Terrien

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Avatar: Marshall Lee | Adventure Time
Pouvoir/Hybridité: Memento mori | Possibilité de rappeler une ou plusieurs âmes dans le monde des vivants pour une journée, te liant à celles-ci. Leurs souvenirs sont donc tiens, mais aussi leurs déboires, qui te hantent.
Âge: 21 ans et toutes ses dents. ~
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 [Mission] Un Océan de larmes [Rokee-Chou <3]

 :: Alentours :: Le Lac

It's stranger than fiction,
How you've decayed.
It must be so lonely,
Lost within your ways...

Regards assassins. Mépris. Méfiance. Une atmosphère lourde pesait à chacun de tes pas. Dans cette ruelle bondée. Chaque pas était accompagné d’une paire de yeux, qui te fixait, attentive, inquiète. Qui se demandait ce que tu faisais ici, toi, maudit de Yang. Ce qu’un être aussi abject que toi faisait ici, à marcher, tête dans le vent. Pourquoi vivais-tu, toi, être que personne ne désire ? Si chaque regard était une balle, tu serais déjà mort criblé. Tu sentais tous leurs ressentiments. Tous leurs jugements biaisés et sans valeurs. Tu n’en avais cure, continuant ta balade au travers la foule. Ta peau cendrée te vendait, ton apparence était ton pire avocat. Tu ne pouvais cacher ce que tu étais, toi. Et tu n’en avais pas l’intention. Tu n’avais guère honte de ce que tu étais. Tu avais uniquement honte du monstre que tu retenais en cage. Pas de son origine.

Pourquoi étais-tu là, toi qui détestes la masse ? Toi qui apprécies le silence des morts aux chants des vivants ? Tu avais de nouveau fuit. Fuit ton chez-toi, submergé par quelques douloureuses visions. Pris de quelques envies, vicelardes, qui te rendaient dingue. Il fallait que tu évacues, change d’air. Pour elle, pour la protéger. Ne pas l’inquiéter plus de tes cris et tes crises de panique. Elle n’avait pas à voir cela. Tu soufflais longuement, toisant ton pantin qui te suivait sagement. Pantin humain, fraîchement ramené ce matin. Tu ne savais guère quel don celui-ci renfermait. Tu ne connaissais de lui que les vagues souvenirs qu’il t’avait transmis. Sombres souvenirs qui étaient venus s’ajouter à ta hantise habituelle. Il fallait que tu le prennes en main, ce nouveau venu. Il devait bien avoir ton âge. Mort, fauché par une personne comme toi, un habitant du bas.

Il était mieux que tu le gardes à tes côtés, plutôt que de renchérir l’image des vilains habitants du bas. Ces calomnies te fatiguaient.

Calomnies.
Une flopée venait de nul part, te transperçant les tympans.
Tu baissais les yeux, intrigué.

Une petite vieille que tu venais de bousculer, perdu dans ton monde. Celle-ci t’injuriait de tous les noms possibles et inimaginables, parfois même que tu ne pouvais les comprendre. C’était quoi, cette langue ? Tu restais de marbre, le sourcil légèrement arqué, invitant ton pantin à venir auprès de toi. Quelle drôle d’âme te faisait face. Toute rabougrie, repliée sur elle-même, aux os saillants. Les traits marqués, elle semblait posséder un œil de verre. Mais plus que tout, ton esprit faisait un blocage sur les couleurs vives qu’elle arborait. Son visage était emmitouflé d’un voile rouge et celle-ci se tenait fièrement face à toi, appuyée sur sa canne, continuant son torrent d’insultes avec toute la verve dont elle disposait. En fait, tu comprenais, maintenant. Elle ressemblait à Baba Yaga. Cette sorcière qui vivait dans une forêt, reculée de tout.

Cela te brûlait la langue de lui demander si c’était vraiment elle. Railleur, toi ? A peine. Tu décidais néanmoins de couper court à la mer de jurons dans laquelle elle te noyait, affichant un sourire doux et un air serein.

« Veuillez m’excuser pour mon impolitesse. Comment puis-je me faire pardonner ? »


Si tu avais su. Que tu finirais dans une Poste, à chercher une lettre. Une simple lettre. Tu préférais encore ses injures, tu apprenais quelque chose. Elle ne t’avait même pas glissé son nom et ce fut, après une queue interminable, que tu faisais face au postier. Là encore, toute une histoire. Tu avais peiné à décrire la vieille dame sans lui dire ouvertement que c’était Baba Yaga mais qu’elle se cachait. Tu avais besoin de souffler, non ? Comédien. Souriant, agréable, tu échangeais avec le postier comme n’importe qui le ferait. Tu en découvrais alors beaucoup, sur cette âme âgée atypique. Une histoire de lettres, que le postier écrivait, un mari décédé, une mort non avouée, de quoi vous fendre le coeur, vraiment ! Qu’en avais-tu à faire, bon sang ?

Tu n’étais pas venu pour jouer les bons samaritains ni t’apitoyer sur le sort d’une vieille peau. Cela c’était ce que tu en pensais. Ton extérieur, lui, montrait une expression triste, compatissante. Tu aurais pu en pleurer devant tant d’émotions. La seule chose intrigante, le seul fait intéressant dans tout ce ramassis inutile était un lieu. Le lac enragé. Tu en avais tant lu à son propos. Un lieu de légende, que tes bouquins te décrivaient fort bien. Il existait ? Tu questionnais alors le postier, naturel, ouvertement curieux. Et si tu te rendais là-bas ? Juste pour voir. Voir quelque chose de nouveau, dans ce Paradis artificiel, loin des regards assassins de ses habitants.

Les informations en poche, ou presque, car vagues, tu le saluais et souriais d’un air niais à tous ceux que tu avais fait attendre. L’air frais. Tu restais un instant le visage dans le vent, inspirant longuement. Il était temps que tu t’y mettes et ailles trouver refuge dans ce nouvel endroit. Une silhouette. Connue de tes pupilles carmins. Qui se détachait de la foule, habile. Tu étirais un fin sourire, prenant ton élan, attrapant ton pantin par la main, fonçant vers la forme humaine que tu connaissais si bien. Ni une, ni deux, tu délaissais ton masque de froideur pour tes véritables intentions, enlaçant la silhouette.

« ROKEEEEEE ! ❤ »

Exprimais-tu, tout guilleret, le tournant face à toi. Rokee, il était comme une sorte de frère à tes yeux. Tu ne saurais dire comment… Vous êtes juste pareils. Sur certaines choses. Vous êtes venus ici ensemble. Il t’a énormément aidé. Et ce, réciproquement. Tandis que tu le secouais joyeusement, mains sur les épaules, tu te décidais à lui conter ton aventure du jour.

« Dis-moi, ça te dit de m’accompagner au Lac Enragé ? C’est un poil long, mais j’ai rencontré une petite vieille digne de Baba Yaga, qui m’a envoyé à la Poste, le postier m’a sorti un récit mélodramatique sur le mort de son Mari et des fausses lettres qu’il lui écrivait pour ne pas blesser Baba… Bref, un tas de trucs pas super intéressants. Mais ! Il y a un mais ! Il m’a parlé du Lac Enragé ! Tu connais ? Tu viens avec moi ? »

Tu riais, laissant ta façade enfantine mener la danse. Tu étais bien plus naturel avec ton squelette adoré qu’avec les autres. Lui comme elle, étaient ceux qui pouvaient voir qui se cachait derrière tous ces masques que tu portais. Des élus ? Ou bien des malchanceux qui finiront par croiser ce qu’ils ne devraient voir ?

From Out Of Nowhere.

©endlesslove.
 
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