd, disloqué par rapport au bruit d’une foule agitée, te pousse à relever ton menton en direction du magasin à tes avants. La curiosité couinant dans tes entrailles, tu rabaisses ta main au niveau de tes commissures avant de constater quelque chose d’étranger se tramait. Une masse de corps oppressante poussant la fille sous les éclats des gouttes d’eau. Ton visage dont l’incompréhension ostensible s’accroit vivement se dépose dans ses petits yeux à elle. Tu as à peine le temps d’observer avec frayeur l’étrange transformation physique de ta connaissance. Des… canines aiguisées ? Un hybride ? Pas vraiment puisque les traits physiques étaient quasi inexistants, à la différence de ton amie rouquine.

La déprédation causée par cette espèce de crise de nerfs produit un vacarme épouvantable. Tu ouïs les respirations s'énerver chez les gens à tes flancs et tu fais de même. Qu’est-ce que c’était… ? Quelques personnes prennent la fuite nerveusement, préférant s’aventurer sous la pluie que d’assister à un tel spectacle. Bientôt, tu te retrouves seul. Tu ne quittes toutefois pas du regard la jeune fille dont le corps finit par s’écrouler contre le sol humide à une bonne distance de ta place.

Tu sors sous la pluie pour prime à bord récupérer les commissions de la jeune fille avant de retourner dans ta cachette. Tu ne veux pas bouger. La pluie est forte, ton paquet est là et pourtant, tu te dis que tu devrais le faire. Tu attends une bonne minute, te disant bien que quelqu’un allait finir par aider l’inconsciente. Tu mâchouilles ta mâchoire intérieure en observant chacun des passants contourner le corps interne et mouillé. Certain ralentisse le pas mais préfère à peine une fraction de seconde plus tard prendre un autre chemin. Tu serres les poings. L’homme n’avait jamais été quelqu’un de charitable, mais de là à faire de l’évitement…

Tu allais le regretter. Tu le savais.

Tu t’assures de bien cacher tes toiles loin des regards, puis, courageusement, tu t’aventures sous cette pluie chaude. Il ne te faut que quelques pas avant de te retrouver à quelques centimètres de la jeune fille. Tu te penches, puis, tu hésites. Tu allais l’aider et puis après quoi ? Elle était trempée jusqu’aux os, probablement étourdie par cette espèce de crise étrange. La récupérer, l’apposer contre un abri n’était que la première étape de ton aide. Tu évites les yeux des inconnus autour de toi avant de prendre le bras froid de la demoiselle. Elle est lourde. Enfin, tu t’y attendais, mais cela te surprend tout de même. Un corps n’était jamais léger après tout. Tu la soulèves et déposes une partie de son poids contre ton bras le plus fort.

Tu l’échappes subitement contre le sol.

Tu paniques. Sa peau mouillée avait glissé entre tes doigts. Tes mains bougent nerveusement tandis que tu reprends son corps entre tes bras, la posant contre ton dos. Son nez saigne. Tu deviens blanc. Tu espérais ne pas lui avoir brisé le nez. « Allez, on y va » lui murmures-tu sans trop savoir si elle t’entend. La transporter est extrêmement difficile, mais tu parviens à retrouver ta place devant l’échoppe de tantôt. Tes effets sont toujours là.

Vous êtes tous deux trempés, elle cependant plus que toi. Doucement, évitant de l’échapper à nouveau – ce serait extrêmement stupide de ta part, tu la déposes contre le sol sec, sa tête appuyée contre le mur mitoyen de la place. Il n’y avait pas grand-chose à faire maintenant.

Attendre et voir.

ft. Harry
Forester
So we meet again han? [Feat. Aerynn]
Invité
Lun 3 Juil - 0:17

ft. Harry

ft. Aerynn

「So we meet again han?」
Comme après chaque crise, Aerynn avait perdu connaissance. Comme après chaque crise, elle faisait ce rêve. Ou plutôt ce cauchemar. Encore une fois, elle allait revivre cette journée, dans ce décor. Ces couleurs, et cette tragédie. Tout recommençait sous ses paupières closes.

Elle se leva, elle n'avait que onze ans. Et elle en avait bien marre d'étudier ces livres dorés. Elle se posta à sa fenêtre. Le ciel était dégagé, d'un bleu cyan magnifique. Il était encore tôt dans la matinée et elle n'avait pas le droit de sortir par un tel temps. Non. Elle devait étudier la littérature, les droits et l'économie.

La culture, toujours plus de culture. Tout se résumait à des connaissances. Et elle n'en voulait pas. L'enfant était une surdouée, une virtuose, une nymphe du savoir. Elle possédait dans ses doigts pales le pouvoir de l'héritière. La fortune et la richesse à venir. Ainsi que des milliers de livres qu'elle lisait depuis ses plus jeunes années. Sa mémoire était inébranlable.

Tout en soupirant, la jeune enfant s'accorda une pause et descendit à l'étage d'en dessous pour jouer un peu dans l'immense pièce à vivre. Une pièce qui porterai bientôt mal son nom, mais elle n'en savait rien.

Sa sœur était assise sur le divan, dans sa belle robe soyeuse, à lire des livres à l'eau de rose. « C'est l'âge. Elle a bientôt dix-huit ans après tout. » Aerynn haussa les épaules et de sa mine indifférente elle s'empara de deux petites poupées de chiffon. Ses parents n'aimaient pas ces poupées, jugées trop médiocres. Mais la future meurtrière les avait conçues de ses mains, elle les adorait. Un léger sourire sur les lèvres, elle commença à faire quelques mouvements pour donner la vie à ses personnages imaginaires.

Son aînée l'avait regardée en soupirant, mais elle la laissa faire. Trop captivée par son roman pour se rendre compte que sa jeune sœur n'était plus en train d'étudier à cette heure. Aerynn nota par ailleurs une légère teinte rose sur les joues de la jeune femme, mais elle ne s'y attarda pas, préférant largement jouer avec ses créations plutôt que de regarder la peste qu'était sa sœur.

Quelques longues minutes plus tard, voire la moitié d'une heure, un vrombissement se fit entendre au loin. Ses parents rentraient. Mais la jeune enfant ne le vit pas, et ne l'entendit point tant elle s'amusait. Ces rares moments de bonheur, de relâchement, étaient pour elle la clef de la vie.

Malheureusement, lorsque la porte du salon s'ouvrit Aerynn perdit son sourire. Sa peau devint blême, presque translucide et elle déglutit lentement. Tandis que pendant ce temps, ses parents se tournaient lentement vers elle. Immensément grands, puissants. Ils avaient cette aura qui terrifiait l'enfant. Et ce qu'elle redoutait tant arriva. Ils la virent, écarquillèrent les yeux et s'approchèrent d'elle à grandes enjambées dans l'immense salle.

Ils arrivèrent bien trop vite près d'elle. Et sa mère lui prit ses poupées en poussant des cris aigus, menaçant de jeter les « immondices ». Elle était une riche héritière, pas une souillon. Son père quant à lui prit la jeune fille par le bras et la releva brutalement, serrant son bras si fort que la fillette hurla à en pleurer. Il lui hurlait dessus, la rappelait à l'ordre. Elle devait étudier, et elle n'avait pas le moindre choix à prendre. C'était un devoir, un ordre, une obligation de la plus haute importance.

Dans son sommeil, la jeune fille ressentit subitement une vive douleur au visage. Au nez. Tout était coordonné avec le fait qu'on venait de lui prendre le bras avant de la faire tomber au sol. Ce qui arriva dans la vie réelle mais pas dans son cauchemar.

Où étaient passés ces parents aimants d'autrefois ? Qui leur avait monté la tête de cette manière ? Et surtout, pourquoi était-elle la seule à subir ce martyr ? Sa sœur n'avait rien à voir avec cette histoire. Ses parents avaient changé depuis plusieurs années. Et Aerynn, l'enfant perspicace, était certaine que cet homme en costume noir qui amenait de lourdes valises remplies de petits papiers dans sa maison était le clou de l'énigme. Ses géniteurs semblaient toujours jubiler face à cet homme.

Mais elle sortit vite de ses pensées, la voix grave de son père lui revenant en plein dans les oreilles, ainsi que trois paires d'yeux verts concentrées sur son visage. Les yeux bleus de la petit faisaient bien tâche sur ce beau tableau. Mais elle apprendra plus tard, grâce aux gens connaissant la défunte famille qu'elle n'était pas la fille du bourreau qu'elle considérait comme son père. Mais d'un amant de sa mère, qui était un dérivé. Un très beau dérivé aux yeux bleus, et aux cheveux d'un blanc comme les siens.

La jeune fille regarda dans tous les sens, les émotions en alerte. Elle ne se sentait pas bien et haletait tant la peur lui tenaillait le ventre. Ce stress intense, c'était la première fois qu'elle le vivait. Elle était tremblante, terrifiée par les paroles de son père, sa mère lui hurlant dessus qu'elle allait gâcher son mariage et sa vie.

Aerynn ne savait même pas qu'elle devait être mariée.

Mais cette information s'échappa très rapidement de son esprit. La situation était bien trop critique pour que la petite assimile les valises d'argent et son union à un riche personnage. Ses parents l'avaient en fait comme vendue. Parce qu'elle était d'une beauté époustouflante et que les caractéristiques qu'elle abordait était très originales. Dans ce monde, celui dans lequel elle était née, tout tournait autour de l'argent. Et les différences entre membres d'une famille faisaient tellement mauvaise impression qu'ils devaient s'en débarrasser. La tête de sa mère avait été montée, car celle-ci aimait son enfant jusqu'à ce que son père prenne le contrôle de son esprit et apprenne que l'enfant n'était pas sienne. Son don avait fait chavirer cette pauvre famille. Et la vie de la petite.

Dans la panique, sa véritable nature de dérivée s'éveilla aux yeux de tous. Son corps d'enfant obtint tout d'abord une force incommensurable. Ses yeux virèrent au rouge. Un rouge vif, sanglant. Un rouge dévastateur. Ses mains virent rapidement entourer le bras de son père, lui faisant lâcher prise tant la force surpassait celle de l'homme. Il criait de douleur, à genoux en tenant son poignet.

La mère d'Aerynn tenta de l'arrêter avec son don mais la dérivée était hors de contrôle. La panique causée par la découverte de cette nature empêchait aussi quiconque dans la pièce de se concentrer. La sœur, les parents, ils admiraient avec effroi la dure transformation de l'enfant.

Les membres déformés, le visage étiré. Des dents pointues, des longues griffes aiguisées. Un monstre se réveillait. Et avait soif de rage et de sang. Sans plus attendre, l'enfant dans le corps de bête se jeta au cou de son faux géniteur avant de l'égorger sans pitié, n'épargnant aucune parcelle de son corps à présent troué de ses griffes. Il se vidait rapidement de son sang sous les cris des deux femmes composant le reste de sa famille.

Elle leva presque mécaniquement la tête vers sa génitrice et dévoila ses longues canines blanches avant de pousser une hurlement rauque et de lui sauter dessus afin de la déchiqueter en morceaux elle aussi. Aucun moyen de survie. Aucune échappatoire. Aerynn tuait avec sang froid.

Une fois son chef d’œuvre sanglant achevé, la dérivée posa ses yeux sur sa dernière et future victime. Celle qui avait la peau la plus douce et tendre. Sa sœur. Elle ne l'épargna pas le moins du monde et la laissa dans le même état que ses parents.

Tout était fini.

La dérivée sembla se calmer, et petit à petit elle reprit une apparence normale. Avec quelques coupures qu'elle s'était faite seule par accident. Elle respirait fort.

L'enfant regarda autour d'elle et vit le bain de sang, éclairé par le soleil brillant du midi. Elle vit chacune des personnes qui composait sa famille. Elle arrivait à peu près à les reconnaître. Son corps se mit à bouger de lui-même et elle vint prendre contre elle les deux petites poupées que sa mère lui avait confisquées. Elle joua quelques instants avec. Mais ses yeux se voilèrent, et l'odeur du sang dans ses narines la fit vomir. Elle perdit connaissance par la suite.

Le contre-coup de la crise avait été dévastateur. Elle perdait la mémoire, en revivant la scène devenue floue dans ses rêves. Elle perdait tout ce qu'elle avait. Le savoir, les souvenirs de sa famille. Tout. Et elle tomba au sol inerte. Jusqu'à ce qu'on la retrouve dans la marre des trois sangs.

C'est bien des années plus tard, après une crise plutôt banale pour son quotidien, qu'elle s'éveilla. Elle était assise contre un mur, et le bruit de la pluie parvenait à ses oreilles comme un brouhaha. Elle mit quelques instant à se remettre de sa crise, et elle avait terriblement mal à la tête. Et au nez. Sa cape blanche était par ailleurs tâchée de son propre sang coulant d'une de ses narines. Elle tourna la tête lentement et constata qu'elle était sous un abri, aux côtés du garçon de la plage.

Son premier réflexe ? Lui sourire. Elle semblait encore loin de la réalité, et sa peau gelée n'aidait en rien la jeune femme mais elle ne pouvait que sourire. Il l'aidait une nouvelle fois. Cependant, elle ne se souvenait de rien par rapport à cette crise. Mis à part qu'elle en avait eu une nouvelle. Elle se demandait ce qu'elle avait bien pu faire cette fois ci. Mais Aerynn était heureuse de ne pas se réveiller seule ou en mauvaise compagnie. Son amnésie prenait toujours le dessus alors, ça la rassurait.

« Bonjour. Pourquoi est-ce que vous me regardez comme ça ? »

Elle ne savait plus ce qu'elle avait pu faire, tout ce qu'elle savait, c'est qu'elle était là, devant lui et qu'elle était contente qu'il ne l'ignore pas.
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Mar 4 Juil - 5:30
Aerynn
Ceeb
So we meet again han?
Le néant.

L’inodore, la translucidité et la noirceur. L’évaporation du temps et son instabilité. La perte de sensation sur le bout des doigts et un mal de tête affreux. Tu y pensais et repensais, les genoux fléchis à la hauteur de la maladroite, à cette perception physique que le corps humain subissait lorsque ses facultés psychologiques se renfermaient dans un trou noir. Tu te sentais également extrêmement nerveux tandis que ta peau absorbait paisiblement les dernières gouttelettes d’eau grasses. Une nervosité qui s’expliquait par ton erreur ostensible sur le visage de la jeune demoiselle. Cette empreinte rouge s’écoulant vivement de ses voies nasales te rappelait chaque fraction de millièmes de secondes que tu lui avais probablement morceler le nez. C’était d’ailleurs la deuxième fois que tu revoyais son visage blanc parsemé de sang – et toi qui avait espéré échappé à une telle situation.

La pluie clabaude agressivement sur le madras du paravent. Tu finis par mordiller la corne sur le bout de ton pouce droit afin de passer le temps alors que tes orteils frappent nerveusement l’asphalte sec. Allait-elle finir par se réveiller ? Te faudrait-il la transporter jusqu’à l’hôpital ? L’idée de remettre les pieds dans l’endroit te lève le cœur. Tu ne crois même pas être en mesure te de rendre à la rue la plus proche dudit endroit. Il te fallait cependant corriger tes erreurs. Oui, tu aurais dû laisser son corps imbibé d’eau là où il était plutôt. Au lieu de cela, tu avais réussi à lui éclater le nez (et merde que tu t’en voulais). Tu te sentais forcé par conséquent de lui venir en aide. Enfin, c’était les raisons pragmatiques que tu ajoutais par-dessus ce sentiment nébuleux qui grimpait dans ton échine.

Parce que tu ne savais pas concrètement pourquoi tu l’aidais. Tu avais peur du contact humain. Surtout depuis lui, cette chose immonde… L’idée même d’être aussi près de quelqu’un que tu ne connaissais qu’à peine, voire pas du tout, t’horrifiait. Malgré tout, une chose plus forte que la peur te forçait à protéger par tes petites épaules du regard des plus curieux la fille blafarde. Un sentiment protecteur. Une sorte d’envie d’envoyer en enfer tous ceux qui mettait les pieds à trop proche proximité de vos corps trempés. L’explication rationnelle ne parvenait pas dans ton esprit, comme si tes perceptions totalement intuitives prenaient le dessus à ton envie de comprendre.

Quand tu perçois ses paupières lourdes s’ouvrir délicatement, le plus beau sentiment de bonheur se propage dans tes veines. « Elle est vivante ! » t’exclames-tu juste assez bas pour que seul toi t’entende. Elle semble désorientée à prime à bord. C’était normal, après tout, elle venait de s’évanouir brusquement contre le sol suite à une crise relativement violente. Tu t’étonnais même qu’elle ne se mette pas à vomir, car toi tu l’aurais certainement fait – tu es tout de même heureux qu’elle ne dégueule pas. Tu essayes de cacher le petit sourire de satisfaction sur tes lèvres, soulagé de constater que son nez brisé ne semblait pas trop la déranger, enfin, pour l’instant. Tu perds ton sourire lorsque ses commissures à elle s’étirent pour te présenter un sourire.

- Bonjour. Pourquoi est-ce que vous me regardez comme ça ?

- Tu t’es évanouie, tu t’en souviens pas ?

Tu te surprends à répondre aussi vite. Ta voix était énervée, comme si tu lui en voulais qu’elle se mette à sourire aussi bêtement en peu de temps. Toi, dans une telle situation, tu te serais roulé en petite boule afin d’empêcher un éventuel mal de tête d’exploser. Tu aurais attendu que les vagues souvenirs de ta précieuse Élizabeth refassent surface, te donnant le courage nécessaire pour profiter un minimum de ta journée. Ou alors tu aurais perdu des heures à maugréer jusqu’à ce que la silhouette de ton amie Faith franchisse le portail de ton appartement. Justement, le problème c’était ça. Tu ne pensais qu’à toi, à ce qui t’aurais aidé dans une telle situation.

Tu déglutis longuement en pensant que tu lui venais en aide comme on était venu en aide à toi.

L’envie de mourir et de ne plus être sur cette terre. Retrouver le bonheur uniquement dans la satisfaction de ces noyades dans un flot d’alcool répétitives. La peur de s’endormir pour revoir ces yeux terrifiés traverser le tiens. Le deuil. La chose la plus douloureuse de ta vie. Tu ne l’aurais jamais traversé sans les multiples visites de ton amie. Elle s’était forcée à t’aider à manger, à ménager tes crises de nerfs et à calmer tes pleurs du mieux qu’elle le pouvait. Et elle t’avait visité à l’hôpital lorsque l’incident avec lui était arrivé. Elle t’avait rassuré par ses mots doux, sa voix timide et ses blagues idiotes. Quelqu’un était venu en aide.

Les muscles de ton visage se crispent. Tu y voyais soudainement ta propre personne dans les petites prunelles absentes de la femme. Et si ça avait été toi écrasé en plein milieu de l’avenue ? N’aurais-tu pas aimé que quelqu’un te vienne en aide, même si ton orgueil te susurrait le contraire ? Si personne n’avait été là pour t’aider, serais-tu ici présent avec ce goût de la vie renaissant dans tes tripes ? Tu soupires. Tu glisses ta main sur le bras de la jeune fille pour l’attraper, comme si tu t’en allais l’aider à ce qu’elle se lève sur ses deux pieds. Tu n’oses pas initier le mouvement complètement, de peur de la brusquer.

- Peu importe. Est-ce que tu te sens bien pour marcher ? Tu n’as pas envie de dégueuler ?

Tu marques une pause et sens subitement tes joues devenir de plus en plus chaudes. Tu as de la difficulté à la regarder dans le blanc des yeux tandis que tu lui mentionnes calmement :

- Je sais qu’on ne se connait pas du tout. Mais ton nez… Afin après cette… crise, hum, tu ne dois pas bien de sentir. Je n’habite pas trop loin d’ici. J’ai de quoi pour soigner tes blessures et une sécheuse pour tes vêtements – à l’idée que ta proposition passe pour celle d’un pervers, tu te rattrapes et ajoutes : c’est seulement si tu veux hein ! Sinon je te raccompagnerai où tu veux…

Elle allait te faire chier, te sourire bêtement continuellement et te dire des choses qui n’avaient aucun sens à tes oreilles. Mais tu allais rester. Car suite à une telle situation, elle ne pouvait qu’avoir besoin d’aide. Tu affiches une moue tandis que tu serres tes doigts autour de sa peau.

- J’ai oublié ton nom, avoues-tu vaincu. Moi c’est Harry… Appuie-toi sur moi pour te relever, ça va t’aider... Et arrêtes de me vouvoyer jeez.

ft. Harry
Forester
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