Terrien

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 Et l'air de rien, on s'étouffe ~ [Vael]

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Et l'air de rien, on s'étouffe.


Loki avait perdu un combat. Un étrange combat contre elle même qui se résumait en une question : « qui craquerait en premier ? » Les deux concurrents se trouvaient être Loki face à ses cauchemars, et personne n'avait jamais vu de cauchemar craquer, il y avait donc de fortes chances pour que... Assise dans le coin de sa chambre, elle avait ramené ses genoux contre sa poitrine et les retenait contre elle. Les yeux dans le vague, elle essayait vainement de se couper de son environnement, de ne pas prêter attention aux pantins désarticulés d'un passé révolu qui dansaient toujours, infatigablement devant elle. Jour et nuit, ils étaient là. Ne pouvaient-ils donc pas prendre un peu de repos, eux aussi ? Non, évidemment, ils étaient indomptables, pas vrai ? Elle n'avait jamais réussi à les dominer, à les tirer comme tous les autres. Elle ne pouvait pas s'enivrer de ses pauvres mauvais rêves pour ensuite les expulser. Loki devait les combattre jour après jour, défaite après défaite, ses victoires se faisaient si rares...  Une main retira les cheveux qui tombait dans le cou, un souffle la caressa et Loki l'enleva d'un geste brusque, écœurée par ce contact si sinistre. Elle en frissonna, tant la terreur prenait possession de chacune de ses cellules. Elle était incapable de dire si ce qu'elle voyait était réel ou non. Étaient-ils des fantômes de son esprit ? Ou étaient-ils vraiment remontés de cet enfer pour se venger ..? Pire, auraient-ils volé sa réalité ? La jeune femme se mordit les lèvres avec violence, elle sentit le léger goût métallique de son sang. Ça, c'est réel au moins. Elle regarda ses mains, pour vérifier si elles étaient toujours là, bien présente, faites de peau. Elle serra les poings et les posa sur son front, les yeux clos pour ne plus voir le spectacle macabre qui se jouait devant ses yeux. Sauf que même avec les yeux fermés, elle pouvait toujours les entendre, et elle avait l'impression de voir les postures même les paupières fermées. Loki gémit faiblement.

- Alors Loki, elle est bien ta nouvelle vie ? commença Tristan.
- On est bien sans nous ? renchérit Lucie.

Derrière elle, Loki sentit Lana lui tirer les cheveux. Elle n'osa pas la pousser pour la retirer de là cette fois, elle ne voulait pas lui faire du mal, pas une fois de plus. Lana était la plus petite de la famille, et c'était d'un commun accord qu'ils avaient tout fait pour protéger leur cadette. Même Loki qui comptait sur sa famille adoptive plus que tout, car elle n'avait jamais rien eu d'autre. Elle savait qu'elle ne venait pas de là, elle l'avait toujours su, senti, mais qu'importe, elle avait évolué parmi ces enfants comme une fratrie soudée. Il le serait tout jour, du moins pour elle, bien qu'elle puisse en dire le contraire quelque fois, sous le coup des émotions ou de la colère. Aspen s'avança, son visage était de marbre, comme à son habitude. Il avait été plus proche d'elle que tous les autres. Loki avait rouvrit les yeux sans s'en rendre compte, et voir le doux visage enfantin de son frère là fit grimacer. Une foule de souvenir la fit replonger dans le livre de sa malheureuse histoire. Elle se revoyait, gamine, à jeter les cailloux sur des cadavres dont la bouche avait été ouverte par la mort, elle se revoyait à explorer les quartiers les plus sombres de leur village, elle se voyait fuir à toute vitesse dans les petites rues pour échapper à des êtres malveillants, et tout simplement pour faire la course, puis se cacher dans les petits coins. A chaque fois qu'elle tournait la tête, elle voyait, dans ses souvenirs, le visage impassible et doux de son petit frère. Il lui souriait. C'était celui qui lui faisait penser le plus à Vael, d'ailleurs. A croire que certains caractères étaient faits pour s'associer au sien, elle ne voyait pas d'autres possibilité. La voix du garçon la fit sursauter, elle tourna un regard dénué de sentiment vers lui.

- Je croyais que tu m'aideras, que tu me sauverais d'eux... Je pensais que tu nous sortirais de là.

Magdalena attrapa le bras d'Aspen, le poussa et sortit soudainement de l'ombre pour s'avancer.

- On s'était juré de sortir, ensemble de cet enfer, et de tuer ceux qui avait assassiné Maman et Papa, tu t'en souviens ? DIS ! TU T'EN SOUVIENS ?!

Magdalena, un an de plus qu'elle, la plus impulsive de tous. Les larmes avaient monté jusqu'aux yeux de Loki. Elle fixa les visages un à un de ses frères et sœurs. Elle se souvenait de chaque peur qu'elle avait volé chez eux pour les libérer, elle se souvenait aussi que c'était ça qui avait commencé à causer ses cauchemars, ses hallucinations. Elle avait donné pour eux sa lucidité, ses nuits à hurler en silence. C'était à cause des sacrifices qu'elle avait fait pour eux qu'elle s'était faite prendre, qu'on l'avait envoyée dans ce trou. C'était à cause d'eux, si elle avait autant souffert, et ils osaient la traiter ainsi ..? Son visage se déforma. Magdalena apporta avec elle une carrure si familière que Loki en pâlit. Son geôlier, amené jusque ici par ses frères et soeurs. Ils l'avaient amené à elle, pour mieux l'atteindre. Elle vit son sourire cruel, et une nouvelle vague de souvenir l'assaillit. C'était lui qui lui avait enlevé sa virginité, et qui avait recommencé mainte et mainte fois, c'était lui qui l'avait nourrie, ou pas d'ailleurs pendant plusieurs jours, qui s'était employé à lui retirer tous les espoirs de revoir un jour le ciel. Ce qu'il ne savait pas, c'était Loki ne se laissait pas abattre si facilement, que jamais la jeune femme n'avait cessé d'espérer et de prier Yang qu'il lui livre sa liberté. Jusqu'à ce que ses prières et son combat portent ses fruits, qu'ils sortent enfin de là. Pourtant, elle avait l'impression qu'une part d'elle y était toujours, et que ses cauchemars étaient tirés de là. Lana tira un peu plus ses cheveux pour la forcer à lever la tête et voir le visage de celui qu'elle nommait son bourreau. Ses mains crasseuses s'étaient avancées avec lenteur vers sa pâle peau, et cette fois Loki ne put retenir un cri de terreur. Elle se leva brusquement, abandonnant les petites mains de sa soeur. Ses frangins lui bloquèrent le passage, l'emprisonnant entre les griffes de son hallucination.
Loki se débattit avec fougue contre elle-même. Etait-il vivant ? Vraiment là ? Il paraissait si... si réel ! Avec sa cicatrice qui coupait la majeure partie de son sourcil gauche, ses ongles noircis par la crasse et... l'odeur. L'odeur de cette cave qui lui donnait envie de vomir. Prise dans un brusque élan de panique, Loki poussa ses frères et soeurs, atteint sa lampe de chevet et la lança sur sa vision. L'ampoule se brisa, l'abat jour se détacha du pied qui se brisa lui-même en deux. L'hallucination se bougea pas d'un pouce, au contraire, elle continua d'avancer, au grand dam de Loki qui gémit.
Elle devait fuir. Elle le sentait, il fallait à tout prix partir. Sinon ils l'attraperaient, ils la reprendraient et la jetteraient de nouveau dans son trou à rat. Elle ne voulait pas... Non, elle ne pouvait pas y retourner, tout sauf ça, tout, n'importe quoi... n'importe... La jeune fille passa par dessus son lit pour échapper à sa famille,  mais à peine fut elle de l'autre côté de la pièce qu'Aspen s'intercala entre elle et la porte. Loki ne s'arrêta pas, passa outre son frère et ouvrit sa porte à grande volet, un torrent de larmes dégoulinants sur ses joues.

- VAS-Y PARS ENCORE PARS ENCORE ! TU SAIS FAIRE QUE CA ! , entendit-elle du haut des escaliers, des lèvres de Magdalena.

Lana était appuyée sur la rembarque à la fixer. Loki ne remarqua qu'en cet instant la longue balafre qui découpait en deux son visage, elle en fut un peu plus épouvantée. La terrienne avait descendu les marches quatre à quatre sans y prêter, les yeux à moitié clos. Dans sa situation, l'idée de tomber en courant n'était pas des plus importantes. A peine fut-elle en bas qu'elle sentit une main lui glisser dans le dos. Lui. Son geôlier l'avait rattrapée. Elle se retourna brusquement pour le frapper. Il n'y était plus. Non, son esprit l'avait téléporté en face d'elle, et Loki hurla un peu plus lorsqu'elle vit son abominable sourire tandis qu'il tendait les mains vers elle. Autre part, ailleurs, aller... ailleurs, il fallait aller ailleurs, loin, loin ! Ses pensées perdaient leur sens, une suite de mots hagards qui, alignés ensemble ne donnaient qu'une vague image de l'idée principale : fuir. Les images de sa maison commençaient à se confondre avec ses cauchemars. Là, un mur de pierre comme là-bas, là, les barreaux d'une cellule et... bientôt les gémissements des autres humains à don comme elle. Au moins que ce soit ses propres gémissements de détresse qu'elle entendait ? Deux mondes se combinaient, lequel croire ? Lequel était son monde ? Ou alors peut-être que cette vie avec Vael n'était qu'un rêve, et qu'en réalité elle était toujours dans sa prison de fer. Peut-être avait-elle tout rêvé depuis le début, et que bientôt elle se réveillerait dans la puanteur des rats. Quelles étaient les chances qu'elle se soit sortie de là-bas, en fin de compte ?
Prise d'une nouvelle vague de panique, Loki traversa ses fantômes, évita de justesse de se prendre un meuble (dommage, peut-être aurait-elle compris grâce à la douleur ce qui était vrai ou non), fit plusieurs détours pour éviter son geôlier, ou encore Tristan qui, étant beaucoup plus grand qu'elle, parviendrait en l'attrapant à la ramener en enfer. Elle n'avait pas la force de se mesurer au plus grand de ses frères. Dans sa course poursuite elle s'enfuit également de Lucie et de Magdalena, et elle parvint à sortir à l'air libre en ouvrant en gros la porte qu'elle ne referma pas derrière elle.
Loki s'enfuit dans la forêt, pieds nus, munie uniquement d'un jean et d'un débardeur, alors que la température extérieure n'aidait pas à sortir dans cette tenue. Et encore une fois, Loki ne ressentit rien du tout, trop obnubilée par ses cauchemars. Ils la suivirent, longtemps, alors que la jeune fille s'épuisait à retenir de douloureux sanglots tout en continuant de courir. Sa respiration se faisait de plus en plus saccadée, et l'odeur de la forêt n'avait pas encore réussi à faire partir celle de ses hallucinations. Elle voulait vomir, son corps n'allait plus soutenir ce rythme encore longtemps. Ce n'était pas ça qui allait l'arrêter, non, loin de là. Ce qui l'obligea pourtant, fut une malheureuse racine, ou une pierre qu'importe, Loki ne le vit pas, qu'elle se prit avant de s'étaler sur le sol terreux. Elle eut un hoquet, une affreuse remontée acide qui lui brûla la gorge, elle se retint de la cracher. Avait-elle encore une raison de tenir, dans ce monde ? Qu'était son but ? En avait-elle un ? Pourquoi souffrir autant inutilement ? Elle vit son geôlier approcher sans qu'elle ne puisse rien y faire. Elle ferma les yeux. Loki en avait assez, assez, assez. Assez de ces cauchemars, de ces morts finalement pas si morts que ça qui venaient la hanter. Assez de cette famille qui lui en voulait d'avoir sauvé sa peau comme son instinct lui avait soufflé. Assez de ces visages douloureux qui ne la quittaient jamais, pour bien lui rappeler toute son histoire. Chapitre par chapitre, page par page, mot par mot... Ils étaient là, toujours là, et son don... Son don elle aurait préféré ne jamais l'avoir, elle aurait préféré...

- ARRETEZ ARRETEZ ! J'EN PEUX PLUS LAISSEZ-MOI ! LAISSEZ-MOI JE VOUS EN PRIE !, finit-elle par sangloter, sans même se relever, ses mains pleines de terre recouvrant son visage.


Dernière édition par Loki Al'Chyaris le Ven 23 Juin - 22:09, édité 1 fois
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 Et l'air de rien, on s'étouffe ~ [Vael]

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Hello, Mirror,
So glad to see you my friend,
It's been a while.
Searching, Fearless,
Where do I begin to heal
This wound of self-denial ?

L’Astre avait-il commencé sa danse ? Tu ne savais guère. Seuls quelques rayons passaient entre les pierres taillées de ta cage. Cette cage… Ou crypte. L’appellation de cage était plutôt correcte ces derniers temps. Tu t’y étais muré, refusant d’en sortir, ou que très rarement pour faire les courses et voir le visage de ta sœur. Pourquoi ce repli si soudain ? Qu’importe.

Un odeur âpre flottait dans l’air, embaumant la totalité de la pièce. Légers nuages de gaz qui ondulaient, transpercés par la lumière acerbe de l’Astre lumineux. Un écran de fumée, qui floutait grandement la pièce, empêchant les regards non-habitués de voir ce qu’il s’y déroulait. Cette atmosphère suffocante, pesante, depuis combien de temps avais-tu le nez dedans ? Tu ne comptais plus. Tes mains humides remettaient sa chair en place, à ce pantin que tu venais de trouver. Ah, tu la traitais, comme tous les autres. Tu l’avais allongée là, sur cette table, dénudée, le regard vide. Tu étais si patient avec eux. Si soigneux. Tu traitais mieux les morts que les vivants. Et quoi de mieux que de faire perdurer leurs âmes dans la mort ? Leurs esprits dans un corps d’une beauté qui va à l’encontre de la mort ?

Tu avais passé des années, à maîtriser ce processus, à faire que chaque cadavre que tu recueillais reste aussi naturel que possible. Aussi vivant que de son… Vivant, justement. Tu lui avais ôté tout organe, prenant soin de traiter sa peau et chaque partie de son corps. Toutes y passeraient et c’était là pour toi, le fruit de longs jours de travail ininterrompus. Tes prunelles carmins se posaient sur sa peau. Peau d’une pureté jamais vue parmi ta collection de marionnettes. Une peau au teint albâtre, immaculée. Si irréelle. Aucune imperfection, un grain parfait pour une douceur des plus insolante. Avais-tu ramené un ange ? Un ange ramené par un Diable, voilà qui en devient amusant. Tu étirais un sourire vicié, caressant lentement son visage, ton regard plongé dans le sien. Que contemplait-elle, de l’autre côté ? Savait-elle ce qui allait advenir d’elle, une fois que tu l’aurais ramenée dans ce monde pathétique ?

Satisfaction, douce satisfaction. Tu soufflais quelques notes, dodelinant de la tête, retirant délicatement tes doigts de sa joue pour te remettre au travail. Tu avais encore à faire. Il te fallait tout remettre à sa place et recoudre celle-ci. Replacer chaque organe à sa place était loin d’être une heureuse besogne. Où avais-tu acquis de telles connaissances ? Où avais-tu aiguisé ton esprit, pour ne le rendre que plus désorienté ? Tu ne savais point, une fois encore. Tes prunelles se déplaçaient vers les récipients de fer qui contenaient l’intérieur de ton mannequin, sifflotant, un sourire creux au visage. Cela te mettait de bonne humeur, n’est-ce-pas ? Cette air malsain. Tout ce rouge sur ce corps si pur. De quoi t’en faire perdre la tête, vraiment.

L’avais-tu perdue ? La cherchais-tu ? Sur ces routes sinueuses qui pavent ton esprit ? Sur ces chemins dérisoires qui couvraient tes pensées ? Quelle route avais-tu pris ? Celle de la fuite ? Que fuyais-tu, toi qui préférais la compagnie de pantins à celle de ta chère sœur ? Toi qui la délaissais depuis des jours, sans raison, aucune ? Toi qui disparaissais lentement, rongé par ces souvenirs ? Tu l’avais retrouvé. Celui que tu bardais d’Auteur. Celui qui avait joué avec ta vie avec de simples mots. Celui qui t’avait, contre toute ta volonté mis un second collier au cou, en prime du premier qu’avait posé ton Maître. Un être, aussi fantomatique que toi. Un être qui passait, jetait ses lettres ; lettres emplies d’aventures, de pensées… Lettres qui faisaient rêver l’enfant que tu avais été. Lettres qui te dépeignaient un Paradis, là-haut, sur ce rocher volant. Un Paradis idyllique, loin de ton Enfer.

L’enfant s’en était entiché de ces lettres. Lettres qui venaient de nul part, tombant du ciel. Quelqu’un là-haut. Pourquoi ? Pourquoi fallu-t-il que ce soit toi ? Qui les ramasse ? Pourquoi ? N’avais-tu point assez souffert ? N’avais-tu pas déjà suffisamment donné ton corps pour rester en vie ? Oh que non, non. Non, non, non. Tu étais encore vivant, là était toute la différence, Vael. Et ton Maître, ne le savait que trop bien. Il ne savait que trop bien, comment te faire jongler. Comment raviver cet espoir avec ces lettres que tu recevais. Comment te contraindre à te donner qu’un peu plus à lui. Ah… Cela te mets le cœur au bord des lèvres. Cela te retourne l’estomac, te le crispe. Tu avais resserré tes mains autour du frêle cou de ton pantin, oubliant un instant ce que tu faisais. Un court moment kidnappé par tes sombres pensées.

Tu serrais les dents, jetant violemment ton matériel pour comprendre que tes démons gagnaient une fois encore. Comprendre que tu n’étais toujours que ce petit pantin, qui avait illusion de liberté. Tu restais là, dos contre la table de pierre, à lorgner tes mains cendrées, couvertes de la chair albâtre de ta marionnette. A écouter le sang perler de la table au sol. Gouttes par gouttes. Une mélodie singulière, apaisante. Calmant les tumultes qui t’assaillaient. Tu mouvais les mains, dessinant les notes d’une symphonie inaudible. Une symphonie invisible, des notes de piano claires, précises, qui se jouaient une à une dans ta psyché. Tu expirais longuement, sentant la tension te quitter. Pourquoi l’avais-tu revu, cet homme ? Pourquoi avais-tu cherché à obtenir des réponses ? Pourquoi, sachant que tu te brûlerais les ailes ? Avais-tu le goût de la souffrance ? Il fallait croire. Tu te redressais lentement, posant une main solide sur l’autel sur lequel ta chère nouvelle poupée dormait, bien décidé à terminer ce que tu avais commencé.

Fils après fils, produits après produits, chacun des récipients se vidaient, l’odeur âpre ne devenant que plus présente. Le temps continuait sa folle course et ce fût, lorsque tu te lavais les mains et que ton nouveau pantin était assis tranquillement auprès des autres, que tu te surprenais à penser à elle. Ta tête ébène. Ces pensées dans le crâne, tu dévisageais une dernière fois ta nouvelle œuvre, ton visage proche du sien, frôlant ses oreilles. Une statue de marbre, à l’air si froid et autoritaire. Défiant la mort. Guère pour te déplaire. Ce qui te déplaisait a contrario, furent ces hurlements. Voix reconnaissable entre toutes. Loki. Tu réprimais un râle agacé, t’éloignant de ton pantin, claquant des doigts pour inviter l’un des autres à te suivre. Tu te frayais un chemin dans le couloir obscur, tes pensées uniquement centrées sur ta petite tête jais. Qu’avait-elle à hurler ainsi ? Et si près de ta crypte ? Que faisait-elle dans la forêt ? Tu doutais bien que sa voix ne porterait pas aussi loin de votre maison à ta crypte, oh que non.

Une fois les pieds dehors, la voix de ta sœur réitérait, suppliant quelqu’un ou quelque chose de cesser. Ce qui ne te ravissait point. Tu échangeais bien vite ton sourire pour une moue fermée, parcourant quatre à quatre la terre mouillée et ses branches, cherchant du regard ta sœur. Quelle fut ta surprise, de la trouver ainsi ? Prostrée, hurlante, les larmes aux yeux et couverte de terre ? Sans âmes qui vivent autour d’elle ? Tu soufflais silencieusement, ordonnant à ton pantin de visiter les alentours. Tu voulais être seul à seul avec elle. Tu comprenais, n’est-ce-pas ? Ce qu’elle vivait à l’instant même ? Le combat qu’elle menait contre son propre esprit. Contre ses propres cauchemars. Ton visage prenait une mine un poil grisée tandis que tu refermais tes phalanges aux creux de tes paumes, troublé. Tu t’approchais doucement d’elle, faisant craquer quelques branchages sous tes pas, pour retirer ta veste et la poser avec douceur sur ses épaules, te mettant à sa hauteur.

Elle tremblait, enfermée dans son monde qui ne qui ne lui laisserait aucun répit. Un poids sur ton cœur. Avais-tu mal pour elle ? Maudissais-tu toutes ces visions qui lui pourrissaient la vie ? Indéniablement. Lentement, tu apposais tes mains sur les siennes, les décalant sereinement de son visage, laissant apparaître tes prunelles rubescentes qui la détaillaient.

« Loki, reprends-toi. C’est moi. Tout va bien. Calmes-toi. C’est fini. Je suis là. »

Tu essuyais d’un revers de la main ses larmes, l’attirant contre toi pour l’enlacer, ton menton sur son épaule, tes doigts lui caressant le crâne.

« C’est fini. Tout va bien. Là... Respire… Ces visions n’existent pas. Et si elles existent encore, je les effacerais. Tout va bien Loki. Tu ne risques plus rien. »

Tu chuchotais, la berçant doucement, ta voix se voulant rassurante. Si elle avait été celle qui t’avait ramené les pieds sur terre plus d’une fois, pourquoi ne le ferais-tu pas pour elle ? Elle restait l’unique chose à laquelle tu tenais, dans ce vague monde. L’unique astre pour lequel tu n’avais que d’yeux.

Reflections of Reality.

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 Et l'air de rien, on s'étouffe ~ [Vael]

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Une voix, enfin, d'accord, il y avait plusieurs voix, mais celle que Loki entendit était nouvelle. Une nouvelle de ses cauchemars ? Aller ! Qui venait se joindre à la fête de nouveau ? Maman ? Papa ? Peut-être un rêve qui ne lui appartenait même pas. Après tout, qu'est-ce qui les empêchait de venir, en cet instant ? Les barrières de Loki tombaient ; elle mettrait du temps avant de les reconstruire. Surtout qu'elle devait se calmer, respirer, retrouver son calme pour les éloigner. Pour le moment, c'était au dessus de ses forces, Loki n'en n'était pas capable, pas tout de suite du moins. Elle n'ouvrit pas les yeux, elle ne voulait pas voir une autre figure ensanglantée surgir de la forêt et l'attraper. Elle mit plusieurs secondes à reconnaître le timbre grave de Vael, mais ne sentit pas du tout la veste se poser sur ses épaules. Son corps était-il sien ? Qu'était-elle, après tout ? A vivre dans les cauchemars, n'en serait'elle pas devenue un ? Qu'est-ce qui la différenciait d'eux ? Elle avait le pouvoir de ne devenir qu'une forme fantomatique, elle était un mauvais rêve, vivant parmi les mauvais rêves. Que faisait-elle ici, alors ? Dans ce monde si réel pour elle ? Monter à Ariesten, n'était-ce pas le plus grosse erreur de sa vie ? Le bas monde reflétait son univers, sa vie, son histoire, qu'avait-elle ici, pour vivre et se sentir chez elle ..? Rien, justement. Devait-elle y retourner alors ? Et comment le dirait-elle à Vael... Vael, justement. Elle ne s'en souvenait plus trop bien, mais il lui semblait s'être dite que sa voix était proche. Etait-ce vrai ? Ou un énième supplice ? Comment différencier le vrai du faux, hein ? Lorsque tout était, à ses yeux, qu'un beau bal fait de marionnettes. Leur sourire gras se pavanait devant elle, un peu plus insolent, un peu plus... dominant à chaque pas de leur macabre danse. Loki en avait assez de voir ces matassins, elle voulait... Que voulait-elle ..? Encore une question sans réponse. Si elle avait été capable de répondre, elle aurait sûrement réussi à souffler qu'elle voulait qu'il parte. Mais ensuite ? C'était ça le plus important, ensuite.
Deux grandes mains prirent les siennes, et la jeune femme fut forcée de rouvrir les yeux alors qu'elle les entendait toujours, autour d'elle. Si elle ouvrait les yeux, elle les verrait, encore, ils seraient là, toujours toujours toujours... et pourtant, elle n'eut pas trop le choix. Ces grandes mains l'obligèrent à lâcher son visage, alors qu'elle s'apprêtait à s'attraper les cheveux pour les arracher. Loki ouvrit les yeux à contre coeur, et rencontra en face d'elle le visage de Vael. Alors c'était bien lui ? Réel ou cauchemar ? Fallait-il lui faire confiance ou alors allait-il lui planter un couteau dans le gorge ..? La Terrienne ne savait plus différencier le qui était vrai du faux, mais elle se dit qu'à souffrir, autant que ce soit entre les bras de Vael. Alors au lieu de se démener pour qu'il s'en aille, elle se laissa prendre dans ses bras, sans aucun geste de résistance. Ses bras passèrent autour du cou du garçon, et sa voix apaisa légèrement les battements affolés de son coeur. Il lui assurait que rien n'était vrai. Ils étaient juste... des mirages, des visions, comme il disait. Elle se serra un peu plus contre lui, en fermant les yeux pour se couper du monde. Finalement, elle avait sa réponse. Elle voulait juste rester dans les bras de Vael, et ne plus jamais en ressortir.
Loki épancha ses peurs et sa douleur dans le cou du garçon, traversée par de violents sanglots. Et elle resta là, un certain temps, à laisser libre cours à son chagrin.

Son geôlier s'était avancé derrière Vael, sans qu'elle ne le voit, sans qu'elle ne l'entende. Il semblait jouir d'une joie malsaine. Joie de la voir dans un tel état. Loki sentit son souffle sur son visage et l'odeur désagréable qu'il transportait avec lui, avant d'ouvrir les yeux et de tomber nez à nez avec ce visage si disgracieux. Tétanisée, elle balbutia des mots compréhensibles pour elle seule, chercha à combattre son bourreau. Elle comprit qu'elle n'y parviendrait pas. Loki paniqua une seconde fois, et se dégagea avec violence de l'étreinte du jeune homme. Elle fixa un homme, qu'elle seule voyait, d'un regard hanté. Ses larmes avaient cessé ; sa terreur ne faisait que grandir.

- VA-T'EN ! J'AI ..! J'AI DIT VA-T'EN !

Mais le geôlier ne partait pas. Au contraire, deux autres hommes qui surveillaient les caves s'étaient approchés. Dans leurs mains un fouet, des chaînes... Elle les entendait cliqueter à chacun de leur pas. Vael ne les entendait-il donc pas ?! Ils étaient là ! Juste là, derrière lui ! De nouveau, l'esprit de Loki se perdit dans les tréfonds de sa détresse. La frontière entre ses deux mondes s'amincit un peu plus. La Terrienne fit trois pas en arrière en secouant la tête, les mains devant elle. Non, pas eux.. pas eux... Ses yeux quadrillèrent l'espace en face d'elle, à la recherche d'une cachette. Il n'en avait pas. Alors elle... Elle devait courir.

- Je p-peux pas, je peux pas, je... balbutia-t-elle de nouveau.

Loki tourna les talons sans prévenir avant de s'enfuir une seconde fois dans la forêt. Les branches lui griffaient les bras, la veste de Vael était tombée depuis longtemps, elles lui fouettaient le visage alors que la jeune femme s'évertuait à les éviter pour ne pas tomber une nouvelle fois. Elle traversait les buissons sans faire attention aux ronces ou aux orties, jusqu'à atteindre le limite entre la forêt et la ville. Là, elle tourna brusquement vers la gauche pour éviter d'y entrer, justement. Devant elle, se dressa un demi-cercle de brique qui s'ouvrait sur un gouffre de noirceur, et de l'eau en coulait. C'était ce qui reliait les égouts de la ville à la rivière. Loki savait qu'il y ferait noir, elle espérait en prenant ce chemin semer ses poursuivants et les perdre dans l'obscurité. Elle pourrait les entendre, mais qu'ils soient réels ou non : elle ne pourrait plus les voir. Une forme de délivrance, non ? Ainsi elle choisissait un troisième monde beaucoup moins compliqué que les deux autres. Certes, dire "le monde des égouts" ça n'envoyait pas vraiment du rêve, mais dans la situation actuelle de Loki : c'était un château gardé par la meilleure des milices. Elle s'y faufila avec une aisance naturelle, sa petite taille passant parfaitement dans ce trou qui menait aux égouts.
Cette fois, elle sentit la fraîcheur qui la prit aux épaules, elle frissonna mais ne s'arrêta pas pour autant. Il y avait encore trop de lumière, trop de réalité ici. Loki voulait se perdre, et les perdre. Les pieds dans l'eau, elle continua sa course folle dans ces dédales où on n'y voyait goutte. Elle même se dirigeait en rappant les murs, en tournant brusquement d'un côté puis d'un autre. Et finalement, les voix se turent lentement. La jeune femme fut soudainement vidée de toutes ses forces. Elle sentit le froid lui agresser la peau, et ses tremblements reprirent possession de son corps.
Après cette soudaine baisse d'énergie, elle se pelotonna dans un coin, les grands grands ouverts dans l'obscurité. Le silence la rasséréna, et son corps retrouva lentement un rythme presque normal. Son geôlier, ses frères et soeurs s'étaient perdus dans ce labyrinthe, elle le savait. Ses démons avaient enfin fui, et elle resta là, immobile, cachée dans ce monde sans histoire ni cauchemar.
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You've been blinded,
Living lie a one way cold existence all the while.
Now it's time to stare the problem
Right between the eyes you long lost child.

Pourquoi ? Pourquoi le temps était-il contre toi, en ce jour ? Pourquoi n’avais-tu rien vu venir ? Tout était arrivé si vite. De cette Loki blottie contre toi qui semblait s’apaisait, tu te retrouvais emporté dans une folle course dans les bois. Pourquoi ? Pourquoi étais-tu autant à la dérive ? Tes démons te prenaient trop la tête ? Entremêlaient chacune de tes pensées ? Tu avais à peine eu le temps de la rassurer, à peine eu le temps d’essuyer les nouvelles larmes qui roulaient sur ses joues. Incapable, voilà ce que tu étais, aujourd’hui. Te blâmais-tu de ne pas avoir saisi toute sa détresse ? Te blâmais-tu de ne pas avoir su la retenir ? De ne pas avoir su faire fuir ses démons ? Trop obnubilé par les tiens ? Elle avait hurlé, s’était débattu et un coup était parti. L’instant que ton esprit comprenne, il était déjà trop tard et ta petite tête ébène fuyait déjà, terrifiée. Poursuivies par des songes invisibles. Des angoisses qui ne la lâcheraient guère. Tu lui avais emboîté le pas, sans attendre, te moquant bien de te prendre à ton tour tous les branchages en plein visage.

Tu sentais ta peau se faire arracher doucement, blessée et le liquide pourpre perler à chacune de tes enjambées. L’air ne te manquait guère, tu avais l’habitude de ce genre de courses. De ce genre de fuite. C’était votre quotidien, en tant que maudits de Yang. C’était votre rituel, de courir telles des ombres dans les rues pour disparaître, fuir des agresseurs. Néanmoins une douleur vive te prenait à l’estomac. Tu baissais instinctivement le regard constatant des fleurs écarlates qui s’épanouissaient sous ton haut. Blessure. Une simple altercation comme d’autres. Un simple coup. Tu l’avais soignée par toi-même, refusant d’utiliser ta marionnette pour une plaie aussi insignifiante. Plaie qui venait de se rouvrir, prenant à elle seule tout ton souffle. Tu t’en fichais. Loki. Elle seule comptait. Et si tu devais la courser avec une jambe en moins, tu le ferais. Jamais tu ne l’abandonnerais. Tu ne l’avais déjà que trop fait ces derniers jours. Et probablement t’en voudrait-elle. Te haïssait-elle ?

D’avoir disparu dans ta bulle ? De ne rien lui dire ? De te couper d’elle pour ne pas qu’elle te voit aussi médiocre et rongé par tes pulsions et démons ? Pour ne pas voir qui tu es vraiment, là-dessous, sous ce masque ? Tu ne savais plus, tes pensées se bousculaient, prises dans cette gadoue noire et épaisse qu’étaient tes craintes. Désorientées face à l’urgence de suivre ta sœur. Une branche entailla vivement ta joue, te recentrant sur ta course, voyant que vous sortiez peu à peu de la forêt. Tu continuais de l’interpeller, en vain. Un fantôme. Tu poursuivais une lumière qui, trop lumineuse, ne te voyait plus. Ne t’entendais plus. Tes moindres actions étaient vaines. Tu ne faisais déjà plus parti de son monde. Tu n’étais plus. Tu te devais de la raisonner, avant que les choses ne tournent mal. Main pressée contre ta plaie, tu esquivais comme possibles les ronces et orties, sentant ton pantalon en faire les frais à ta place.

Finalement, d’un paysage si naturel, vous passiez à la ville, ou à sa lisière, proche des égouts. Tu apercevais la fine silhouette de Loki disparaître dans les ténèbres du tunnel d’entrée, à bout de souffle. Tu posais fermement tes mains contre les pierres humides du couloir, crachant un filet de sang, ton estomac te lançant de plus en plus brutalement. Pas le temps. Tu devais la retrouver. Ton pantin arrivait calmement à tes côtés, le pas gracile, venant se ranger auprès de toi. Tu avais à peine eu le temps de lui intimer de te suivre et tu étais ravi qu’il ait pu te saisir au vol. Tu inspirais longuement, décollant tes mains du mur humide, le souffle bruyant. Tu continuais de compresser la plaie d’une main, hasardant dans la pénombre du lieu. La fraîcheur venait te mordre la peau et c’est les prunelles plissées que tu tentais d’entrevoir quelque chose dans toute cette obscurité. Des formes. Une chose connue.

Seuls le bruit de tes pas et leurs échos te tenaient compagnie. Suivit d’un bruit de fond, des gouttes qui chutaient dans l’eau boueuse des égouts. Tu ordonnais alors à ta marionnette de vous éclairer. Tu ne savais guère qui t’avait suivi quand tu étais sorti à toute vitesse de ta crypte. Une chance pour toi, c’était ta pyromancienne. De cette flammèche qui vous servait de guide, tu détaillais son visage placide, avant d’apercevoir son ombre, blanchâtre, qui te suivait, un sourire narquois aux lèvres.

« Perdue, perdue, perdue ? Tu l’as vraiment perdue, mon cher ? » 

Tu ignorais, continuant de te frayer un chemin dans les eaux, hurlant le nom de ta sœur. Tu sentais le souffle de ton pantin proche de toi, celle-ci ayant pris appui contre toi. Tu n’avais pas le temps pour les visions de ton esprit tourmenté, non.

« Allons, Vael, ne soit pas si grincheux ! Je suis sûre qu’elle n’est pas très loin, ta possession. »

Un ton sec, dédaigneux. Tu te stoppais un court moment, la toisant, glacial.

« Qu’as-tu dis ? »

Celle-ci gloussait, voyant ta réaction, main devant la bouche.

« Une unique vérité, Vael. C’est ce que nous sommes tous pour toi, des objets. »

Tu expirais, une expression fermée, tes pupilles se perdant au loin.

« Es-tu venue uniquement pour me railler de ça, Agni ? »

Un rire cristallin s’élevait, tes yeux suivant ce fantôme fruit de ton imagination jusqu’à l’embranchement du tunnel. Un sourire creux prenait place sur ses lèvres, te soufflant au visage.

« Oh que non, mais il faut bien faire la conversation. Après tout, ne m’obliges-tu pas à n’être qu’une vulgaire lampe sur pattes ? »

Elle te fatiguait. Tu n’avais point la patience de te battre avec un cadavre et son esprit, qui était bien décidé à te tenir la grappe tout le long de ton périple. Tu l’ignorais une fois encore, essayant tant bien que mal de rien laisser passer.

« LOKI ! LOKI, OU ES-TU ? MONTRES-TOI ! »

Ta voix se faisait difficile, l’air te manquant, cette blessure te vidant. Une fatigue physique et à présent psychique. Combien de temps allais-tu tenir, muré dans un calme apparent ? Combien de temps allais-tu tenir avant de craquer à ton tour. Tes yeux se perdaient dans l’eau sombre, tes pieds plantés devant l’embranchement. Tu avais besoin d’un guide, d’une voix. Qu’elle te réponde. Que tu ailles la chercher et que la journée se termine bien, chez vous. Échos de rire. Agni ne semblait pas disposée pour. Voilà ce qu’il en coûte, de traîner des cadavres avec toi, Vael.

Brace yourself and trace your hell back.

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 Et l'air de rien, on s'étouffe ~ [Vael]

 :: Alentours :: La Forêt
Cette obscurité permettait le repos aux rétines de Loki. Les pendules se remettaient doucement à l'heure, tandis qu'elle se mettait à différencier ses cauchemars du reste. Elle entendait son cœur battre, ralentir avec douceur plus le temps passait, et briser le silence accompagné d'un léger bourdonnement dans les oreilles. Allait-elle tourner de l'œil maintenant ? Elle se sentait... bizarre, comme si son corps et son esprit s'étaient détachés sans sa permission et qu'elle en avait perdu un quelque part dans ces égouts. En même temps, ses sens revinrent, et quand elle huma l'air, le nez de Loki se fronça de dégoût. Ce n'était pas pour autant qu'elle allait bouger. Elle avait besoin de ce sanctuaire, de ce refuge qui l'aidait à se retrouver. Elle y était venue, une fois, s'introduisant dans l'eau d'un calme plat, sans même se soucier de ne pas savoir nager. Cette fois là, elle avait pris une lampe torche tout de même, et de la craie pour marquer là où elle était passée. De cette manière, elle était remontée jusque dans les égouts de l'autre côté de la ville. Elle s'y était amusée comme une enfant et en avait profité pour faire un vague plan. Plan qu'elle n'avait pas avec elle en cet instant, effectivement. Loki ne s'en faisait pas trop. Lorsqu'elle se sentirait prête à ressortir elle n'aurait qu'à longer les murs jusqu'à trouver une échelle puis remonter dans les rues. À partir de là, elle saurait se situer. Elle aurait bien aimé que son don soit plus développé pour reinvoquer la peur du feu et l'utiliser pour s'éclairer, mais malheureusement, elle pouvait créer le feu, mais de là à ce qu'il fasse de la lumière et l'éclaire... elle devrait donner la totalité de sa matérialité. Or, ceci, elle n'en était pas capable. Donc pas de lumière, point.

Loki attendit presque dix minutes pour être certaine que ses cauchemars aient disparu. Quand elle fut certaine qu'ils s'étaient égarés, elle relâcha doucement ses muscles pour ne plus être recroquevillée. Elle entendait au loin des gouttes qui tombaient dans le courant des égouts, accompagnées de temps à autre des venus venant d'en haut. D'Ariesten. Le monde réel. Un soupir brisa le silence pesant. Car oui, Loki le trouvait désormais pesant, seule dans cet océan, perdue. Elle se leva avec difficulté, toute tremblante de froid. Son pantalon était trempé de l'eau des égouts, son débardeur était lui aussi en partie humidifié. Elle faisait bien pâle figure.
Décidée à rentrer, Loki déposa ses mains sur la surface froide qu'étaient les murs, lorsqu'elle se souvint brusquement que Vael l'avait suivie, jusqu'à ce que son cerveau soit trop déconnecté pour qu'elle s'en souvienne. Etait-ce possible qu'il soit ici, dans ce labyrinthe ..? L'aurait-elle emmené sans le vouloir dans cette obscurité ..? Elle frissonna brusquement et chercha autour d'elle le garçon avant de réfléchir trois secondes et de se dire qu'avec cette noirceur, il aurait été à deux pas d'elle qu'elle ne l'aurait pas vu. Réfléchis Loki ! Réfléchis un peu ! se tança-t-elle en grimaçant. La jeune femme se mit plutôt à chercher de quel côté elle venait. De la droite, apparemment, sinon les vagues souvenirs de son arrivée étaient bons. Alors elle s'engouffra dans ce tunnel, en gardant une main collée au mur. Après plusieurs minutes de marche, elle huma l'air, fronça le nez, porta la main à son collier qu'elle tira nerveusement, mal à l'aise. Au fond, elle n'était même pas sure que Vael se trouvait ici. Peut-être l'avait-il laissée partir et était resté dans la forêt ? Le doute persistait, Loki ne savait pas quoi faire. Elle hésitait à retrouver l'échelle la plus proche et retourner à la lumière parce qu'elle se sentait de plus en plus oppressée, presque en manque d'air. Sa respiration se fit bruyante, elle haletait. Où était-elle ? Pourquoi diable s'était-elle engouffrée là dedans ? Et si elle le cherchait ici alors qu'en réalité il était en haut, ou attendait dehors qu'elle sorte ? Elle n'aurait pas pu être télépathe tiens ? Au moins le problème était réglé, elle aurait su où... Si elle avait été télépathe elle n'aurait certainement pas cherché à se perdre dans ces égouts, effectivement. Loki jura, prête à blâmer n'importe qui, alors que la seule fautive dans cette histoire c'était elle, et elle le savait. La Terrienne continua sa route, indécise, en inspectant ce qu'elle pouvait voir ; pas grand chose excepté les briques qui changeaient parfois marquant l'arrivée dans un nouveau quartier.
Loki s'arrêta de nouveau et détermina à peu près comment elle devait se mettre pour que sa voix porte plus loin.

- VAEL ? T'ES LÀ ? QUELQUE PART ? cria-t-elle, l'écho répercutant sa voix à plusieurs autres tunnels de là.

Loki entendit soudainement un claquement sinistre, et des notes étouffées par l'écho et la distance. Elle fronça une nouvelle fois les sourcils. Vael ? Ou bien y avait-il quelqu'un d'autre dans ces égouts ? Si c'était quelqu'un d'autre : qui donc pouvait se balader ici ? Un danger pour elle ? Devait-elle fuir ? Mais fuir où au juste ? Si elle se mettait à courir, elle se prendrait un mur à coup sur. Elle fit quelques pas dans une direction d'où semblait venir le claquement, et elle s'époumona, bien décidée à savoir si c'était Vael ou quelqu'un d'autre :

- VAAAAEEEEL C'EST TOI ? REPONDS-MOI !...

Elle faillit ajouter une injure après, elle se retint de justesse en se mordant la langue. Et, en même temps, elle se prépara à trouver une échelle le plus vite possible, en tâtonnant le mur derrière elle, pour s'échapper d'ici s'il s'avérait que, en fait, ce n'était pas du tout Vael.

- ET SI C'EST QUELQU'UN D'AUTRE FAITES COMME SI VOUS AVIEZ RIEN ENTENDU, JE M'EN VAIS !, elle ajouta à voix basse, enfin j'essaye.

Loki avança un peu plus, de moins en moins assurée, et attendit. Peut-être aurait-elle une réponse, qui sait ? Ou alors peut-être était-ce juste un rat ayant clamsé d'une façon tout à fait surprenante, et elle n'aurait alors aucun résultat. A voir.
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 Et l'air de rien, on s'étouffe ~ [Vael]

 :: Alentours :: La Forêt

Do you want to feel alive ?
So would you play a game
of russian roulette to save your life ?
Are you in ?
Or will you flee to safety
And wonder what could've been ?
Don't be afraid, don't ever be afraid.
Oh, you've been hiding.
You've been hiding in the shadows.

Silence. Ta voix se mourait dans un lointain écho, lentement. Chaque note résonnait contre les murs glacés du tunnel, laissant place à un autre écho, plus railleur. Il se moquait de toi, être qui cherchait désespérément sa sœur. Toi, être qui bataillait avec les dérives de ton esprit. Le fantôme d’Agni n’avait guère bougé, planté devant toi, un sourire dévoilant sa dentition parfaite, grotesque. Elle aussi se riait de toi. Tout se riait de toi, actuellement. Tu étais un clown dans un cirque, qui faisait éclater de rire, à chacun de ses pas, un public euphorique. Ta respiration devenait qu’un peu plus lourde et tu te laissais choir un instant contre les pierres humides, le regard dans le vague, rivé sur cette Agni, tandis que son corps lui, t’éclairait toujours d’une flamme douce, chaleureuse. Pourquoi fallait-il que ta plaie se rouvre maintenant ? Pourquoi fallait-il que ton don te fasse des siennes à présent ? Tu n’avais point le temps pour de pareilles sottises. Loki était quelque part, perdue dans ce labyrinthe, peut-être même en danger.

Tu te redressais, te mordant la lèvre, prenant la douleur pour toi. Il fallait que tu continues d’avancer, tu finirais bien par la retrouver, non ? Oui, tu la retrouverais c’est tout.

« Tu penses vraiment la retrouver dans un endroit pareil, Vael ? Sans indications ? Tu deviens bien prétentieux... »

Un mouvement gracieux de main, une mèche qui se remettait en place. Son rire aigu commençait à t’agacer dangereusement. Oh, qu’Agni t’en voulait, de l’utiliser d’une telle façon. Elle qui se voyait toujours comme une femme précieuse, de lumière, au-dessus du monde. Un caractère capricieux et hautain, que tu n’avais pas hésité à piétiner en la soumettant à ta volonté. En se jouant de son corps. Et maintenant, qui riait de tout cela ? Tu maudissais ton don pour cela. Tu ne pouvais renvoyer une âme une fois ramenée. Tu devais la supporter les prochaines vingt-quatre heures. Et Agni était probablement l’un de tes pantins les plus récalcitrants. Tu faisais fi de son attitude et de ses mots, progressant pas par pas dans la pénombre, avachi contre le mur pour ne pas perdre ta route, le sang gouttant de ta plaie. La petite tête ébène occupait la plupart de tes pensées. Que tu lui passerais un savon, une fois réunis. Tu en rêvais.

Frisson. Tu réprimais un long frisson le long de ton échine, te crispant. Le spectre d’Agni était venu entourer ton cou de ses bras, s’accrochant à toi, gloussant. Tu sentais son souffle près de ton oreille, son odeur. Et une fois encore, tu t’efforçais de ne point la voir. Ce n’est qu’une illusion, un mauvais tour de ton esprit.

« Ne joue pas les fortes têtes avec moi, Vael. Tu le sais, que cela ne fonctionne guère avec moi. Cet homme t’a-t-il donc si bien dompté ? ~ »

Tu tressaillais, tournant le visage vers l’ombre blanchâtre, une expression glaciale. Comment osait-elle… ?

« Ferme-la. »

Un petit jeu pour elle. Et un supplice pour toi. Comment avait-elle su tout cela, tu n’en saurais jamais rien. Muette comme une carpe. Seulement, elle n’en jouait que trop bien, de ces souvenirs.

« Tu perds de ta verve, Vael ! Ai-je donc raison ? Que t’a-t-il fait, pour que tu te démontes ainsi ? T’a-t-il uniquement dompté ? »

Son doigt frôlait ton cou, te faisant te décaler brusquement, manquant de chuter dans l’eau ternie. Ton corps réagissait pour toi, tremblant légèrement, tendu. Ton esprit peinait à suivre mais ton corps lui, avait déjà compris. Compris ce à quoi elle voulait t’amener. Tu inspirais longuement, serrant la mâchoire pour reprendre ton équilibre et prolonger ta marche.

« Lâche l’affaire Agni. »

Un rire mesquin en guise de réponse, sentant ses pupilles se plonger dans les tiennes, satisfaite.

« Et elle, cette fille ? Lui feras-tu la même chose qu’il t’a fait ? Reproduiras-tu son schéma ? Après tout… N’es-tu pas comme lui ? »

Un simple arrêt. Ton coeur manquait un battement alors que tu avais violemment dégagé ton bras en direction du visage du spectre, le souffle saccadé.

« Ne me compares pas à lui, Agni. »

Ta tonalité avait bien changée, froide et impassible. Sèche. Elle avait visé là il ne fallait pas et ta patience s’effritait.

« Oh que si, tu l’es ! Tu ne réagirais pas de la sorte sinon ! Alors, ta petite Loki, va-t-elle finir comme ce pauvre gosse que tu étais ou comme nous, tes chers pantins ? Elle n’est rien pour toi, après tout, non ? »

Colère, froide colère que tu tentais de réprimer du mieux que tu pouvais, vainement.

« Laisse Loki en dehors de ça. »

Un énième gloussement, te faisant définitivement perdre le nord. Tu venais de t’en prendre à ton pantin lui même, écrasant celui-ci sans aucune douceur contre le rebord de la rive, un craquement sourd se glissant hors de sa nuque.

« LAISSE LOKI EN DEHORS DE CA, TU AS COMPRIS, AGNI ?! »

Il était rare, que tu élèves la voix de la sorte. Il était rare, que tu maltraites aussi violemment une de tes servantes. Celle-ci s’était subitement tue, sentant probablement qu’elle venait de pousser la chansonnette trop loin. Et peut-être bien enragée de voir son corps si brutalement ménagé. Sans lumière, te voici face à face à toi-même, dans les ténèbres, sans la moindre voix passée pour te vriller l’esprit. Tu revenais à toi, constatant le nuque brisée de ton pantin et ton humeur. Encore agacé, tu saisissais celle-ci par les cheveux et la traînais derrière toi, te dirigeant à l’aveugle contre le mur, avec pour seul guide la rare lumière qui sortait des bouches. Tu retrouvais de la consistance au son de sa voix. Loki. Elle t’appelait. Tu prenais un temps à trouver la direction de celle-ci, sa voix étant écho parmi les échos.

C’est sans grande conviction que tu tentais un autre chemin, plissant des yeux dans l’ombre, aidé du peu de lumière qui s’offrait à toi. Tu ne lâchais pas la chevelure d’Agni, trop agacé pour porter ton pantin au lieu de l’abîmer comme tu faisais actuellement. Ce fut après quelques mésaventures et chutes, que tu finissais par retrouver sa voix et donc ta chère sœur. Tu distinguais à la va-vite sa silhouette, qui semblait te chercher. Tu toussais, l’estomac dans les pompes, la voix soufflée.

« Crétine, sur ta droite. Ça te prends souvent de gueuler comme ça… ? Mais merci, c’était plus simple pour te repérer. »

Tu tendais ta main libre, couverte de ton sang, souriant à la tête jais, quand bien même tu doutais qu’elle distingue ton visage avec cette luminosité.

« Par pitié, la prochaine fois que tu cherches un trou paumé pour fuir… Prends un endroit éclairé, d’accord ? Rentrons, pas que ce soit le luxe ici, mais tu vois… Mon vieux canapé miteux me manque déjà. »

Tu te fichais d’elle, riant, attendant qu’elle vienne à toi pour rebrousser chemin. Finalement, tu l’avais retrouvée. Peut-être que ta journée allait pouvoir se dérouler comme tu le voulais, enfin ?

Stop hiding in the shadows.

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Dernière édition par Vael Wahlberg le Mar 13 Juin - 21:46, édité 1 fois
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 :: Alentours :: La Forêt
Loki frissonna, elle commençait sérieusement à avoir froid, c'est pourquoi elle attrapa ses coudes de ses mains et frotta ses bras pour se procurer un semblant de chaleur. Elle n'eut pas de réponse claire et précise, mais les voix diffuses ne s'étaient pas arrêtées. Loki en compta deux : un timbre plus aigüe que la seconde, qui lui paraissait presque familière. Elle se frotta l'arête du nez de son index, et sursauta violemment lorsqu'une des deux voix se mit à crier. Cette fois, la Terrienne écarquilla les yeux et eut la conviction que Vael était quelque part ici, dans ces égouts à la noix. Il l'avait donc bel et bien suivie. Au moins, elle savait qu'elle devait continuer à chercher. Mais l'avait-il ne serait-ce qu'entendue, elle ? ça, elle en était moins certaine.
Face à elle, se séparaient trois chemins, en comptant qu'elle venait de celui derrière elle. Il y en avait un à sa droite, et celui qui continuait tout droit. De nouveau son nez se fronça. Loki avait horreur du hasard alors qu'elle vivait toujours dedans. Le hasard faisait bien les choses, disait-on. Elle voulait bien le voir ça, sa vie entière avait été poussée par le hasard, et aux dernières nouvelles il n'avait pas vraiment assuré dans son job. Il n'assurerait pas non plus aujourd'hui parce qu'elle l'avait décidé. Et si Loki était du genre à supplier, c'était pour amadouer et planter un couteau dans le dos quelques secondes après, parce qu'elle n'avait jamais supplié personne même dans les pires moments de son existence, pourquoi le ferait-elle aujourd'hui, qui plus pour est une création qui n'avait ni souffle, ni corps, ni esprit ? Non, elle allait faire son choix, et l'assumer. Loki continua tout droit, elle venait se s'énerver toute seule avec cette malheureuse histoire. M'enfin, parfois les voix dans sa tête se faisaient impénétrables. Toujours dans le noir, elle se guidait uniquement grâce à son ouïe et sa main contre le mur. Elle s'arrêta à un nouveau croisement, et se dit que, en fait, elle devrait peut-être arrêter de bouger, sinon elle n'allait jamais le retrouver... Bien Loki, tu te mets à réfléchir ? A la bonne heure ! ricana-t-elle intérieurement, mais sérieusement : elle était désespérée. Ses frissons ne s'étaient pas arrêtés, le froid rougissait sa peau et elle avait terriblement envie de revoir Vael. Tout ça, c'était sa faute, parce qu'elle n'avait pas réussi à faire face à ses cauchemars. Si elle n'avait pas été là Vael ne serait pas coincé dans des égouts. Oui, tout ça, c'était sa faute. C'est quoi ta vie Loki, vraiment, ça t'arrive de faire des choses sensées parfois ? Elle s'auto-engueula pendant de longues minutes et finit par se mettre d'accord sur une chose : il fallait qu'elle retrouve Vael. Et pour ça, elle ne devait surtout plus bouger, puis se mettra à crier comme pas possible pour qu'il sache qu'elle était là. Ce qu'elle fit, à s'en briser les cordes vocales. A croire qu'elle était plutôt bonne pour crier n'importe quelle connerie qui lui passait par la tête.

Miraculeusement, cette technique porta ses fruits, car des bruits de pas dans l'eau accompagnés d'une personne qu'elle connaissait bien surgirent de ce néant. Un très sympathique "crétine sur ta droite" la mena jusqu'au garçon, tout en faisant naître un sourire rassuré sur les lèvres de la jeune fille. Il était là ! Loki mit quelques secondes pour réussir à la visualiser correctement. Elle ne voyait que sa carrure, le reste demeura caché par l'ombre. Mais ça lui suffisait, elle n'avait pas besoin de plus. Elle ignora sa main tendue pour le prendre dans ses bras en passant ses bras autour de son cou, sans même voir le pantin qu'il traînait derrière lui.

- Je suis désolée, désolée, désolée. C'est juste que... Ils étaient tous... Ils étaient...

Elle prit soudain peur, et se demanda si les énoncer de la sorte ne risquait pas de les faire revenir. Ils en seraient capable.

- Tu n'aurais pas dû me suivre, changea-t-elle de sujet subitement, prenant d'un seul coup un ton très sérieux qui ne laissait pas la place à la contradiction.

Loki le laissa enfin respirer, et prit la main qu'il lui avait tendue pour avoir un contact qui émanait de la chaleur. Oui, elle tremblait encore. Elle ne pensa pas que le liquide pouvait être du sang, sur sa main, car elle ne le voyait pas, et en toute logique, cela ne pouvait être que de l'eau comme il était dans les égouts, au pire de la vase qu'il avait ramassé en tombant. Cela ne l'inquiéta donc absolument pas. De toute façon elle ne pensait plus qu'à une seule chose : sortir. Retrouver la lumière et le ciel, elle n'en pouvait plus de ce lieu si oppressant et froid. Elle le tira presque pour s'approcher du mur. Elle allait leur trouver une échelle et sortir par là, tant pis s'ils tombaient sur une rue bondée, ils n'auraient qu'à fuir, encore.
Un bruit sourd lui fit relever la tête. Elle eut la même tête qu'un chat cherchant à détecter sa proie, aux aguets. N'avait-elle pas une part de sauvagerie en elle, de toute façon ? Ce n'était pas comme si elle avait reçu une vraie éducation dans tout le bordel qu'étaient ces terres désolées. Son père (son vrai père) aurait pu être un hybride qu'elle ne l'aurait jamais su, aussi, donc peut-être avait-elle réellement des gênes d'animaux sauvages. Quoi qu'il en soit, elle scruta l'obscurité, en se disant que ce bruit si anodin n'était pas rassurant. Pas rassurant du tout. L'eau dans laquelle ses pieds étaient plongés devint plus rapide, le courant plus fort. Elle le sentit malgré ses chaussures trempées. Son inquiétude monta d'un cran. Et là, elle se rendit compte, et pensa enfin dans sa plus grande intelligence que madame était rentrée dans des égouts alors que l'eau pouvait la tuer à tout moment, parce que non, elle ne savait pas nager ! Elle déglutit, et serra la main de Vael dans la sienne.

- Je crois qu...

Et elle ne put finir sa phrase que le grognement s'amplifia, devint assourdissant, effroyable. Une vague d'eau sale surgit de ces sombres tunnels. A la première seconde où l'eau s'effondra sur-eux, Loki but la tasse. Une fois. Deux fois. Elle paniqua. Le courant était fort, elle était incontestablement emportée, elle avec son petit poids et son savoir inexistant en matière de mouvement à faire pour atteindre la surface et respirer. Ecartelée, elle lâcha la main de Vael et fit plusieurs mouvements désordonnés pour garder la tête hors de l'eau. Elle avait l'air d'un chien couplé à un ornithorynque, et sa tête avec ses cheveux mouillés qui lui collaient au visage, l'empêchant de voir d'ailleurs, laisser penser à un cheval avec une crinière un peu gênante. Effectivement, Loki était à coup sûr un animal sauvage.
Quand elle arrivait à sortir la tête de l'eau en toussant violemment, elle cherchait Vael. Sauf qu'il faisait trop sombre pour elle, et elle n'était absolument pas habituée à se prendre de l'eau dans les yeux d'une manière si brusque, elle n'était pas habituée non plus à être dans de l'eau où elle n'avait pas pieds. Elle fermait les yeux, et au même instant sa tête se retrouvait une nouvelle fois immergée avant qu'elle n'ait pu reprendre sa respiration. Elle suffoquait sous l'eau, ses tentatives pour retrouver l'air libre se soldaient une fois sur trois par un échec, elle avait l'impression que son coeur allait imploser. Elle avait perdu tout sens de l'orientation. Le haut devenait le bas, le bas devenait le haut, et elle ne savait plus où chercher l'oxygène, vers où aller. Ses gestes se faisaient plus lents, elle ne se débattait plus furieusement pour essayer de vivre. Elle ne claquait plus l'eau pour remonter. Ses yeux se fermaient, ses pensées se taisaient. Elle coulait. Dans son chemin vers l'inconscience, elle comprit que tous ses efforts avaient été vains, et qu'elle était déjà trop loin pour espérer réussir à s'en sortir. Si au moins elle avait su nager, si au moins... Si au moins quoi, hein ? Personne ne lui avait jamais appris, comment pouvait-elle apprendre cela par elle-même ? Comment aurait-elle pu savoir que c'était aussi dangereux d'aller dans les égouts ? Non, Loki, là, n'y était pour rien. Ce n'était que la conséquence de sa médiocre vie. Elle ne savait pas nager, point. Elle ne savait pas non plus respirer sous l'eau. Et quand ce précieux air manqua plus que ce qu'elle ne pouvait en supporter, la jeune femme se mit à sentir les prémices de l'inconscience. Ses muscles cessèrent par eux-mêmes, ses traits se détendirent. Loki abandonna, lâchement, peut-être. Mais elle estimait avoir combattu l'eau avec toutes les armes qu'elle avait en sa possession, c'est à dire aucune. Son corps fut traîné par les courants, alors qu'elle n'était définitivement plus consciente.
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 Et l'air de rien, on s'étouffe ~ [Vael]

 :: Alentours :: La Forêt

Possessive obsessions,
Selfish childish games.
Vengeful resentments,
Passing all the blame.
Living out a life of decadence.

Que dire face à cela ? Devais-tu la blâmer ? Devais-tu lui en retourner une ? Devais-tu lui hurler dessus et lui faire comprendre ton inquiétude du moment ? Non, rien de cela. Aussi agacé étais-tu, tu te laissais faire, sentant la chaleur de Loki contre toi. Tu ne savais guère comment te comporter face à ce genre de réaction. Tu tendais alors à lui tapoter affectueusement le dos, lui murmurant que cela n’était guère grave. Et qu’il vous allait rebrousser chemin. Tu restais de glace, dans le fond. Tu n’appréhendais point tes propres émotions. Aussi attaché étais-tu à elle, tu n’étais pas capable de ressentir autre chose que ce sentiment de l’avoir auprès de toi. Un objet, c’était là ce qu’elle était ? Agni avait-elle donc eu raison ? Tu ne savais plus. Tu ne pouvais croire que ta petite tête ébène était pour toi un simple trophée. Elle était bien plus. Tu avais tant fait pour elle. Tu n’aurais jamais fait autant pour un vulgaire pion, n’est-ce-pas ?

Tu secouais la tête, essayant d’éloigner tes sombres pensées et de te recentrer sur le moment présent. Il vous fallait partir. Ta blessure te lançait et ta conscience allait prendre le large avant même que vous soyez sorti de ce labyrinthe boueux. Le contact de sa main confirmait bel et bien qu’il était tant que tu reviennes dans le monde réel, que tu cesses de te tourmenter avec des pensées inutiles. Sans plus de mots, tu l’emportais à ta suite, traînant toujours le corps inanimé d’Agni. Tu t’en fichais, elle n’était qu’un pantin. Un pantin se répare, un pantin bouge même si son corps est détruit. Elle n’était qu’un objet parmi tant d’autres dans ta vaste collection. Alors qu’elle embrasse le sol crasseux ne te froissais pas plus que cela. Tu te laissais guider par Loki un court moment, celle-ci rasant les murs à la recherche d’échelles. Une bonne idée que tu approuvais, t’exprimant de temps à autres pour annoncer la direction.

Se déplacer dans cette pénombre était une véritable tôlée et sans ces rayons timides de l’Astre qui passaient par les bouches, jamais tu n’aurais pu guider ta sœur jusqu’ici. Seulement, celle-ci tiquait un bruit sourd avant toi. Tu ne réagissais pas sur le coup, tentant d’identifier le bruit. Sa provenance. De derrière vous. Tu ne le sentais pas et accélérais soudainement la cadence de vos pas, sentant l’air te manquer et voyant ta vue se faire trouble. Peu importe que tu te vides de ton sang, tu allais la sortir de là. Ferais-tu cela pour un pantin, Vael ? Qu’était-elle pour toi, Loki ?  Celle-ci te faisait part de son inquiétude avec quelques mots maladroits. Inquiétude que tu comprenais bien vite, sentant le courant sous vos pieds s’accélérer. Tu resserrais ton emprise sur sa main, la tenant fermement. Vous étiez dans les égouts. Et une seule chose pouvait faire que le courant s’agite autant et aussi soudainement. Une évacuation. Si c’était cela, il ne vous restait plus beaucoup de temps.

Temps. Sans même que tu comprennes, le bruit assourdissant de l’eau venait à toi. Vagues par vagues, claques après claques. Surpris, tu sentais la main de ta sœur s’éloigner, te faisant écarquiller les yeux. L’eau emplissait tes poumons et tu buvais clairement la tasse, emporté dans cette marée brutale. Tes membres se débattaient pour faire que tu gardes la tête hors de l’eau. Les idées encore en plus, tu ne cherchais guère à scander le prénom de ta sœur et plongeais dans l’eau ternie à sa recherche. Tu ne l’avais pas vu remonter, dans cette obscurité. Aucune forme, aucune geste. Elle ne pouvait qu’être dans l’eau, pour ta plus grande anxiété. Et si… Et si elle se noyait ? Tu ferais quoi ? La ramènerais-tu à la vie ? La laisserais-tu à la Faucheuse ? Tu ne sais guère. Non. Tu ne veux pas y penser. Tu fendais les courants de tes bras, crachant violemment ton propre sang qui se mélangeait dans les tourbillons d’eau, ta plaie ne supportant pas les efforts que te demandait le courant.

Tu ne pensais plus à ton pantin, que tu avais abandonné loin derrière. Tu ne pensais plus à ta blessure qui allait te tuer. Tu oubliais la douleur, l’air manquant. Les muscles tirés par l’effort. Seule elle comptait. Tu finissais par apercevoir sa silhouette inanimée, ballottée par les flots. Tu concentrais tes dernières forces dans une nage rapide, attrapant la tête jais par le bras avant d’entreprendre ton ascension vers la surface. L’oxygène te manquait. Tu refusais de mourir noyé. Pas sans l’avoir sortie de là, hein ? Quel preux chevalier pouvais-tu être pour elle. Tu ne savais guère où le courant allait vous emmener. Tu supposais dehors, probablement dans une jetée. Tu n’aurais jamais pu mieux parié, quand l’air remplissait de nouveau tes poumons, te causant une quinte de toux, aveuglé par la lumière. La fin du tunnel.

Tu devais agir. Un unique souffle et tu t’élançais, t’accrochant solidement au premier rebord que tu trouvais, posant le corps inerte de ta sœur avant de te hisser difficilement sur la surface plane, essoufflé. Ton souffle était saccadé et ton corps tremblait, mortifié par le froid et les efforts. Ton sang perlait doucement au sol, se mélangeant à l’eau. Pas le temps. Loki. Tu tapotais sa joue, sentant ton cœur battre la chamade.

« Loki ! Loki ! Réveilles-toi, bon sang ! Loki ! »

Tu continuais, l’inquiétude te faisant perdre ton calme. Inspire. Tu cessais ces gestes inutiles, voyant que cela ne te mènerais à rien, t’affairant sur un massage. Elle devait recracher toute l’eau. Et qui dit massage, dit premiers gestes de secours. Et un bouche à bouche. L’idée ne t’enchantais pas vraiment mais ton avis, tu t’en foutais. Tu appuyais fortement sur son thorax, afin de lui cracher l’eau qu’elle avait pu emmagasiner. Souffle. Sa respiration était presque absente. Tu apposais alors tes lèvres sur les siennes, lui donnant de ton oxygène. En vain.

« Allez, Loki, reviens espèce de crétine ! Tu ne vas me lâcher pour si peu, si ? »

Tentais-tu de te rassurer ? A quoi bon ?

« Loki, tiens le coup ! DU NERF ESPÈCE D’ANDOUILLE ! OUVRE LES YEUX ! »

Vael, que nous fais-tu ? Inquiet ? Combien de temps comptais-tu encore répéter le geste ? Pourquoi t’acharner ? Pourquoi, pour elle ? Pourquoi toi. Toi, qui ne respecte guère les vies. Pourquoi te débattre pour conserver celle-ci ? Y tiens-tu donc tant, à cette fille, Vael ? Voilà un bien drôle de mystère.

Acting without thought of consequence.

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 Et l'air de rien, on s'étouffe ~ [Vael]

 :: Alentours :: La Forêt
L'inconscience, ne serait-ce pas une forme de mort ? Peut-on témoigner de quelque chose, quand on est inconscient ? Notre corps est là, comme toujours, mais notre esprit ? Que ressent-on ? Sommes nous toujours aux commandes de notre enveloppe ? Il semblerait que non,  si Loki avait pu penser, en cet instant, elle se serait dit morte, ballottée par les courants qui la faisaient redescendre dans les Terres de l'Enfer, sur le bateau de Charon, à descendre le Styx. Le néant qui l'atteignait ne lui laissait aucune chance de survie, il la rendait plus lourde avec ses vêtements trempés, l'attrapait d'une prise sûre et l'enfonçait dans les ténèbres des eaux. L'inconscience ne serait pas une sorte de prémices de la mort alors ? Si pas vraiment la mort, une "avant-mort" ? Après tout, maintenant elle allait mourir, c'était sûr et certain, sans s'en rendre compte d'ailleurs, mais l'enfant qu'elle avait été avait capitulé depuis longtemps, et se savait condamné à tout jamais. N'était-ce pas là une belle mort ? Que pouvait-on désigner de "belle mort" en fait ? Pour Loki, c'était sans aucun doute une morte douce, sans douleur, une chute dans l'éternel oubli. C'était mourir sans vraiment s'en rendre compte, mourir sans être déchirée de toutes parts par d'irréparables blessures, sans torture qu'elle soit physique ou psychologique. Certains parlaient du grand sacrifice, de donner sa vie pour un autre. Ceux qui pensaient ça, n'avaient jamais connu le déchirement intérieure d'être brûlé au fer, fouetté et coupé. Comment supporter autant de douleur juste pour un seul être ? Loki se fit la réflexion égoïste que non, mourir pour quelqu'un ce n'était absolument pas une belle mort. Mais au fond, et sans le savoir, dans le feu de l'action elle l'aurait fait pour Vael. Elle ferait tout pour Vael, n'est-ce pas ? Lui prendre ses cauchemars, tous ses cauchemars, sa douleur aussi. Elle ne se rendait juste pas compte que sa dévotion pour lui allait si loin. Son subconscient si, oh que oui il le savait.

Quelque chose la tira. Ce n'était pas agréable. Loki n'arrivait pas à respirer, ni même ouvrir les yeux. Elle était faible, si faible... Et pourtant, on voulait qu'elle se réveille. Se réveiller de où ? Et pourquoi la voix qu'elle entendait, elle savait la connaître mais était incapable de poser un prénom ou une signification dessus ? Du poids sur elle. Il paraissait si réel, alors que c'était impossible. Tout lui venait de loin, de très loin, comme étouffé par des murs, comme si c'était un rêve, un monde orinique qui n'existait pas vraiment, mais dont les fibres venaient la caresser pour qu'elle doute. Qu'elle doute de quoi, au juste ? Loki était perdue dans une espace confiné de son être, entre le trépas et la conscience. Elle sentait les brumes de la mort s'éloigner justement, alors que la conscience reprenait dessus. Bientôt elle entendit, elle ressentit aussi. Le poids sur ses côtes, l'air qui rentra de ses poumons par force à partir des lèvres qui s'étaient posées sur les siennes. Les... Les lèvres sur les siennes ?

Loki eut un hoquet. Son corps s'ébranla brusquement, et une violente douleur lui tordit le ventre. Instinctivement, elle se retourna grâce aux dernières forces qui lui restaient, ce qui lui permit de vomir les gerbes d'eau qu'elle avait avalé, tout en étant prise de spasmes incontrôlables. Sa tête lui tournait, elle avait de l'eau plein les oreilles et elle avait horriblement mal au ventre. Ses vomissements avaient pour effet de vider toute l'eau qu'elle avait pu avaler, douloureusement. Ces dernières réactions de son corps achevèrent la petite Loki en lui subtilisant ses dernières forces. Ses spasmes furent remplacés une nouvelle fois par les tremblements. Elle demeura sur le côté, à subir d'affreux haut-le-coeur, les yeux dans la vide. Sa respiration, hachée, se soldait par des toussotements. Finalement, la noyée cracha dans l'herbe pour faire partir le goût de l'eau et elle resta assise, sa tête tournant horriblement. Des points noirs dansaient encore devant ses yeux, comme de petits cauchemars parasites.
Loki ne pensait pas, elle ne se dit pas "je suis vivante" elle était si... vide. Que devait-elle faire ..? Comment ? Elle se tourna pour regarder son environnement, et tomba nez à nez sur Vael, qui ne détachait pas son regard d'elle. Il était trempé, les cheveux collés à son crâne et il tremblait, lui aussi. Elle voulait qu'il la prenne dans ses bras, la berce, et dormir. Elle voulait dormir, dans ses bras, contre sa chaleur, comme une enfant. Et tout oublier. Prise d'une inspiration soudaine, la jeune fille passa sa main trempée sur la joue du garçon, doucement, la caressa du bout du pouce, puis retira les mèches noirs qui le tombaient sur le visage. Avec ses dernières forces elle se releva un peu pour être à sa hauteur et déposa ses lèvres sur les siennes, pour l'embrasser avec tout autant de douceur. Une façon bien à elle de le remercier ou alors de lui dire plus ? Même Loki, dans son état actuel, n'était pas capable de fournir une explication, sauf peut-être la fatigue. Elle l'avait fait, et s'en se l'avouer, elle ne le regrettait pas.
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 :: Alentours :: La Forêt

I'm the apocalypse,
With a fat lip.
I never did and I still don't give a shit.
You swore I'd never last,
I got news for you.
This ain't my last dance.

Lumière. Les rayons dansant de l’Astre vous avaient atteint. Sur cette berge, isolée, loin de tout. Sur cette sortie, après une grande aventure. Ah, grande aventure. Tu ne pouvais guère mieux qualifier cela. Qui aurait cru qu’un beau jour, une fois dans ta vie, tu te trouverais dans un tel endroit, à échapper d’une noyade de justesse ? Tu avais perdu l’un de tes pantins. Cela aurait pu te chagriner si tu l’avais trouvée un tant soit peu utile. Non, rien de tout cela. Elle t’agaçait. Tu la gardais juste pour le plaisir de lui rendre les nuits de sommeil qu’elle te prenait. Une cercle vicieux. Ne te sentais-tu pas libéré de ce poids ? Non, pas réellement. Tes pensées étaient bien ailleurs, à l’instant même. Fluctuant au gré des rayons de l’Astre. Tes corps était tendu, mortifié par la sensation de froid que créait le vent sur ta peau, soufflant l’eau qui l’en recouvrait. Tu en oubliais l’égouttement singulier de ton propre sang. Ailleurs. Tu planais.

Tu ne comprenais guère ce qui te tombait dessus. Tu avais essayé de la sauver. Tu avais fait tout le nécessaire pour qu’elle ouvre les yeux. Elle était là, face à toi, inerte mais consciente. Un fantôme incapable de parole. Tes pupilles rougeâtres ne l’avaient point quittée, si bien que ce rapprochement soudain, ton esprit ne le notait pas encore. Ce fût ce contact, inattendu, qui se chargea de te mettre la mécanique de ton esprit en marche. Un court moment. Venait-elle de sceller tes lèvres des siennes ? Venais-tu de la sauver ? Tu en zappais les minutes qui avaient précédées ce baiser inopiné, clignant uniquement des yeux. Bloqué dans ton monde. Tu restais là, figé, sans comprendre pourquoi Loki faisait cela. Pourquoi ce baiser ? Pourquoi… ? Pourquoi faire cela ? Était-ce logique ? Quel était le message ? Tu en comprenais pas. Non, tu ne concevais pas. On embrasse une personne quand on l’aime, croyais-tu ? Un baiser est un signe d’amour ? Une chose du genre ?

Ton esprit cherchait, cherchait et cherchait encore une explication. Poursuivait une question sans réponse. Un concept non-acquis chez toi. Les émotions. Si tu étais capable de les comprendre par mimétisme et de les imiter voire de jouer avec celle d’autrui… Appliquée à ton âme, cela devenait une autre histoire. Tu ne pouvais être sincère, ne serait-ce que réellement dans les terme « d’amour ». Revenait cette question qui te taraudait plutôt. Qu’était-elle pour toi ? Forces-toi, Vael. Qu’est-elle pour toi, cette tête ébène ? Crois-tu qu’elle n’attends rien derrière ce geste ? Penses-tu que le trop plein d’oxygène lui ait fait sauter les connexions nerveuses. C’était là le raisonnement le plus logique pour toi. Oui, elle avait inspiré trop d’oxygène et devait déconner un peu. Pas moyen autrement. Pas moyen… Chercherais-tu à contourner la question ? A fuir la réponse ?

Si tu la trouvais néanmoins. Tu ne savais plus. Tu n’avais jamais su, toi, être qui se fichait éperdument des émotions. Qui les écrasait pour son bon plaisir. Non, cela, ce n’est pas pour toi. Tu t’étais fait à l’idée il y a des années. Que tu ne pourrais jamais être sincère une seule fois. Même avec elle. Après tout, n’étais-tu pas lié à tes pantins ? Ne répondaient-ils pas à ces questions mieux que toi ? Une belle fuite, macabre fuite, mais c’était là tout ce que ton esprit avait pu trouvé, une fois brisé. Tu voulais qu’elle soit en dehors de cela. Une façon inconsciente de l’éloigner de ton noir monde. N’est-ce pas là ton unique preuve d’amour pour elle ? Bon sang, tu n’en sais vraiment rien, hein ? Tu te décalais doucement d’elle, détournant le visage, muré dans le silence. Tu voulais rentrer. T’isoler, hurler ces choses que tu ne comprends pas. Effacer ce drôle de sentiment qui t’envahissait.

Quand bien même ton visage restait aussi stoïque qu’à son habitude, tu en perdais tes moyens et tes mots. Trop emporté par toutes ces questions. Trop perturbé par ce sentiment. Ce cœur qui est tien, qui bats la chamade. Cette chaleur soudaine. Qu’est-ce que c’était ? C’était tout ce que tu voulais comprendre. Tu te redressais, le corps encore tremblant, tendant une main à Loki, ton autre main pressant ta plaie.

« Content de voir que tu vis. »

Tu peinais à mimer ton sourire habituel, n’offrant qu’un visage placide, perturbé. Emporté dans les flots de son questionnement intérieur.

« Nous devrions rentrer. C’était là une sacrée aventure. »

Tu prenais les devants, gardant une main libre pour elle, si elle le souhaitait. Tu ne savais que dire de plus, de moins. Ce baiser était vite passé en second plan, pensais-tu. Non, il restait là, à te travailler. A soulever l’interdit. A faire agiter ta conscience et ses cadavres émotionnels qu’elle gardait précieusement. Là, à te trotter dans le crâne, te demandant pourquoi tu ne lui avais pas rendu. Là, à te scander que tu l’aimes, cette fille. Là, à te dire d’ouvrir les yeux et de te bouger les cul pour comprendre ton propre tourment émotionnel. Non. Tu fermais juste la porte de ton esprit, trop épuisé physiquement pour t’octroyer le droit de te retourner le crâne avec des sentiments. Tu y repenseras plus tard, dans quelques heures, quand ta conscience t’auras lâché et que tu auras tourné de l’oeil pour anémie. Un bon moment pour y penser, oui.

I wrote the fucking book with no consensus.

©endlesslove.
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 Et l'air de rien, on s'étouffe ~ [Vael]

 :: Alentours :: La Forêt
Vael avait séparé lentement ses lèvres de celles de la petite Loki. ça tournait plus vraiment rond dans sa tête, elle s'apprêta à dire quelque chose en retour, mais ses pensées lui échappèrent et elle l'oublia. La jeune femme referma sa bouche entre ouverte en un "clac" de ses dents. Ainsi elle avait vraiment fait ce qu'il lui semblait avoir fait ? Ou bien c'était un mirage ..? Pff, Loki était épuisée, autant par les cauchemars que par sa noyade, elle ne demandait plus que du repos. Vael ne dit rien, ne fit aucun commentaire, il s'était contenté de tourner doucement la tête. Devaient-ils en parler ..? Dans les brumes de sa fatigue, Loki parvint à se demander : "est-ce une bonne chose ? ". Est-ce une bonne chose de mettre un tel sujet sur la table ? Qu'apporterait-il, à part des embrouilles ? Les sujets importants ne ramenaient que très rarement le bonheur, ce n'était pas nouveau. Elle ne savait pas ce qui lui avait pris, elle constatait par la même occasion que la garçon n'avait pas été très enchanté par ses gestes. Qu'est-ce qu'elle imaginait aussi ? J'imagine rien du tout ! rétorqua-t-elle intérieurement. Même penser je le fais pas, c'est pour dire ! ajouta-t-elle. Sa respiration avait repris un rythme presque normal bien qu'elle soit toujours un peu perturbée par sa semi-noyade. Ses vêtements lui collaient à la peau, c'était très désagréable, elle aurait adoré les enlever, là maintenant tout de suite. Mais Vael... Fallait pas pousser le bouchon trop loin, comme on dit. Loki se rallongea dans l'herbe, les bras en croix et regarda le garçon qui lui, s'était levé et un peu éloigné. Elle retourna dans ses pensées, et ses yeux dévièrent vers le ciel. Elle n'avait pas vu la main tendue du garçon, qu'elle ignora donc sans s'en rendre compte. ça commençait à devenir une habitude, tiens. Comment devait-elle agir ? De nouveau, elle décida de faire comme si de rien n'était. Elle allait ignorer tout ça, ne pas se prendre la tête, ne pas s'en donner des migraines - elle en avait suffisamment grâce à son don, merci bien - et c'était tout. Vael en parlerait s'il le voulait, pas elle.
Néanmoins, Loki comprit, dans un coin de son cerveau, qu'elle devait se lever. Cette pensée lui arracha un soupir de désespoir. En était-elle capable de ça ? Juste... se lever. Aller, tenir sur ses deux jambes c'était ce qu'on lui avait appris lorsqu'elle avait deux ans, elle devrait bien être capable de ça, non ? Pas sûr sûr. Tremblante de faiblesse et de froid elle se mit sur le ventre, plaqua ses paumes dans l'herbe et s'en aida pour se remettre debout, sans aucun grâce ni délicatesse, c'était pas trop trop le truc de Loki ça. Sa délicatesse cachée, et sa tendresse, elle ne la montrait qu'avec Vael, sinon elle restait fidèle à elle-même ; enfant des basses rues. Une fois debout, le sang qui remonta à son cerveau lui provoqua plusieurs vertiges qu'elle combattit en faisant quelques pas maladroits alors que les points noirs avaient pris toute l'aire de sa vision. Bien pitoyable, la petite Terrienne. C'est à ce moment que ses yeux montrèrent leur surprise, son nez se fronça. Vael, en exprimant son désir de rentrer, avait pressée sa main sur son torse et l'autre était retombée contre lui. C'est en s'approchant qu'elle vit le sang maculant sa peau grise. Les devants de mère poule que cachaient Loki remplacèrent son actuelle posture, et elle s'avança, peu rassurée, sur ses deux jambes vers lui.

- Vael ? Tu saignes ? demanda-t-elle, pour avoir quand même confirmation.

C'est en arrivant devant lui, qu'elle eut la confirmation de ce qu'elle avançait. Ainsi Vael saignait... ET POURQUOI PERSONNE LA METTAIT JAMAIS AU COURANT DE RIEN HEIN ? Une bouffée de colère teinta ses joues de rouge, elle se calma rapidement. Rester calme Loki, rester calme, ne pas s'énerver, tu tueras celui qui lui a fait ça plus tard, d'accord ? Elle eut un sourire carnassier à cette pensée, puis son visage reprit un air calme quoi qu'inquiet. Sérieusement, dans quoi il s'était fourré encore ? Et pourquoi il ne lui en avait pas parlé ? Pour ne pas l'inquiéter ? Bien bien, parce qu'elle n'était pas du tout inquiète là ! Pas du tout ! Non mais à quoi il pensait ?! Son emportement fondit une nouvelle fois, en se disant que, une nouvelle fois encore, c'était peut-être de sa faute. En fait, il aurait très bien pu se faire ça dans les égouts, et dans ce cas là, elle était la source de cette blessure, et c'était elle qui en était la cause, qui l'avait provoquée. Ses lèvres se pincèrent, ses sourcils se froncèrent et le pli qu'ils prirent dévoilèrent son inquiétude et sa culpabilité. Ainsi donc, elle l'aurait blessé en allant dedans ? Non non, ce n'était pas possible, elle ne pouvait pas avoir merdé à ce point, ses cauchemars ne pouvaient pas avoir autant d'impact sur sa réalité ..! Pourtant si, indéniablement, sa blessure en était la preuve.
Loki s'approcha, fébrile pour différentes raisons. Elle ne voulut pas approcher sa main du sang, par peur de lui faire encore plus mal. Quels maux pouvait-elle faire tomber sur leur maison. J'ai hâte de voir ce nouveau don, et quelles saletés je peux ramener rien qu'avec ma présence ! La vision de Loki par rapport à elle-même ne montait pas très haut, c'est vrai.

- Tu t'es fait ça dans les égouts ..? C'est ma faute ? osa-t-elle sortir, d'une toute petite voix.
Terrien

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 :: Alentours :: La Forêt

Voices echoing in my head.
These thoughts aren't mine.
Ignore them,
I'm over it.

Tu n’avais daigné la lorgner. Poser tes pupilles écarlates sur elle. Tu n’avais daigné dire un mot, faire un geste, un signe, qui pouvait répondre aux interrogations qu’elle devait se poser. Non. Tu ne pouvais y répondre, toi qui ne comprenais pas encore le sens de ce geste si dérisoire. Tu mettais alors de côté, préférant te concentrer sur l’essentiel. Rentrer chez vous, te recoudre et… Et après ? Tu n’en savais rien, une fois encore. Peut-être irais-tu terminer ta dernière marionnette ? Peut-être irais-tu relâcher tes démons dans les basses rues de la ville ? Peut-être que… Tu soufflais, poussant tes pensées d’un revers de la main. A peine avais-tu entamé ta marche que tu sentais le regard de Loki te couler dessus. Te détailler. Et tu devinais qu’elle l’avait vue, ta plaie. Tu savais déjà la réaction qui allait suivre. Tu allais salement te faire savonner. Ta petite ébène avait ce don de passer d’un extrême à un autre, tout comme toi qui vendait un masque pour un autre.

Tu t’efforçais, de ne pas la toiser. De ne pas détourner le visage à sa question. Tu le sentais, dans sa voix, son inquiétude. Tu le sentais, qu’elle devait se faire milles et un scénarii quant à ta blessure. Tu sentais son anxiété se poser sur tes deux épaules, lourde, solide, présente. Tu tournais finalement, la tête, posant tes prunelles rubescente sur ta sœur, le visage encore placide bien que rongé par le trouble. Tu ne savais plus, comment tu te devais de la voir. Comment tu devais être face à elle. Tes questionnements te tiraient vers le bas, dans les abysses de ton esprit, une épaisse chaîne avec un boulet de plomb accroché à ta cheville. Tu ne pouvais lutter contre ce poids qui t’entraînait avec lui dans les profondeurs de ton mental. Méandres que tu voulais ignorer mais étais incapable de le faire.

Tu conservais ton regard posé sur elle, enfermé dans un écrin de silence, sachant éperdument qu’elle n’avait pas fini de s’inquiéter. Tu supposais bien que cette inquiétude allait disparaître pour une courte colère où elle te reprocherait de rien lui dire. Cette plaie était mineure, tu considérais que tu n’avais pas à lui dire cela. Tu considérais que… Tu n’avais pas de comptes à lui rendre. Tu vivais ta vie, tu assumais tes causes. Tant que elle, elle allait bien, c’était une des choses qui t’importais. Tu fus néanmoins surpris quand celle-ci commençait à se blâmer d’être la cause de cette plaie. Tu avais légèrement relevé un sourcil, perturbé. Pourquoi se mettait-elle en tête de telle bêtises ? Et quand bien même c’était le cas, tu étais le seul fautif. Manque de prudence. Tu réprimais un soupir à cette voix qui se blâmait tant déjà. Tu te contentais d’inspirer, ébouriffant la petite tête jais, arborant un sourire discret.

« Tu t’en fais encore trop, Loki. Tu en fais encore des montagnes. Non, ce n’est pas ta faute. Une simple balade et j’ai mal calculé, c’est tout. Rien de grave, deux-trois points et on en parle plus. Ne va pas t’imaginer de telle bêtises, ça ne te ressemble pas. »

Tu haussais les épaules, reprenant la marche, l’invitant à te suivre. Tu en avais marre de perdre du temps. Tu t’expliquerais chez vous, quand tu auras de quoi te soigner. Le temps avait tracé sa route, le vent éparpillé la cime des arbres et les nuages repris leur danse. Le ciel se faisait clair et la température fraîche. Tu n’avais plus envie de t’enfermer. Plutôt de profiter une fois ta plaie traitée.

Vous aviez fini par atteindre votre demeure et sans un mot tu avais filé dans la salle de bain pour gérer ta plaie. Et revenais dans le hall d’entrée, t’affalant contre une table, le ventre à l’air, le matériel posé sur la table. Tu n’avais plus qu’à nettoyer, désinfecter et tu allais pouvoir te recoudre en paix. Tu faisais cela calmement, grimaçant de temps à autres à la douleur, coinçant le fils entre tes lèvres, toisant Loki.

« Tu vois, ce n’est rien. Une plaie mineure. Recousue et magie, il n’y a plus. »

Tu riais légèrement, te sentant de nouveau détendu, oubliant un court moment ce boulet qui te traînait dans les profondeurs de ton esprit. Oubliant la douleur d’une aiguille te transperçant la peau. Tu soufflais momentanément, te passant la main sur le front, pensif. Tu avais besoin de bouger, bouger pour tenir ce boulet loin de toi. Bouger pour enterrer toute cette agitation dans ta caboche. Bouger pour tuer le problème.

« Et toi, comment te sens-tu ? Ton corps a repris ses droits ? Tu peux te reposer, si besoin. Je comptais… M’occuper un peu. Trouver une chose à faire, un machin que je n’aurais jamais fait. Je n’ai pas envie de passer ma journée muré dans la piaule. Un truc… Extravaguant. Ça serait le meilleur. »

Tu lâchais ces quelques mots, pensif et rêveur, un sourire enfantin aux lèvres. Oui, pour enterrer le problème, tu mettais la dose. Et qui disait dose, disait action, activité. Tu ne tenais jamais en place et ton côté insouciant revenait joyeusement sur le tas, paré à la moindre bêtise. A la moindre folie. Une folie exploratrice et non meurtrière comme à ton habitude. Une autre folie, oui, qui écartait tes démons. Tu te redressais, ta plaie de nouveau suturée et bandée, rangeant soigneusement ton matériel d’une traite et nettoyant tout aussi vite le barda que tu avais causé. Tu te tournais une dernière fois vers Loki, souriant, gamin.

« Si tu veux venir et que surtout, si tu as une idée, je suis tout ouïe ! »

How do I say no ?

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 Et l'air de rien, on s'étouffe ~ [Vael]

 :: Alentours :: La Forêt
Vael répondit prestement, et reprit sa marche sans même attendre la petite Loki. Ses sourcils gardèrent leur trait inquiet et elle finit par le suivre. Elle vérifiait souvent s'il allait bien, s'il n'allait pas chanceler sur ses deux jambes puis s'écrouler. Car il pouvait dire ce qu'il voulait, Loki ne lui faisait pas confiance. ça ne l'étonnerait même pas qu'il minimise sa situation, après tout il ne lui avait rien dit jusque là, et elle n'avait d'ailleurs pas remarqué, non plus. Donc de là à le croire sur parole... Elle préférait vérifier par elle-même, être sûre de ce qu'il avancé. Or, il avait gardé sa main sur sa plaie, l'occultant de la petit terrienne.
Bon, elle décida de ne pas l'embêter plus longtemps, et de ne pas appuyer sur ce sujet qu'il ne semblait pas vouloir développer. Elle était d'ailleurs déjà passée à autre chose. Son erreur de l'embrasser était relégué aux oubliettes, son esprit ayant divagué bien plus long. Effectivement, embourbée dans sa fatigue, son cerveau tournait à vide maintenant. Elle avait abandonné toutes réflexions, trop lasse pour les continuer. Les seules choses qui l'atteignaient encore étaient "j'ai froid" et "je veux mon lit" ce qui, pour le moment n'avait pas trop de solutions. Elle suivait Vael, dans son dos, sans trop s'approcher. Loki ne réfléchissait même pas à avancer, c'était un automatisme qu'elle avait pris, tout comme respirer, gardant le dos du garçon comme point de repère, comme route à suivre. Sinon... Sa tête était baissée vers l'herbe, et elle se souvint soudainement qu'elle était pieds nus. Pis elle avait froid aussi... La jeune fille ne fit rien du tout pour calmer ses tremblements, non, elle était juste... ailleurs. De nouveau perdu dans son second monde ténébreux mais pourtant si calme et salvateur. Vael aurait pu lui parler, qu'elle n'aurait pas réagi. Elle n'entendait rien, voyait à peine, ses sensations venaient avec retard, ses pensées tournaient au ralenti. Le voyage aurait pu durer dix ans et dix minutes que tout aurait été la même chose pour elle. Ils arrivèrent après un temps indéterminé pour elle et, dans son brouillard, elle ne le remarqua que lorsqu'elle eut à monter la marche pour rentrer dans la maison. La petite cligna des yeux, sans expression particulière sur le visage et entra.
Loki s'anima un peu une fois ses pieds posés sur le plancher de leur maison. Le foutoir habituel les accueillirent, et maintenant de nouveau maîtresse de ses sens, elle se rendit compte de sa faiblesse. Sa nuit avait été courte, comme toujours, ses gestes désespérés pour se sortir de l'eau et la course dans la forêt l'avaient épuisée. Elle ne savait même pas comment elle tenait sur ses jambes, en fait. Elle ne voulait pas savoir en fait. Dès que Vael se posa sur la table pour se soigner, elle s'assit dans le canapé, ses yeux se fermant d'eux-mêmes. Elle luttait pour rester avec lui, vaguement voir ce qu'il y faisait et sa blessure. Le jeune homme avait été cherché les désinfectants, compresses, bandages, fil et l'aiguille qui allait avec pour se recoudre. De nouveau son visage ne dévoila aucune de ses pensées, bien qu'elle soit là, pas totalement absente comme dans la forêt. Que voulez-vous ? Elle ne sortait jamais totalement de son monde secret, ce n'était pas nouveau. La différence là, était qu'en réalité, ses idées fusaient et elle n'avait pas le temps de trop les enregistrer ou même de les étudier. Pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? Etait-ce vraiment une balade en forêt "mal calculée" ? La prenait-il donc à ce point pour une arriérée ? Elle savait très bien qu'il était, si pas agile, au moins adroit et qu'il ne se ferait pas ça dans une forêt. Ou alors un animal sauvage ? Il y avait des sangliers dans cette forêt ou des ours ? Si ç'avait été un sanglier, il se serait fait transpercer de part en part donc... le mystère restait entier. Ses lèvres se pincèrent, et elle changea totalement de rêverie, imaginant son lit en haut, doux et confortable qu'elle aurait bien envie de rejoindre.
Vael lui adressa la parole. Ne s'y attendant pas, elle arqua un sourcil, le dévisagea et haussa les épaules, sans rien ajouter. Il ria, pas elle. Loki se leva lorsqu'il énonça à haute voix ce qu'elle voulait faire depuis quelques minutes déjà. Chose qu'elle confirma toute seule

- Je vais aller... me reposer un peu, et me laver aussi, fit-elle en tirant sur le bas de son débardeur qui lui collait un peu trop à la peau et son goût.

Loki s'avança vers les escaliers, posa sa main sur la rampe après s'être arrêtée et tournée vers Vael.

- Si tu m'attends, j'ai peut-être une idée.

Sur ces mots, elle monta, sans attendre l'assentiment du terrien, dans la salle de bain pour se doucher. Une fois propre, elle regagna sa chambre, toujours aussi silencieuse, se roula en boule dans ses draps et pria pour bénéficier d'un sommeil un minimum réparateur, chose qu'on ne lui offrait que très rarement.

*****

Il était aux environs des treize heures lorsque Loki tomba de son lit. Littéralement. Il y eut un "boum" et elle se réveilla brusquement, le nez sur le plancher. Elle avait trop bougé, encore. Son drap reposait à côté d'elle. La jeune femme se leva en se frottant les yeux, laissa le tissu sur le sol et descendit après avoir mis ses chaussures. Elle n'avait pas oublié ce qu'elle avait dit à Vael tout à l'heure. Mais là tout de suite maintenant : elle avait faim. Et apparemment, il n'était pas là. C'était très calme dans la maison, surtout avec Loki qui avait l'habitude de ne faire aucun bruit. Elle descendit, s'assit à la table de la cuisine en prenant les restes de pain qu'il y avait, tout en les badigeonnant de confiture d'abricot qu'elle avait chipé au marché (et cette fois sans se faire remarquer). Tout en mangeant, elle chercha encore celui qui était le "propriétaire de la maison" et vint à la conclusion qu'il n'était pas là.
Il rentra plus tard, quand la baguette fut entièrement finie. Sans perdre de temps, elle lança son idée. Loki ne savait même pas s'il l'avait vue ou s'il écoutait ce qu'elle disait.

- On peut faire du cheval, si tu veux un truc nouveau.
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 Et l'air de rien, on s'étouffe ~ [Vael]

 :: Alentours :: La Forêt

It's the demons I've created for myself.
The tragic truth.
It's hard for me to understand myself.
So it has to be hard as hell for you.

Au mot. Elle t’avait pris au mot et sans un mot ; justement, avait disparue. Tu restais planté là, une moue surprise avant de souffler longuement. Toi qui voulait te laver, elle t’avait grillé la place et tu allais devoir attendre. Tu tournais dès lors en rond dans le hall, organisant ton mental, te questionnant sur ce que tu allais faire. Tu avais du temps à tuer. Reprendre le soin de ton nouveau pantin ? Tout comme. Tu patientais que la salle de bain se libère pour t’y rendre, ne supportant d’être trempé ainsi après cette petite balade dans les eaux boueuses des égouts de ce Paradis artificiel. Tu pensais surtout à ta plaie, aux risques d’infection. Tu ne pouvais te permettre de jouer avec le feu de cette manière. Le bruit finissait par se mourir, te laissant deviner que ta petite tête ébène était parti trouver le sommeil. Tu allais donc l’attendre, faire quelques trucs le temps qu’elle soit en forme.

Dormir… Tu aimerais avoir ce luxe. Toi qui craint le sommeil. Toi qui ne peut fermer les yeux sans être assailli d’une violente terreur. Tu n’avais jamais réellement dormi depuis ce jour. Une crainte de fermer les yeux, de ne plus rien contrôler. Toi qui contrôles tout. Toi qui calcules tout. L’inconscience, le manque de contrôle, ne pas savoir ce que tu peux faire, ou vivre. Subir. Tu hais tout cela. Dormir. Une crainte. Peu commune. Comment tenais-tu ? Toi-même tu cherchais encore. Parfois de drôles de cachets, parfois un ou deux pantins pour combler le manque. Tu soufflais, filant à ton tour sous la douche, te perdant longuement dans ton monde. La facture en eau allait te revenir chère, tu le savais. Tu en riais, te passant la main sur le visage. Le sommeil. Tu aimerais expérimenter de nouveau cela un jour. Tes pensées revenaient à toi et ces problématiques aussi.

Ce baiser. Ce sentiment. Cette question épineuse. L’eau glacial n’aidait en rien à les faire partir. Elle les fixait solidement à ta psyché, te torturant qu’un peu plus. Vraiment, tu n’avais eu d’yeux que pour ces marionnettes, ces êtres décharnés, sans âmes. Sans volonté. Pouvais-tu être… Non, tu n’en savais rien. Les gouttes glissaient le long de ton corps et tu lorgnais cette plaie, dont tu avais pris tant soin auparavant. Elle allait t’en vouloir, non ? De ne rien lui dire. Pourquoi… Les gens sont-ils si compliqués ? Tu ne les comprenais guère, toutes ces âmes. Même cette « soeur », tu peinais encore à la cerner. A savoir que faire. Comment agir. Alors tu te laissais porter, enfilais un masque et continuais ton éternelle mascarade. Jusqu’à ce que tu trouves. Jusqu’à ce que tu conçoives. Tout cela. Tu sortais et en une traite tu fus habillé et délaissais votre maison pour ta crypte. Tes pantins te manquaient déjà ? Impatient de terminer ton traitement ? Quelque peu.

Ici, le temps passait à une vitesse folle et tu avais aperçu l’Astre monter dans les cieux peu à peu, t’indiquant que la journée avançait. Tu avais pu faire ce que tu avais prévu et tu lorgnais, satisfait, cette nouvelle poupée qui prenait place auprès des autres. Vraiment, son grain de peau te laissait sans voix. Une pureté. Tu soupirais, rêveur, invitant un nouveau pantin à te suivre hors de ton autre chez-toi. A te suivre jusqu’à elle. Tu espérais qu’elle était levée. Sinon tu partirais sans elle, tout simplement. Tu avais besoin de bouger. Les produits t’avaient légèrement vrillé le crâne et un un grand bol d’air s’imposait. Tu la trouvais finalement là, à déjeuner. Tu en riais silencieusement, attendant qu’elle cerne ta présence et qu’elle ouvre le dialogue. Tu n’avais pas spécialement faim, toi. Sans attendre, elle prenait la parole à peine remarqué. Du… Cheval ?

Tu levais un sourcil, surpris, clignant des yeux. Tu n’en avais jamais fait. Tu ne savais même pas comment en monter un, ni ce genre de choses. De cheval, tu ne connaissais que ce que les bouquins t’avaient appris. Tu affichais un large sourire, plutôt d’accord avec l’idée.

« Ce n’est pas si mal, ça ! Je n’ai jamais touché à ces bestioles de toute ma vie. Si tu me proposes, c’est que tu sais gérer ça, non, Loki ? Où as-tu appris ? »

Tu étais curieux. Toi, qui avait passé ta vie cloîtré, tu n’avais jamais eu l’occasion de poser ton postérieur sur une selle. C’était là tout nouveau, vraiment. Et cela te plaisait, grand curieux que tu étais. Seulement un autre point te taraudait.

« Où… Va-t-on trouver des chevaux ? »

Tu riais, railleur. L’idée est bonne, mais sans l’objet principal, ici les dadas, comment comptiez-vous en faire ? Tu ouvrais la porte, sortant, invitant la tête jais à te suivre dehors, le regard perdu dans la cime des arbres.

« On pourrait en voler mais je doute que ce soit aussi discret que la dernière fois... »

Tu lui tirais la langue, lui rappelant de façon taquine, sa bourde avec les oranges et l’agitation qui en avait découlé. Un second rire, plus bref, se frayait un chemin hors de tes lèvres, tes prunelles rubescentes ne lâchant guère les cieux.

« Alors, comment fait-on ? On peut vraiment essayer d’en voler, ça promets d’être amusant… ~ »

Le goût du risque. Néanmoins, ta plaie, serait-elle partante, elle ?

I can't say the Devil made me do it.

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 :: Alentours :: La Forêt
Quand Loki détacha ses yeux du pot d'abricot vide (elle y était allée à prendre la confiture avec le doigt, c'était plus efficace) elle tourna la tête avec lenteur vers Vael, son doigt encore un peu sucré dans sa bouche. Chacun ses péchés. Loki, elle, elle adorait le sucre, elle n'y pouvait rien. Elle n'avait jamais pu en manger en bas - des mets trop chers pour cette petite famille - et si elle avait su que toutes ces choses poussaient d'une manière aussi débordantes ici, elle serait venue plus tôt !
Quoi qu'il en soit, elle allait devoir en voler un nouveau maintenant, et s'occuper de Vael qui l'interrogeait. Loki se leva, prit le papier de la baguette et le pot vide, les mit à la poubelle puis se lava les mains pour enlever ce qui collait. Loki prit plutôt mal son ton railleur. Il pensait vraiment qu'elle allait balancer des idées comme ça, sans aucune trame ensuite ? Sous ses derrières parfois enfantins, Loki pouvait avoir, et avait souvent d'ailleurs, de profondes réflexions cachées. Si elle parlait de chevaux, ce n'était pas parce qu'elle en avait vu en divaguant dans les eaux troubles des égouts. Elle avait vraiment réfléchi et en était venue à la conclusion que - normalement - elle était en mesure de faire ce qu'elle voulait faire, ce qu'elle avait imaginé. Doutait-il tant que ça d'elle ? Piquée au vif, cela ne lui donna pas plus envie que ça de reprendre la quatrième Loki auprès d'elle. Un effort Lok ! Aller pour Vael quoi ! Elle grommela une vague insulte de mécontentement à cette ange qui venait lui donner bon conseil. Il devrait faire mieux son boulot par contre, comme être plus souvent présent, pour la rendre plus équilibrée, tiens. Si on ouvrait la tête de la terrienne, on y trouverait plus une sorte de démon emprisonné dans une cage pour ne pas le laisser libre, mais qui aurait tout de même un fort impact sur elle. L'ange, lui, devait prendre du bon temps au bar du coin, et revenir saoul le soir, ouais, ça devait être ça. Il devait être désespéré par Loki, en fait.
Elle s'avança vers le jeune homme, toujours aussi impassible.

- Un de mes frères, il y a longtemps.

Évasive comme elle l'était, il ne valait peut-être mieux ne pas chercher plus profondément. Ses hallucinations avaient été fortes aujourd'hui, intenses, beaucoup trop pour cette petite. Elle ne le montrait pas, mais son excellente mémoire lui faisait passer, et repasser en boucle ces visions, rendant ses frères et soeurs un peu plus décharnés à chaque fois. Elle préférait éviter de causer passé. Au moins pour une journée. Après, le passé était toujours délicat avec elle. Mais bon. Elle s'estimait heureuse : elle avait réussi à dormir. D'un sommeil sans rêve qui lui avait donné l'impression de replonger une seconde fois dans les égouts, certes, mais elle avait dormi, c'était un luxe dont elle n'allait pas se plaindre. Elle arqua un sourcil devant sa question, et un fin sourire redonna des couleurs à son visage resté jusque là plutôt pâle. Ok ok, il l'avait faite rire, même si elle avait voulu le cacher, il y était parvenu. Tsss elle allait devoir se venger, quel dommage ! Elle le suivit dehors.

- Tu peux dire ce que tu veux, si je me suis faite remarquée c'était parce que tu me parlais. Donc cesse de te moquer de moi pour ça, parce que, en plus, tu oublies que tu m'as.

Suite à ses paroles pleines de mystères, Loki passa à côté de Vael, lui donna un coup d'épaule (qui était juste fait pour sauver son honneur après sa remarque) et une fois dehors, elle prit le petit sentier qui menait au lac, sans même vérifier s'il la suivait. Loki le sentait dans son dos.
Elle préférait avoir une zone un peu dégagée, où ils ne seraient pas dérangés par des arbres. C'est pourquoi les rives du lac lui paraissaient plus favorable. La jeune femme avait la petite idée sur ce qu'elle allait pouvoir faire. Les vieilles croyances, elle les connaissait plus au moins de son père qui adorait leur raconter des histoires. Quatre chevaux montés par quatre chevaliers qui galopaient dans les Terres Désolées, semant morts, faim, maladie et chaos. Son père adoptif les craignait, elle le savait, il avait une frousse de ces êtres maléfiques, qu'ils n'avaient pourtant jamais vus. Ils auraient pu n'être qu'une simple légende murmurée aux oreilles pour inciter la peur. Il y croyait, et chaque soir il priait Yang pour qu'une horreur de la sorte ne s'abatte pas sur sa famille. Peut-être aurait-il dû prier plus pieusement.
Loki s'assit sur un rocher qui dépassait de l'eau, et après quelques secondes de concentration, naquirent devant elle, quatre chevaux dont les sabots frappaient le sol, leur mufle éjectait avec violence l'air. La terrienne sourit en se disant qu'ils avaient bien fière allure par rapport à cette vieille mule sur laquelle Tristan les avait faits monter. Ils étaient plus grands, plus musculeux, plus... sauvages. Le premier était blanc, le second d'un brun fauve plutôt sombre, le troisième d'un magnifique noir lustré. Quant-au dernier, il relevait plus d'un poil inquiétant, un blanc pâle, sale, comme la vase à côté d'elle. Loki sourit face à ce spectacle. Elle n'avait pas peur d'eux, elle était émerveillée même, comme souvent lorsqu'elle créait des cauchemars. Pour l'instant, ils n'étaient que de simples illusions, et ils le resteraient quoi qu'elle fasse. Mais elle pouvait leur donner juste assez d'elle-même pour les rendre réels. Pour qu'ils puissent monter dessus, et chevaucher, exactement.

- Alors ? Tu veux lequel ?

Loki regardait maintenant Vael, un grand sourire malicieux et débordant de défi. Elle se releva, et s'approcha du garçon.

- Monte à gauche, attrape la crinière, et si tu as besoin d'aide pour monter, je peux te par pousser les jambes, expliqua-t-elle brièvement.

Elle tapota le garrot du cheval le plus proche d'elle, et elle attrapa sa crinière pour la lui montrer. Ce qu'elle se garda bien de dire, c'était qu'elle pouvait les faire plier à sa volonté. Donc elle aurait pu lui faciliter le travail et allongeant le cheval, mais non, elle voulait le voir galérer pour l'instant. Sadique ? Non, juste espiègle et maligne.
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 :: Alentours :: La Forêt

The Horsemen are drawing nearer,
On the leather steeds they ride .
They have come to take your life,
On through the dead of night.

Les cavaliers de l’Apocalypse, rien que cela ? Tu restais cois, lorgnant les quatre équidés qui te tenaient face à vous. Tu en oubliais les précédentes paroles de la petite tête jais quant à son frère et la raillerie que tu lui avais lancée. Tu estimais que tu n’avais pas à la questionner sur ces choses-là. Elle en parlerait un jour, quand elle le voudra. Tu étais patient et t’en foutais surtout très bien. Tu n’avais pas non plus relevé cette pointe d’agacement lorsque tu l’avais questionné sur le comment elle allait trouver ces chevaux. Tu n’avais pas pensé à son don. A vrai dire, il restait encore une de ces choses que tu n’appréhendais pas totalement. Qui aurait en cauchemar ces quatre cavaliers ? Sérieusement ? Tu trouvais cette « légende » intéressante, toi. Tu détaillais chacune des bêtes, écoutant patiemment les explications de la jeune fille.

Tu n’avais d’autres choix que de lui confier une part de ton estime et de jouer le jeu. Ce manque de contrôle ne te plaisait guère mais l’idée d’imprévus t’amusais bien plus. Aussi bien, après un long silence, tu décidais de te diriger vers l’animal le plus étrange de ce quatuor. Si l’on te connaissait, ce choix était plus qu’évident. Tu aimais ce qui sortais de l’ordinaire. Tu aimais ce qui prenait aux tripes. Tu jetais ton dévolu sur le petit dernier, celui à l’allure maladive et inquiétante. Il semblait plus mort que vivant et toi, qui chéris tant la Mort, la provoque tant, cette monture était pour toi.

« Je n’aurais jamais pensé que l’on puisse craindre ces cavaliers. Ils sont pourtant… Intrigants. »

Tu étais venu te planter aux côtés de la monture que tu avais choisi, hésitant un instant à caresser la tête de celle-ci.

« Celui-ci. Je suppose que le choix ne te choque pas. »

Tu lui souriais, amusé, laissant finalement ta main caresser la tête de la bête, encore timide. Tu  ne connaissais rien, à ces bêtes. Toi et les animaux… Tu n’en avais pas tant côtoyé, sur ta table de fortune. Tu n’avais que côtoyé des cadavres. Des âmes en perditions, des êtres perdant l’esprit. Un animal dans cet enfer ? Lequel serait assez idiot pour courir à sa propre perte ? Les humains faisaient cela très bien seuls. Pas besoin que les animaux suivent cette logique. Tu observais Loki faire, qui montait sur sa monture avec une facilité détonante, te faisant relever un sourcil. Une petite cavalière. Toi, tu étais plus un cavalier… A pieds. Un singe, qui sautait de murs en murs. L’équitation était nouvelle chose pour toi. Point pour te déplaire. Tu répondais de tes pupilles carmins au regard plein de défi de cette sœur, tentant maladroitement de monter sur la bête. Une chose te surprenait…

« Sans selle, ça ne va pas être compliqué ? »

Tu n’y connaissais rien, uniquement cela. La selle pouvait être utile, non ? T’en savais rien, en fait. Et finissait pas t’en moquer, n’en faisant qu’à ta tête et enjambant la bête d’un mouvement souple. Tu manquais de glisser violemment, t’agrippant à la crinière de celle-ci pour te rattraper, la bestiole, hennissant, mécontente, s’agitant. Tu finissais presque la tête en bas, restant accroché comme tu pouvais, luttant contre ce rodéo improvisé. Vraiment, tu l’aurais préféré mort, ce cheval. Tu finissais enfin, après quelques minutes de batailles, des positions aussi étranges qu’hilarantes,  à poser tes fesses sur la bête, posant mollement ton front contre sa crinière, soupirant longuement.

« Je l’aurais préféré mort, celui-là… »


Tu riais, cristallin, te redressant doucement pour garder le dos droit, posant ton regard écarlate sur la tête ébène, curieux.

« Et après ? Doit-on faire comme les cow-boys et taper du bout du pied sur le dada ? Ou un truc comme ça, sans selle ? Où on va se paumer je ne sais où ? Enfin, surtout moi ! »


Tu te moquais de toi-même et voyait venir gros comme un camion, une multitude de péripéties. Tu savais, que mettre ton estime dans les mains de Loki allait te coûter. Peut-être allait-elle se moquer de toi, peut-être pas. C’était là le jeu et tu en gloussais mentalement, joueur que tu étais.

With the four Horsemen ride, or choose your fate and die.

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 :: Alentours :: La Forêt
Vael s'était avancé vers le moins normal des quatre. N'était-ce pas le cheval de la mort celui-là ? Peut-être bien, ses souvenirs lui faisaient défauts, mais il lui semblait avoir bon. Loki eut un léger sourire, et le cheval blanc s'évanouit comme de la poussière, suivi de près par le brun. Son choix à elle s'était porté sur le noir, un peu maigrelet par rapport aux autres, mais elle ne doutait aucunement des capacités de cet étalon. Elle le savait elle-même, la taille ne faisait pas le pouvoir. Et puis de toute façon elle pouvait le modeler comme elle le voulait maintenant. Elle haussa les épaules. Au fond, toutes les peurs avaient un sens, qu'elles soient fondées ou ridicules. Qui n'aurait pas peur de croiser un homme capable d'insuffler la mort ou la famine en un soupir ..? Il fallait craindre les forces supérieurs, qu'elles soient "bienveillantes" ou non, leurs pouvoirs étaient incommensurables, ils pourraient transformer le monde entier en poussières d'un claquement de doigt. Comme d'habitude, Loki ne faisait pas confiance à grand monde, donc encore moins à des entités supérieures, que ce soit Ying, Yang ou les autres dieux des autres religions. Ces cavaliers ? Ils pourraient être des créatures des cieux comme de simples humains à don, elle ne l'avait jamais su. Elle connaissait simplement leur légende, et a peur qu'ils incitaient chez son père.

- Tu sais aussi qu'ils sont synonymes de malheur voire de mort, il vaut mieux ne jamais tomber nez à nez avec les vrais, aussi intrigants soient-ils.

Mais ça ne m'étonne pas de toi, ça aussi, effectivement, pensa-t-elle, amusée.
Loki puisa dans ses très vieux souvenirs, et elle se remémora les paroles de Tristan "tu attrapes le cheval, et tu sautes sur le côté, comme ça" il s'était placé sur le dos de la mule avec une facilité déconcertante, qu'aucun d'eux n'avait réussi à égaler. Mais à cette époque, la terrienne était encore petite, et ses muscles ne s'étaient pas développés de la même manière que maintenant. Depuis le temps, elle avait beaucoup grandi, s'était endurcie aussi. Elle tapota le museau du cheval, lui caressa l'encolure puis s'agrippa à la crinière. Le temps de calculer un peu ce qu'elle allait faire, elle se lançait déjà, balançant sa jambe droite au dessus du cheval. Elle sentit un déséquilibre dans ses bras, mais grâce à son don, elle dirigea le cheval pour qu'il la rattrape, et elle atterrit sur son dos, comme si de rien n'était, avec l'air le plus naturel au monde sur le visage. Pouvait-on appeler cela de la triche ? Certainement, mais cela faisait longtemps qu'elle n'était pas monté sur un être à quatre pattes. Si le cheval avait été réel, elle n'en aurait pas mené large. Elle avait besoin d'un temps de réadaptation, que son corps retrouve ce que lui avait appris son frère, il y de ça des années. Loki tira sur la crinière vers la droite pour faire se retourner sa monture. Le défi n'avait pas quitté les yeux de la jeune fille, qui les avait d'ailleurs posés sur son compagnon de route. Voyons comment tu te débrouilles maintenant, toi qui es si malin ! Sa question la fit rire. Non mais, il voulait pas non plus des rênes ou faire ferrer son cheval tiens ? Une selle ! Quelle drôle d'idée ! Ce que Loki ne disait pas, c'était qu'elle n'avait jamais vu de selle de sa vie, c'était beaucoup trop cher, et on ne mettait pas de selle sur une mule volée.

- Ils n'ont pas de selle, dans la légende, et encore moins dans le cauchemar.

Après cette remarque, Vael sauta sur son cheval, et les fous rires commencèrent. ça se voyait de loin qu'il n'avait jamais eu affaire à des équidés, le nombre de fois où il avait failli se casser la gueule ! Loki ne se gênait point pour rire de sa maladresse et de ses tentatives qui se finissaient plus souvent par échouer que réussir. Il cherchait un équilibre sans même le trouver qu'il avait perdu sa prise de l'instant. Il glissait sur sa robe, se raccrochait désespéramment au crin pour ne pas tomber totalement du cheval. Et Loki le regardait, les larmes aux yeux, à ressentir une étrange sensation au fond de sa poitrine, qu'elle ne chercha même pas à étudier, trop prise par cet instant où, coupés du monde, elle avait l'impression que la Terre se résumait à cette petite forêt, eux deux, et les chevaux. Son propre destrier souffla bruyamment et s'agita à cause des multiples mouvements de sa propriétaire, qui n'y faisait plus vraiment attention. Elle passa une main sur son encolure en un geste désinvolte, sa mauvaise humeur totalement disparue, remplacée par une douce euphorie. Elle aurait vendu son âme à Yang pour que jamais il ne s'arrête, cet instant.
Quand enfin Vael réussit à se tenir droit sur son cheval, les rires cessèrent lentement, et Loki se passa une main sur le visage où était apparu un immense sourire joyeux. Elle donna un léger coup dans les côtes du cheval (qu'elle décida par la même occasion d'appeler Sakhar, parce qu'il lui fallait bien un nom) pour l'amener à côté de celui de Vael. Maintenant qu'il était (enfin) sur son bidet, elle devait lui apprendre comment avancer, bien qu'elle ait toujours la main sur sa création. Elle n'avait qu'à la rendre un peu plus libre et laisser un petit peu le contrôle au garçon. Tant qu'il ne se jetait pas dans le lac avec, tout irait bien. Loki n'avait jamais plongé un cauchemar dans un quelconque liquide, elle n'avait aucune idée de ce qu'il en adviendrait, ou si cela n'aurait strictement aucune conséquences. Elle ne voulait pas tester ici et maintenant alors que Vael était sur le dos de l'un d'eux. On verrait plus tard, ce serait une bonne expérience pour passer le temps.
Loki montra son pied de sa main droite, et mima son talon heurtant la peau de Sakhar, puis elle reprit la crinière en main et fit lui fit tourner la tête.

- Après tu utilises la crinière pour diriger la tête, le corps suivra si tu ne le découpes pas en morceaux d'ici là. Tu donnes un coup de talon pour le faire avancer, avec un peu de chance t'auras assez d'autorité pour qu'il t'écoute sinon tu te débrouilles avec !

Accompagnée par des bruits mats de sabots contre la terre, la jeune fille commença à avancer en riant d'un timbre bon enfant, s'éloignant progressivement du garçon, et s'enfonçant du même coup dans la forêt. On verra bien où cette idée étrange les conduira.
Sans prévenir, elle donna plusieurs coups pour faire accélérer Sakhar, Loki et son destrier se mirent à galoper, et elle lança dans le vent :

- T'as plus qu'à me rattraper maintenant !
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 Et l'air de rien, on s'étouffe ~ [Vael]

 :: Alentours :: La Forêt

You know it has all been planned.
The quartet of deliverance rides.
A sinner once a sinner twice.
No need for confession now.

Pas de selle, pas de rênes, tu t’en étais rendu compte, de tout cela. Aussi nouvelle était cette activité et cette bestiole que tu chevauchais, tu remerciais tes bouquins de t’en avoir donné un bref aperçu. Les rires de Loki t’avaient fait sourire et ce fut, après quelques malheureuses minutes de bataille, que tu te tenais enfin correctement sur ton destrier. Tu observais la petite tête jais qui se tenait fièrement sur sa monture, avec une facilité déconcertante. Tu allais finir par croire à une tricherie, ou qu’elle avait fait quelque chose à ton cheval pour qu’il se tienne pas à carreau. Oui, ce n’était bel et bien évidemment pas ta faute. Tu sais tout faire, toi, on le sait tous. Tu restais un moment, le cul sur ta monture, la tête au vent, pensif. Tu avais finalement bien supposé quant au fait de faire trotter ton destrier. Voilà qui allait s’avérer une sacrée partie de plaisir. De plus que la tête ébène ne t’attendait guère et une fois ses explications données, filait comme une flèche.

Tu ne disais rien, ne souhaitant en rien te presser. L’atmosphère était réellement agréable et tu désirais en profiter un peu plus. Tu la rattraperais. Ou elle t’attendrait, pensant que tu t’es paumé quelque part. C’est déjà plus plausible, celle-là, d’hypothèse. Tandis que tu voyais ta sœur et son cheval disparaître au loin, dans un rire enfantin, tu te décidais à tenter de la suivre. Tu l’avais rarement vu sourire de la sorte depuis un moment. Peut-être n’était-ce pas plus mal, cette idée de sortir ? De faire quelque chose pour oublier ? Elle avait vendu sa fatigue et son malaise pour un sourire. Et toi, tu noyais le poisson dans une autre occupation. Pour ne plus y penser. Cela resterait toujours là, que tu le veuilles ou non. Tu ne faisais que retarder l’inévitable, tu en avais conscience. Finalement, tu donnais un léger coup de talon à ta monture, voulant voir ce que cela donnerait. Aucune réaction. Réellement. Ce cheval s’en battait les steaks comme tu t’en battais des gens.

La fine équipe que voilà. Tu clignais des yeux, redonnant un coup. Aucune réaction, si ce n’est qu’un vague hennissement, digne d’un rire moqueur. Il se foutait de toi, l’équidé ?! Tu gonflais les joues, agrippais fermement te mains à sa crinière et donnais un dernier coup, bien plus violent. La réaction ne se fit pas attendre et dieu merci que tu étais bien accroché. La bête fonçait vivement, probablement avais-tu tapé trop fort, visiblement furieuse et décidée à te faire payer ton impertinence. Tu serrais les dents, tentant de diriger l’animal comme tu pouvais, ayant l’impression que sa crinière allait te rester dans les mains à force de tirer dessus et de lui jurer après. Tu te baissais habilement, évitant les feuillages des arbres et les divers obstacles que votre route rencontrait. Tu avais la sensation que l’animal faisait tout pour te mener la vie dure sur le trajet, passant par les endroits les plus inattendus. Et t’éloignant de la direction de Loki.

Tu soupirais longuement, sentant l’agacement monter. Animal ou non, mort, cela n’aurait pas été aussi dérangeant. Tu tirais d’un coup sec sur sa crinière, tapant en même temps du talon sur son côté, l’invitant à faire demi-tour. Et… Miracle, la tête de mule se pliait, tournant doucement sur le côté. Et… Marquant un arrêt. Cela n’allait pas recommencer ? Tu n’allais pas encore perdre un temps fou à faire repartir ton destrier ? Et si. Tu posais mollement ta tête contre son cou, désespéré. Pourquoi il fallait que tu aies pris le plus gros chieurs des quatre ? Sérieusement ? Tu tapotais une fois encore du talon, sèchement, pour lui ordonner de reprendre la marche. Cela se fit, à ta grande surprise. Tu commençais enfin à comprendre comment fonctionnait ta bestiole, pour ton plus grand plaisir. Tu retrouvais ton sourire, ton coeur battant la chamade après cette folle course. Seulement, tu t’étais paumé.

Ton cheval t’avait traîné tu ne sais où et tu ne percevais plus la présence de ta sœur. Vous continuiez de progresser dans les bois, lentement, les sabots de ton destrier claquant sur la terre.

« LOKIIII ? LOKIIII ? OÙ ES-TUUU ? »

Tu avais l’air fin, à la chercher du regard, dans une partie de la forêt que tu ne connaissais point. Avec un peu de chance ta voix porterait suffisamment pour qu’elle vienne. Elle sait y faire, elle, avec ces bêtes. Contrairement à toi. Elle allait encore se moquer de toi. Tu la voyais pleurer de rire d’ici, réellement.

'Cause now you have got the fight of your life.

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 Et l'air de rien, on s'étouffe ~ [Vael]

 :: Alentours :: La Forêt
Loki se sentait dans son élément, aucun doute la dessus, elle s'amusait comme une petite folle sur son dada. Ses jambes étaient serrées autour de ses côtes et elle se retenait à la crinière lorsque Sakhar sautait au dessus d'un buisson de ronces ou d'un tronc d'arbe couché. Ses cheveux après allaient être plein de feuilles, de branches d'arbres et de noeuds, ça ne faisait aucun doute, ça non plus. Mais pour l'instant, elle s'amusait beaucoup trop pour se préoccuper de ce petit détail insignifiant. Loki avait l'habitude, mais elle et ses cheveux, c'était une histoire de toujours. Elle ne les coupait presque jamais, aussi difficiles soient-ils à entrenir. Bon, après ce n'était pas la plus féminine des terriennes, donc forcément "s'occuper de ses cheveux", pour elle, n'avait pas la même signification que pour une femme d'Ariesten. Loki les brossait durant une minute trente sept, c'était déjà bien et énorme d'ailleurs. Elle ne s'en était jamais occupé autant de toute sa vie.
Durant un instant, l'esprit de Loki se détacha entièrement de son corps, et elle ne vit plus rien autour d'elle, emportée par l'hilarité du moment - elle commençait même avoir mal aux joues à sourire comme une arriérée. Mais comme c'était agréable ! Elle savourait justement, secrètement, ce douce paix. Il n'y avait pas de cauchemar, pas d'enfer, pas de peur. Il n'y avait plus rien. Elle se serait presque cru entrain de voler, presque... Quand, violemment, Sakhar sauta par dessus quelque chose, et que Loki dut se rattraper en panique, parce qu'elle ne se tenait plus bien. Sa tête heurta le poil de la bête, et au lieu de tenir le crain, ses mains glissèrent plus bas, vers son coup. Brinquebalée dans tous les sens, elle s'accrocha comme elle le put, en totale panique, incapable de réfléchir, ni même d'arrêter son cheval. Elle avait l'air... passablement ridicule, c'était vrai, voire carrément risible, heureusement qu'elle était seule, que Vael n'était pas là. Seuls les écureuils auraient ce souvenir si peu avantageux de Loki, et tant mieux. Elle parvint, après quelques minutes dans cette étrange position, à arrêter le cheval, qui pila net. Elle faillit passer en avant. Ok ok ok... Touuuut allait bien. Elle était encore vivante, ne s'était pas faire embrocher par un arbre, pas de souci ! Elle força sa respiration à ralentir, sinon elle allait faire un malaise d'ici trente secondes. Ses mains tremblaient, elle déglutit et demeura immobile près de neuf minutes, à caresser distraitement Sakhar, tout en revenant dans le monde réel. Parfois elle détestait cette partie d'elle qui n'était pas foutue d'être réelle.

Vael ne l'avait pas suivie. C'est ce qu'elle remarqua en regardant tout autour d'elle. Il n'y avait aucun bruit qui divergeait des sons habituels de cette forêt. En somme pas de hennissement, pas non plus de sabots claquant le sol. Loki se décida à faire demi-tour d'une légère pression sur son cheval, et ils repartirent, au trot cette fois. Mais connaissant la jeune femme, elle s'ennuya bien vite, et sa malheureuse aventure déjà oubliée, elle repartie au galop, le vent lui fouettant le visage.
Elle avait de la chance : un cheval en pleine forêt, c'était rarement discret. Elle put suivre leur trace de cette manière. Il n'était, d'ailleurs, pas du tout parti du bon côté. Mais qu'est-ce qu'il avait fait Vael encore ? Elle pensa avec une certaine forme de satisfaction que le cheval était peut-être devenu le maître. Ça ne devait pas lui avoir plus, alors. Pauvre petit Vael. Loki en riait d'avance, pressée de voir la tête du garçon. Elle ne put reprendre le galop, pas peur de prendre une mauvaise route, mais l'idée d'être une traqueuse enchantait Loki autant qu'elle l'amusait. Elle, un peu une enfant ? Totalement. Elle l'avait prouvé mainte et mainte fois. Surement à cause de jeunesse complètement ratée, la vie s'était vengée en la gardant un petit peu enfant quand même.
Elle arriva, derrière eux, son cheval levant fièrement la tête, Loki calme, les joues un peu rosies par la joie. Elle avait entendu Vael, l'appeler au loin, et ça lui avait rappelé quelque chose d'ailleurs... qui criait ou loup, désormais ? Surtout dans la forêt, quelle ironie ! Elle se plaça à côté du garçon et de son destrier. Bizarrement, elle avait complètement oublié ce qui s'était passé ce matin (son cauchemar on, par contre). Mais les égouts et surtout le baiser... elle n'y pensait plus, occupée à autre chose. Elle avait peut-être la mémoire courte cette petite, qui sait ? Il n'y avait de nouveau plus de gêne entre eux, du moins de l'avis de Loki, et elle s'amusa à le taquiner, parce qu'il lui devait bien ça.

- Hé bah alors ! C'est toi qui m'appelles cette fois !, elle lui tira la langue, je n'aurais jamais cru ça possible !

Elle tapota le dos du cheval de Vael, moqueuse.

- ça va, tu t'en sors avec ta bête ? Elle t'a amené bien loin dis donc ! Manquerais-tu de fermeté ? Franchement, je veux pas dire, mais tu m'as pas rattrapée, je suis déçue...

Changeant d'expression aussi rapidement que de sujet de conversation, Loki fit une moue boudeuse.
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For what you have had to endure,
And what you have put others through,
Death.
Deliverance for you for sure.

La voici, la voilà, ton adorable cavalière était arrivée à tes côtés sans que tu t’en rendes compte, encore trop occupé à te déchirer les cordes vocales pour espérer un signe de vie. Tu devais avoir l’air fin, avec ta tignasse en bataille, tes mains tremblantes d’avoir tenté d’arracher la tête de ton destrier pour le diriger. Et enfin cette chemise complètement débraillée, tel un soldat revenant d’une journée dans les tranchées. Vraiment, on aurait pu penser que tu venais de faire un sprint pour fuir un fou-dangereux armé d’une tronçonneuse et qui désirait faire de ta tête sa décoration de chambre. Tu soufflais, te redressant légèrement ; bien plus à l’aise qu’avant avec ta bestiole, essayant même le suicide. Tu t’asseyais dos à son cou, afin de faire face à ta petite tête ébène. Celle-ci te raillait déjà, comme tu l’avais si parfaitement supposé. Elle ne mourrait pas encore de rire et ne se roulait pas parterre ! Donc tu n’étais pas si stupide et mauvais. Ou presque.

Quelles étaient les chances ? Que ton cheval se fiche encore de toi ? Tu ne l’avais pas vu venir, cette ruade. Ton charmant compagnon équidé, d’humeur farceuse, s’était cabré, te laissait joyeusement glisser tout le long de son dos. Tu n’eus pas le temps de réagir et ton visage embrassait le sol humide, dans un marmonnement râleur. Le tout, sous les yeux de ta sœur. Qui allait cette fois-ci, totalement se moquer de toi. Tu grognais, roulant des yeux, préférant rester au sol, allongé dans ta honte, que de te relever. Tu pointais dès lors, de tes pupilles sanguines, le destrier de Loki, les joues gonflées.

« Pourquoi j’ai choisi le plus casse-pied, Loki… ? Pourquoiiii… ? »

Mimais-tu d’une voix emplie de plainte, un air désespéré. Autant te tailler toi-même. L’auto-dérision, c’est ton fort. Tu te mettais sur le dos, lorgnant le ciel clair, un sourire enfantin aux lèvres.

« Tu vois ce pour quoi je t’appelle ! Ce destrier me déteste, je crois… Possible ou non, crois-le ! Je n’avais pas envie d’aller te perdre une fois encore et de te retrouver perdue… Je ne sais guère, moi ! Au rebord de l’île ? Dans un château imaginaire ? Avec des oranges, sur un vaste marché ? »

Tu gloussais, lui faisant un clin d’oeil. Tu adorais la taquiner. Tu te sentais si léger, en ce moment. Arrivant presque à faire taire ces voix qui te prenaient. Ces envies qui te demandaient. Ces questions qui te taraudaient. Une certaine sérénité. Si étrange. Si inattendue. Était-ce cela, dans la mort ? Ce même apaisement ? Qu’en savais-tu ? Aucun de tes pantins ne te rapportait cela, trop occupés à réfléchir au comment faire de ta vie un enfer, toi, vile enfoiré qui les ramène sur Terre.

« Si tu qualifies cela de m’en sortir, ma chère… Eh bien, je m’en sors ! Très bien même ! Preuve pour, ce sol est extrêmement confortable ! Tu devrais demander à ta bestiole de te le faire tester. »

Tu lui tirais finalement la langue, l’air détendu, insouciant de tout. Une brise fraîche se levait, portant au loin le hennissement moqueur de ton destrier, qui semblait suivre votre conversation. Comprenait-il un traître mot, néanmoins ? Allez savoir. Les bêtes ne sont pas ton trucs, sauf humains et humaines. Les vivants non plus. A vivre entouré de cadavres, on s’attache à ce qui reste d’unique compagnie. Eux.

« Oh, que j’aurais aimé te rattraper ! Mais cette petite bête n’était point d’humeur ! J’aurais mieux fait d’y aller à pieds. Seulement, je n’allais pas abandonner ce pauvre Dada... »

Un ton plaintif, une mine triste, théâtrale. Tu jouais une pièce, une grotesque comédie, où seul le rire subsiste. Tu es ainsi, comédien, railleur, connard… Un drôle d’être. Tu te décidais à délaisser ton lit de mousse, époussetant tes habits, posant une main solide sur le dos de ton cheval, toisant celui-ci, amusé.

« Bien, bien, bien ! Que faisons-nous, à présent ? »

Tu élargissais un sourire à Loki, remontant sur le dos de ton animal agilement, sans aucune difficultés pour cette fois. Tu commençais lentement à entonner, accompagnant chaque notes de mouvements bras, tel le ferait un chef d’orchestre.

« By the last breath of the fourth winds blow. Better raise your ears, the sound of hooves knocks at your door… ~ ♫ »

There is nothing you can do.

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 :: Alentours :: La Forêt
Loki leva les yeux en ciel lorsque Vael fanfaronna un peu trop, et se mit dos au cou de son cheval. Un tout petit temps après, et Vael se retrouva face contre terre, à manger de l'herbe, à cause d'une magnifique ruade de son destrier. La jeune fille éclata de rire, bruyamment, sans aucune gêne, ni retenue. Oh, Loki et la retenue, deux principes diamétralement opposés. Elle s'approcha, toujours sur le dos de Sakhar, et grâce à son don, elle le fit asseoir comme un chien. Un bien étrange tableau, c'est vrai, mais on est habitué avec Loki. Elle avait déjà fait pire, c'était certain. Elle resserra ses cuisses autour du cheval pour ne pas tomber, elle n'allait pas donner l'occasion à Vael de se moquer d'elle pour l'instant. Là, c'était à elle de rire, pour une fois qu'il lui laissait une opportunité de le faire ! Ouais, aussi petite qu'elle l'était dans sa tête, elle voulait garder ces petits moments où le vent tournait un peu en sa faveur, c'était si rare. Vael gémit de désespoir en la regardant. Il semblait réellement désabusé par ce cheval, ce qui ne fit que rendre un peu plus incontrôlable le fou rire de la jeune terrienne.

- C'est toi qui a voulu celui-là ! Je t'ai laissé choisir, tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même !

Loki plaidait innocente sur ce coup là. Elle aurait pu manier le caractère du cheval de Vael pour le rendre aussi... insupportable, effectivement, mais elle ne l'avait pas fait. Du moins tant qu'elle n'était pas là pour voir ça. Certaines créations étaient dotées de leur propre caractère, c'était vrai, ce qui n'arriverait peut-être pas si Loki était plus puissante. Sauf que ce n'était pas le cas, et que c'était beaucoup plus drôle ainsi. Vael s'était maintenant allongé dans l'herbe, comme si c'était la chose la plus banale du monde. Les rires de Loki s'apaisèrent, et elle se contenta de sourire, en paix, en observant de loin le visage paisible du garçon. En même temps, elle repensa soudainement à ce qu'elle avait fait le matin, à ses lèvres contre celles du garçon. N'était-ce pas étrange comme sensation ? Si, puisque la jeune fille n'avait jamais connu de douce chaleur qui brûlait au fond de son coeur. Elle ne le connaissait pas, ne savait même pas comment l'interpréter, mais Loki avait réussi à juger que c'était à cause d'elle que, en ce moment même, elle fixait Vael beaucoup trop intensément. Elle s'en gêna, sincèrement, comme si elle venait de se faire prendre en plein voyeurisme, alors que ce n'était pas du tout le cas, et heureusement d'ailleurs. Mais ses pommettes rougirent, et elle caressa son cheval distraitement, pour éviter de penser à ce qu'elle venait de constater. Du même coup elle cessa brusquement de le regarder, trouvant sûrement le buisson à côté d'elle d'une beauté sans pareille. Ouaaaais, le buisson d'à côté, franchement, il était MA-GNI-FI-QUE ! Tout, tant qu'elle ne pensait pas à la gêne qui avait chauffé son petit visage quelque seconde avant. Cette nouvelle activité occupa ses pensées le temps qu'il fallait, car Vael reprit la parole. Loki accepta enfin de reposer son regard sur lui, en faisant néanmoins attention à tout ce qu'elle baladait dans sa tête. Et ça y est ! Voilà qu'il se fichait encore d'elle ! Alala, l'histoire des oranges allait lui coller à la peau encore longtemps. Le clin d'oeil qui l'accompagna fut la goutte de trop qui poussa Loki à secouer la tête d'un air misérable. Bon Dieu, il allait donc lui rappeler cet épisode jusqu'à la fin de sa vie ..? Tss, elle allait avoir besoin de plusieurs contre-arguments à force.

- Héé, mais je t'ai dit que les oranges, j'y étais pour rien moi !

Parce que dit ça, comme ça, avec le ton d'un enfant condamné à tord d'avoir renversé un verre, ça faisait un peu pitoyable. Loki avait l'habitude d'être pitoyable, ce n'était pas la position de son cheval et la manière dont elle se tenait dessus qui allait faire penser le contraire. Pitoyable ou ridicule. Elle sourit juste après, une nouvelle fois, fatiguée par ce garçon si étrange qui lui tenait compagnie depuis, semblerait-il, toujours. Ouais, avec le temps, Loki avait l'impression qu'il avait toujours été là, près d'elle, comme la grande ombre rassurante qu'il était. Etait-ce ridicule, ça aussi ? D'un côté non, il était son grand protecteur, son phare parmi ses cauchemars, un visage rassurant dans cet horrible monde qui la torturait depuis toujours. Ils s'étaient rencontrés il y a très longtemps maintenant, il était une partie intégrante de ce qu'elle était, et de ce qu'elle avait été lorsqu'ils étaient toujours sur Terre. Donc oui, c'était comme si elle l'avait toujours connu. Comme s'il était maintenant le centre de son existence. Comment lui en vouloir ? Loki était perdue, depuis longtemps, et il était ce qui lui avait permis de survivre, d'arriver ici, dans un monde disons... en paix. Or, il était le seul à la supporter, à la connaître, et à parvenir à la faire rire. Etait-il conscient de ce phénomène ? Ce n'était pourtant pas donné à tout le monde d'avoir une telle place dans le petite coeur de Loki. Une place peut-être encore plus important que ce qu'elle imaginait.

- Moooh oui, pauvre dada que tu as là ! ricana-t-elle.

Loki considéra le destrier de Vael, dont la couleur n'avait pas changée : toujours aussi étrange. Il avait l'air drôle son cheval, pourtant ! Elle ne manquerait pas de le faire revenir un jour ou l'autre, juste pour s'amuser un peu. Sakhar, lui, n'avait pas bougé d'un poil, mais la terrienne sentait dans la contraction de ses muscles, qu'il voulait bouger, il en avait assez d'être ici. Elle le fit relever, s'attendant presque à entendre un bruit de genoux craquant venant de son dada. Il n'en fut rien, ça aurait été drôle quand même. Pendant ce temps, Vael s'était relevé, avait retiré les brins d'herbe qui s'étaient nichés dans ses vêtements, puis il avait repris sa monture en main. Il y monta sous les grands yeux surpris de Loki. Hé bé, il avait dû chuter souvent pour apprendre à y remonter aussi rapidement.
En tirant sur la crinière de Sakhar, Loki se retourna vers là d'où elle venait.

- On peut... juste se balader, ou chercher le chemin du retour aussi, proposa-t-elle. Tu t'es bien perdu quand même, ajouta-t-elle en un pic sous-entendu, un sourire paisible vaquant toujours sur le bout de ses lèvres.

Elle fit avancer un peu son cauchemar, au pas, laissant au garçon le loisir de la rattraper.
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They will try to crush your spirit.
Everyday just trying to bear it,
Dire thoughts to escape this suffering.

Tu lui avais donné de quoi t’enfoncer. Vraiment. Tu n’avais guère rechigné, ne voyant pas que répondre à ses mots. C’était une sorte d’évidence pour toi et répliquer ne servirait à rien à tes yeux. Tu restais de nouveau muré dans le silence, observant la nature apaisante, le regard perdu dans le vague. Tu avais toujours aimé ce genre d’endroit. Ce genre de forêt. En ces terres désolées, elles étaient bien différentes. Plus décharnées et lugubres. Effrayantes. Rien à voir avec celles-ci. Où les oiseaux fredonnaient, où l’Astre passait ses rayons, où les arbres semblaient si luxurieux. Un bout de Paradis ? Non. Ton paradis… N’est guère ici. Tu aimais cet endroit, certes. Mais guère au point de le l’appeler Paradis. Ton Idylle, ton Eden, c’était avec tes pantins. Là-bas. Tu soufflais, haussant les épaules aux mots de la tête ébène, constatant une fois encore que celle-ci avait pris les devants, ne t’attendant pas.

Tu arborais une moue désabusée, donnant un coup sec à ton destrier pour qu’il se décide à suivre le mouvement. Celui-ci semblait s’être calmé et peut-être enfin, peut-être, qu’il allait cesser de te pourrir la balade ? Tu en riais, pensant que Loki avait eu au moins de belles occasions de se moquer de toi.

« Va pour le chemin du retour ! Je ne vois guère ce que l’on pourrait faire de plus ici... »

Tu prenais une mine pincée, perdu dans tes pensées. Il était vrai que tu la connaissais bien, cette forêt. Et avec un peu de recul, tu finissais par te repérer et trouvais bien qu’il n’y avait plus grand-chose à voir. A la longue, vous auriez débouché sur la ville. Et tu doutais un poil, que la tête jais soit d’humeur à voir son reste de journée gâché par les habitants de l’île ou encore leurs remarques acerbes quant à vos origines. Toi-même, sans pantin, c’était bien trop risqué. Loki elle-même, avait dû puiser dans ses forces pour pondre ces chevaux. Tu supposais, du moins. Trop de risques, voilà tout. Tu remarquais avec un gros temps de latence que tes lèvres s’étaient scellées, refusant de continuer la chansonnette. Peut-être parce qu’elle ne t’accompagnait guère. Et que chanter seul, quand bien même tu en avais l’habitude ; dans ce moment d’insouciance, te dérangeait ? Qui sait ? Tu t’en fichais, tu ne cherchais plus à comprendre. Uniquement à profiter de l’instant présent.

Tu mettais ta bestiole à la hauteur de celle de ta sœur, sifflotant tout de même. Tu n’avais jamais pu t’empêcher de chanter. Tu étais ainsi, une manie que tu avais prise là-bas, entre ces murs crasseux. Dans cet enfer d’agonie. Chanter pour tuer l’esprit. Chanter pour tuer la douleur. Chanter pour oublier les horreurs. Oh, cela oui… Oublier.

« C’était tout de même une bonne balade... ! »


Tu riais doucement, t’étirant, laissant à nouveau le silence prendre occuper les lieux. Tu n’avais rien à redire. Rien à dire. Juste la brise fraîche du vent. Mélodieuse. Tu continuais de tracer ta route, veillant que Loki ne fasse pas Calamity Jane et ne parte pas à l’autre bout de la forêt, sans toi.

My one and only, you won't be lonely when it's over.

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